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Michel Lucas

ingénieur français
Michel Lucas
Naissance (78 ans)
Lorient
Nationalité Drapeau de la France France
Diplôme
Ingénieur IDN (1965)
Profession
Informaticien, banquier
Activité principale
Président du Crédit mutuel jusqu'au 21 mars 2016
Formation

Michel Jean Francis Lucas, né le 4 mai 1939[1] à Lorient, est le président du Groupe Crédit mutuel de 1971 à 2016[2], et un cadre de l'entreprise[3].

Sommaire

Parcours professionnelModifier

Michel Lucas fait ses études en ingénierie, à l'Institut industriel du Nord (École Centrale de Lille), et les achève en 1965[4]. Après un passage chez Siemens et dans une SSII, il rejoint en 1971 le Crédit mutuel de Strasbourg en tant qu'informaticien. Formé sur le terrain, sous la houlette de Théo Braun, dans l'adversité (création d'une filiale à Marseille dans un marché hostile, gestion de conflit social au journal L'Alsace, déjà propriété du Crédit mutuel local), son caractère et sa spécialité, l'informatique, qu'il impose dans l'entreprise, vont donner au Crédit mutuel une longueur d'avance en gestion de la clientèle. Il participe activement à l'expansion de la banque, géographiquement et dans le secteur de l'assurance. Lorsque les fédérations lyonnaises ou parisiennes sont en difficulté, c'est le Crédit mutuel de Strasbourg qui leur vient en aide, en les rachetant, contribuant à la création de l'actuelle fédération Centre-Est-Europe, la plus importante. Peu regardant sur les valeurs mutualistes, il démutualise en 1992 les Assurances du Crédit mutuel, leur octroyant ainsi une plus grande marge de manœuvre dans leur développement tout en renforçant la mainmise de la fédération de Strasbourg[4].

En , il devient directeur général du Groupe Crédit Mutuel, c'est-à-dire la confédération des différentes entités régionales ou sectorielles, mais sans renoncer à ses fonctions précédentes, ce qui correspond bien à son image de boulimique de pouvoir[4]. Il réalise en avril 1998 l'acquisition d'une banque non mutualiste, le CIC, mais pour le compte de la fédération Centre-Est-Europe et non pour le groupe entier. Les ACM et le CIC contribuent à ce que cette fédération domine en taille et en pouvoir celle de Bretagne, aujourd'hui Arkéa, concurrente et ennemi historique au sein de la confédération. Si la présidence du groupe reste aux mains d'Étienne Pflimlin, Michel Lucas de par ses multiples fonctions - il est aussi directeur général de la Banque Fédérative du Crédit Mutuel, président des Assurances du Crédit Mutuel, président du directoire du CIC - va démontrer qu'il est plus puissant que son président en le reléguant progressivement à des tâches figuratives[5].

Le , Étienne Pflimlin démissionne de la présidence de la Confédération nationale et de celle de la fédération Centre-Est-Europe, positions dans lesquelles il est remplacé par Michel Lucas, qui entérine sa position d'homme fort du groupe, tandis qu'il est remplacé à la direction générale par Alain Fradin. Début 2011, sa volonté de concentrer les pouvoirs dans l'ensemble Crédit Mutuel CIC se traduit par sa décision de supprimer le poste de vice-président de la confédération, obtenue grâce à la situation majoritaire de la fédération Centre-Est-Europe et de ses alliées, ce qui ne va pas sans soulever un nouveau tollé chez Arkéa[6].

PersonnalitéModifier

Michel Lucas est reconnu pour sa personnalité autoritaire, rancunière et boulimique de pouvoir[4], ce qui lui a valu de nombreux surnoms : « Dralucas », « Lucatorze », « Grand requin blanc », « Attila »[4],[7]… Il participe peu aux activités médiatiques et aux mondanités, qu'il laissait volontiers à Étienne Pflimlin tant que celui-ci était président de la confédération, sans doute en raison de sa grande liberté de ton, dont il use et abuse, quitte à manipuler les employés et sociétaires contre l'ennemi extérieur[4]. Sa fermeté qui s'apparente à un manque de tact se traduit par plusieurs réussites dans des opérations de rachat hostiles, tels le rachat du CIC ou la prise de participation aux Galeries Lafayette. C'est aussi lui qui est derrière la très forte présence du Crédit Mutuel dans les médias locaux, en particulier les quotidiens régionaux, et ce dès 1972[8]. Cette volonté, assez incomprise par les analystes du secteur[9], et parfois quasi-monopolistique comme en Alsace, de contrôler ces journaux est certainement l'aspect le plus controversé de son action, et lui vaut le surnom de « papy de la presse »[10]. Face à cette question, il se retranche derrière l'argument économique, et regroupe un maximum d'activités au sein du groupe EBRA, non sans susciter des craintes éditoriales ou pratiques de la part de journalistes des journaux rachetés[11]. Il a ainsi par de multiples rachats amené le Crédit Mutuel à la position de plus gros groupe de presse régionale en France, devant Ouest-France. Cette activité de presse est aussi celle à laquelle il se consacre le plus depuis qu'il a abandonné la direction opérationnelle du groupe Crédit mutuel[12]. La tension régnant entre les groupes de presse lui vaut parfois des retours de bâton, comme lorsque Les Échos révèle qu'il est le banquier le mieux payé de France en 2008, avec 1,37 millions d'euros[11]. « C'était vrai pour le strict salaire, mais moi, je ne dispose pas des primes variées, stock-options et compagnie, qui sont le lot de mes collègues », répond Michel Lucas dans le corps d'une longue enquête qui lui est consacrée par la Revue XXI, dans son numéro 21 de janvier 2013[13].

En 2015, il fait annuler grâce à Vincent Bolloré, président du conseil de surveillance de Vivendi qui possède Canal+, la diffusion d'un documentaire révélant notamment comment le Crédit mutuel a mis en place un système d’évasion fiscale via l’une de ses filiales suisses, Pasche[14].

Distinctions HonorifiquesModifier

  • Officier de la Légion d'honneur, le 17 juin 2005
  • Commandeur de la Légion d'honneur, le 22 avril 2011[15]

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier