Luna (Étrurie)

hameau italien


Luna
Image illustrative de l’article Luna (Étrurie)
site de prospections archéologiques de Luna
Localisation
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Ligurie
Région augustéenne Regio VII Etruria
Type Ville
Coordonnées 44° 03′ 50″ nord, 10° 01′ 01″ est
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Luna
Luna
République romaine
Empire romain
Haut Moyen Âge
Internet
Site web www.luni.beniculturali.it
Sources
[1]

Géolocalisation sur la carte : Toscane
Géolocalisation sur la carte : Ligurie
Géolocalisation sur la carte : Italie
Géolocalisation sur la carte : Europe

Luna est le nom d'une ancienne ville de Ligurie, au sud-est de la moderne Sarzana, sur le lieu aujourd'hui de Luni antica (« le Luna antique »).

Ville frontière sur la rive gauche du fleuve Macra (Magra), elle était un poste frontière entre l'Étrurie et la Ligurie. Avant l'arrivée des romains dans cette région, le territoire était sous la domination des Ligures jusqu'à Pise.

HistoireModifier

Habité depuis la fin de la période paléolithique, précédemment investie par les étrusques vers le milieu du 1er âge du fer[1],[2], le site est occupé par une colonie romaine créée au début du IIe siècle av. J.-C. (177 av. J.-C.) sous le nom de Luna pour le culte de la déesse sélène Luna.

De l'ancienne cité romaine, connue surtout par son port d’où partaient les navires chargés de marbre blanc[3] des Alpes Apuanes (Ier siècle av. J.-C.), il ne reste plus que des ruines[4],[5]. En effet l'enterrement progressif du port et le paludisme ont provoqué l'exode de la population à Sarzana (1058) et Ortonovo.

Une inscription dans le musée archéologique de Museo nazionale e area archeologica Luni (it) datant de 155 av. J.-C., figure sur la base d'une colonne triomphale érigée lors du second consulat de Marcus Claudius Marcellus afin de commémorer la répression de la dernière rébellion des Ligures.

En 109 av. J.-C. Luna était reliée à Rome par la Via Aemilia Scaura remplacée au IIe siècle av. J.-C. par la Via Aurelia.

Pline l'Ancien considérait les « grandes roues de fromage de Luna » comme le meilleur de l'Étrurie.

Les points d'intérêt du site sont les restes de l'amphithéâtre romain du Ier siècle av. J.-C. (44.062642°N 10.022385°E) et les vestiges conservés dans le musée archéologique : grands fragments de la décoration architecturale en terre cuite et sculptures frontales néo-attiques (IIe siècle av. J.-C.). L’amphithéâtre romain remonte à l’époque des Antonins.

En 859, le chef Vikings Hasting assiège la ville. Comprenant qu'un siège long s'installait et que l'hiver arrivait il mit au point une ruse équivalente à celle du Cheval de Troie. Enfermé dans un cercueil, les assiégés acceptèrent de faire entrer sa dépouille dans l'enceinte de la ville avec une partie de ses hommes désarmés. Une fois arrivé dans la cathédrale, Hasting sortit de son cercueil et distribua les armes dissimulées avec lui. La quasi-totalité de la population (dont l’évêque Ceccard de Luni) est massacrée[6].

Le hameau de Luni succède à la cité.

VestigesModifier

Un Museo nazionale e area archeologica Luni (it) (musée archéologique de Luni) contenant les pièces retrouvées lors des fouilles a été construit en 1964. Des fragments des sculptures de bronze et de marbre, des plaques funéraires, les autels des sacrifices, les restes d'objets décoratifs et des objets en terre cuite y sont conservées.

Le point d'intérêt principal du site de Luna est constitué par les restes d'un temple et de l'amphithéâtre elliptique romain (Ier siècle av. J.-C.), qui remonte à l’âge des Antonins.

Notes et référencesModifier

  1. Franz De Ruyt, « Luisa Banti. Luni : Opere sulla civilta etrusca, gruppo B. Citta E Necropoli, pubblicate a cura dell' Istituto di Studi Etruschi. », L'antiquité classique, vol. Tome 8, no fascicule 1,‎ , pages 320-322 (lire en ligne, consulté le )
  2. Sigfried de Laet, « J. Carl Eric Ostenberg : Luni sul Mignone e Problemi délia Preistoria d'Italia. », L'antiquité classique, vol. Tome 38, no fascicule 1,‎ , pages 333-337 (lire en ligne, consulté le )
  3. Lequel est également dénommé marbo lunies, signifiant marbre de Luni, en latin.
  4. François Georges Levrault, Minéraux employés dans l'architecture et la décoration, le dessin, la peinture et la lithographie, vol. 2, (lire en ligne), pages 280 et 281
  5. Bertrand Goffaux, « La construction publique en Étrurie à l'époque augustéenne », L'antiquité classique, vol. Tome 66,‎ , pages 212 à 237 (DOI 10.3406/antiq.1997.1275)
  6. Patrick Grainville, « Le Dernier Viking », Edition du Seuil, 2014.

BibliographieModifier

  • (it) Anna Maria Durante, Lucia Gervasini - Luni. Zona Archeologica e Museo Nazionale, "Itinerari dei musei, gallerie, scavi e monumenti d'Italia", n.s., 48, Ministero per i beni e le attività culturali, Istituto Poligrafico e Zecca dello Stato - Libreria dello Stato, Roma, 2000, (ISBN 88-240-3639-2)
  • Yves Liébert, Regards sur la truphè étrusque, p. 162
  • Mirco Manuguerra, Lunigiana dantesca, Centro Lunigianese di Studi Danteschi, 2006.
  • Ennio Silvestri, Ameglia nella storia della Lunigiana, Tipografia Zolesi (IIIe ed.), 1991
  • Claudio Palandrani, Storia di Luni a fumetti, 2002.
  • Valter Bay, Seme di Luna, Luna Editore, 2001.