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La famille Mélissène (en grec, masc. Μελισσηνός, fém. Μελισσηνή) est une famille noble byzantine, qui s'illustre de la fin du VIIIe siècle jusqu'à la fin de l'empire et au-delà.

HistoireModifier

Les Melissenoi constituent l'une des plus anciennes familles aristocratiques connues de la période mésobyzantine[1],[2]. Des généalogies des XVIe et XVIIe siècles font remonter la famille à un patrikios Michel, parent de l'empereur Michel Ier Rhangabé (r. 811–813), et à son fil le magistros Léon[3], mais elle remonte en fait à un demi-siècle plus tôt, au général Michel Mélissène, un favori de l'empereur Constantin V (r. 741–775) et gouverneur du thème des Anatoliques. Ce Michel épouse une sœur de la femme de Constantin, Eudoxie, et leur fils, Théodote Kassitéras Mélissène, devient patriarche de Constantinople de 815 à 821[3],[4],[5].

La région d'origine de la famille est inconnue, mais du IXe au XIe siècle, ses membres sont principalement actifs en Asie Mineure, en tant que généraux et gouverneurs des thèmes locaux. À la fin du XIe siècle, la famille semble avoir des liens particuliers avec la région de Dorylaion en Phrygie, ce qui pourrait indiquer qu'elle en provenait[6],[7].

Les Mélissène semblent également avoir maintenu des liens étroits avec les autres familles composant l'aristocratie militaire (les dynatoi (en)) de cette période, qui sont comme eux principalement d'Asie Mineure[6],[8]. Ainsi, deux Mélissène, le doux d'Antioche Léon et son frère Théognoste, soutiennent la révolte aristocratique de Bardas Phocas le Jeune au début du règne de l'empereur Basile II (r. 976–1025)[3],[9],[10]. Pendant le reste du règne de Basile, les Mélissène ne semblent plus occuper de fonctions militaires élevées, mais ils réapparaissent parmi les plus hauts échelons de l'aristocratie à la fin du XIe siècle[11], avec un Théognoste katepano de Mésopotamie, et une Marie (rare) détentrice du haut titre de zoste patrikia[3].

Dans les années 1080, le général Nicéphore Mélissène, après avoir mené une rébellion contre l'empereur Nicéphore III Botaniatès (r. 1078–1081), se rapproche du successeur de Botaniatès, Alexis Ier Comnène (r. 1081–1118), dont il épouse la sœur, Eudoxie, en exchange du titre de Caesar et de possessions dans la région de Thessalonique[3],[12],[13]. Sous les empereurs Comnène, les Mélissène exercent principalement des charges civiles[3], mais malgré ses liens avec la dynastie impériale, la famille n'occupe plus de hauts offices après environ 1118[14].

Au XIIIe siècle, les membres d'une de ses branches sont attestés comme propriétaires terriens près de Smyrne[3], alors que d'autres branches s'installent en Morée et en Épire, et qu'une femme de la famille épouse même Michel Ier Comnène Doukas, le fondateur du despotat d'Épire[15]. Des traditions ultérieures rapportent qu'un certain André Mélissène s'établit en Crète sous Alexis Ier, y fondant une autre branche[3]. De celle-ci descendent les derniers Mélissène, dont le patriarche de Constantinople Grégoire III Mammé (1443–1450)[16].

Notes et référencesModifier

  1. Krsmanović 2003, section 1.
  2. Cheynet 1990, p. 256.
  3. a b c d e f g et h Kazhdan 1991, vol. 2, « Melissenos », p. 1335.
  4. Rochow 1994, p. 11–12.
  5. Krsmanović 2003, section 3.
  6. a et b Krsmanović 2003, section 2.
  7. Cheynet 1990, p. 217.
  8. Cheynet 1990, p. 212–213, 217.
  9. Jordanov 1986, p. 183–187.
  10. Krsmanović 2003, section 4.
  11. Cheynet 1990, p. 334.
  12. Cheynet 1990, p. 238, 277, 355 et svtes.
  13. Krsmanović 2003, section 5.
  14. Krsmanović 2003, section 6.
  15. Cheynet 1990, p. 243–244.
  16. Melisseidis 2004, p. 120–126.

BibliographieModifier

  • Jean-Claude Cheynet, Pouvoir et contestations à Byzance (963–1210), Paris, Publications de la Sorbonne, (ISBN 978-2-85944-168-5).
  • I. Jordanov, « Les sceaux de deux chefs militaires byzantins trouvés à Preslav : le magistros Léon Melissenos et le patrice Theodorakan », Byzantinoslavica, vol. 8,‎ , p. 183–187.
  • (en) Alexander Kazhdan (dir.), Oxford Dictionary of Byzantium, New York et Oxford, Oxford University Press, , 1re éd., 3 tom. (ISBN 978-0-19-504652-6 et 0-19-504652-8, LCCN 90023208).
  • (en) Bojana Krsmanović, « Melissenos Family », sur Encyclopaedia of the Hellenic World, Asia Minor, Athènes, Foundation of the Hellenic World, (consulté le 30 juillet 2016).
  • (el) Ioannis A. Melisseidis (dir.), Εάλω η Πόλις. Το χρονικό της άλωσης της Κωνσταντινούπολης. Συνοπτική ιστορία των γεγονότων στην Κωνσταντινούπολη κατά την περίοδο 1440 - 1453, Vergina,‎ (ISBN 960-7171-91-8).
  • (de) Ilse Rochow, Kaiser Konstantin V. (741–775). Materialien zu seinem Leben und Nachleben, Francfort, Peter Lang, (ISBN 3-631-47138-6).