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Ménagerie de verre

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Située rue Léchevin, dans une imprimerie reconstruite du 11e arrondissement de Paris : la ménagerie de verre est un lieu de danse et de performance, au sens de pratiques transdisciplinaires, fondé et dirigé par Marie-Thérèse Allier. Depuis son ouverture en 1983, elle soutient la création à travers des ateliers, des résidences et deux festivals par an qui prennent « le pouls d'une époque » : Étrange cargo au printemps et Les inaccoutumés à l'automne [1].

Marie-Thérèse AllierModifier

Marie-Thérèse Allier commence la danse classique à l'âge de cinq ans, à Nancy, marquée par le rôle de Janine Charrat, héroïne du film La mort du cygne (1937). Après une formation aux studios Waker de Paris, elle dansera notamment pour « les Ballets des Champs-Élysées, la compagnie Janine Charrat, la compagnie du Marquis de Cuevas »[2]. Souhaitant prendre ses distances avec la répétition des gestes, presque mécanique, et la position d'interprète que peut exiger la danse classique, Marie-Thérèse Allier va accompagner de nouvelles expressions corporelles dans ce qui deviendra La ménagerie de verre. Ses verrières, ses escaliers, ses nombreuses salles, dont « sa grande salle sombre en cinémascope »[3], évoquent immédiatement à Marie-Thérèse Allier l'architecture de la pièce de Tennessee Williams, La Ménagerie de Verre (1945). Une ménagerie qu'elle continue de diriger et raconte dans un film documentaire tourné par et avec le chorégraphe Raimund Hoghe, La jeunesse est dans la tête (2016)[4].

Le lieuModifier

Au 12-14 rue Léchevin (75011, Paris), dans une imprimerie reconstruite sur les plans de l'architecte Pierre-Louis Faloci (1949), la ménagerie de verre est composée d'« un studio lumineux, dégagé et rayonnant, qui est un peu la tête de la ménagerie [Studio Balanchine] ; un espace sombre, profond, plus brut, qui en serait le ventre, le lieu de gestation [Off] ; des studios où sont organisés les stages [Studios Wigman, Duncan, Diaghilev et Cocteau] ; et des espaces de transition, couloirs, mezzanine, hall, cafétéria, qui structurent l'espace et lient les diverses pratiques artistiques, comme une colonne vertébrale structure le corps »[5].

Artistes associés à la ménagerie de verreModifier

« La ménagerie n'est ni un lieu de spectacle ni une école, mais une maison »[6]. Lieu, dès 1983, de programmation et d'alternatives à la danse classique, à la danse américaine (présentée à l'American Center) et à la danse contemporaine française, la ménagerie de verre s'est imposée comme incontournable dans la programmation de nouvelles pratiques corporelles. Lieu de soutien à la Jeune danse française (Daniel Larrieu, Régine Chopinot, Mathilde Monnier, Philippe Découflé, Georges Appaix, etc.), les « conceptuels » (Jérôme Bel, Xavier Leroy, Tino Sehgal, etc.) et les nouvelles approches de la scène (Vincent Macaigne, François Chaignaud, etc.).

C'est à la ménagerie de verre, en 1995, que Jérôme Bel (1964) a créé sa pièce Jérôme Bel, tournant dans la danse contemporaine. Jérôme Bel s'est servi de l'espace du « Off » de la ménagerie de verre pour exposer et interroger crûment les corps nus des interprètes Frédéric Seguette, Claire Haenni et Éric Affergan[7].

C'est aussi à la ménagerie de verre qu'Alain Buffard (1960-2013), interprète notamment auprès de Daniel Larrieu, a monté et présenté la pièce Good Boy en 1998. Un solo, sur ce que le sida fait et lui a fait[8], repris en 2017 par Matthieu Doze au Centre National de la Danse à l'occasion d'un programme dédié au chorégraphe[9].

Les coursModifier

La ménagerie de verre propose des cours hebdomadaires et un workshop mensuel aux danseurs amateurs et professionnels.

Les résidencesModifier

Deux artistes sont en résidence d'un an à la ménagerie, avec un soutien à la création, deux cartes blanches, un atelier d'une semaine et la création d'une pièce pour l'espace singulier du « Off ».

Résidences 2014 :

Claudia Triozzi Nicolas Maury

Résidence 2015 :

Volmir Cordeiro

Résidences 2016 :

Gaëlle Bourges Maxime Kurvers

Résidences 2017 :

César Vayssié Ivana Müller

Résidences 2018 :

Antonija Livingstone Clara Le Picard

Des résidences courtes sont aussi proposées par la ménagerie de verre tout au long de l'année.

Les festivalsModifier

Temps forts de la ménagerie de verre, deux festivals se tiennent chaque année : Étrange Cargo au printemps et Les inaccoutumés à l'automne.

Étrange Cargo 2017 (du 14 mars au 9 avril 2017) :

Yves-Noël Genod, La beauté contemporaine

Jean-Luc Verna, Uceelo, Uccellacci & The Birds

Gaëlle Bourges, Conjurer la peur

Galerie, Groupe Show

Fanni Futterknecht, Across the white

Malika Djardi, Horion

Guiseppe Chico & Barbara Matijevic, I've never done this before

Raimund Hoghe, Lettere Amorose, 1999 - 2017

Les inaccoutumés 2017 (du 14 novembre au 9 décembre 2017) :

Théo Mercier, La fille du collectionneur (exceptionnellement au théâtre Nanterre-Amandiers)

Théo Mercier & François Chaignaud, Radio Vinci Park

Claudia Triozzi, Un CCN en terre et en paille

Ivana Müller, Conversations déplacées

Marie-Caroline Hominal, Where's the MC

Mårten Spångberg, Nature in IRL (Universal)

César Vayssié, EXEMPLE, The raw and the cooked research

Olivia Grandville, À l'Ouest

RéférencesModifier

  1. Brignone, Patricia, Ménagerie de Verre, Nouvelles pratiques du corps scénique, éd. Al Dante, Paris, 2006, p. 18
  2. Brignone, Patricia, Ménagerie de Verre, Nouvelles pratiques du corps scénique, éd. Al Dante, Paris, 2006, p. 8
  3. Ibid.
  4. https://sites.arte.tv/square/fr/raimund-hoghe-choregraphe-square
  5. Brignone, Patricia, Ménagerie de Verre, Nouvelles pratiques du corps scénique, éd. Al Dante, Paris, 2006, p. 16
  6. Brignone, Patricia, Ménagerie de Verre, Nouvelles pratiques du corps scénique, éd. Al Dante, Paris, 2006, p. 15
  7. https://www.festival-automne.com/uploads/spectacle/Portrait_Bel_BD16.pdf
  8. Pour détourner le titre du livre d'Elisabeth Lebovici, Ce que le sida m'a fait, éd. JRP Ringier / Maison Rouge, Mai 2017
  9. https://www.cnd.fr/fr/program/group/82-alain-buffard

Lien externeModifier