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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Armor (homonymie).

Lac d'Armor
Vue sur la rive orientale depuis les hauteurs au sud du lac d'Armor.
Vue sur la rive orientale depuis les hauteurs au sud du lac d'Armor.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Territoire d'outre-mer Terres australes et antarctiques françaises
Géographie
Coordonnées 49° 27′ 17″ sud, 69° 42′ 28″ est
Superficie 2 km2
Longueur 3,7 km
Largeur 700 m
Altitude 1 m
Profondeur 98 m
Divers
Peuplement piscicole salmonidés (introduits)

Géolocalisation sur la carte : Kerguelen

(Voir situation sur carte : Kerguelen)
Lac d'Armor

Le lac d'Armor est un lac français situé sur le plateau Central de la grande Terre, l'île principale de l'archipel des Kerguelen, dans les Terres australes et antarctiques françaises[1].

Depuis le sommet du volcan du Diable, on domine notamment la zone du déversoir entre le lac d'Armor (à gauche) et la baie Hurley (à droite), ici en 1981, avant que la station expérimentale de salmoniculture y soit construite à partir de 1984.
Le principal ruisseau d'alimentation du lac d'Armor passe devant le volcan du Diable.
Les fameux cailloux aux formes étranges ou suggestives que l'on peut trouver sur les plages du lac d'Armor.

Le lac a a été ainsi nommé en 1952 par la mission de reconnaissance Mouzon[2].

Il s'étend dans la direction nord-ouest sud-est, à l 'altitude d'environ 1 m, sur une longueur d'environ 3,7 km pour une largeur maximale de 700 m, couvrant une surface d'un peu plus de 200 ha[3]. Il est alimenté au sud par le ruisseau du Diable qui coule au pied du volcan du même nom après avoir récupéré les eaux provenant des pentes du volcan ainsi que celles du val d'Enfer et du val des Trolls, notamment des lacs Noir, d'Argoat, d'Enfer, Lancelot et Parsifal[4]. Un autre ruisseau alimente le lac par le nord. Le lac d'Armor se déverse dans les eaux marines du Golfe du Morbihan au fond de la baie Hurley[5].

Près du lac se trouve la seule station repérée à Kerguelen d'Elaphoglossum randii[6], une petite fougère endémique des îles subantarctiques de l'océan Indien, qui n'est présente ailleurs qu'aux îles Marion et du Prince-Édouard[7].

Les plages sud du lac d'Armor sont également connues pour leurs curieux petits nodules, roulés par les vagues et surnommés “bites d'Armor” en raison de leur forme évocatrice[8].

Le lac d'Armor et ses tributaires ont servi de site expérimental d'introduction de salmonidés (entre 1977 et 1992) et d'élevage de saumons selon le principe du pacage marin (de 1984 à 1993)[9]. Les premiers alevinages ont débuté en 1977 avec des saumons atlantiques (Salmo salar) provenant d'Écosse, alevinages réitérés en 1978 et en 1980. L'élevage piscicole a en revanche orienté sa production vers des espèces du Pacifique : saumon coho (Oncorhynchus kisutch) principalement et saumon chinook (Oncorhynchus tshawytscha) dont les smolts ont été relachés de 1985 à 1991. Les bassins flottants étaient installés dans le lac alors que la station technique était implantée près du déversoir dans la mer[10]. Des truites d'Europe (Salmo trutta) et des ombles de fontaine (Salvelinus fontinalis) ont également été relachés en 1991 et 1992 à partir de truitelles et de jeunes ombles prélevés dans les rivières de la péninsule Courbet ou de la presqu'île Jeanne d'Arc ainsi que de jeunes ombles chevaliers (Salvelinus alpinus) originaires de Haute-Savoie[11].

Des études sédimentologiques ont été menées à partir de 2007 dans la partie nord du lac d'Armor permettant de recueillir des informations sur l'évolution du climat depuis 1 200 ans[12].

Notes et référencesModifier

  1. Dominique Delarue, « Lac d'Armor », sur Voyages aux îles Kerguelen (consulté le 17 juin 2017)
  2. Commission territoriale de toponymie et Gracie Delépine (préf. Pierre Charles Rolland), Toponymie des Terres australes et antarctiques françaises, Paris, Territoire des terres australes et antarctiques françaises, , 433 p. (lire en ligne), « Armor (Lac d') », p. 34
  3. évalué avec l'outil ACME planimeter sur Google maps
  4. (en) Katrien Heirman, Marc de Batist, Fabien Arnaud et Jacques-Louis de Beaulieu, « Seismic stratigraphy of the late Quaternary sedimentary infill of Lac d'Armor (Kerguelen archipelago): A record of glacier retreat, sedimentary mass wasting and southern Westerly intensification », Antarctic Science, vol. 24, no 6,‎ (DOI 10.1017/S0954102012000466, résumé)
  5. Commission territoriale de toponymie et Gracie Delépine (préf. Pierre Charles Rolland), Toponymie des Terres australes et antarctiques françaises, Paris, Territoire des terres australes et antarctiques françaises, , 433 p. (lire en ligne), « Hurley (Baie) », p. 185
  6. Dominique Delarue, « Elaphoglossum randii », sur Voyages aux îles Kerguelen (consulté le 17 juin 2017)
  7. Jacques Buffin, « La fougère Elaphoglossum randii », sur Futura-sciences (consulté le 17 juin 2017)
  8. Aurélie Heurtebize, Arnauld Hibon, « Les bites d'Armor », sur BizBon Box (consulté le 17 juin 2017)
  9. Yann Libessart, « La décôte d'Armor », sur Les Manchots de la République, (consulté le 17 juin 2017)
  10. Jean-Paul Kauffmann, L'arche des Kerguelen : Voyage aux îles de la Désolation, Flammarion, , 249 p. (ISBN 2080666215, présentation en ligne), « Deuxième partie, L'ancre de miséricorde (chap. 2) », p. 122
  11. Patrick Davaine et Edward Beall, « Introduction de salmonidés en milieu vierge (îles Kerguelen, subantarctique) : enjeux, résultats, perspectives », Bulletin français de la pêche et de la pisciculture, Conseil supérieur de la pêche, nos 344/345,‎ , p. 93-110 (lire en ligne)
  12. (en) Fabien Arnaud, S. Révillon, J. Poulenard, D. Boone et Katrien Heirman, « First reconstruction of last millennium flooding activity on Kerguelen archipelago (50°S, sub-antarctic Indian Ocean) from Lake Armor sediment: implications for southern hemisphere cyclonic circulation changes », Geophysical Research Abstracts, vol. 11,‎ (résumé)

Articles connexesModifier