Marie Aycard

écrivain français
Marie Aycard
Alias
Jean-Pierre, Marc Perrin
Naissance
Marseille, Drapeau de la France France
Décès (à 64 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Marie Aycard[1], né à Marseille le et mort à Paris le , est un romancier et auteur dramatique français.

BiographieModifier

Il fait ses études au lycée Thiers de Marseille[2]. Avec un groupe d'amis poètes, dont plusieurs sont réunis par la franc-maçonnerie locale (loge la Française de Saint-Louis), il fonde le Cercle académique de Marseille et publie des poésies dans la revue du groupe, L'Alcyon (1821, 6 numéros mensuels), et dans un recueil, Les Roses provençales (1824, publié par un ancien du Cercle académique), avant d'aller se fixer à Paris en 1822, où il contribue par des nouvelles et des articles sur le théâtre à différents journaux : Le Constitutionnel des dames, La Pandore, La Lorgnette, Le Pilote. En 1822 (mais publié en 1823), il traduit de l'espagnol les comédies de Manuel Eduardo de Gorostiza pour le Répertoire des théâtres étrangers. Il publie ensuite ses premiers romans (Dina, 1824 et Flora, 1825) et des Ballades et chants populaires de la Provence (1826), avant plusieurs années d'inactivité. En 1829, il débute au théâtre et reprend la publication de romans populaires pour cabinets de lecture (le Sire de Moret, 1829, Marie de Mancini, 1830, etc.) jusqu'en 1837, seul ou en collaboration avec Auguste Ricard dont il est très proche. Il contribue de façon anonyme (avec d'autres) à plusieurs romans de ce dernier. A partir de 1837, il commence à fournir des feuilletons littéraires au Temps (sous divers pseudonymes, dont Marc Perrin) puis (1838) au Courrier français (sous son nom), et d'abord des "feuilletons-nouvelles" complets en une seule parution. Dans Le Courrier français, il forme un trio d'auteurs à succès avec Eugène Guinot et Louis Lurine, jusque fin 1842. Grâce à ce journal et à ces feuilletons, il acquiert une certaine notoriété et adhère à la Société des Gens de Lettres (SDGL) dès sa fondation en 1838. Il continue d'écrire en collaboration quelques pièces de théâtre[3].

Son prénom le fait souvent prendre pour une femme. Néanmoins, écrit Charles Monselet, « M. Marie Aycard est trapu, barbu et Marseillais ; deux prunelles malicieuses étincellent sous ses lunettes ; il a l'organe impétueux et sonore ; il porte une grosse canne[4]. » En 1852, Nadar brosse ainsi son portrait dans le Journal pour rire : « Encore un Marseillais, le feuilleton fait chair, j'entends le feuilleton-type, la petite nouvelle, en un numéro, fraîche, légère et court vêtue, sentimentale parfois, quand elle n'est pas tout bonnement spirituelle, telle en un mot que l'ancien Courrier français l'avait créée : j'ai nommé Marie Aycard, et je ne suis pas fâché que ce visage barbu et enlunetté vienne par mes soins donner démenti à plus d'un commis voyageur qui s'est vanté à table d'hôte de ses relations avec la célèbre Marie Aycard. M. Aycard a à peu près abandonné aujourd'hui le feuilleton pour le vaudeville : ce n'est pas les théâtres qui y perdent[5]... »

Ses nouvelles ont été redécouvertes et rééditées à partir de 2003 par la revue Le Rocambole. Une thèse a été consacrée à cet écrivain-journaliste en 2015 [6], où on défend l'idée que le roman-feuilleton a été précédé, au rez-de-chaussée des quotidiens, à partir de 1836, par une multitude de "feuilletons-nouvelles" (eux-mêmes issus du feuilleton de "variété"), dont Marie Aycard fut un des représentants les plus assidus de 1837 à 1842, avec plusieurs centaines de récits, notamment dans le journal quotidien Le Courrier français, qui en fait, à bien des égards, un précurseur du récit policier et criminel en France (Les Deux voleurs, La Fouine, etc.). Un des caractères les plus extraordinaires des feuilletons-nouvelles de Marie Aycard est leur "viralité" médiatique : certains de ces contes très courts sont énormément reproduits dans la presse régionale, francophone ou traduits en de nombreux pays et langues. Un conte (ou feuilleton-nouvelle) comme Les Pommes de calville (1840) est réimprimé dans plus de cent journaux dans le monde entier jusque dans les années 1890.

ŒuvreModifier

Romans, nouvellesModifier

  • Dina, ou la Fiancée juive, 2 vol., 1824
  • Flora, 1825
  • Les Parchemins et la Livrée, (anonyme) avec Eugène Garay de Monglave, 2 vol., 1825
  • Le Sire de Moret, page du roi, 4 vol., 1829 Texte en ligne 1 2 3 4
  • Marie de Mancini, histoire de 1659, 3 vol., 1830
  • La Fille bleue, ou la Novice, l'Archevêque et l'Officier municipal, 4 vol., 1833 (signé Jean-Pierre)
  • Le Couvent de los Ayudos, 4 vol., 1833 (signé Jean-Pierre)
  • L'Actrice et le Faubourien roman de mœurs, avec Auguste Ricard, 4 vol., 1834 Texte en ligne 1 2 3
  • Le Comte de Horn, avec une preface A Monsieur Auguste Ricard. Bruxelles, Wahlen, 1835.
  • Comme on gâte sa vie, esquisses de mœurs, avec Auguste Ricard, 5 vol., 1835
  • Julienne Petit, ou le Voleur et la grisette, 2 vol., 1836
  • Une femme de chambre, 2 vol., 1837 (publication citée par Quérard mais non attestée)
  • La Fouine, 1841 (feuilleton-nouvelle)
  • La Mauvaise Année, 1841 (feuilleton-nouvelle)
  • Le Projet d'un crime, 1841 (feuilleton-nouvelle)
  • L'Alibi, 1842 (feuilleton-nouvelle)
  • Les Cardons à la moëlle, 1842 (feuilleton-nouvelle)
  • La Croix de pierre 1842 (feuilleton-nouvelle)
  • John Poker, 1843 (feuilleton-nouvelle)
  • Gaëtano, 1843 (feuilleton-nouvelle)
  • Sir Robert Hill, 1843 (feuilleton-nouvelle)
  • Un rapport de police sous l'Empire, 1845 (feuilleton-nouvelle)
  • La Lettre de grâce, 1847 (feuilleton-nouvelle)
  • La Logique des passions, 1848 (roman-feuilleton)
  • Lantara, 1850 (feuilleton-nouvelle)
  • William Vernon, 1852 (feuilleton-nouvelle)
  • M. et Mme de Saintot, 1854 (roman-feuilleton)
  • Le Château de La Renardière, 4 vol., 1854
  • Mlle Potain. Un enlèvement en 1805, 1854
  • Mme de Linant, 1854
  • Nouvelles d'hier, 1854 Texte en ligne
  • Le Diamant de famille, 4 vol., 1854 Texte en ligne 1 2 3 4
  • Les Gentlemen de grands chemins, 2 vol., 1857 Tome 2 en ligne
  • La lettre de grâce et autres feuilletons-nouvelles du Constitutionnel : 1843-1844, préface et bibliographie par Jean-Luc Buard, Paris, Archives et documents-Presse & feuilletons (ADPF), 2019, 294 p. Recueil des 11 feuilletons de l’auteur dans le journal Le Constitutionnel. (ISBN 978-0-244-48555-9)

ThéâtreModifier

  • Paul Morin, drame en 3 actes, avec Étienne Arago, Paris, Théâtre de l'Ambigu-Comique, Texte en ligne
  • Mlle Aïssé, comédie-vaudeville en 1 acte, avec Emmanuel Arago, Paris, Théâtre du Vaudeville,
  • Un Pont-Neuf, comédie-vaudeville en 1 acte, avec Emmanuel Arago, Paris, Théâtre du Vaudeville,
  • Un antécédent, comédie-vaudeville en 1 acte, avec Emmanuel Arago, Paris, Théâtre du Vaudeville,
  • Mlle Desgarcins, ou la Troisième représentation d'Othello, comédie-vaudeville en 1 acte, avec Louis-Émile Vanderburch, Paris, Théâtre du Vaudeville,
  • Le Premier Malade, comédie en 1 acte en prose, mêlée de couplets, avec Louis-Émile Vanderburch, Paris, Théâtre du Vaudeville,

Autres publicationsModifier

Rééditions récentes de feuilletons-nouvelles et contes séparésModifier

  • « La Lettre de grâce », Le Constitutionnel, 1- (in Le Rocambole n°24-25, daté automne-hiver 2003 (), p. 299-316, présenté par Jean-Luc Buard). Récit criminel et historique (époque Louis XVI, personnage M. de Maurepas)
  • « Les Deux voleurs », Le Courrier français, 15 au , 6 épisodes (in Le Rocambole n°24-25, , p. 317-351). Récit policier et criminel
  • « Un conspirateur en 1800 », Le Courrier français, (in Le Rocambole n°27, 2004, p. 169-176). Récit policier, criminel et historique (personnage, Fouché)
  • « Le Portrait », Le Courrier français, (in Le Rocambole n°36, 2006, p. 167-176). Récit criminel (histoire d'aigrefin)
  • « L'Epreuve » (signé Marc Perrin), Le Temps, (in Le Rocambole n°48-49, 2009, p. 340-45). Récit sentimental et humoristique
  • « La Peine du talion » (signé Marc Perrin), Le Temps, (in Le Rocambole n°48-49, 2009, p. 345-50). Récit policier et criminel
  • « Les Pommes de Calville », Le Courrier français, (in Le Rocambole n°48-49, 2009, p. 332-339). Récit historique sur l'Empire (personnages Bonaparte, Joséphine, Fouché)
  • « Le Tablier de maître », L'Orient, revue universelle de la franc-maçonnerie, (blog Critica masonica, ) http://criticamasonica.over-blog.com/2015/03/litterature-maconnique-1a-b-le-tablier-de-maitre-de-marie-aycard.html
  • « Le Sous-préfet et le comédien », L'Orient, revue universelle de la franc-maçonnerie, (in Critica masonica n°7, p. 121-131, présenté par Jean-Luc Buard)
  • « La Fouine », Le Courrier français, 12 et (in Le Rocambole n°77, 2016, p. 143-156, avec bibliographie). Récit policier, criminel et historique (époque Louis XVI, 1778, personnage M. Lenoir, lieutenant de police)
  • « Le Tombeau », Le Courrier français, (in Le Visage vert n°30, 2018, p. 105-123, avec bibliographie). Parodie écrite en hommage à Ann Radcliffe, traduite en italien, allemand, portugais et anglais (aux États-Unis dans The New Mirror en 1843, signée EP, ce qui la fit par la suite attribuer par erreur à Edgar Poe).
  • « Un mariage en quinze minutes », Le Courrier français, (in Le Rocambole n°88-89, nov. 2019, p. 344-352, avec article « La première fiction ferroviaire ? ». Feuilleton-nouvelle écrit à la suite de l'ouverture de la ligne de chemin de fer Thann-Mulhouse, inaugurée le par la Compagnie du chemin de fer de Mulhouse à Thann.
  • « L'Écu de cent sous », Le Courrier français,  ; réimprimé dans Le Courrier des États-Unis (New York), sous la signature Eugène Guinot le et renvoyé vers la France sous cette signature ; réimprimé à large échelle sous cette signature, notamment dans L'Écho des feuilletons, tome I, n° 1,  ; traduit en anglais sous la signature Eugène Guinot dans The Brother Jonathan (New York) en octobre 1840 puis dans le Chambers's Edinburgh Journal, . Immense succès populaire pour ce feuilleton-nouvelle : reproduit, traduit, adapté, diffusé dans plus de 416 périodiques, en au moins onze langues et 21 pays de 1840 à 1917. Traduit, retraduit et adapté au moins huit fois en anglais durant cette période, ce phénomène est commenté (et le feuilleton réédité) dans Jean-Luc Buard, Culture médiatique et presse numérisée : médiasphère des feuilletons-nouvelles de Marie Aycard (1794-1859), Presses de l'enssib, 2019.


AudiolivresModifier

http://www.litteratureaudio.com/livres-audio-gratuits-mp3/tag/marie-aycard


Notes et référencesModifier

  1. Marie Aycard a écrit aussi sous le nom de Marc Perrin et de Jean-Pierre.
  2. Jacques Delmas, Livre d'or. Histoire du lycée de Marseille, Marseille, Imprimerie marseillaise, 1898, p. 110.
  3. Éléments biographiques d'après Joseph-Marie Quérard, La France littéraire, Paris, Daguin Frères, vol. I, 1842, p. 116-117 et d'après Jean-Luc Buard, thèse référencée ci-après.
  4. Charles Monselet, La Lorgnette littéraire. Dictionnaire des grands et des petits auteurs de mon temps, Paris, Poulet-Malassis et de Broise, 1857, p. 9-10.
  5. Nadar, « Lanterne magique des auteurs et journalistes de Paris » in Le Journal pour rire, 27 février 1852, p. 1.
  6. Jean-Luc Buard, A l'ombre du roman-feuilleton: Marie Aycard et la circulation internationale du feuilleton-nouvelle parisien et de la variété (autour de 1840) : Un acteur oublié de la communication de masse dans la sphère médiatique de son temps, sous la direction de Jean-Pierre Bacot, Villetaneuse, Université Paris 13 Sorbonne Paris Cité, décembre 2015, 3 volumes)

SourcesModifier

Liens externesModifier