Le Renard (aviso)

navire de guerre

Le Renard
Image illustrative de l’article Le Renard (aviso)
Aviso « Le Renard », par Emilio Ocon y Rivas
Type Aviso
Histoire
A servi dans Marine nationale (France)
Chantier naval Chantiers et Ateliers de l’Océan-Pastoureau, Bordeaux
Quille posée 20 décembre 1865
Lancement 19 janvier 1866
Mise en service 1865
Statut Naufrage le 4 juin 1885
Caractéristiques techniques
Longueur 70 m
Maître-bau m
Tonnage 813 tonneaux
Propulsion Mixte : voile/vapeur
Puissance voilure de 503 m2
machine de 150 chevaux
Vitesse 14 nœuds
Caractéristiques militaires
Armement 4 canons rayés de 12

Le Renard est un aviso de la Marine nationale française mis en service en 1865 et disparu en 1885.

CaractéristiquesModifier

Aviso de 813 tonneaux, 70 m sur 8 m, Le Renard a été construit aux Chantiers et Ateliers de l’Océan-Pastoureau (reprise des chantiers Lucien Arman) sur le site de Bacalan, suivant des plans originaux du capitaine de frégate Eugène Belleguic. C’est une construction mixte : bois pour les bordages et carcasse de fer. Propulsé par une machine à vapeur de 150 chevaux et par une voilure de 503 m2 sur trois mâts, c’est en effet un bâtiment manœuvrant et rapide : il peut filer 11 nœuds à la vapeur et jusqu’à 14 nœuds sous voiles et vapeur. Armé en guerre il porte 4 canons rayés de 12.

Sur l’étrave il est doté d’un très long éperon sous l’eau, de 3 m de long ; ce rostre est considéré alors comme une arme miracle permettant de couler l’ennemi d’un coup de butoir. Cette particularité lui aurait donné, en outre, un avantage peu prévu : l’éperon, comme « taille-mer », lui permettant de fendre les vagues quand il marche contre elles. Si certains commandants confirment qu’en effet les paquets de mer par vent debout ne font jamais obstacle à sa marche, d’autres soulignent en revanche son manque de stabilité par mer de travers... Le , les déferlantes et les rafales de vent du typhon arrivant par tribord leur auraient ainsi donné raison.

CarrièreModifier

Mis à l'eau le et après son lancement le , l'aviso Le Renard quitte Bordeaux : il rejoint Rochefort pour compléter son armement et poursuivre ses essais en mer sous le commandement de son concepteur le capitaine de frégate Eugène Belleguic.

 
François Roux. L'aviso « Le Renard », Musée de la Marine de Paris

Du à il est affecté à la Division cuirassée du Nord, puis il rejoint l'escadre d'évolutions de la Méditerranée où il demeure jusqu'en . Il va remplir de nombreuses missions notamment sur les côtes de l'Algérie, comme escorteur, une « mouche d'escadre » comme on dit pour caractériser sa vivacité dans les patrouilles et le transport de messages urgents. Le navire est ensuite désarmé à Toulon où son hélice est changée en pour être remplacée par une autre d'un pas plus grand. Le Renard effectue alors de nombreux essais, puis rejoint Rochefort où il est à nouveau désarmé.

Après avoir été réarmé à Rochefort le , Le Renard regagne la Méditerranée ; il quitte Toulon le pour Nice où il doit remplacer l'aviso Latouche-Tréville avarié à la suite d'un abordage avec le paquebot de Corse Prince Pierre Bonaparte près du cap Camarat le . Empêché par le mauvais temps d'entrer dans le port de Nice, il doit rallier Villefranche-sur-Mer. C'est là qu'il est requis pour transporter à Constantinople le cercueil de Fouad Pacha, homme d'État turc décédé à Nice le . Une fois cette mission terminée il rejoint Toulon en où il sera désarmé et réarmé à plusieurs reprises pour des missions en Méditerranée.

En on le retrouve à Brest pour un changement de ses chaudières. En mars suivant Le Renard est envoyé en mission de stationnaire en Méditerranée et sur les côtes d'Espagne et d'Algérie.

Retour à Toulon le , il est plusieurs fois désarmé et réarmé pour effectuer des missions de stationnaire sur les côtes de Tunisie, Tripolitaine, Grèce et Syrie. Il rentre à Toulon en pour être désarmé jusqu'en 1884.
Après un nouvel armement, Le Renard quitte Toulon pour la dernière fois fin  : il a mission de rejoindre Obock comme stationnaire avec son nouveau commandant Gaston Peyrouton Laffon de Ladebat, capitaine de frégate, né à Paris le , neveu de l'Amiral André Émile Léon Laffon de Ladebat

 
Naufrage de l'aviso Le Renard, cyclone dans le golfe d'Aden, 3/4 juin 1885

Le Renard, disparaît corps et biens au cours de la nuit du 3 au , pris dans un cyclone au large d'Aden ; il avait quitté quelques heures plus tôt le port d'Obock, avec 130 personnes à son bord.

 
Templeuve.- Relief à la mémoire de Jules Baratte en l'église Saint-Martin

Composition de l'état-major lors du naufrage :

  • Saint-Rémy de Rotrou, lieutenant de vaisseau, Commandant en second, né la  ;
  • Édouard Lambinet, enseigne de vaisseau, né le  ;
  • Xavier Marcadier, enseigne de Vaisseau, né le  ;
  • Léopold Héliès, aspirant de 1re classe, né le  ;
  • Jules Baratte, aide commissaire, officier d'administration, né le  ;
  • Marie-Anatole Saint-Pierre, médecin de 2e classe, né le .

SourcesModifier

  • Journaux de bord et correspondances de Gaston Peyrouton Laffon de Ladebat, reprises par Philippe Peyrouton Laffon de Ladebat
  • Revue Neptunia, , N° 248, p. 42 à 46 : Le naufrage de l'aviso Le Renard - Typhon dans le golfe d'Aden, nuit du 3 au , Philippe Peyrouton Laffon de Ladebat
  • Le Figaro,
  • Archives de la marine, Château de Vincennes, Paris.
  • Musée National de la Marine - Documentation - Paris

Liens externesModifier