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Mascarade (Pays basque)

Mascarade à Barcus en 2009
Mascarade à Barcus en 2009

La mascarade souletine (Xiberoko maskarada) est un rite carnavalesque itinérant, passant de village en village, de janvier à avril. Suivant un calendrier précis, les villages prennent en charge l'organisation de la mascarade à tour de rôle[1]. Elle mélange chant, danse et musique.

Sommaire

HistoireModifier

LocalisationModifier

Les personnagesModifier

Il y a plusieurs rôles, une partie d'entre eux sont les danseurs, les rouges (gorriak) qui sont toujours bien habillés et propres. Ils exécutent des danses connues dans leurs villages composées de pas très techniques (bakun, frisat, entrexat...). Ils sont accompagnés par le son de la txürüla (flûte à trois trous), du ttun-ttun (instrument traditionnel à corde) et de l'atabala (tambour).

L'autre partie de la troupe est composée des beltzak (noirs), qui sont mal habillés, sales et ont un rôle comique. Ils ne dansent pas et suivent les gorriak (rouges), qui marchent en tête du cortège[2].

  • Aintzindariak, « ceux qui marchent devant »', qui forment le groupe de danseurs.
  • Txerrero, « le gardien du troupeau de porcs », danseur qui porte la txerra, bâton terminé par une queue de cheval, avec laquelle il ouvre la mascarade balayant les mauvais esprits du sol. Vêtu d'habits multicolores et de chaussettes brodées, couvert d'un béret à pompon, il porte un ceinturon duquel pendent des clochettes.
  • Gatüzain, « le chat », danseur qui fait claquer son pantographe de bois, instrument utilisé pour manier la charcuterie pendue dans les caves, représentant les griffes du chat qu'il personnifie. Il est vêtu d'un pantalon jaune et d'une veste bleu avec un béret blanc à pompon.
  • Kantiniersa, « la cantinière », danseuse qui porte un tonnelet à la ceinture ainsi qu'un costume bleu et rouge. Sa tâche est de danser avec Zamalzain et de lui offrir des provisions qu'elle transporte dans son tablier. Ce rôle féminin, autrefois joué par des hommes, est aujourd'hui jugé pour la complexité et la précision de ses points, elle est la seule à effectuer des points tournants.
  • Zamaltzain, « l’homme cheval », danseur coiffé d'une toque emplumée couronnée de perles, ornée de rubans qui retombent sur ses épaules. C'est le danseur le plus connu de la mascarade, surtout á cause de la Godalet dantza (la danse du verre), où les danseurs font chacun leur tour des entrechats autour d'un verre de vin. La difficulté de ce rôle réside dans la maîtrise du chevalet imitant le cheval.
  • Enseñari, « le porte-enseigne », danseur vêtu d'un costume noir couturé d'argent. Il porte le drapeau de la Soule (avec un lion sur fond rouge). Il ferme le cortège de danseurs.
  • Jauna et Anderea, « le Seigneur » et « la Dame », personnages au rôle sérieux faisant partie des rouges, gorriak. Le Seigneur, vêtu d'une redingote et coiffé d'un chapeau haut-de-forme, est armé de son épée ; Madame porte une robe de mariée.
  • Laboraria et Laborarisa, « le laboureur » et « la laboureuse", personnages au rôle sérieux faisant partie des rouges, gorriak.
  • Marexalak, « les maréchaux-ferrants » personnages au rôle sérieux faisant partie des rouges, gorriak. Ils ferrent le zamaltzain, dont les sabots sont rapidement usés par sa danse échevelée.
  • Kukuleroak, groupe de jeunes danseurs, d'environ moins de 14 ans.
  • Kerestuak, « les hongreurs ». Ils parlent le béarnais et castrent le zamalzain. Ils se disputent et doivent faire appel à Pitxu pour les aider.
  • Xorrotxak, « les rémouleurs », sont coiffés de casquettes surmontées d'un écureuil. Ils critiquant les acteurs et se déplacent en chantant. Ils doivent aiguiser l'épée du Seigneur mais se disputent, entraînant l'arrivée de Pitxu en scène.
  • Buhameak, « les bohémiens », groupe de personnages au rôle comique faisant partie des beltzak (noirs). Ils sont bruyants, voleurs et maladroits, portant des costumes bariolés ainsi qu'une grosse épée de bois. Leur visage est maquillé de noir avec de la suie. Ils peuvent être entre quatre et six pour commenter l'actualité souletine lors de la représentation. Avec leur chef Basagaitz, ils sont jugés sur leur talent pour l'improvisation et le burlesque en interaction avec le public.
  • Kauterak, « les chaudronniers », groupe de personnages faisant partie des beltz (noirs) au rôle comique. Vêtus de noir, masqués, dans leur dos pend une queue de renarde et un écriteau avec leur nom et leur description. Ils excellent dans la raillerie et la dérision, éclaboussant les villageois et enlevant les jeunes filles. Tout au long de la représentation et des barricades, ils doivent affirmer leur présence en mettant la pagaille. Leur chef Kabana doit offrir au public un discours, le perediküak, pour leur raconter les anecdotes de l'année sur le lieu de la représentation[3]. Il doit jouer avec les réactions du public et tenter de contrôler le reste de son groupe grâce à son fouet. Pitxu est le personnage central de la mascarade souletine au rôle de clown. Il représente de cycle de la vie, mourant puis ressuscitant lors de la représentation. Il passe à la mascarade à saboter le travail des autres personnages.
  • Bedeziak, « les docteurs », ils doivent soigner Pitxu à la fin de la mascarade.[4]

OrganisationModifier

RéférencesModifier

  1. ALLIERES Jacques, Les Basques, Paris, Presses Universitaires de France,
  2. Fourquet François, La mascarade d’Ordiarp, Bayonne, Ikerka,
  3. DICHARRY Eric, Du rite au rire : le discours des mascarades au Pays Basque., Paris, L'Harmattan,
  4. Association Sü Azia, Maskaradak – Les mascarades : Xiberoko herri ihauteriak – Carnaval populaire en Soule, Institut Culturel Basque, n°2 janvier 1993