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Les Grands Mathématiciens

livre d'Eric Temple Bell

Les Grands Mathématiciens (en langue originale : Men of Mathematics: The Lives and Achievements of the Great Mathematicians from Zeno to Poincaré) est un livre de biographies de mathématiciens, destiné au grand public et publié en 1937. Son auteur est Eric Temple Bell (1883–1960), mathématicien et auteur de science-fiction américain né en Écosse. La traduction française (1939) est d'Ami Gandillon.

Les Grands Mathématiciens
Image illustrative de l'article Les Grands Mathématiciens
Traduction de Men of mathematics, Bibliothèque scientifique, Payot

Auteur Eric Temple Bell
Version originale
Langue Anglais
Titre Men of Mathematics: The Lives and Achievements of the Great Mathematicians from Zeno to Poincaré
Date de parution 1937
Version française
Traducteur Ami Gandillon
Éditeur Librairie Payot
Date de parution 1939

Sommaire

Le livreModifier

ContenuModifier

Après un bref chapitre sur trois mathématiciens de l'Antiquité, Bell raconte la vie d'une trentaine de mathématiciens qui ont vécu aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles ; l'auteur y a joint des explications mathématiques, principalement des mathématiques les plus largement connues.

Le livre met souvent en valeur des aspects inhabituels ou dramatiques de la vie de mathématiciens. Le but premier de Bell était en effet d'attirer des gens vers les mathématiques, ou, à tout le moins, de combattre l'image qu'on se fait des mathématiques :

Livre populaire, livre de promotion, et non livre d'historien, l'œuvre de Bell ne dédaigne pas l'anecdote et idéalise un peu les mathématiciens, leurs personnalités, leurs recherches et leurs combats.

Éditions en françaisModifier

  • E. T. Bell, Les Grands Mathématiciens, préface et trad.  d'Ami Gandillon, Paris, Librairie Payot, coll. « Bibliothèque scientifique », 1939, vii + 615 p. (OCLC 13477656) — Rééditions en 1950 et 1961.

ContestationModifier

Les Grands Mathématiciens, un livre de notices biographiques, a attiré beaucoup de gens vers les mathématiques ; c'était son but. Cependant plusieurs historiens des mathématiques pensent qu'il a sacrifié à ce but la rigueur historique :

  • Bell a fait d'Évariste Galois un personnage romanesque, à tel point que le cosmologiste Tony Rothman décrit sa biographie par Bell comme une fiction, la création d'une légende[4] ;
  • la biographie de Georg Cantor, qui a réduit les relations de Cantor avec son père et avec Leopold Kronecker à des stéréotypes, a été souvent et fortement critiquée[5].

Les critiques sont parfois sévères :

  • passant en revue les collègues de Harry Bateman à Caltech, Clifford Truesdell a écrit : « On admirait Bell pour sa science-fiction et pour ses Men of Mathematics. J'ai été estomaqué, à peine quelques années après, quand Walter Pitts m'a dit que ce dernier livre n'était qu'une série de scénarios hollywoodiens ; j'ai étudié les sources et je me range avec Pitts ; je pense maintenant que le contenu de ce livre toujours populaire se réduit presque à des resucées enjolivées par des potins méchants et une imagination banale ou sans contrôle[6]. »
  • selon Ivor Grattan-Guinness, les mathématiques ont été assez mal servies par le livre de Bell, « peut-être le livre d'histoire des mathématiques le plus lu. Comme il est aussi l'un des pires[7] ».

Mais, souvent, malgré les historiens, on pardonne à ce livre « [d]'une lecture très attachante[8] » : « Sonia[9] Kowalewski, est étudiée avec son bienfaiteur Weierstrass dans un émouvant chapitre […] façon eau de rose, mais ne nuisant en rien à la qualité de ce bouquin qui se lit effectivement comme un roman (de 615 pages)[10] ».

Liste des biographiesModifier

  1. Introduction[11]
  2. Esprits modernes dans des cerveaux anciens — Zénon d'Élée (cinquième siècle av. J.-C.), Eudoxe (408–355 av. J.-C.), Archimède (287?–212 av. J.-C.)
  3. Gentilhomme, soldat, mathématicien — Descartes (1596–1650)
  4. Le prince des amateurs — Fermat (1601–1665)
  5. « Grandeur et misère de l'homme » — Pascal (1623–1662)
  6. Sur le rivage — Newton (1642–1727)
  7. Maître en tous métiers — Leibniz (1646–1716)
  8. Nature ou éducation — Les Bernoulli (17e et 18e siècles)
  9. L'Analyse incarnée — Euler (1707–1783)
  10. Une haute pyramide — Lagrange (1736–1813)
  11. Du paysan au snob — Laplace (1749 1827)
  12. Amis d'un Empereur — Monge (1746–1818), Fourier (1768–1830)
  13. Le jour de gloire — Poncelet (1788–1867)
  14. Le prince des mathématiciens — Gauss (1777–1855)
  15. Mathématiques et moulins à vent — Cauchy (1789–1857)
  16. Le Copernic de la Géométrie — Lobatschefsky (1793–1856)
  17. Génie et pauvreté — Abel (1802–1829)
  18. Le grand algoriste — Jacobi (1804–1851)
  19. Une tragédie irlandaise — Hamilton (1805–1865)
  20. Génie et stupidité — Galois (1811–1832)
  21. Les jumeaux des invariants — Sylvester (1814–1897), Cayley (1821–1895)
  22. Weierstrass (1815–1897) et Sonja (sic) Kowalewski (1850–1891)
  23. Complète indépendance — Boole (1815–1864)
  24. L'homme et non pas la méthode — Hermite (1822–1901)
  25. Le sceptique — Kronecker (1823–1891)
  26. Âme candide — Riemann (1826–1866)
  27. L'Arithmétique qui vient en second lieu — Kummer (1810–1893), Dedekind (1831–1916)
  28. Le dernier savant universel — Poincaré (1854–1912)
  29. Paradis perdu ? — Cantor (1845–1918)

Notes et référencesModifier

  1. John J. O'Connor et Edmund F. Robertson, « John Forbes Nash, Jr. », dans MacTutor History of Mathematics, université de St Andrews.
  2. Les dérangeurs de l’univers.
  3. Tate y trouva des mathématiques qui l'intéressèrent, sans nécessairement y trouver sa vocation. John J. O'Connor et Edmund F. Robertson, « John Torrence Tate », dans MacTutor History of Mathematics, université de St Andrews.
  4. (en) Tony Rothman, « Genius and biographers : The fictionalization of Evariste Galois », Amer. Math. Monthly, vol. 89, no 2,‎ , p. 84–106, JSTOR 2320923, citation p. 103
  5. Voir (en) Ivor Grattan-Guinness, « Towards a biography of Georg Cantor », Ann. Sci., vol. 27,‎ .
  6. (en) C. Truesdell, An idiot's fugitive essays on science : methods, criticism, training, circumstances, Berlin, Springer-Verlag, , 423–424 p. (ISBN 0-387-90703-3), « Genius and the establishment at a polite standstill in the modern university : Bateman ».
  7. Ivor Grattan-Guinness, Towards a biography of Georg Cantor, dans Annals of Science, vol. 27, 1971, p. 345–391 DOI:10.1080/00033797100203837.
  8. Henri Fehr, E. T. Bell, Les Grands Mathématiciens [PDF], dans L'Enseignement mathématique, vol. 37, p. 360 — Recension.
  9. L'erreur — le prénom est Sofia — remonte à Bell.
  10. Bell Eric Temple, Américain d'origine écossaise, 1883-1960, site ChronoMath.
  11. En réalité une préface, comme le dit Bell d'ailleurs.