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MNR (Musées nationaux récupération)

œuvre récupérée des spoliations nazies et attribuées aux Musées Nationaux
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MNR (Musées Nationaux Récupération)
Logo de l'organisation
Situation
Type Répertoire des œuvres spoliées et non encore restituées
Organisation
Dépend de Ministère de la Culture

Site web https://www2.culture.gouv.fr/documentation/mnr/MnR-pres.htm

Les MNR ou Musées nationaux récupération désigne les œuvres issues de la spoliation artistique durant l'occupation allemande, et confiées aux musées de France[1],[2],[3],[4],[5]. Ces œuvres, au nombre d'environ 2 000, sont pour la plupart conservées au musée du Louvre.

Sommaire

DescriptionModifier

Parmi les œuvres pillées par les nazis et récupérées en Allemagne à la fin de la Seconde Guerre mondiale, celles dont on pouvait penser qu'elles provenaient de France, au total plus de 60 000, y ont été renvoyées. La plupart d'entre elles ont été restituées à leurs propriétaires (ou à leurs ayants-droit) spoliés. D'autres ont été vendues par les Domaines, tandis que d'autres étaient confiées à la garde des musées nationaux. Ce sont elles qui constituent ce qu'on appelle les MNR, « Musées Nationaux Récupération », en faisant l'amalgame entre les œuvres et les musées qui les ont en dépôt.

L'ensemble de ces œuvres sont au nombre d'environ 2 000, la plupart conservées au musée du Louvre. Sur le plan juridique, ces œuvres n'appartiennent pas à l’État qui n'en est que détenteur provisoire. Elles ne font donc pas partie des collections publiques des musées de France et ne sont pas répertoriées non plus dans la base Joconde des collections nationales. En revanche, ils sont dûment documentés et illustrés dans la base Atlas du Louvre.

Un catalogue spécifique, le catalogue des MNR, décrit les œuvres et leur localisation ; il est consultable en ligne[1].

Les saisiesModifier

Dès le début de l'occupation, l'ambassade d'Allemagne en France, et son représentant, Otto Abetz, sous prétexte de « mise en sécurité », organise des saisies importantes[6]. En septembre 1940, la responsabilité de la mise en sécurité des œuvres est confiée au Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR), organisme qui, à partir de juillet 1940, est chargé de la confiscation des biens culturels juifs et francs-maçons dans tous les territoires occupés par le Troisième Reich. En France, des locaux sont occupés d'abord au Louvre, puis au Jeu de Paume qui est mis à la disposition de l'ERR en novembre 1940. C'est là que Goering venait souvent en visite.

Après catalogage, les objets confisqués repartaient pour le Louvre où ils étaient mis en caisse avant d'être expédiés. Entre avril 1941 et juillet 1944, l'ERR envoya en Allemagne 138 wagons contenant 4 174 caisses, soit environ 22 000 lots[6].

Les restitutionsModifier

Rose Valland (1898-1980), conservatrice de musée au Jeu de Paume, a joué un rôle décisif dans le sauvetage et la récupération des œuvres d'art spoliés pendant l'Occupation. À l'automne 1944, elle communique aux Alliés les noms des dépôts allemands et autrichiens (Alt-Aussee, Buxheim, Neuschwanstein-Füssen, Nikolsburg, etc.) afin d'éviter les bombardements, de les sécuriser et de faciliter la récupération des œuvres[7]. Les caisses d’œuvres d’art récupérées par les Alliés sont rassemblées dans des dépôts provisoires appelés les « collecting points » : Düsseldorf en zone britannique, Baden-Baden en zone française, et surtout Munich et Wiesbaden en zone américaine. Historiens, historiens de l’art et experts orientent les œuvres vers leurs pays d’origine, autant que possible.

En France le gouvernement provisoire confie la responsabilité des restitutions d’œuvres d’art à l’Office des biens et intérêts privés (OBIP), la Commission de récupération artistique (CRA, active de 1945 à 1949) se charge des recherches en vue de la restitution de ces biens. Parmi les 61 233 objets rapatriés, 45 441 ont été restitués avant 1950, et 12 463 vendus par l’administration des Domaines[C'est-à-dire ?] entre 1950 et 1953. Il reste 2 143 objets ou lots, inscrits sur des inventaires spéciaux ; ils sont désignés par le sigle MNR.

Les MNRModifier

Les 2 143 MNR sont exposés et inscrits sur des inventaires mis à disposition des personnes spoliées. Entre 1950 et 1954, ils sont présentés au public au musée national du Château de Compiègne. Ensuite, ils sont déposés dans les musées du territoire français. Le musée du Louvre à lui seul abrite 1 752 œuvres MNR dans ses murs, dont 807 tableaux MNR : 296 sont conservés sur place tandis que les autres ont été déposés dans différents musées de France comme le musée de la Révolution française. Chaque objet porte un numéro, précédé du sigle « MNR » pour les peintures anciennes[8]. Le musée du Louvre a consacré en 2017 deux nouvelles salles pour présenter 31 tableaux de la récupération artistique (MNR)[9] qui s'ajoutent aux 76 tableaux présentés dans le parcours permanent du musée, accompagnés d’une mention spécifique signalant leur origine.

Un Répertoire des biens spoliés en France durant la guerre 1939-1945[10] a été publié, entre 1947 et 1949, par le Bureau central des restitutions. Ce répertoire est publié à l’automne 1947. Il comprend huit tomes, six suppléments et un index des peintres. Le répertoire est numérisé en 2009. Le Catalogue des MNR est directement interrogeable par toute personne.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Site Rose-Valland Musées Nationaux de Récupération.
  2. Restitution d’œuvres spoliées par les nazis : " la France doit mieux faire ", sur le site europe1.fr, consulté le 26 janvier 2014
  3. Musées d'Angers, « Qu'est-ce qu'un MNR ? », sur musees.angers.fr (consulté le 26 janvier 2014).
  4. Munich - 1500 toiles saisies par les nazis découvertes ,sur le site europe1.fr, consulté le 27 janvier 2014
  5. Mission d’étude sur la spoliation des Juifs de France, « Le pillage de l'art en France pendant l'occupation et la situation des 2000 œuvres, confiées aux musées nationaux », sur www.ladocumentationfrancaise.fr, (consulté le 26 septembre 2015).
  6. a et b Le pillage des œuvres d'art en France pendant l'Occupation : des actions organisées et de grande envergure sur Site Rose-Valland : Spoliations et Restitutions : aperçu historique.
  7. Rorimer 1950.
  8. Les sigles des objets au Louvre sont :
    • ER Antiquités égyptiennes
    • AGRR Antiquités gréco-romaines
    • AOR Antiquités orientales
    • REC Arts graphiques anciens
    • OAR Objets d'art anciens
    • MNR Peintures anciennes et XIXe siècle
    • RFR Sculptures
  9. Deux nouvelles salles au Louvre pour les tableaux de la récupération artistique (MNR).
  10. Le Répertoire des Biens Spoliés

BibliographieModifier

Livres
  • James Joseph Rorimer, Survival : the salvage and protection of art in war, New York, Abelard Press, , 291 p. (SUDOC 015020789).
  • Rose Valland, Le Front de l’art, Paris York, RMN, .
  • Corinne Bouchoux, Rose Valland. Résistance au musée, La Crèche, Geste, (ISBN 2845612362).
  • Robert M. Edsel, Monuments men : Rose Valland et le commando d’experts à la recherche du plus grand trésor nazi, Paris, J.-C. Lattès, .
Pour enfants
  • Catel, Emmanuelle Polack et Claire Bouilhac, Rose Valland, capitaine Beaux-Arts, Paris, Dupuis, (ISBN 2800145528).
  • Emmanuelle Polack et Emmanuel Cerisier, Rose Valland, l’espionne du musée du Jeu de Paume, Saint-Herblain, Gulf Stream, .
Films

Liens externesModifier


Articles liésModifier