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Margarete Kahn

mathématicienne allemande
Margarete Kahn
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 61 ans)
PiaskiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
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Domaine
Directeur de thèse
Stolperstein Rudolstädter Str 127 (Wilmd) Margarete Kahn.jpg
plaque commémorative

Margarete Kahn aussi connue sous le nom de Grete Kahn, née le , disparue après sa déportation à Piaski en Pologne par les allemands, le , est une mathématicienne allemande victime de l'Holocauste[1]. Elle est parmi les premières femmes à obtenir un doctorat en Allemagne. Son travail porte sur la topologie des courbes algébriques.

Sommaire

BiographieModifier

Margarete Kahn est la fille d'Albert Kahn (1853-1905) marchand de Eschwege et propriétaire d'une usine de production de flanelle, et de son épouse, Johanne (née Plaut, 1857-1882). Elle a un frère aîné, Otto (né en 1879). Cinq ans après la mort prématurée de son épouse, son père se remarie avec la sœur cadette de cette dernière, Julie (1860-1934), avec qui il a une fille, Marthe (née en 1888), demi-sœur de Margarete[2].

Après avoir été à l'école primaire à partir de 1887, et à l'École supérieure pour filles à partir de 1889 à 1896, Margater Kahn prend des leçons privées pour préparer  son Abitur, les écoles pour filles se faisant rares à cette époque dans la Hesse en Allemagne. En 1904, elle a l'autorisation de préparer son Abitur au Gymnase Royal, à Bad Hersfeld. Elle appartient alors à la petite élite de jeunes femmes autorisée à préparer l'Abitur dans des écoles de garçons en externe au début du 20e siècle, en Allemagne. Konrad Duden signe son certificat d'obtention du diplôme étant le directeur de l'école en question.

Depuis que la Prusse a commencé à permettre aux femmes d'assister officiellement aux cours de l'université, et ce seulement à partir du semestre hivernal de 1908-1909, Margarete Kahn et son amie Klara Löbenstein fréquentent les universités de Berlin et de Göttingen en tant qu'étudiantes invitées. En outre, Margarete Kahn suit des conférences et des cours techniques en mathématiques à l'Université Technique de Berlin. Ils y étudient les mathématiques, la physique, et l'enseignement dans les deux universités précédemment mentionnées. À l'Université de Göttingen, elle assiste à des séminaires donnés par, entre autres, David Hilbert, Felix Klein, Woldemar Voigt, et Georg Elias Müller ; à Berlin, elle suit les conférences données par Hermann Amandus Schwarz et Paul Drude à la Royal Académie Prussienne des Sciences. Son domaine de spécialisation est la géométrie algébrique. Avec Löbenstein, elle tente de résoudre le  seizième problème de Hilbert [2]. Ce problème concerne la topologie de courbes algébriques dans un plan complexe. Dans sa formulation du problème, Hilbert avance qu'il y a pas de courbes algébriques de degré 6 , consistant en 11 ovales séparés. Margarete Kahn et Klara Löbenstein développent alors des méthodes pour résoudre ce problème.

Malgré l'opposition de la faculté de Berlin, mais avec le soutien de l'Université de Göttingen, et de Felix Klein, Kahn obtient son doctorat en 1909 sous la direction de David Hilbert, à Göttingen, avec une thèse intitulée Eine allgemeine Methode zur Untersuchung der Gestalten algebraischer Kurven [Une méthode générale pour étudier les formes des courbes algébriques], et est donc l'une des premières femmes allemandes à obtenir un doctorat en mathématiques (les mathématiques font alors partie de la faculté de philosophie, à l'époque). Elle passe sa soutenance  – encore une fois, avec le soutien de Löbenstein – le 30 juin 1909.

Margarete Kahn ne peut poursuivre une carrière scientifique, les femmes en Allemagne ne pouvant obtenir d'habilitation à diriger des recherches avant 1920. Elle cherche alors un poste d'institutrice, et, en octobre 1912, elle décroche un emploi dans le système scolaire prussien, où elle travaille comme enseignante dans les collèges et les lycées de Katowice et Dortmund, et à partir de 1929, à Berlin.

D'origine juive, elle est forcée de démissionner en 1933 par les Nazis, et est renvoyée de l'éducation nationale en 1936. Elle est par la suite travailleuse forcée  dans une usine de chaîne à neige de la Nordland Schneeketten. Le 28 mars 1942, elle est déportée à Piaski, et depuis lors, disparue[3]. Le ghetto présent dans cette ville est liquidé et les juifs survivant à la liquidation ont été assassinés au camp d'extermination de Belzec.

Le 13 septembre 2008, un Stolperstein est posé au 127 Rudolstädter Straße à Wilmersdorf, en mémoire de Margaret Kahn[4]. Depuis 2013, une rue de Leverkusen porte son nom[5].

 
Stolperstein au 127 Rudolstädter Straße à Wilmersdorf, à la mémoire de Margarete Kahn.

PublicationsModifier

  • (de) Margarete Kahn, « Eine allgemeine Methode zur Untersuchung der Gestalten algebraischer Kurven », Doctoral dissertation, University of Göttingen, Göttingen, W. Fr. Kaestner,‎

RéférencesModifier

  1. (de) « Opfer der Verfolgung der Juden unter der nationalsozialistischen Gewaltherrschaft in Deutschland 1933–1945 », dans Federal Archives, vol. 2, , 1595 p. (ISBN 3-891-92137-3)
  2. a et b (de) York-Egbert König, « Ein Leben für die Mathematik – Vor 90 Jahren legte Grete Kahn als erste Eschwegerin die Doktorprüfung ab », vghessen.de,‎ (lire en ligne)
  3. (de) Alfred Gottwaldt et Diana Schulle, Die "Judendeportationen" aus dem Deutschen Reich von 1941–1945 – eine kommentierte Chronologie, Wiesbaden, , 188 p. (ISBN 978-3865390592)
  4. (de) « Stolperstein Rudolstädter Str. 127 », sur berlin.de, (consulté le 10 janvier 2014)
  5. (de) « Grete-Kahn-Str. », sur leverkusen.com, (consulté le 10 janvier 2014)

Lectures complémentairesModifier

  • (de) York-Egbert König, Christina Prauss et Renate Tobies, Margarete Kahn und Klara Löbenstein, Hentrich & Hentrich, (ISBN 3-942-27123-0)
  • (de) Renate Tobies, "Aller Männerkultur zum Trotz": Frauen in Mathematik und Naturwissenschaften, Campus Verlag, (ISBN 3-593-35749-6)

Liens externesModifier