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Florence Cestac

auteure de bande dessinée française
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Florence Cestac
Florence Cestac 20080318 Salon du livre 1.jpg
Florence Cestac au Salon du livre de Paris en mars 2008.
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Œuvres principales

Florence Cestac, née le à Pont-Audemer (Eure), est une auteure française de bande dessinée, illustratrice et éditrice. Ancienne élève des Beaux-Arts à Rouen et de l'École nationale supérieure des arts décoratifs, elle collabore à plusieurs périodiques. Au début des années 1970, elle co-fonde, avec Étienne Robial, la maison d’édition Futuropolis, qui influence durablement le paysage de la bande dessinée française. En parallèle, elle est l’auteure de nombreux albums qui lui valent un succès public et critique durable. Ses ouvrages les plus célèbres sont : Harry Mickson, Les Déblok ou Le Démon de midi ou « Changement d'herbage réjouit les veaux ». Elle reçoit plusieurs distinctions culturelles et notamment, en 2000, le Grand Prix de la ville d'Angoulême, récompense française de bande dessinée la plus prestigieuse. Son style se caractérise par les gros nez de ses personnages, son trait rond et son angle humoristique destiné tant à la jeunesse qu’aux adultes. Tout au long de sa carrière, la dessinatrice agit en faveur de la défense du des droits des femmes et s’implique dans plusieurs initiatives pour la défense des droits des auteurs de bande dessinée.

Sommaire

BiographieModifier

Jeunesse et formationModifier

Florence Cestac grandit dans la campagne normande, à Pont-Audemer puis à Rouen. Son père est ingénieur des Arts et Métiers[1]. Elle conserve un souvenir « ludique et gai » de son enfance[2] : « Ma famille était joyeuse, déconnante. Ma mère surtout. Contrairement à mon père très bourru »[3]. Comme les bandes dessinées sont alors un loisir réservé aux garçons, elle en acquiert en cachette ou lit celles de son frère, tout en parsemant ses propres cahiers de dessins[4]. Ses lectures sont alors Pépito, Tartine Mariolle et Blek le roc[5] ou Sapeur Camembert[1], Tintin, Spirou[6]... À sa demande — car elle souhaite s'éloigner de son milieu familial — ses parents l'inscrivent pendant son adolescence dans un pensionnat catholique à Honfleur, qu'elle fréquente de la classe de sixième jusqu'à la seconde. Plus tard, l'artiste relate cette expérience dans le premier volume des Filles des oiseaux : N'oubliez jamais que le Seigneur vous regarde ! (Dargaud, 2016). Ces années, dit-elle, la convainquent de « basculer dans l’athéisme le plus total »[7].

 
Manifestations étudiantes à l'université de la Sorbonne le 3 mai 1968.

Elle suit les cours des Beaux-Arts à Rouen de 1965 à 1968 puis elle intègre l'École des Arts décoratifs à Paris[8]. Elle participe aux évènements de mai 1968 avec son compagnon, Étienne Robial, maquettiste et designer, ainsi qu'une bande d'amis, se joignant à des manifestations et découpant les drapeaux tricolores pour n'en conserver que le rouge[2]. Ce comportement leur vaut d'être arrêtés. Cestac passe dix-huit jours en détention provisoire à Gradignan. À l'issue du procès, elle est condamnée à une lourde amende, dont son père s’acquitte, et elle est privée de ses droits civiques pendant cinq ans. Ses amis sont quant à eux envoyés « en camp disciplinaire en Allemagne pendant seize mois », les autorités étant désireuses de « faire des exemples »[9]. Cestac estimée que mai 1968 représente un tournant dans sa vie : elle était « programmée » pour « une petite vie de province tranquille » (mère au foyer), or cet élan d'« enthousiasme collectif » la pousse à rompre avec les traditions sociales et à se rendre à Paris pour prendre part au mouvement[10].

Débuts professionnelsModifier

Elle exerce pour les éditions dirigées par Daniel Filipacchi dans des périodiques comme Mademoiselle Âge tendre (où elle dessine Pénélope, sa première histoire, sur un scénario de Claude Brulé[11]), Salut les Copains, Lui[2], 20 ans. Le couple Cestac et Robial vit de piges pour des journaux, tout en fréquentant assidument le marché aux puces de la porte de Montreuil[5] pour acheter et revendre divers objets. C'est là qu'ils font connaissance avec Jean-Claude de Repper, qui les met en contact avec Robert Roquemartine, propriétaire de Futuropolis, l'une des rares librairies parisiennes spécialisées dans la bande dessinée. À cette époque, Robial et Cestac ne connaissent que certains classiques dans ce genre artistique ; Roquemartine leur communique sa passion[12].

Période Futuropolis : libraire, éditrice, créatriceModifier

 
Logo de Futuropolis entre 1972 et 2004.

En 1972, Cestac reprend la librairie Futuropolis avec Étienne Robial et Denis Ozanne, un ami d'enfance. Le couple n'avait pas envisagé de se lancer dans ce type de commerce[12]. D'abord située rue du Théâtre, en 1974 les propriétaires élargissent son activité et Futuropolis devient une maison d’edition. Elle déménage dans le passage des Écoliers à Paris 15e[13]. Les deux artistes y publient des auteurs comme Edmond-François Calvo, Jacques Tardi et Mœbius. Cestac co-dirige la société[14]. Elle assume plusieurs tâches : traduction, maquette, mise en page, livraison, comptabilité, accompagnement des auteurs, relations avec la presse, direction de collection[2],[15]. Cestac et Robial se rendent au festival international de la bande dessinée d'Angoulême chaque année depuis son lancement en 1974[16].

En parallèle, Florence Cestac collabore en tant qu'auteure à Métal hurlant, L'Écho des savanes, Charlie Mensuel, (À suivre), Pilote et Ah ! Nana. Très influencée par les comics, elle crée le détective parodique Harry Mickson, croisement entre Mickey Mouse et le personnage d'Harry Dickson de Jean Ray[17].

Harry Mickson, avec son nez proéminent et son béret, devient la mascotte de Futuropolis : il figure sur tous les supports de communication[18]. En 1976, cette icône devient protagoniste, héros de bandes dessinées dans plusieurs périodiques. Les histoires sont reprises en albums, chez Futuropolis, entre 1979 et 1988. En 1989, le cinquième volume, Les Vieux copains pleins de pépins, salué notamment par le critique Thierry Groensteen[19], reçoit l'Alph-Art humour au festival d'Angoulême[20]. Cestac crée également Edmond François Ratier, qui paraît dans Charlie Mensuel en 1982 et dont les albums sont publiés en 1986 : Le Chien coiffé et Ma vie est un roman policier ; une intégrale rassemble les récits en 2007 aux éditions 6 Pieds sous terre[8].

Par ailleurs, Cestac illustre La Guerre des boutons de Louis Pergaud (1990)[8]. Sur un scénario de Jean-Marc Thévenet (alors directeur de collection pour Futuropolis), elle dessine Comment faire de la « Bédé » sans passer pour un pied-nickelé (1988), ouvrage humoristique adressé aux auteurs débutants[21]. Une version actualisée et augmentée voit le jour en 2001 chez Dargaud. Cestac exerce son art dans des publications adressées à la jeunesse[10]. Une autre de ses créations, Gérard Crétin, figure dans Mikado[15].

Les éditions Futuropolis marquent durablement le paysage de la bande dessinée française, par leur rupture avec les codes traditionnels (par exemple, pas de bande dessinée d'aventure) au profit d'expérimentations à la fois graphiques et narratives[22],[23], qui favorisent l'émergence de la bande dessinée pour adultes[24]. Toutefois, les propriétaires se sentent écrasés par la gestion d'une entreprise de quatorze personnes[25]. Les éditions Futuropolis sont définitivement cédées à Gallimard, pour un franc symbolique[21]. Tandis que le couple Robial-Cestac traverse une crise menant à la séparation[2], elles deviennent un label inactif en 1994.

Carrière d'auteure et succèsModifier

 
Florence Cestac représente les personnages avec une bouche décentrée, à l'instar de Popeye.

Après la cession de Futuropolis, Cestac reprend Les Déblok dans Le Journal de Mickey avec Nathalie Roques (initialement imaginés par Sophie Hérout) ; la série connaît neuf volumes et raconte le quotidien d'une famille sous un angle humoristique et tendre[26]. Cependant, la créatrice délaisse épisodiquement cette saga, publiée chez Dargaud, pour d'autres ouvrages. Dans les années 1990, elle collabore avec Nathan et Syros. Elle s'associe à Marie-Ange Guillaume, Édith Grattery et Dodo pour J'attends un chien et Je veux pas divorcer (Albin Michel) ; le même éditeur publie Quatre punaises au Club en 1995, par Cestac, Dodo, Grattery et Roques[8].

Tout en dessinant pour la jeunesse, Cestac entreprend plusieurs ouvrages d'inspiration autobiographique mettant en scène le personnage récurrent de Noémie dans sa vie quotidienne. Elle est depuis longtemps une personnalité incontournable de la « culture bande dessinée »[27] lorsqu'elle commence la collection Cestac pour les grands, avec Le Démon de midi ou « Changement d'herbage réjouit les veaux », qui « raconte l'histoire d'une femme de 40 ans que son mari quitte pour une femme de 25 ans »[28]. Il lui a fallu cinq ans pour mener à bien ce projet, qui a pour elle une valeur thérapeutique[11]. Cet ouvrage marque une étape dans sa carrière, en raison de sa tonalité adulte et de son important succès critique et public[17] : il vaut à la créatrice l'Alph-Art de l'humour à Angoulême en 1997 ; en 2000, l'album représente 30 000 exemplaires vendus et fait l'objet d'une adaptation au théâtre du Splendid par Marie-Pascale Ostterieth et Michèle Bernier[2], puis au cinéma en 2005 (mais le film est un échec relatif[29]) ; le spectacle, très apprécié, est toujours joué en 2018[30]. L'auteure signale, non sans ironie, que cet album créé par une femme pour évoquer les affres d'une femme devant l'adultère de son conjoint a été boudé par la presse féminine tandis qu'un jury largement masculin lui attribue une distinction culturelle[27],[29].

Cestac publie en outre La Vie en Rose ou l'obsessionnelle poursuite du bonheur (1998), qui revisite « les mythes de la vie au féminin »[31], Du Sable dans le maillot ou on est bien arrivés, il fait beau et les gens sont sympa (1999), qui « raconte les vacances d'une famille de français moyens »[32] ainsi que La Vie d'artiste sans s'emmêler les pinceaux sur les chemins détournés (2000), récit partiellement autobiographique qui, avec humour, narre les débuts difficiles d'une artiste dans la bande dessinée[33].

Grand prix de la ville d'Angoulême, succès critique confirméModifier

Elle reçoit en 2000 le Grand Prix de la ville d'Angoulême, qui récompense l'ensemble de la carrière d'un auteur, par six voix sur huit[32]. Elle alors est la seule femme, avec Claire Bretécher, à recevoir cette distinction depuis la création du festival en 1974[34]. Elle devient donc présidente de l'édition 2001 et une exposition lui est consacrée : Les Pieds de nez de Florence Cestac[8] et, pour un public plus jeune, une autre sur Les Déblok[35]. Cestac organise le festival d'Angoulême en 2001 et compose un jury largement féminin pour élire les albums ; elle constate que ce choix conduit à un nombre accru d'artistes féminines récompensées[2]. Dans le cadre de ses fonctions, elle développe l'espace pour les enfants au festival avec Nathalie Roch et met sur pied une opération appelée « Choupinette » pour collecter et redistribuer aux enfants hospitalisés des albums de bande dessinée[35]. En outre, elle propose d'élaborer un statut en faveur des dessinateurs et auteurs qui, lors des festivals, ne sont pas payés pour leurs dédicaces. Les éditeurs pour qui l'opération est fructueuse sur le plan financier ne soutiennent guère les artistes[21]. En 2001, le dessinateur Charlie Schlingo, ancien collaborateur de Futuropolis, lui offre Cestac Color, fascicule unique signé par plusieurs auteurs célèbres[8].

Une auteure pour la jeunesse comme pour le public adulteModifier

 
Jean Teulé en 2010. Il signe plusieurs préfaces pour Florence Cestac et il scénarise pour elle Je voudrais me suicider mais j'ai pas le temps, bande dessinée biographique sur Charlie Schlingo.

Cestac publie des ouvrages s'adressant à la jeunesse et d'autres à un public adulte[36].

Avec Véronique Ozanne, Cestac publie en 2000 Les phrases assassines (éd. Verticales), recueil illustré « des phrases cruelles ou stupides que les parents disent aux enfants »[28], tout en poursuivant Les Déblok.

À partir de 2003, le journal Le Point crée un prix de bande dessinée ; Cestac est membre du jury depuis la première édition[37]. En termes d'activités créatives, avec René Pétillon au scénario, elle dessine Super Catho (Dargaud, 2004). Dans cet ouvrage d'inspiration autobiographique, Pétillon narre son enfance en Bretagne dans les années 1950 et l'embrigadement de sa famille auprès d'un charlatan religieux ; les deux artistes, marqués par leur éducation dans le catholicisme, dépeignent avec humour cette période de leur vie[38]. Cestac adapte un épisode de la collection de roman policier Le Poulpe pour la série de bande dessinée éponyme : La Pieuvre à la Pouy (éditions 6 Pieds sous terre)[39]. Pour Pif Gadget, elle dessine plusieurs épisodes de La fée Kacka et son mal cuit-cuit, une série jeunesse collectée en album (Les Humanoïdes associés, 2007)[40]. Elle illustre en outre, sur des textes de Sylvie Lenôtre, un ouvrage jeunesse : Le grand voyage des gastrognomes[41]. Elle entreprend seule, toujours chez Dargaud, Le démon d'après midi… (2005), récit partiellement autobiographique de trois amies — dont Noémie — dans la cinquantaine qui, lors d'un week-end, reviennent sur leur passé et manifestent leur appétit de vivre toujours intact[1]. Elle entame également la série Les Ados, Laura et Ludo, prépubliée dans l'hebdomadaire Le Monde des Ados[42] et qui connaît quatre volumes entre 2006 et 2010 ; il s'agit de « deux frère et soeur qui mènent une vie d'enfer à leurs parents. Pas vraiment motivés par l'école, jamais en reste sur les bêtises »[43]. En 2007, revenant sur son expérience pendant vingt ans aux éditions Futuropolis, Cestac publie La Véritable histoire de Futuropolis[44]. Le titre fait allusion à La Véritable Histoire du soldat inconnu de Jacques Tardi[45], ouvrage dont la publication avait été perturbée par la loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse[46]. L'initiative de rédiger un essai en bande dessinée sur la bande dessinée constitue en soi une innovation, d'après Jean-Pierre Mercier, conseiller scientifique au CNBDI[47]. L'album reçoit un accueil positif dans plusieurs journaux, comme Le Monde[44], Aujourd'hui en France[48], Libération[25] ou La Croix[49]. L'éditeur Hoëbeke publie, dans la série J'aime pas..., une histoire signée Cestac : J'aime pas les gens qui se prennent pour...[50].

S'associant à l'écrivain Tonino Benacquista, Cestac dessine Des Salopes et des Anges (2011), narration mettant en scène les luttes pour le droit à l'avortement. La narration croise les destins de trois femmes en 1973 — lors de la création du Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception — qui se rendent à Londres pour avorter[51]. L'ouvrage est dédié à Simone Veil qui, pendant ses fonctions de ministre sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, a lutté pour obtenir la loi dépénalisant l'interruption volontaire de grossesse[52].

En 2005, Cestac ouvre son site internet. En 2009, en hommage à l'artiste Charlie Schlingo, mort quatre ans plus tôt, Cestac s'associe avec Jean Teulé (scénario) pour une bande dessinée biographique : Je voudrais me suicider mais j'ai pas le temps (Dargaud)[53]. C’est un nouveau succès critique[54],[55]. Avec Yves Poinot, elle crée en 2009 le Prix Schlingo, décerné annuellement en marge du festival d'Angoulême (le Off of Off) pour récompenser un auteur ou une œuvre manifestant une communauté d'esprit avec le dessinateur disparu[56]. Par ailleurs, à la demande d'Yves Poinot, le conseil municipal d'Angoulême accepte de modifier le nom d'une impasse : l’impasse Renolleau devient l'impasse Charlie Schlingo[57]. Elle est inaugurée en février 2013 et Cestac y réalise un mur peint[58].

Sur un scénario de Nadège Beauvois, Cestac dessine On va te faire ta fête maman (publié en 2011)[59]. Il s’agit d’un « recueil de 100 dessins [qui] a pour vocation de faire rire autour du thème de la grossesse et des maladresses de l'entourage » au cours de cette période[60]. Puis, sur un scénario de Marie-Ange Guillaume, elle crée Qui dit chat, dit chien en 2012. Elle participe à la série Les Petits Polars (éd. Le Monde - SNCF) pour l'album Plein le dos, scénarisé par Jean-Bernard Pouy, en 2013[61]. C'est aussi en 2013 que paraît Le Démon du soir ou la ménopause héroïque. Le personnage de Noémie figure de nouveau dans ce récit partiellement autobiographique[62] où l'héroïne vit à la fois la fin de sa carrière et un nouveau départ dans sa vie[63]. Cestac reprend une collaboration avec Pouy en 2014 pour illustrer La Capture du tigre par les oreilles[14]. La même année, elle reçoit le grand prix Saint-Michel[64], l'une des plus anciennes distinctions pour les bédéastes. Daniel Pennac écrit pour elle le scénario d'Un amour exemplaire, publié en 2015. L'écrivain, dans cet ouvrage autobiographique, dépeint deux personnages issus de milieux sociaux différents qui se marient malgré les conventions sociales[65] et qui refusent de travailler et d'avoir des enfants dans leur idéal d'amour fusionnel[37]. Le livre fait ensuite l'objet d'une adaptation au théâtre, dirigée par Clara Bauer ; des spectacles sont donnés en Italie ainsi qu'au théâtre du Rond-Point, dans lesquels Cestac dessine tandis que Pennac lit au micro et que les acteurs jouent[66]. L'œuvre commence par un hommage aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo. En effet, Cestac se sent profondément affectée par les assassinats menés contre des membres de ce journal[37].

Entre 2016 et 2018, elle publie deux volumes de Filles des oiseaux, qui narrent, de façon partiellement autobiographique, le quotidien de deux héroïnes dans un pensionnat catholique et la vie qu'elles mènent ensuite. Le premier volume, intitulé Filles des oiseaux : N'oubliez jamais que le Seigneur vous regarde ! met en scène les deux jeunes filles qui intègrent un pensionnat catholique à Honfleur. Bien que de milieux sociaux très différents, elles deviennent amies et affrontent avec humour une éducation vouée à brider la liberté et la féminité[67],[68]. En 2018, l'auteure publie le second volume des Filles des oiseaux : Hippie, féministe, yéyé, chanteuse, libre et de gauche, top-model, engagée, amie des arts, executive woman, maman, business woman, start-upeuse, cyber communicante...what else ? (Dargaud) qui s'ouvre sur la période de mai 68[69]. Dans cet épisode, les deux amies passent en revue leurs existences mouvementées[70].

Par ailleurs, Cestac crée des portraits en relief avec du papier mâché, en restant fidèle aux gros nez qui sont devenus sa signature[2]. De même, avec le sculpteur Jean-Marie Pigeon, elle conçoit des bustes de Marianne dans son style personnel, dotée d'un gros nez et de formes généreuses, en douze exemplaires. La mairie d'Angoulême en acquiert aussitôt un pour décorer la salle des mariages[71]. D'autres sont achetés par des collectionneurs. Cestac s'adonne également au détournement de tableaux de peinture amateurs[72].

L'artiste annonce en 2013 qu'elle ne prévoit pas de prendre sa retraite et qu'elle envisage un dernier épisode de sa saga autobiographique, qui pourrait s’intituler Le Démon de minuit[62].

Vie personnelleModifier

Florence Cestac a un fils[73]. Pour financer une résidence en province, elle vend sa collection de figurines représentant Mickey Mouse (6 000 pièces)[62][Quand ?].

Style graphique et narratifModifier

 
Florence Cestac en dédicace au Salon du livre en mars 2008.

Cestac s'intéresse aux figures de antihéros qui reflètent la fragilité et la sensibilité des êtres[74]. Elle pratique largement l'humour dans ses œuvres[36],[32].

Le premier personnage récurrent de Florence Cestac, le détective parodique Harry Mickson, est un croisement de Mickey Mouse et d'Harry Dickson de Jean Ray[17]. En effet, Cestac voue « un véritable culte » au célèbre personnage Disney, rassemblant une grande collection d'objets à son effigie[2]. Elle est aussi très portée sur Popeye, créé par Elzie Segar et dont elle traduit les aventures[75]. Cette affinité se manifeste notamment dans les visages, où la bouche est décentrée[76]. Harry Mickson est doté d'un gros nez, ce nez qui devient la « marque de fabrique » du style graphique de Cestac et rappelle également Cyrano de Bergerac[2]. Dans Libération, le chroniqueur trouve aussi l'empreinte d'Edmond-François Calvo[25]. La créatrice souligne l'influence prépondérante d'André Franquin, notamment son héros Gaston Lagaffe[30] et ses récits « qui parlaient aux filles comme aux garçons »[6]. Ses travaux s'inspirent également de Robert Crumb « dans la façon rigolarde d’appréhender la réalité »[77],[15]. L'auteure signale aussi sa connivence avec Pim Pam Poum[78].

Outre le gros nez, le style de Cestac se manifeste par « l’expressivité graphique et la dynamique narrative »[42]. À l'écrit, Jean-Pierre Mercier signale sa « verve langagière »[17]. Son graphisme est décrit comme un « trait de pinceau rond »[77]. Dans Le Monde, le critique Yves-Marie Labé relève « sa verve, son sens aigu de l'humour, de l'autodérision et son coup de crayon »[36] ainsi que « son dessin rond et dynamique »[53] ; le critique Frédéric Potet la définit comme « Reine des gros nez et du trait caoutchouteux », qui « manie comme personne l'empathie et la tendresse »[79]. Elle emploie des « traits caricaturaux et ronds »[80], style « proche du dessin satirique »[81]. Ce dessin en rondeur se prête aussi à des sujets graves, comme l'avortement[82],[83] ou la vie tragi-comique de Charlie Schlingo[53].

L'artiste elle-même considère que « Les gros nez et l'autodérision, c'est ma marque de fabrique. Je pars du principe qu'il vaut mieux en rire. J'ai tendance à mettre le nez de clown pour me sortir des situations un peu difficiles »[84].

Prises de position en faveur des créateurs de bande dessinéeModifier

Dans un objectif à la fois didactique et ludique pour guider les auteurs débutants, Florence Cestac dessine, sur un scénario de Jean-Marc Thévenet Comment faire de la « Bédé » sans passer pour un pied-nickelé (1988)[21].

En 2013, elle critique l'organisation du festival, où les créateurs et créatrices, loin de se mélanger comme dans les débuts, restent entre « clans » auprès de leurs éditeurs respectifs[85]. En 2014, Franck Bondoux, dirigeant de la société privée 9e Art+, organisatrice du festival, annonce la dissolution de l'Académie des Grands Prix après une controverse sur le mode de scrutin[86]. Lorsque, en 2016, la polémique éclate lors du festival d'Angoulême en raison de l'absence totale de femmes aux pré-sélections du Grand Prix[a], Cestac s'exprime contre Bondoux dans les colonnes du Journal du Dimanche, car outre le problème des dessinatrices absentes, elle estime que l'évènement tient davantage d'une « foire à dédicaces » et d'un « business » que d'une manifestation culturelle ; en outre, elle appelle à réinventer les activités réservées aux enfants[88]. Les déclarations de Cestac trouvent un écho dans la presse[89],[90],[91]. Néanmoins, l'organisateur du festival signifie son désaccord envers ces propos[92]. Face au tollé, six créatrices sont incluses dans la sélection[b]. Toujours en 2016, Cestac et six autres personnalités ayant reçu le Grand Prix, s'associant avec des auteurs renommés, fondent le groupe Angoulême la renaissance, une « opération de sauvetage » ; en effet, ils dénoncent la gestion menée par Franck Bondoux[94] et proposent un plan en quatorze points pour renouveler en profondeur l'animation[95].

Invitée d'honneur de la 24e édition du festival BD de Perros-Guirrec en 2017, Cestac fait part de ses inquiétudes pour les auteurs débutants, qui subissent une pression importante car ils doivent d'emblée élaborer un album au lieu de s'exercer dans des fanzines de bande dessinée, en phase de raréfaction[96],[6].

Engagements féministesModifier

À plusieurs reprises, des chroniqueurs établissent le parallèle entre les deux seules femmes[c] ayant reçu le Grand Prix : les « pionnières » Cestac et Claire Bretécher (en 1983) — toutes deux sont amies[85],[2]. Si les auteurs sont moins nombreux dans les années 1960-1970 qu'en 2013, cette activité n'est pas considérée comme un métier sérieux ; les créateurs de bande dessinée éludent alors les questions en déclarant qu'ils font des « livres pour enfants »[97],[87]. Lorsque les deux créatrices débutent dans la profession, les femmes sont rares et parfois marginalisées[88]. Toutes deux emploient un style très personnel. Cestac est régulièrement interviewée sur la place des femmes dans la création de bande dessinée et sur la représentation des femmes dans la bande dessinée, par exemple dans la Revue des Deux Mondes[74]. L'artiste a plusieurs fois entendu que son style graphique n'est « pas féminin », or il lui semble aberrant de cantonner toute création féminine à un style « girly »[88]. Le lectorat de bande dessinée étant largement masculin, tout comme la proportion de dessinateurs[d], Cestac conclut : « Les personnages féminins dans la BD sont encore énormément des projections des fantasmes masculins, avec des gros nichons et des flingues dans chaque main ou alors elles sont complètement absentes »[90].

 
Simone Veil en 1984.

Florence Cestac participe, dans les années 1970, au périodique Ah ! Nana, où elle exprime ses revendications féministes dans cette parution essentiellement élaborée par des femmes sur la condition féminine[30]. Cette initiative avant-gardiste, sans précédent en France, prend fin après deux années de publication[99]. En janvier 1985, Cestac signe dans Le Monde le manifeste de quatre dessinatrices françaises contre le sexisme et la violence dans les bandes dessinées[30]. La situation des femmes dans la société représente un thème récurrent dans son œuvre[30], dont La Vie en Rose ou l'obsessionnelle poursuite du bonheur (1998)[31]. Cestac dépeint la condition féminine dans plusieurs récits : Le Démon de midi, qui « a vengé des générations entières de femmes trompées », Des Salopes et des Anges, qui constitue une leçon aux générations ayant oublié les combats pour l'IVG, Le Démon de l'après-midi puis Le Démon du soir ou la ménopause héroïque, où l'artiste dépeint une héroïne de 60 ans, accablée sous les responsabilités familiales et qui décide de se libérer[62]. Le titre Le Démon du soir ou la ménopause héroïque constitue, à lui seul, une provocation tant le sujet de la ménopause est délicat, voire tabou[63], y compris dans la presse féminine[96] ; en effet, les journaux féminins n'en offrent qu'une image exagérément positive au lieu d'évoquer d'une part les inquiétudes des sexagénaires et d'autre part le fardeau de contraintes qui les accablent[97],[63]. Dans le second volume des Filles des Oiseaux, qui met en scène deux héroïnes plongeant dans le mouvement de mai 68, Cestac explore « ces décennies féminines, voire franchement féministes »[100]. L'ouvrage Des Salopes et des Anges, scénarisé par Tonino Benacquista, est dédié à Simone Veil qui, pendant ses fonctions de ministre sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, a lutté pour obtenir la loi dépénalisant l'interruption volontaire de grossesse. Cestac voue un profond respect à l'ancienne ministre[52].

L'artiste estime, dans plusieurs interviews, que globalement le milieu de la bande dessinée est masculin plutôt que sexiste[74]. Néanmoins, cette disparité de genre conduit à des représentations largement stéréotypées de personnages féminins. Si les autrices de sa génération sont relativement rares, la bande dessinée se féminise tant du point de vue des professionnelles que du lectorat ; les organisateurs du festival d'Angoulême ne peuvent ignorer ce fait[101]. Lorsque Cestac organise le festival en 2001, elle compose un jury largement féminin pour élire les albums et constate que ce choix conduit à un nombre accru de femmes artistes récompensées[2].

Cestac soutient le Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme qui lutte contre les difficultés des créatrices à obtenir des opportunités équivalentes à celles de leurs confrères[102]. En effet, les autrices sont marginalisées, moins visibles et moins bien payées[87]. Elle est signataire du collectif BD Égalité, visant à lutter contre le sexisme en matière de bande dessinée. Dans le sillage de la polémique sur l'absence de femmes dans la sélection pour le Grand Prix en 2016, Cestac renouvelle son soutien à ces mouvements réclamant la mixité[88].

Par ailleurs, Cestac participe à l'ouvrage En chemin elle rencontre... Les artistes se mobilisent contre la violence faite aux femmes, publié par Des ronds dans l'O en partenariat avec Amnesty International[103].

La dessinatrice, néanmoins, s'inquiète d'un recul des droits des femmes : « En ce moment, on est en train de détricoter toutes les avancées » des années 1960-1970, dit-elle en 2018, estimant notamment que les religions engendrent des conséquences catastrophiques à cet égard[3]. C'est ce qui l'a motivée à écrire Filles des Oiseaux, où la féminité est étouffée par la religion : « Je n'ai rien contre les religions, chacun est libre de les pratiquer, mais cette espèce d'asphyxie, quand ça se traduit par de la violence, est insupportable. Ça fait monter les extrémismes et ça me fait peur »[104]. Dans le sillage de l'œuvre Des Salopes et des Anges, Cestac participe à la Journée internationale de lutte des femmes pour leurs droits lors d'un débat sur l'interruption volontaire de grossesse et déclare : « Je viens témoigner de ce que j'ai vécu, dans une époque où les droits des femmes stagnent ou même régressent »[83].

ŒuvresModifier

Textes illustrésModifier

Bande dessinéeModifier

  1. Mickson Alphabet, Futuropolis, 1979
  2. Harry Mickson, Futuropolis, 1980
  3. Harry Mickson nettoie ses pinceaux, Futuropolis, 1982.
  4. Cauchemar matinal, scénario de Jean-Luc Cochet, Futuropolis, 1984.
  5. Mickson et les Gaspards, Futuropolis, 1985.
  6. Les Vieux copains pleins de pépins, Futuropolis, 1988.
  7. Hors série : Mickson BD Football club, Futuropolis, 1987
  • Edmond François Ratier
  1. Ma vie est un roman policier, Futuropolis, 1986.
  2. Le chien coiffé, Futuropolis, 1986. (ISBN 2-7376-5480-7)
  1. L'année des Déblok, 1994. (ISBN 2-02-020598-X)
  2. Les Déblok rient (ISBN 2-02-023932-9)
  3. Les Déblok font le printemps, 1997. (ISBN 2-205-04600-4)
  4. Poilade de Déblok aux éclats de rire, 1997. (ISBN 2-205-04613-6)
  5. Truffes et langues de chats à la Déblok, 1998. (ISBN 2-205-04752-3)
  6. Déblokeries à la crème anglaise, 1999. (ISBN 2-205-04864-3) (notice BnF no FRBNF37041515)
  7. Farandole de farces à la Déblok, 2000. (ISBN 2-205-04983-6)
  8. Fines conserves Déblok façon boute-en-train, 2001. (ISBN 2-205-05058-3) (notice BnF no FRBNF37678401)
  9. Turlupinades de la maison Déblok, 2002. (ISBN 2-205-05229-2)
  1. Le démon de midi ou « Changement d'herbage réjouit les veaux », Dargaud, 1996. (ISBN 2-205-04442-7)
  2. Le Démon d'après midi…, Dargaud, 2005 (ISBN 2-205-05673-5)
  3. Le Démon du soir ou la ménopause héroïque, Dargaud, 2013 (ISBN 978-2-205-07114-6)
  4. Les Démons de l'existence : Tome 0 : Ou ce qui ne nous tue pas, nous rend plus forte... Ben voyons !, intégrale des trois premiers volumes, Dargaud, 2018 (ISBN 978-2205078664)
  1. Laura et Ludo, 2006 (ISBN 2-205-05688-3)
  2. Laura et Ludo 2, 2007 (ISBN 978-2-205-06004-1)
  3. Laura et Ludo 3, 2008 (ISBN 978-2-205-06162-8)
  4. Laura et Ludo 4, 2010 (ISBN 978-2-205-06413-1)
  1. Filles des oiseaux : N'oubliez jamais que le Seigneur vous regarde ! (tome 1/2) 2016 (ISBN 978-2-205-07559-5)
  2. Filles des oiseaux : Hippie, féministe, yéyé, chanteuse, libre et de gauche, top-model, engagée, amie des arts, executive woman, maman, business woman, start-upeuse, cyber communicante...what else ? (tome 2/2) 2018 (ISBN 978-2-205-07673-8)

Prix et distinctionsModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Plusieurs auteurs, mécontents de cette absence, ont demandé leur retrait de cette liste : Riad Sattouf, Joann Sfar, Charles Burns, Daniel Clowes, Chris Ware, Pierre Christin, Étienne Davodeau, Christophe Blain et Milo Manara[87].
  2. Lynda Barry, Julie Doucet, Moto Hagio, Chantal Montellier, Marjane Satrapi et Posy Simmonds[93].
  3. Jusqu'à l'élection de Rumiko Takahashi en 2019.
  4. Une enquête de 2011 menée par la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image estime que le lectorat de bande dessinée se compose à 21 % de lectrices[98] ; en 2017, les scénaristes et/ou dessinatrices représentent 12,8 % des auteurs européens d'albums francophones et 48% des coloristes sont des femmes[87].

RéférencesModifier

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  100. La rédaction, « Drôles d’oiseaux, ces nanas-là ! », L'Est républicain,‎ .
  101. Florence Cestac (interviewée) et Olivier Mimran, « Le milieu de la bande dessinée n'est pas machiste, il est juste un peu naïf », 20 minutes,‎ (lire en ligne).
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AnnexesModifier

DocumentationModifier

ÉtudesModifier

Articles de presseModifier

  • Florence Cestac (interviewée) et Nathalie de Baudry d'Asson, « Les Héros sont fatigués », la Revue des Deux Mondes : Que savez-vous du sexe opposé ?,‎ , p. 119-122 (lire en ligne)
  • Florence Cestac (interviewée) et Romain Brethes, « Florence Cestac : sexe, littérature, cheveux blancs... et "Charlie" ! », Le Point.fr,‎ (lire en ligne)
  • Florence Cestac (interviewée) et Philippe Lançon, « Cestac, complètement sans faux nez. », Libération,‎ (lire en ligne)
  • Marie-Hélène Clam, « Florence Cestac, la papesse du gros nez », Le Télégramme,‎ (lire en ligne)
  • Mathieu Lindon, « Cestac au tac. Quand on arrive à l'âge où rien ne s'arrange, tout ne peut aller que plus mal. L'amour est vache chez les veaux », Libération,‎ (lire en ligne)
  • Philippe Peter, « Premières dames du 9e art », Le Parisien Magazine,‎ (lire en ligne)

Liens externesModifier

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