Mythologie kabyle

La mythologie kabyle est un ensemble de croyances kabyles anciennes appelées en kabyle Tanewya. Le nombre de croyants commença à diminuer faiblement à partir de l'entrée du Christianisme au nord africain et après totalement avec l'arrivée de l'Islam en Afrique du Nord. Néanmoins, le fond culturel antique demeura fortement présent dans la culture Kabyle à travers les âges jusqu'à nos jours, et certaines pratiques perdurent encore dans les villages régions de la Kabylie.

Personnages de la mythologie kabyleModifier

Les ogresses et les ogres – i waɣzniwenModifier

Les ogresses, agents stérilisateurs, seraient en fait des femmes déchues. Dans les temps mythiques des origines, à l'époque des premiers hommes et des premières femmes qui seraient sortis sur terre à partir du monde souterrain, les uns et les autres vivaient séparés. C'est aux femmes que serait revenue l'initiative du premier rapport sexuel, et alors les femmes dominaient les hommes. Mais ceux-ci, avec des pierres qu'ils assemblèrent, se mirent à construire des maisons où, désormais, se tinrent les femmes, qui, du même coup, tombèrent dans la dépendance masculine.

Mais une femme et un homme préférèrent poursuivre une vie sauvage, sans maison, et c'est ainsi que la femme devint teryel, l'ogresse cannibale, et l'homme devint le lion.

AnzarModifier

Anzar est le maître de la pluie et de l'eau. Il est invoqué lors de sécheresses et selon certains rituels pour le retour de la pluie. Il est tout autant présent dans les cultures berbères du Maroc.

TeryelModifier

Teryel est une femme active, maîtresse de son « destin », autonome, entière et insoumise. Ces ogresses, que l'on appelle teryel/teryalin, sont des femmes sauvages, indomptées et dangereuses. Un autre mythe attribue à l'une d'elles la maternité de tous les ogres qu'elle aurait enfantés après avoir consommé les feuilles d'or d'un arbre extraordinaire. Plus que les ogres qui leur paraissent subordonnés, elles sont maîtresses de l'espace sauvage où elles agissent à l'envers de tout ce qui se passe au sein du monde civilisé.

BibliographieModifier

  • Camille Lacoste-Dujardin, in «Dictionnaire des mythologies et des religions des sociétés traditionnelles et du monde antique», sous la direction d'Yves Bonnefoy, Éditions Flammarion, 1981
  • (de) Leo Frobenius, «Volksmärchen der Kabylen», Iéna, E. Diederichs, 1921-1922, trois volumes
  • R. Miaunier, «Le culte domestique en Kabylie», Revue d'ethnographie et des traditions populaires, 1925, n° 23-24, pp. 248-265
  • A. Abel, «Al dadjdjal», in Encyclopédie de l'Islam
  • B.A.M., J.M.D., Iâssassen, «Gardiens», 17.3.49, 24.3.49, C.E.B., 866-992
  • J.M.D., «Agraw l-lejwat», F.D.B., 1.5.49, 20.3.49, 23.3.49, 866-992, 11 p. Assemblée des Puissances surnaturelles
  • Jean-Marie Dallet, «Mystagogie kabyle», Fort-National, Fichier de Documentation Berbère[1], 1969
  • B.A.M., J.M.D., «Lmalayekkat : les Anges, notions traditionnelles», C.E.B., janv. 1951, pp. 2009-2022, notes pp. 2034-2037
  • (en) Arthur Stanley Tritton, Islam, «belief and practices, Hutchinson's University Library», Hutchinson University Library, 1951
  • (en) Rouart, Stephan & Nandy, «Concise encyclopaedia of Arabic civilisation», Djambatan, Amsterdam, 1899
  • «La mort, le deuil et les rites funèbres», Fort-National, Fichier de Documentation Berbère, 1962
  • Jean Servier, «Les portes de l'année»[2], Paris, Éditions Robert Laffont, 1962
  • «Extraits du folklore lyrique. Vues sur l'au-delà», Fort National, Fichier de Documentation Berbère n°88, 1965
  • Henri Genevois, «Superstition, recours des femmes kabyles», Fort-National, Fichier de Documentation Berbère n°97 et n°100, 1968
  • Camille Lacoste-Dujardin, «Le conte kabyle», Paris. F. Maspero, 1970
  • Jean Servier, «Tradition et civilisation berbères, les portes de l'année», 1985, Éditions du Rocher

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. En plus de rassembler un important matériel linguistique, le Fichier contribue à une standardisation de la langue et la création d'une transcription latine adaptée, voir Kabyle#Historique
  2. Description dans le Journal de la Société des Africanistes, Persée