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Matthäus Schwarz
Mathäus Schwartz hans maler 1526.jpg
Biographie
Naissance
Décès
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Barbara Schwarz (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Matthäus Schwarz (19 février 1497 - vers 1574) est un comptable allemand, connu pour avoir rédigé le Livre des costumes, ouvrage répertoriant les vêtements qu'il a porté entre 1520 et 1560. L'ouvrage est considéré comme « le premier livre de mode du monde »[1].

Sommaire

JeunesseModifier

Schwarz nait à Augsbourg , fils d'Ulrich Schwartz le Jeune, négociant en vin. Il vient d'une famille de charpentiers de Rettenbergen en Bavière qui a déménagé à Augsbourg au XVe siècle. Son grand-père, Ulrich Schwarz, était maître de la guilde des charpentiers à Augsburg et maire d'Augsbourg de 1469 à 1477. Il perdit le pouvoir après des disputes avec les principales familles de la ville et fut exécuté en 1478.

Schwartz fait ses études à Augsburg et Heidenheim. Sa mère meurt en 1502. Comme il n'est pas assez bon en latin pour devenir moine comme son frère, il travaille pour son père puis devint apprenti marchand à Milan et à Venise, où il s'initie aux techniques comptables.

Carrière professionnelleModifier

Matthäus et Barbara Schwarz par Christoph Amberger, 1542

Il commence à travailler pour un riche marchand d'Augsbourg Jakob Fugger en 1516 et rédige, en 1518, un manuscrit de comptabilité intitulé Dreierlay Buchhaltung (comptabilité en trois parties). Ce travail, resté inédit, réécrit par Schwartz en 1550, est seulement publié au début du 20ème siècle. Fugger, connu sous le nom de Fugger au Lys ou Jacob le Riche, membre de la famille des banquiers et marchands Fugger, a fait fortune comme banquier de la dynastie des Habsbourg avant sa mort en 1525. Fugger a légué des actifs d'une valeur de plus de 2 millions de florins à son neveu, Anton Fugger, pour qui Schwartz a également travaillé. Le père de Schwartz meurt en 1519. La même année, Schwartz commence une autobiographie, De Wellt lauff (« Le Cours du monde »), restée inédite.

Il épouse Barbara Mangold en 1538. Le musée Thyssen-Bornemisza et la collection Kisters détiennent respectivement deux portraits de Schwartz et de son épouse datant de 1542, réalisés par Christoph Amberger .

Matthäus Schwarz est anobli par Charles V, empereur du Saint-Empire romain en 1541 et meurt à Augsbourg vers 1574.

Livre des costumesModifier

Schwarz est fasciné par les vêtements, dépense une grande partie de ses revenus pour en acheter et documente son apparence tout au long de sa vie d'adulte. Il a besoin d'un serviteur pour s'habiller. A cette époque, l'intérêt pour la mode et les beaux vêtements est l'apanage de la seule aristocratie. Lorsque des lois somptuaires fixent les règles de l'habillement selon le rang et la fonction sociale, Schwarz veille à s'y conformer, par exemple en portant des manches fantaisie si les chausses étaient interdites [1].

De 1520 à 1560, il commande à des artistes des aquarelles le représentant fidèlement dans des vêtements à la mode. L'œuvre comprend d'abord 36 images réalisées en 1520 par Narziss Renner. Elles reconstituent la vie de Schwartz jusqu'à cette date, depuis sa naissance, puis comme nourrisson, écolier et apprenti. Schwartz commande 101 images supplémentaires dans les 40 années suivantes, toujours réalisées par Renner, jusqu'en 1536, puis par des artistes de l'atelier de Christoph Amberger. Y figurent deux portraits de Schwartz, nu, vu de dos et de face, en 1526, âgé de 29 ans, qui sont considérés comme les plus anciennes images d'hommes entièrement nus de l'art nord-européen. Il se fait représenter après sa guérison d'un accident vasculaire cérébral, à 52 ans, ainsi qu'en vêtements de fête pour la visite de Maximilien Ier, empereur du Saint-Empire romain, pour la diète d'Augsbourg en 1518, pour le mariage d'Anton Fugger en 1527 et pour la visite de Ferdinand, duc d'Autriche en 1530. On le voit en robe de deuil noire pour la mort de son père en 1519. La dernière image le montre en vieillard pleurant la mort d’Anton Fugger en 1560. Schwartz a ajouté aux images des commentaires manuscrits expliquant à quelle occasion était portée chaque tenue, avec sa devise latine, Omne quare suum quia (toute interrogation a son principe).

Schwartz en fait un ouvrage relatant sa vie qu'il appelait son Klaidungsbüchlein (« Livret de vêtements »), connu aujourd'hui sous le nom de Trachtenbuch (« Livre des costumes »).

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Des parallèles peuvent être établis avec les œuvres semi-autobiographiques très illustrées de l'empereur Maximilien, Theuerdank , Weisskunig et Freydal .

Schwartz encourage son fils à poursuivre le projet. Schwartz a été surnommé « Le Maniaque du vêtement »[2], mais le catalogage méticuleux de ses vêtements a pu être une extension de son désir de tout documenter.

BibliographieModifier

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Les manuscrits du Livre des costumesModifier

À la fin du XVIIe siècle, les manuscrits des deux Livres des costumes de Matthäus Schwarz et de son fils Veit Konrad Schwarz ont été transférés depuis la bibliothèque ducale de Wolfendbüttel au musée Herzog Anton Ulrich à Brunswick. La princesse Sophie de Hanovre fait exécuter, en 1704, une copie du manuscrit de Matthäus Schwarz qui se trouve à la bibliothèque de Hanovre. L'exemplaire conservé à la Bibliothèque nationale de Paris[3] provient sans doute de la bibliothèque des Ducs de Brunswick pris en 1806 par Vivant Denon, avec 250 autres manuscrits destinés à enrichir la Bibliothèque impériale et non restitué en septembre 1815 selon l'état dressé par le conservateur Charles Benoît Hase[4]

OuvragesModifier

  • (de) A. Fink, Die Schwarzchen Trachtenbücher, Berlin, S. F. Christensen,

ArticlesModifier

Notes et RéférencesModifier

  1. a et b Mode: Le comptable qui a créé le premier livre de mode , BBC News, 9 juin 2013
  2. Valentin Groebner, « Inside Out: Clothes, dissimulation et arts de la comptabilité dans l'autobiographie de Matthäus Schwarz, 1496-1574 », Représentations, no 66,‎
  3. Matthäus (1497-1574) Auteur du texte Schwarz, Dessins des costumes portés par Matheus Schwarz d'Augsbourg., 1501-1600 (lire en ligne)
  4. Philippe Braunstein, Autobiographie de Matthäus Schwarz, bourgeois d'Augsbourg, Paris, Gallimard, , 144 p., p. 144

Liens externesModifier