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Le Démon de midi (bande dessinée)

Album de bande dessinée
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Le Démon de midi ou « Changement d'herbage réjouit les veaux »
One shot
Auteur Florence Cestac
Genre(s) bande dessinée humoristique et partiellement autobiographique

Thèmes crise de couple, crise de la quarantaine
Personnages principaux Noémie, son compagnon, leur enfant, leurs amis
Lieu de l’action France
Époque de l’action XXe siècle

Éditeur Dargaud
Collection Cestac pour les grands
Première publication 1996
ISBN 2-205-04442-7
Albums de la série Les Démons de l'existence
Alph-Art humour 1997

Le Démon de midi ou « Changement d'herbage réjouit les veaux » est une bande dessinée humoristique écrite, dessinée et mise en couleur par Florence Cestac, publiée en 1996 par la maison d'édition Dargaud. L'héroïne de l'histoire, Noémie, est confrontée à une mésentente dans son couple et comprend que son conjoint la trompe. Cette œuvre obtient un important succès critique et public et fait l'objet d'une adaptation au théâtre puis en film.

Sommaire

SynopsisModifier

Noémie, âgée de quarante ans, est mariée et mère de famille. Son conjoint affichant une mauvaise humeur récurrente, elle finit par comprendre qu'il a une amante, ce que confirme l'intéressé : il entretient une liaison avec une femme de vingt-cinq ans. Noémie le met à la porte et se tourne vers ses amis pour supporter cette crise conjugale, tout en s'occupant de son enfant. À son tour, elle prend plusieurs amants et accepte la réconciliation que lui propose son compagnon, avant de découvrir qu'il continue sa relation extra-conjugale.

GenèseModifier

Florence Cestac est co-fondatrice des éditions Futuropolis avec son compagnon Étienne Robial[1]. Tous deux, écrasés par la gestion d'une entreprise de quatorze personnes, revendent leur entreprise à Gallimard[2]. Futuropolis devient un label, dont Cestac et Robial conservent la direction. Après quelque temps, Cestac s'aperçoit que son compagnon a une liaison, ce qui entraîne une crise dans leur couple et les décide à quitter Gallimard[1].

Cestac est une auteure installée dans la profession avec plusieurs séries à succès, comme Harry Mickson et Les Déblok. Après la cession, elle entreprend plusieurs collaborations. Elle met cinq ans pour réaliser cette bande dessinée inspirée de sa propre expérience[3],[4].

Accueil critiqueModifier

Cet ouvrage marque une étape dans la carrière de Florence Cestac, en raison de sa tonalité adulte et de son important succès critique et public[5] : il vaut à la créatrice l'Alph-Art de l'humour à Angoulême en 1997 ; en 2000, l'album représente 30 000 exemplaires vendus et fait l'objet d'une adaptation au théâtre du Splendid par Marie-Pascale Ostterieth et Michèle Bernier[1], puis au cinéma en 2005 sous le même titre (mais le film est un échec relatif[6]) ; le spectacle, très apprécié, est toujours joué en 2018[7].

L'autrice signale, non sans ironie, que cet album créé par une femme pour évoquer les affres d'une femme devant l'adultère de son conjoint a été boudé par la presse féminine tandis qu'un jury largement masculin lui attribue une distinction culturelle[8],[6].

La situation des femmes dans la société représente un thème récurrent dans l'œuvre de Cestac[7], dont La Vie en Rose ou l'obsessionnelle poursuite du bonheur (1998)[9]. Cestac dépeint la condition féminine dans plusieurs récits : Le Démon de midi, qui « a vengé des générations entières de femmes trompées », Des Salopes et des Anges, qui constitue une leçon aux générations ayant oublié les combats pour l'IVG, Le Démon de l'après-midi puis Le Démon du soir ou la ménopause héroïque, où l'artiste dépeint une héroïne de 60 ans, accablée sous les responsabilités familiales et qui décide de se libérer[10].

PostéritéModifier

Florence Cestac publie en 2005 un nouvel album sur Les Démons de l'existence : Le Démon d'après midi..., qui voit le retour de Noémie et son entourage dix ans après les évènements du Démon de midi.

RéférencesModifier

  1. a b et c Labé 2000.
  2. Mathieu Lindon, « Futuropolis, chez Cestac », Libération,‎ .
  3. Pierre Lebedel, « Silhouette. Florence Cestac, de la librairie à la BD », La Croix,‎ .
  4. Florence Cestac (interviewée) et Philippe Mellot, « Interview Florence Cestac », sur BDZoom, .
  5. Mercier 2008.
  6. a et b Michel Pralong, « Elle libère ses démons », Le Matin,‎ .
  7. a et b La rédaction, « Florence Cestac bulle pour nous », Le Parisien Magazine,‎ (lire en ligne).
  8. Hélène Rietsch, « La chouchoute des garçons. La bd au féminin : l'Alph'art humour du Festival d'Angoulême est allé à Florence Cestac », Sud Ouest,‎ .
  9. Yves-Marie Labé, « Images de rédemption », Le Monde,‎ .
  10. Romain Brethes, « Florence Cestac, la vraie jeune », Le Point,‎ .

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • « Cestacopolis », dans Neuvième Art, vol. 14, Cité internationale de la bande dessinée et de l'image, (ISBN 9782907848343, présentation en ligne), p. 64-109
    • Florence Cestac (interviewée), Christian Rosset et Jean-Pierre Mercier, « Mettre l'auteur en avant », Neuvième Art, no 14,‎ , p. 64-75
  • Jean-Pierre Mercier, « Cestac, Florence. Harry Mickson : les vieux copains pleins de pépins », sur Cité internationale de la bande dessinée et de l'image,
  • Mathieu Lindon, « Cestac au tac. Quand on arrive à l'âge où rien ne s'arrange, tout ne peut aller que plus mal. L'amour est vache chez les veaux », Libération,‎ (lire en ligne)
  • Yves-Marie Labé, « Florence Cestac, piquante dans sa bulle », Le Monde,‎
  • Patrick Gaumer, « Le Démon de midi », dans Guide totem : La BD, Larousse, (ISBN 9782035051301), p. 280-281.