Mocímboa da Praia

Mocímboa da Praia
Administration
Pays Drapeau du Mozambique Mozambique
Province Cabo Delgado
District Mocímboa da Praia
Démographie
Population 30 950 hab. (2010 (estimation))
Géographie
Coordonnées 11° 20′ 52″ sud, 40° 21′ 20″ est
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Mozambique
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Mocímboa da Praia

Mocímboa da Praia est une ville portuaire du nord du Mozambique, située au bord de l'Océan indien. Elle est le chef-lieu du district de Mocímboa da Praia dans la province de Cabo Delgado et fait office de poste-frontière pour les voyages à destination et en provenance de Tanzanie.

GéographieModifier

Mocímboa da Praia est située au bord du canal de Mozambique (océan Indien), à 1 820 km (2 664 km par la route) au nord-est de Maputo. La ville se trouve à l'embouchure du Rio Mazuma et au fond de la baie de Mocímboa da Praia[1].

HistoireModifier

Période colonialeModifier

 
Cimetière portugais

La ville était importante pendant la période coloniale en raison de son port, dédié à l'exportation des ressources naturelles du Mozambique, et de sa proximité avec le Tanganyika au nord.

Mocímboa da Praia se voit officiellement décerner le statut de vila, le [2].

Guerre d'indépendanceModifier

 
Des troupes portugaises débarquent à Mocímboa da Praia, le

Pendant la guerre d’indépendance, les Portugais ont installé une base militaire à Mocímboa da Praia pour lutter contre le FRELIMO.

Guerre civile mozambicaineModifier

Pendant la guerre civile, des camps avec des tentes pour les déplacés du sud du pays furent installés dans la ville, relativement épargnée par le conflit. Beaucoup de ces déplacés sont restés vivre à Mocímboa da Praia, même après les accords de paix (en) signés à Rome, le .

Insurrection islamisteModifier

En 2014[3] ou en 2015[4],[5], une organisation extrémiste se faisant appeler alternativement Ansar al-Sunna (en) (« Défenseurs de la Sunna »), Ansar al-Charia[6] (« Défenseurs de la Charia »), les Chebab[note 1] (« les Jeunes »), Ahl al-Sunna (« les Gens de la Sunna »), Ahlu Sunna Wa-Jama[note 2],[7] (« les Gens de la Sunna et du Groupe ») ou Swahili Sunna[8], voit le jour à Mocímboa da Praia. Ses membres fondateurs sont d'anciens adeptes du cheikh kenyan Aboud Rogo (en) qui se sont installés à Kibiti (un village de la province de Pwani, à 3 heures de route au sud-ouest de Dar es Salam), puis à Mocímboa da Praia, après son assassinat en 2012[4],[5].

L'insurrection islamiste de Cabo Delgado (en) débute dans la ville lorsque le , 30 hommes armées (dont près de la moitié finiront par être interpellés) proches des Chebab y attaquent 3 commissariats, tuant 16 personnes (dont deux policiers et un chef communautaire)[9]. Ils en profitent pour s'accaparer armes à feu et munitions. Le , la police mozambicaine affirme détenir au total 52 suspects en lien avec cette attaque[10]. Le 4 décembre, les autorités du district de Mocímboa da Praia révèlent les identités de deux hommes, toujours recherchés, suspectés d'être les organisateurs de l'attaque : Nuro Adremane et Jafar Alawi, qui ont tous deux reçu une instruction théologique en Arabie saoudite, au Soudan et en Tanzanie, où ils auraient par ailleurs été formés au maniement des armes[11].

Le , des insurgés islamistes parviennent à s'emparer brièvement de Mocímboa da Praia[12], lors d’une opération militaire amphibie (i.e. cordonnée depuis la terre et la mer). Ils y brûlent les installations gouvernementales (dont les résidences officielles de l’administrateur du district et du maire, la préfecture de police, les casernes et les résidences officielles des forces armées, le petit port, la station-service locale et les succursales des banques suivantes : BCI (pt), Millennium BIM (pt) et ABSA (en)[13]) et lèvent leur drapeau, mais s'abstiennent de viser les civils (2 morts sont cependant à déplorer parmi eux : une femme et un enfant[13]). Au lieu de cela, ils leur distribuent de la nourriture et des biens du butin[14], avant d'être expulsés le lendemain[15]. Le surlendemain, la ville ravagée est visitée par les ministres mozambicains de la Défense et de l'Intérieur, Amade Miquidade et Jaime Neto[13]. Le même jour, Daech revendique la responsabilité de l'assaut (via son agence de presse Amaq)[15], également revendiquée quelque temps auparavant par Ansar al-Sunna (en)[7]. À noter que la date de cette attaque est symbolique : elle intervient un an, jour pour jour, après la perte des derniers territoires syriens de Daech suite à la bataille de Baghouz (en).

PopulationModifier

 
Une rue de Mocímboa da Praia, le

En 2010, la population de la ville était estimée à 30 950 habitants. Parmi eux, de nombreux locuteurs du swahili[16].

Évolution démographique
1997 2008 2010
25 50629 76130 950

ReligionModifier

La majorité des habitants de Mocímboa da Praia sont musulmans[17].

ÉconomieModifier

L'économie de Mocímboa da Praia repose principalement sur la pêche et l'exploitation forestière.

TransportModifier

La ville est traversée par la N380, une autoroute internationale qui relie le Mozambique et la Tanzanie. Il s'agit également de la seule route goudronnée entre Pemba et Palma[14].

Mocímboa da Praia dispose d'un aéroport (en) avec une piste de 2000 mètres de longueur et 45 mètres de largeur destinée à accueillir des Boeing 737. Elle fut inaugurée par le ministre des Outre-Mer (en) portugais, le professeur Silva Cunha (pt), le [18].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Aucun lien avec leurs homologues somaliens
  2. Encore une fois, aucun lien avec leurs homologues somaliens

RéférencesModifier

  1. (en) Sailing Directions (enroute) for East Africa and the South Indian Ocean, United States. Defense Mapping Agency. Hydrographic/Topographic Center, , 360 p. (lire en ligne), chap. 3 (« Mozambique Channel »), p. 77
  2. (pt) « Município de Mocímboa da Praia », Asociação Nacional de Municipios de Mozambique (consulté le 3 mai 2020)
  3. « Mozambique: qui sont les «shebabs» de Mocimboa da Praia? », sur RFI.fr, (consulté le 3 mai 2020)
  4. a et b (en) « Mozambique: Islamists funded by illegal trade in timber and rubies – AIM report », sur ClubOfMozambique.com, (consulté le 3 mai 2020)
  5. a et b (en) « Mozambique Al Shabab behead 10 villagers », sur standardmedia.co.ke, (consulté le 3 mai 2020)
  6. (en) Joseph Hanlon, « Alleged Islamist base shelled near Mocimboa da Praia », sur ClubOfMozambique.com, (consulté le 3 mai 2020)
  7. a et b (en) Fibelis Mbah, « 'We are dying': Residents lament attacks in northern Mozambique », sur AlJazeera.com, (consulté le 3 mai 2020)
  8. (en) Sirwan Kajjo et Salem Solomon, « Is IS Gaining Foothold in Mozambique? », sur VOAnews.com, (consulté le 3 mai 2020)
  9. (en) Peter Fabricius, « Mozambique’s first Islamist attacks shock the region », ISS Africa, (consulté le 3 mai 2020)
  10. (en) « Mozambique: Mocimboa DA Praia - 52 People Arrested », sur AllAfrica.com, (consulté le 3 mai 2020)
  11. (en) « Authorities name 2 Mozambican men suspected leaders of Mocímboa attacks; link them to Tanzania, Sudan, Saudi Arabia », sur ClubOfMozambique.com, (consulté le 3 mai 2020)
  12. (en) « Mozambique jihadists seize key town in Cabo Delgado », sur BBC.com, (consulté le 3 mai 2020)
  13. a b et c (en) « Mozambique: Ministers Visit Mocimboa da Praia », sur AllAfrica.com, (consulté le 3 mai 2020)
  14. a et b (en) Peter Fabricius, « ‘SA private military contractors’ and Mozambican airforce conduct major air attacks on Islamist extremists », sur DailyMaverick.co.za, (consulté le 3 mai 2020)
  15. a et b (en) Manuel Mucari et Emma Rumney, « Islamic State claims Mozambique attack close to gas projects », sur Reuters.com, (consulté le 3 mai 2020)
  16. Harvey Van Veldhuizen, Ext. 3-3390. 2003. Mozambique - Cabo Delgado Biodiversity and Tourism Project : environmental impact assessment (Vol. 2) : Management plan (2003 - 2006). Cabo Delgado Biodiversity and Tourism Lda.. https://www.miga.org/sites/default/files/archive/Documents/Project_Management_Plan.pdf
  17. (en) Joseph Hanlon, « Religion is shaping Cabo Delgado civil war », Mozambique News Reports & Clippings, no 484,‎ , p. 1 (lire en ligne)
  18. (en) Translations on Africa, No. 1223, Arlington, Joint Publications Research Service (en), , 44 p. (lire en ligne), p. 29