Luz (dessinateur)

caricaturiste de presse et auteur de bandes dessinées français

Renald Luzier, dit Luz, est un caricaturiste de presse et auteur de bandes dessinées français, né le à Tours[1]. Il collabore à plusieurs journaux, principalement à Charlie Hebdo et depuis 2003, à Fluide glacial.

Luz
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Luz en 2007.
Biographie
Naissance
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ToursVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Renald LuzierVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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BiographieModifier

Au début des années 1990, Luz signe des planches dans le journal de bandes dessinées Psikopat. À partir d', il est rédacteur en chef de Chien Méchant, un mensuel de bandes dessinées satiriques, qui connaît six numéros jusqu'en . Il collabore ensuite avec l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo dont il devient au fil des années l'un des plus féconds dessinateurs. En 1997, à la suite de l'élection de Catherine Mégret (FN) à la mairie de Vitrolles, il crée dans l'hebdomadaire la rubrique en BD, Les Mégret gèrent la ville, qui tourne en dérision l'élue et son mari Bruno Mégret. En 1998, la publication en album d'un recueil de sa rubrique vaut à Luz d'être attaqué en justice par les époux Mégret : il est finalement relaxé[2].

À la suite du choc du premier tour de l'élection présidentielle française de 2002, il crée et distribue un petit fanzine, Cambouis dont les premiers numéros sont repris dans un volume publié par L'Association.

Luz, grand « musicovore », collabore aussi bien à un magazine spécialisé comme Les Inrocks qu'avec le musicien Rubin Steiner pour son disque OuMuPo3 (2004). Entre-temps, en 2003, donnant suite à une proposition, il se fait même DJ et anime les soirées parisiennes dansantes de l'Élysée Montmartre, du Pop In ou du Truskel.

Luz réalise également, depuis 2006, le graphisme des albums de Polémix & La Voix Off, groupe proposant des remix politiques sur fond d'humour et de satire. Il collabore aussi avec la photographe suisse Stefmel.

Il apparaît en caméo dans le film Tel père telle fille d'Olivier de Plas (2007)[3].

 
Luz à la marche du 11 janvier 2015 à Paris.
 
Le , à la veille de la parution du no 1178 de Charlie Hebdo, conférence de presse dans les locaux de Libération. De gauche à droite : assis, Gérard Biard, Luz, Patrick Pelloux et, debout, Laurent Joffrin, directeur de Libération.

Le , Luz, dont l'anniversaire a lieu le jour même, s'attarde chez lui : en retard à la conférence de rédaction de Charlie Hebdo, il échappe ainsi à l'attentat[4] qui coûte la vie à une grande partie de ses collègues du journal. Il arrive au siège de Charlie Hebdo peu de temps après l'attentat et croise dans la rue les terroristes qui, ignorant son identité, ne s'en prennent pas à lui : il est l'une des premières personnes à alerter l'extérieur[5].

Il déclare ensuite trouver « formidable » le soutien manifesté par l'opinion publique à l'égard de Charlie Hebdo, tout en se disant dépassé par la « charge symbolique » qui pèse désormais sur un journal qui n'a jamais eu vocation d'être consensuel, et méfiant face aux risques de récupération politique[6].

Le , il participe à la marche républicaine en mémoire des victimes des attentats des 7-.

Le , il devient mondialement célèbre grâce à la une du numéro 1178 de Charlie Hebdo, où il dessine le prophète Mahomet, qu'il avait déjà représenté en couverture du no 1011 (dit Charia Hebdo). Certains pays, comme le Sénégal censurent cette couverture[7]. Après la publication, des émeutes ont lieu dans divers endroits[8]. Au Niger, ces émeutes provoquent des incendies d'églises et une dizaine de meurtres[9].

Dans une interview vidéo accordée à Vice, Luz revient sur les détails de ces journées et sur les réactions à la une du . Il commente à ce sujet :

« Je pense que la majorité des musulmans s'en foutent de Charlie Hebdo. Je pense que les gens qui s'arrogent le droit de dire que l'ensemble de la communauté musulmane a été offensée sont des gens qui prennent les musulmans pour des imbéciles[10]. »

Il explique en outre que son dessin en une du no 1178 doit être compris comme un « pardon mutuel » entre le personnage caricaturé sur la couverture du numéro Charia Hebdo, et le caricaturiste qui l'avait dessiné : « Moi, en tant qu'auteur, je suis désolé de t'avoir foutu là-dedans, et lui, en tant que personnage, il me pardonnait[11]. »

En , il annonce dans un entretien aux Inrocks qu'il ne dessinera plus Mahomet[12].

En , il déclare dans Libération qu'il quitte l'équipe de Charlie Hebdo en pour des raisons personnelles[13].

En également, est publiée aux éditions Futuropolis sa bande dessinée Catharsis, dans laquelle il évoque sa vie personnelle et professionnelle après les attentats contre Charlie Hebdo. La critique du journal Le Figaro mentionne qu'il y dépeint ses « cauchemars, crises d'insomnies sévères, de paranoïa ou de nerfs, scènes d'amour exutoires avec sa compagne et, surtout, les doutes sur sa capacité à continuer le dessin[14]. » Pour la critique du journal L'Express : « C'est aussi l'histoire, très personnelle, d'une bataille et d'une victoire. Celle d'un survivant qui refuse de sombrer[15]. » L'album rencontre un vif succès dès sa sortie : « En moins d'un mois, ce récit en est déjà à son troisième tirage, et a été imprimé à 90.000 exemplaires[16]. »

En , il entame dans les Cahiers du Cinéma (pour laquelle il avait dessiné la couverture du numéro de [17]) la publication, sous forme de feuilleton mensuel, d'une bande dessinée, Misfits, consacrée au tournage du film de John Huston[18].

Le , il publie Indélébiles chez Futuropolis, une bande dessinée racontant ses vingt-trois ans passés à Charlie Hebdo[19]. En , l'ouvrage est récompensé par le Prix France Info[20].

Vie privéeModifier

Il est l'époux de la journaliste Camille Emmanuelle[21],[22], avec qui il a une fille née en 2015[23].

ŒuvresModifier

  • 1992 : dessinateur/caricaturiste pour L'Aberration, journal étudiant de la Fédération des étudiants de Tours (FET).

Charlie Hebdo hors sérieModifier

Autres éditeursModifier

ContributionsModifier

Prix et distinctionsModifier

RéférencesModifier

  1. Source : site de Charlie Hebdo
  2. «P'tit Rat» perd contre Charlie. Bruno Mégret attaquait le dessinateur Luz pour diffamation, Libération, 4 juin 1998
  3. Cf. fiche AlloCiné.
  4. Luz : « La majorité des musulmans s’en foutent de Charlie Hebdo », Le Monde, blog Big Browser, 1er février 2015.
  5. « Tirs au siège de Charlie Hebdo, “des victimes”, selon le dessinateur Luz », L'Express, 7 janvier 2015
  6. Luz : « Tout le monde nous regarde, on est devenu des symboles », Les Inrockuptibles, 10 janvier 2015.
  7. « Charlie Hebdo censuré au Sénégal », sur Seneplus, (consulté le 23 février 2015).
  8. Nouvel Obs : « Le monde musulman en colère après la “une” de Charlie Hebdo ».
  9. France TV : « Pourquoi la France est devenue la bête noire d'une partie du monde musulman ».
  10. Luz : « La majorité des musulmans s’en foutent de Charlie Hebdo », blog Big Browser, Le Monde, 1er février 2015
  11. « Luz, rescapé de Charlie Hebdo : "L'humour, ça ne tue personne" », L'Express, 1er février 2015
  12. « Luz : "Je ne dessinerai plus le personnage de Mahomet, il ne m'intéresse plus" », lemonde.fr, 29 avril 2015.
  13. « Luz : "Je ne serai plus Charlie Hebdo mais je serai toujours Charlie" » sur Libération.fr.
  14. « Catharsis : après le drame de Charlie Hebdo, les tourments de Luz », article du journal Le Figaro, du 19 mai 2015.
  15. « Luz après Charlie : cauchemars, sexe et espoirs », article du magazine L'Express, du 21 mai 2015.
  16. « Catharsis : vif succès de la BD de Luz sur l'après-Charlie », article du journal Le Figaro, du 23 juin 2015.
  17. Cahiers du Cinéma, « Cahiers du Cinéma °717, décembre 2015 », sur www.cahiersducinema.com (consulté le 21 juin 2017)
  18. Cahiers du Cinéma, « Édito n°725, septembre 2016 La rentrée cinéma », sur www.cahiersducinema.com (consulté le 21 juin 2017).
  19. « Les premières planches d'Indélébiles de Luz, la BD qui raconte Charlie Hebdo de l'intérieur », FIGARO,‎ (lire en ligne, consulté le 27 septembre 2018)
  20. a et b Jean-Christophe Ogier, « "Indélébiles" de Luz, lauréat du 25e Prix franceinfo de la bande dessinée d'actualité et de reportage », sur France Info,
  21. « Charlie Hebdo : le coup de gueule de la femme du dessinateur Luz », France TV Info, 30 janvier 2015.
  22. Voir sur huffingtonpost.fr.
  23. Quentin Girard, « Camille Emmanuelle, "Jouissez sans entraves" » sur Libération, 6 avril 2016.
  24. Laurent Mélikian, « Directs du gauche », BoDoï, no 12,‎ , p. 11.
  25. Laurent Mélikian, « Krach 40 », BoDoï, no 18,‎ , p. 6.
  26. Frédéric Potet, « Albert Cohen sous les crayons de Luz », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  27. « BD BOUM - Prix 2015 », sur Maison de la BD, .
  28. Les cinq finalistes 2016, site officiel de l'ACBD.
  29. Pierre Georges, « Luz récompensé par la Scam », sur Livres hebdo,

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Numa Sadoul, Dessinateurs de presse : entretiens avec Cabu, Charb, Kroll, Luz, Pétillon, Siné, Willem et Wolinski, Glénat, Grenoble, 2014, 215 p. (ISBN 978-2-344-00016-8)

Liens externesModifier