Michael Curtiz

réalisateur américain d'origine hongroise
Michael Curtiz
Description de l'image Curtiz 1928 portrait.jpg.
Nom de naissance Manó Kertész Kaminer
Naissance
Budapest, Hongrie
Nationalité Drapeau de Hongrie Hongrois, Drapeau des États-Unis Américain
Décès (à 75 ans)
Hollywood (Californie)
Profession Réalisateur
Producteur
Acteur
Scénariste
Films notables Capitaine Blood
La Charge de la brigade légère
Les Aventures de Robin des Bois
L'Aigle des mers
Casablanca
Le Roman de Mildred Pierce

Michael Curtiz, connu aussi sous les noms de Manó Kaminer, Mihály Kertész, Michael Kertész, est un réalisateur américain d'origine juive hongroise, né le à Budapest et mort le (à 75 ans) à Hollywood (Californie). Il fut le premier mari de l'actrice Lili Damita.

BiographieModifier

Michael Curtiz[1],[2] naît dans une famille juive de Budapest, alors capitale du royaume de Hongrie. À 17 ans, il part de chez lui pour se joindre à un cirque, avant de s'inscrire à l'université Markoszy[3] puis à l'Académie royale d'art dramatique — actuelle université d'art dramatique et cinématographique — dont il sort diplômé en 1906. En 1912, il commence sa carrière d'acteur et de metteur en scène sous le nom de Mihály Kertész[2]. L'année suivante, il rejoint le studio Nordisk Film au Danemark et participe à Atlantis, un film d'August Blom, en tant qu'acteur et assistant directeur. Il exerce également comme opérateur d'actualités et assistant de Victor Sjöström et Mauritz Stiller en Suède. Il rentre au pays en 1914 où il contribue à la fondation du cinéma hongrois, réalisant notamment l'un des premiers succès nationaux, Bánk bán (1914). Après la guerre civile de 1919, il est contraint de quitter le pays à cause de la « terreur blanche » exercée sur les juifs, les intellectuels et les communistes par les armées de Miklós Horthy. Sa carrière cinématographique se divise en quatre périodes : hongroise (1912-1918), autrichienne (1919-1925), allemande (1925-1926) et américaine (1926-1961).

Il arrive à Hollywood en 1926, où il dirige notamment sa femme Lili Damita ou encore Errol Flynn dans des films devenus des classiques du cinéma : Capitaine Blood (1935), La Charge de la brigade légère (1936), et Les Aventures de Robin des Bois (1938).

En 1940, il dirige un classique du film d'aventures de l'époque avec L'Aigle des mers. Mais c'est pour Casablanca (1942)[4],[5],[6], avec Humphrey Bogart et Ingrid Bergman, que la signature de Curtiz appartient définitivement au panthéon du cinéma.

Michael Curtiz est mort en à Hollywood des suites d'un cancer. Il est enterré au Forest Lawn Memorial Park de Glendale (Californie).

Il a obtenu son étoile sur le Walk of Fame le au 6640, Hollywood Boulevard[7].

StyleModifier

Considéré comme le plus important des réalisateurs de la Warner Bros.[8] durant les années 1930[9], Curtiz est souvent considéré comme un metteur en scène compétent mais sans style vraiment identifiable. Il a travaillé dans de nombreux genres différents, signé plus de quatre-vingts films[10] chez Warner Bros[11], d'une originalité parfois discutable mais qui ont eu, et conservent souvent, une audience significative.

Sodome et Gomorrhe, film muet réalisé en 1922 portait déjà l'empreinte d'un maître de l'évocation visuelle pour certains commentateurs[Qui ?].

Les admirateurs de son travail arguent du fait que, dans les années 1940, il a développé un style sophistiqué, marqué par des mouvements de caméra très fluides, de fortes compositions, des éclairages texturisés remarquables pour un spectateur attentif[réf. nécessaire].

Filmographie partielleModifier

Au DanemarkModifier

En HongrieModifier

  • Sous le nom de Mihály Kertész :
  • 1912 : Le Dernier Bohême (Az utolsó bohém)
  • 1912 : Aujourd'hui et demain (Ma és holnap)
  • 1913 : Âme d'esclave (Rablélek)
  • 1914 : Le Chercheur d'or (Az aranyásó)
  • 1914 : Princesse Pongyola (A hercegnő pongyolában)
  • 1914 : Âme captive (Az éjszaka rabjai)
  • 1914 : Enfants empruntés (A kölcsönkért csecsemők)
  • 1914 : Bánk bán
  • 1914 : L'Indésirable (A tolonc)[12]
  • 1915 : Doublement aimé (Akit ketten szeretnek)
  • 1915 : Le Médecin (A medikus)
  • 1915 : L'Arc-en-ciel noir (A fekete szivárvány)
  • 1915 : La Chèvre d'argent (Az ezüst kecske)
  • 1915 : Sept de pique (Makkhetes)
  • 1915 : Le Carthaginois (A karthauzi)
  • 1916 : La Force de la terre hongroise (A magyar föld ereje)
  • 1916 : Le Juif fermier (Az árendás zsidó)
  • 1916 : Histoire d'un sou (Egy krajcár története)
  • 1916 : Le Colonel (Az ezredes)
  • 1916 : L'Homme de la terre (A föld embere)
  • 1916 : La Cloche de la mort (A halálcsengő)
  • 1916 : Le Printemps en hiver (Tavasz a télben)
  • 1916 : Samson le Rouge (A Vörös Sámson)
  • 1916 : La Peau de chagrin (A szamárbőr)
  • 1917 : La Dernière aube (Az utolsó hajnal)
  • 1917 : Maître Zoard (Zoárd Mester)
  • 1917 : L'Invasion des Tartares (Tatárjárás)
  • 1917 : Le Fils de personne (A senki fia)
  • 1917 : Le Secret de la forêt (A szentjóbi erdö titka)
  • 1917 : L'Homme de la terre (A föld embere)
  • 1917 : Le Scorpion (A Skorpió)
  • 1917 : La Dame aux tournesols (A napraforgós hölgy)
  • 1917 : Le Mauvais Garçon (A csúnya fiú)
  • 1917 : Mandragore (Alraune) en coll. avec Fritz Odön
  • 1917 : La Veuve joyeuse (A víg özvegy)
  • 1917 : Valse magique (Varázskeringő)
  • 1918 : Le Diable (Az ördög)
  • 1918 : L'Énigme de Wellington (A wellingtoni rejtély)
  • 1918 : Jean, le cadet/Mon frère arrive (Jön az öcsém)
  • 1918 : Lulu
  • 1919 : Liliom (inachevé)

En AutricheModifier

En AllemagneModifier

Aux États-UnisModifier

AutresModifier

PostéritéModifier

Si le nom de Michael Curtiz paraît, à l'époque contemporaine, un peu oublié, Casablanca est considéré par beaucoup comme un des plus grands films de l'histoire de cinéma, sans qu'on sache toujours en nommer le réalisateur.

En 2018, Tamás Yvan Topolánszky réalise Curtiz, un biopic sur l’arrière-plan du tournage de Casablanca (Netflix). Le film dresse un portrait assez dur du réalisateur, arrogant et tyrannique, mais finalement sensible et tourmenté. Il met en scène Curtiz lors du tournage de Casablanca, devant composer avec Jack Warner et des producteurs tatillons, un Comité fédéral auprès de l’industrie cinématographique défendant le monde libre avec des méthodes totalitaires, l’arrivée de sa fille de Hongrie et leur rupture, la déportation de sa sœur en Hongrie et de toute sa famille ou les « caprices » d'Ingrid Bergman (elle a faim…). Sans connaissance de ses sources et sans accès au dossier de production, il est toutefois difficile de faire la part de la réalité et de la dramatisation dans le film.

En 2018, il est incarné par Raoul Craemer dans le film In Like Flynn de Russell Mulcahy.

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Michael Curtiz | Hungarian-American director, actor, and writer », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 9 avril 2019).
  2. a et b (en-US) « Who was Michael Curtiz? Everything You Need to Know », sur www.thefamouspeople.com (consulté le 9 avril 2019).
  3. « Michael Curtiz », sur www.cineclubdecaen.com (consulté le 9 avril 2019).
  4. (en) « Casablanca | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le 9 avril 2019).
  5. « CASABLANCA | Critique du film de Michael Curtiz avec Humphrey Bogart », sur LE BLEU DU MIROIR | Critiques cinématographiques, (consulté le 9 avril 2019).
  6. « Casablanca de Michael Curtiz : La critique du film », sur Oblikon.net, (consulté le 9 avril 2019).
  7. « Michael Curtiz | Hollywood Walk of Fame », sur www.walkoffame.com (consulté le 9 avril 2019).
  8. (en) « Michael Curtiz », sur TSPDT (consulté le 9 avril 2019).
  9. Jean-Loup Passek, Dictionnaire du cinéma, Larousse, 2006, p. 194.
  10. (en-US) « Michael Curtiz Movies », sur Ultimate Movie Rankings (consulté le 9 avril 2019).
  11. Victor Roland Bérard et Patrick Cannière, Michael Curtiz, maître du baroque, La Revue du Cinéma, no 369, février 1982.
  12. « A tolonc (L'indésirable) - La critique du film », sur Avoir Alire - Critiques et news films, Livres, BD, musique, séries TV, Spectacles (consulté le 9 avril 2019).
  13. Encyclopædia Universalis, « CASABLANCA, Michael Curtiz », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 9 avril 2019).
  14. « Critique de CASABLANCA de Michael Curtiz à voir à 20H45 sur Ciné + Classic - IN THE MOOD FOR CINEMA », sur www.inthemoodforcinema.com (consulté le 9 avril 2019).
  15. « Passage pour Marseille (1944) de Michael Curtiz », sur L'Oeil sur l'Ecran (consulté le 9 avril 2019).
  16. Mon Cinéma à Moi, « THE UNSUSPECTED (Le Crime était presque parfait) – Michael Curtiz (1947) », sur mon cinéma à moi, (consulté le 9 avril 2019).
  17. (en) « The Breaking Point » (consulté le 9 avril 2019).
  18. (en-US) « Cinema: The New Pictures, Oct. 25, 1954 », Time,‎ (ISSN 0040-781X, lire en ligne, consulté le 9 avril 2019).
  19. Beverly, « Beverly in Movieland: Michael Curtiz: He’s No Angel », sur Beverly in Movieland, (consulté le 9 avril 2019).
  20. (en-US) EmanuelLevy, « King Creole: Elvis Presley’s Popular Movie | Emanuel Levy » (consulté le 9 avril 2019).
  21. (en-US) EmanuelLevy, « Comancheros, The (1961): John Wayne in Michael Curtiz Western, Co-Starring Lee Marvin and Stuart Whitman | Emanuel Levy » (consulté le 9 avril 2019).
  22. cinestranger, « MICHAEL CURTIZ », sur ACTERIEUR DU CINEMA (consulté le 9 avril 2019).
  23. (en) Variety Staff et Variety Staff, « Catastrophic On-Set Accidents: A History », sur Variety, (consulté le 9 avril 2019).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier