Merab Kostava

Merab Kostava (en géorgien : მერაბ კოსტავა), né le à Tbilissi (Union soviétique) et mort le à Boriti, était un poète, musicien et musicologue géorgien, opposant au régime soviétique.

Merab Kostava
Merab-kostava.jpg
Merab Kostava en 1988. Photo de Maya Orjonikidze.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 50 ans)
Boriti (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
მერაბ კოსტავაVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Distinction
Order of National Hero (Georgia) (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

BiographieModifier

 
Zviad Gamsakhourdia et Merab Kostava à Tbilissi en 1988. Photo de George Barateli.

Jeunesse et formationModifier

En 1954, Merab Kostava et Zviad Gamsakhurdia (qui deviendra le premier président de la République de Géorgie en 1991) fondèrent une organisation de jeunesse clandestine, Gorgasliani[1]'[2], dont le nom faisait référence à l'ancien roi géorgien Vakhtang Ier Gorgassali. En 1956, il apporta son soutien à l'insurrection de Budapest[3] et il fut ensuite l'un des premiers à publier des samizdats[4], ce qui le conduisit plusieurs fois à être emprisonné.

En 1962, Merab Kostava obtint son diplôme du conservatoire de Tbilissi et enseigna jusqu'en 1977 dans une école de musique de la capitale géorgienne.

DissidenceModifier

En 1974, après deux ans d'enfermement, il rejoignit le Groupe d'action pour la défense des droits de l'homme et publia deux ans plus tard un journal clandestin qui couvrait l'actualité des droits de l'homme en Géorgie soviétique. En avril 1977, il co-fonda le comité géorgien[5] de surveillance des accords d'Helsinki[6]. Edouard Chevardnadze, alors premier secrétaire du Comité central du PC géorgien, ordonne son arrestation le [7], ainsi que celle de Zviad Gamsakhurdia[8], ce qui les conduisit à être condamnés le [9] au titre de l'article 71 du code pénal géorgien à 3 ans de goulag plus 2 ans d'exil interne pour agitation et propagande anti-soviétiques[10]. Assigné à résidence en Iakoutie[11], il fut de nouveau jugé en décembre 1981 et cette fois condamné à 5 ans de camp de travail pour hooliganisme[12]. En 1985, il fut condamné à 2 années supplémentaires d'emprisonnement pour violation des règles du camp. Sa santé se détériora (il contracta la tuberculose) et il observa plusieurs grèves de la faim pour protester contre les conditions de vie dans les camps. Au printemps 1985, son fils fut retrouvé pendu dans son appartement. Merab Kostava fut finalement relâché le lors d'une libération générale de prisonniers.

Militant pour l'indépendanceModifier

Le , il est l'un des initiateurs de l'association Ilia-Tchavtchavadzé qui a pour but de défendre la culture géorgienne. L'article 3 de sa charte énonce par exemple : « Tout projet mettant en danger en Géorgie la nature, les monuments historiques ou la culture, ou susceptibles d'induire des modifications démographiques, doit être soumis à enquête nationale à l'échelle de la Géorgie tout entière »[13].

Il continua son activisme pour les droits de l'homme et fut un militant de l'indépendance de la Géorgie, dans une approche qualifiée de radicale[Par qui ?] car refusant la voie du compromis[14].

Merab Kostava mourut dans un accident de voiture le . Selon ses proches, il recevait des menaces de mort depuis l'été[10]. Plusieurs centaines de milliers de personnes accompagnent son cercueil à la cathédrale Sioni de Tbilissi[15]. Il fut inhumé au panthéon de Mtatsminda.

Après son décès, Zviad Gamsakhourdia se posa en leader incontesté de la lutte indépendantiste[16].

Notes et référencesModifier

  1. Murielle Lucie Clément, Andreï Makine: Le multilinguisme, la photographie, le cinéma et la musique dans son œuvre, Éditions L'Harmattan, 2011, page 31
  2. Christophe Dolbeau, Face au bolchevisme: petit dictionnaire des résistances nationales à l'Est de l'Europe, Arctic, 2006, page 85
  3. Dennis DeConcini, sénateur de l'Arizona, Tribute to Merab Kostava, 19 octobre 1989, Bibliothèque du Congrès
  4. Salomé Zourabichvili, Une femme pour deux pays, Grasset, 10 mai 2006.
  5. Le groupe de surveillance de l'application des accords d'Helsinki avait quant a lui été fondé en 1976 par Youri Orlov, Elena Bonner, femme de l'académicien Sakharov, l'ancien général Grigorenko, Mme Alexeeva, MM. Alexandre Ginsburg et Anatoli Martchenko. Robert Solé, M. Orlov comparait devant un tribunal à Moscou, 16 mai 1978
  6. Christophe Chiclet, Zviad Gamsakhurdia, Encyclopædia Universalis
  7. « URSS : décès d'un dirigeant nationaliste géorgien », sur Le Monde,
  8. Christoph Zürcher, The Post-Soviet Wars: Rebellion, Ethnic Conflict, and Nationhood in the Caucasus, New York University Press, 2007, page 128
  9. Daniel Vernet, « Les amis des dissidents géorgiens condamnés contestent la version officielle sur leurs aveux », sur Le Monde,
  10. a et b Dennis DeConcini, op. cit.
  11. « Depuis une semaine, M. André Sakharov a eu deux alertes cardiaques », sur Le Monde,
  12. Il reçut le soutien d'Andreï Sakharov : AFP et Le Monde, 29 janvier 1982, M. SAKHAROV DEMANDE À M. MITTERRAND D'INTERVENIR EN FAVEUR DES PRISONNIERS POLITIQUES
  13. « URSS:" Pour la défense des droits nationaux... " », sur Le Monde,
  14. Xavier Follebouckt, Les Conflits gelés de l'espace postsoviétique : Genèse et enjeux, Presses universitaires de Louvain, 2012, pages 88 et 89
  15. « URSS : important cortège funèbre aux obsèques de Merab Kostava », sur AFP / Le Monde,
  16. Ghia Nodia, Political Turmoil in Georgia anf the Ethnic Policies of Zviad Gamsakhourdia, in Bruno Coppieters (sous la direction de), Contested Borders in the Caucasus, Bruxelles, VUBPress, 1996.

Liens externesModifier