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Marc-René de Voyer de Paulmy d'Argenson (1771-1842)

homme politique français
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Marc-René de Voyer de Paulmy d'Argenson
Marc-René Voyer d'Argenson.jpg
Fonction
Député
Titre de noblesse
Baron
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Père
Mère
Conjoint
Sophie de Rosen-Kleinroop (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata

Marc-René-Marie de Voyer de Paulmy d'Argenson, 4e marquis d'Argenson (1787), est un homme politique français né à Paris le et mort dans la même ville le .

Sommaire

BiographieModifier

Fils de Marc René de Voyer de Paulmy, comte d'Argenson, et de la comtesse née Marie-Constance de Mailly d'Haucourt, Marc-René Marie de Voyer d'Argenson perdit son père très jeune. Il hérita du titre de marquis d'Argenson à la mort de son oncle le 3e marquis.

Il fit ses études à Strasbourg, adopta les principes de la Révolution française et entra dans l'armée en qualité d'aide-de-camp du général Wittgenstein, qui commandait une division sur la Meuse, avant d'être attaché, au même titre, au général de La Fayette.

Lorsque ce dernier quitta la France après la journée du 10 août 1792, Voyer d'Argenson se fixa en Touraine et épousa, en 1796, Sophie de Rosen-Kleinroop (1764-1828), veuve de Victor de Broglie (1756-1794), dont il éleva les quatre enfants; ils en auront quatre autres ensemble, dont Charles Marc-René de Voyer de Paulmy d'Argenson.

Se tenant à l'écart des événements révolutionnaires, ils vécurent au château des Ormes en Poitou, fief de la famille d'Argenson, où Marc-René s'occupa d'agriculture.

Président du collège électoral de la Vienne en 1803, il fit partie de la députation envoyée à Napoléon Ier, qui lui offrit une place de chambellan; il préféra celle de préfet des Deux-Nèthes (Anvers), qu'il occupa de 1809 à 1813.

Il se trouvait à Anvers lors du débarquement des Anglais à Walcheren et prit part aux mesures prises pour les repousser. Le maire d'Anvers ayant été dénoncé à l'Empereur pour avoir, avec d'autres personnes, commis des dilapidations dans la gestion de l'octroi, était en détention préventive lorsque Voyer d'Argenson reçut l'ordre de mettre ses biens sous séquestre. Il refusa en arguant de l'illégalité d'une pareille mesure. Son attitude ayant déplu, il donna sa démission et se retira dans ses propriétés d'Alsace.

La Première Restauration lui offrit la préfecture de Lyon, qu'il refusa en déclarant qu'il n'accepterait aucune fonction publique "tant que la France n'aurait pas une constitution libre et serait occupée par des armées étrangères".

Pendant les Cent-Jours il fut élu le représentant de l'arrondissement de Belfort (46 voix sur 90 votants). Lorsque le 8 juillet les députés trouvèrent les portes du Palais Bourbon fermées, il fut de ceux qui se réunirent chez Lanjuinais pour signer un procès-verbal constatant la protestation des représentants contre la violation de leurs droits.

Élu député dans la « Chambre introuvable » le par le département du Haut-Rhin (63 voix sur 125 votants et 199 inscrits), il prit place dans la minorité libérale. Il combattit les mesures de sûreté générale proposées dès l'ouverture de la session, demanda une enquête préalable sur la situation du royaume, dénonça avec indignation les assassinats de Nîmes et fut rappelé à l'ordre, le , par le président Lainé. Il combattit ouvertement le projet de loi relatif à l'établissement des cours prévôtales.

Réélu député du Haut-Rhin le (76 voix sur 114 votants et 191 inscrits) puis le (399 voix sur 451 votants et 552 inscrits), il publia son opinion sur le projet d'adresse au Roi en réponse au discours de la Couronne, s'opposa à l'adoption du projet de loi sur l'ensemble des dotations ecclésiastiques, défendit la liberté individuelle et la liberté de la presse et réclama l'établissement du jury en matière de presse. Il parla également sur la loi de recrutement de l'armée et demanda le retour en France des proscrits de 1815.

L'assassinat du duc de Berry (13 février 1820) imprima une secousse négative à la cause libérale, dont le député Voyer d'Argenson était un ardent partisan. Le pouvoir se saisit du crime de Louvel pour sacrifier la liberté de la presse et la liberté individuelle. Lors de l'attaque de la loi électorale, Voyer d'Argenson publia une opinion acerbe, mais vaine. Dès l'été de 1820, à Paris ou en Alsace, sa demeure fut environnée d'une surveillance tracassière[1], surtout après les arrestations qui eurent lieu le 19 août 1820, lors du complot du Bazar français, galerie marchande à Paris où se préparait une insurrection militaire[2]. A la suite de certains aveux, le nom de Voyer d'Argenson fut prononcé comme financier et membre du gouvernement provisoire qui aurait été installé dans le château de Vincennes, auprès du général Lafayette et du député Jacques Manuel. L'instruction de ce procès devant la Cour des pairs fut longue et ne déboucha que sur la condamnation à mort des contumax et à des peines légères frappant quelques seconds couteaux.

L'affaire de Belfort qui suivit fut bien plus grave pour Voyer d'Argenson. On lit dans l'Histoire de dix ans (tome 1) de L. Blanc que le gouvernement provisoire désigné en cas de réussite par la vente suprême (Charbonnerie) devait être composée de Lafayette, Voyer d'Argenson, Koechlin, Courcelle et Dupont de l'Eure. La Cour d'assises du Haut-Rhin qui en fut saisie, y mit néanmoins la même réserve ou indulgence dont la Cour des pairs venait de donner l'exemple dans l'affaire du complot du Bazar français. Seuls d'anciens officiers furent condamnés à des peines de prison, comme le colonel Antoine Pailhès[3] et le sous-lieutenant Antoine Dublar[4].

Réélu le dans le 3e arrondissement électoral du Haut-Rhin (Belfort) (65 voix sur 102 votants et 108 inscrits contre 36 à M. Haas), Voyer d'Argenson combattit la proposition de décerner une récompense nationale au duc de Richelieu, dénonça le refus du ministère d'admettre dans les collèges les enfants de protestants, et ne cessa de se montrer l'ardent défenseur de la Charte.

Il ne fut pas réélu en 1824, mais aux élections suivantes, Dupont de l'Eure ayant été élu dans le premier collège de Paris et dans les circonscriptions de Pont-Audemer et de Bernay (Eure) et ayant opté pour cette dernière, d'Argenson fut élu à Pont-Audemer le (313 voix sur 392 votants et 526 inscrits contre 60 à M. Letendre de Tourville). Il démissionna l'année suivante.

Partisan de la Révolution de 1830, il fut élu député le dans le 2e arrondissement de la Vienne (Châtellerault) (195 voix sur 301 votants et 406 inscrits), en remplacement de M. Creuzé, démissionnaire.

Il prêta à Louis-Philippe le serment requis mais en ajoutant « sauf les progrès de la raison publique » (). Le , il succéda comme député du 1er collège du Bas-Rhin (Strasbourg) à La Fayette, qui avait opté pour Meaux et continua de siéger à l'Extrême-Gauche. Il présenta un projet de loi tendant à faciliter l'octroi des concessions de mines, prit part à la discussion du projet de loi municipale, signa en 1832 le compte-rendu de l'opposition, et figura en octobre 1833 parmi les signataires d'un manifeste publié par la Société des Droits de l'homme.

Non réélu en 1834, il passa les dernières années de sa vie dans la retraite.

 
Sépulture de Marc-René de Voyer de Paulmy d'Argenson - Cimetière Montmartre

Il est inhumé dans une chapelle de la 19e division du cimetière Montmartre, partie haute de la division, à côté des sépultures de la famille De Ségur. Il est inhumé avec son épouse Sophie de Rosen-Kleinroop et leur fils Charles-Marc-René (né à Boulogne, près de Paris le 20 avril 1796, décédé à Paris le 31 juillet 1862), et son épouse Anne-Marie Faure (née le 19 octobre 1803 à Jarnac, décédée au château des Ormes, (Vienne), le 7 décembre 1872).

Mariage et descendanceModifier

Marc René d'Argenson épouse le 8 septembre 1796 (22 fructidor an III) Sophie de Rosen-Kleinroop, comtesse du Saint-Empire, marquise de Bollwiller, fille d'Eugène Octave Augustin de Rosen, marquis de Bollwiller, comte de Detwiller et de Grammont, et de Marie Antoinette Louise de Jouvenel de Harville des Ursins. Elle perdit son premier époux, Victor Prince de Broglie sur la guillotine, à laquelle elle échappa en s'évadant de prison pendant la terreur. Rentrée en France après le 9 thermidor, elle recouvre ses biens avec l'aide de son second époux.

Sous la Restauration, elle est proche de Germaine de Staël, dont la fille a épousé son fils, et d'autres personnalités en vue, comme Mathieu de Montmorency. Elle meurt à Paris le 31 octobre 1828, ayant donné quatre enfants à son second époux :

  • Charles Marc René de Voyer de Paulmy, marquis d'Argenson (1796-1862), historien, conseiller général de la Vienne, marié en 1821 avec Anne-Marie Faure, dont postérité ;
  • Sophie de Voyer de Paulmy d'Argenson (1803-1860), mariée en 1825 avec Fortuné Reynaud de Bologne, baron de Lascours, conseiller-général et député du Gard, puis Pair de France, lieutenant-général (1786-1850) ;
  • Victorine de Voyer de Paulmy d'Argenson (1804-1880), mariée en 1825 avec le comte de Crouy-Chanel, conseiller général d'Indre et Loire, artiste peintre, historien (1802-1879) ;
  • Elisabeth de Voyer de Paulmy d'Argenson (1804-1847), mariée en 1827 avec Pierre René Gustave Fournier de Boisayrault d'Oiron (1803-1865) [5]

Marc-René de Voyer d'Argenson dans la littératureModifier

  • Voyer d'Argenson est l'un des personnages politiques des romans historiques de Frédéric Preney-Declercq, Le Complot du Bazar français - Première partie - Juin 1820" et sa suite "Le Complot du Bazar français - Deuxième partie - Août 1820" (Les Editions du Net - Avril 2019) qui raconte cette tentative insurrectionnelle, organisée dans une galerie marchande, rue Cadet, le Bazar français, pour renverser les Bourbons, un pronunciamiento des garnisons parisiennes, stoppé juste avant son déclenchement, le 19 août 1820.
  • Voyer d'Argenson est à nouveau un des personnages des romans de Frédéric Preney-Declercq qui narrent les insurrections de Belfort, puis Saumur (1822), le tout avec l'apparition de la société secrète, la charbonnerie. "Le Charbonnier - Première partie - Le roi de Rome" et "Le Charbonnier - Deuxième Partie - Le général Berton" (Les Editions du Net - 15 avril 2019).

Notes et référencesModifier

  1. Voyer d'Argenson, Discours et opinions de Voyer d'Argenson préfet, membre de la chambre des représentants, député du Haut-Rhin., Paris, Au bureau de la revue générale biographique et nécrologique, rue Godot de Mauroy, 18.,
  2. Frédéric Preney-Declercq, Le Complot du Bazar français, Nantes, Normant Editions, , 444 p. (ISBN 2-915685-17-7)
  3. Quintin, Danielle., Dictionnaire des colonels de Napoléon, S.P.M, (ISBN 2901952178 et 9782901952176, OCLC 36654119, lire en ligne)
  4. Frédéric Preney-Declercq, Le Charbonnier - L'insurrection de Saumur - 1822, Nantes, Normant Editions, , 400 p. (ISBN 978-2-915685-32-9)
  5. Georges Martin, histoire et généalogie de la Maison de Voyer de Paulmy d'Argenson, Lyon, l'auteur, , 242 p., p. 94-102

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Roberto Tumminelli, "Il sangue e la ragione. Il progetto politico del marchese d'Argenson", Franco Angeli (Analisi e contributi, diretta da Marino Berengo, F.Della Peruta, L.Gambi), Milano, Italia, p. 232, 1990);
  • Bernard-Dominique Blanc, Voyer d'Argenson. Aristocrate, libéral, niveleur(mémoire de l'EHESS, 2001);
  • Mac-René Voyer d'Argenson (1948-1999), Une carrière parlementaire : Voyer d'Argenson, 1771-1842 (Pageant Publishing, Londres, 1985);
  • François-Louis d'Argenson, Marc-René Marie Voyer d'Argenson 1771-1842, mémoire de maîtrise Université Paris IV Sorbonne, 2005 (dir. J.P. Poussou);
  • Jeannine Kaklamanis, Biographie du marquis Marc René Marie Voyer d'Argenson (1771-1842) : comment un noble devient-il un républicain égalitaire ? mémoire de maîtrise Université de Paris X-Nanterre, 2001 (dir. Démier);
  • Henry Bonnias, Discours prononcé sur la tombe de Voyer d'Argenson, le 4 août 1842 par Henri Bonnias, son ancien secrétaire (Ed. Rouanet, 1842).
  • « Marc-René de Voyer de Paulmy d'Argenson (1771-1842) », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  • Georges Martin, Histoire et généalogie de la Maison de Voyer de Paulmy d'Argenson, 1997, Lyon, l'auteur, 242 p., p. 94-102.

Pages connexesModifier

Liens externesModifier