Laboratoire central des industries électriques

Le Laboratoire central des industries électriques (LCIE) est une entreprise privée française, centre technique professionnel du domaine de l'électricité et de la métrologie, créée en 1882.

ObjectifModifier

Tout au long de son histoire, pendant 113 ans, de 1888 à 2001, l’objectif principal du LCIE a été de rendre service aux industriels, en s’appuyant sur sa compétence technique. Une intégration verticale des métiers électriques, métrologie, mesures, essais, contrôles, études et recherches techniques, lui a permis de s’adapter aux mutations très rapides du secteur, par la circulation interne de l’information[1]. En 2001, le secteur électrique s’est complétement réformé, avec un transfert des métiers du LCIE, vers de nouveaux acteurs publics et privés (LNE, Bureau Veritas, Landauer...)

HistoireModifier

En 1882, le Laboratoire central d’électricité naît des suites de l’Exposition internationale d'Électricité de Paris en 1881, par la volonté d’un petit groupe d’électriciens[2]. Il fut inauguré en 1888. En 1894, l'École supérieure d'électricité est fondée en son sein, et deviendra autonome en 1928.

Le laboratoire change de tuteurs en 1942 : les sociétés savantes cèdent la place aux industriels. Il prend le nom de Laboratoire central des industries électriques. En 1948, il s’installe à Fontenay-aux-Roses.

Il change de statut en 1996 et devient société anonyme. En 2001, le LCIE est scindé en trois activités légales distinctes. Les essais certification sont rattachés au groupe Bureau Veritas, sous le nom LCIE Bureau Veritas. Les activités métrologies régaliennes sont transférées au LNE, et l’activité dosimétrie est vendue à Landauer.

Exposition universelle de 1881Modifier

L’exposition universelle de 1881 a été la révélation décisive de la puissance électrique. Elle révéla au public trois applications principales de l’électricité : l’éclairage électrique (en remplacement du gaz), la traction électrique, le téléphone. Le ministre des Postes et Télégraphes de l’époque, impose la constitution d’un fonds de garantie de façon à dégager l’État de toute responsabilité financière en cas de déficit.

Le s’ouvre l’exposition, à laquelle participent la plupart des pays européens, ainsi que les États-Unis et le Japon (1 764 exposants, 900 000 visiteurs). Les bénéfices l’exposition sont importants, plus de 30 000 francs, après le paiement de toutes les factures, soit 3 millions d’euros aujourd’hui, et les souscripteurs proposent d’utiliser les bénéfices à la création d’une institution centrale d’électricité, indépendante de l’administration[3].

Dans un premier temps, en 1883, il est créé la Société internationale des électriciens (SIE), ouverte à tout français et étranger[4].

En 1889, Éleuthère Mascart est nommé responsable de la section électricité dans le cadre de l’exposition universelle de 1889. C’est lui qui accélère la création du laboratoire central. Celui-ci est inauguré le . Il fonctionne avec 6 personnes. Mascart a aussi la volonté de créer une école : l’École supérieure d’électricité (ESE ou Supélec) nait en 1895. Il nomme directeur de l’ESE Paul Janet qui devient aussi directeur du laboratoire, durant 42 ans[5].

En 1928, L’ESE se sépare du laboratoire, elle quitte la rue de Staël et s’installe à Malakoff.

Nouvel essor (1942-1996), soutien au développement massif de l’électricitéModifier

La véritable rupture se fait en 1942[6],[1]. Le LCIE change de structure et de tuteur. Pour gérer le laboratoire, une société à responsabilité limitée au capital d’un million de francs de l’époque, est créée en 1943. L’emménagement à Fontenay-aux-Roses a lieu en 1948.

En 1946, l’électricité est nationalisée. Les sociétés savantes cèdent la place de tuteurs à EDF et à la SGCE, le syndicat général de la construction électrique (devenu la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEE) ultérieurement). Le LCIE passe de 89 agents en 1950, à 193 en 1960, et 330 en 1970.

En 1959, à l’instigation du CEA, le LCIE créé un service de dosimétrie photométrique, pour contrôler les rayonnements absorbés par les salariés des entreprises privées[7].

En 1969, le BNM (Bureau national de métrologie), sous la forme d’un GIE, est créé pour éviter la naissance d’un institut de métrologie. Le LCIE, un des quatre labos primaires de métrologie, est chargé de la conservation et de l’amélioration des étalons électriques primaires et secondaires. Il participe à de nombreuses comparaisons inter laboratoires, afin d’assurer la cohérence des étalons. Il devient référence internationale.

Le LCIE et le LNE décident de regrouper leurs activités médicales pour simplifier les procédures d’homologation. Ils fondent le GLEM en 1980, qui se transforme en G-Med en 1994. Durant les années 1980, c’est l’essor des composants électroniques, qui représentent jusqu’à un quart du volume des essais. En 1990, la compatibilité électromagnétique, avec les normes européennes obligatoires, prend le relais.

Organisme compétent au niveau européen et international (1996-2001)Modifier

Le LCIE doit faire face aux contraintes, réglementations, politiques européennes. Il était peu préparé à évoluer, mais possédait une expertise technique reconnue internationalement[8].

En 1996, le LCIE et l’Union technique de l'électricité (UTE) décident de se rapprocher et fusionnent les activités essais du LCIE et la partie certification de l’UTE, comme cela existe dans beaucoup de pays. Le LCIE devient société anonyme le . Les deux anciens tuteurs EDF et la FIEE possèdent chacun 48 % des parts. Les 4 % restant étant détenus par l’UTE. À cette époque la majorité des réglementations nationales sont remplacées par des grandes directives européennes. Pour un certain nombre de produits, les essais doivent être réalisés par un organisme tiers identifié. Le LCIE est reconnu au niveau européen comme un organisme compétent au titre d’un certain nombre de directives.

L’ouverture des frontières conduit le laboratoire à passer des accords bilatéraux et de coopération. En 1997, le LCIE signe d’accords de reconnaissance mutuelle de certification avec les UL américains (Underwriters Laboratories)[9], le CSA canadien, le Japon, la Chine, et de nombreux autres pays. Une nouvelle organisation est mise en place en 1997 autour de 3 pôles : métrologie, essais, certification. Le LCIE compte alors 430 salariés.

À l’instigation de la grande distribution, il est décidé, en 1998, de créer une filiale en Chine, pour opérer les essais et la certification des produits sur leur lieu de fabrication. La filiale LCIE Chine est établie à Shanghai et compte une vingtaine de salariés au bout d’un an. Le chiffre d’affaires à l’international passe de zéro à 20 % en 2001.

Recomposition du paysage en métrologie, certification, normalisation électrique (2002-2015)Modifier

En 2001, EDF et la FIEEC se recentrent sur leur métier de base, et cèdent le LCIE à Bureau Veritas. Le LCIE est scindé en trois activités légales distinctes :

  • Les essais certification sont rattachés au groupe Bureau Veritas, sous le nom LCIE Bureau Veritas ;
  • l’activité régalienne métrologie électrique est transférée au LNE, l’activité dosimétrie, essentiellement commerciale, est vendue à Landauer, sous le nom « LCIE Landauer » ;
  • l'activité médicale du Gmed est transférée au LNE.

A la suite de la dissolution du BNM, en 2005, le LNE pilote l’ensemble des secteurs de la métrologie française. Il est devenu laboratoire national de métrologie et d’essais en 2005. Landauer LCIE devient Landauer Europe en 2010.

L’activité normalisation de l’UTE est transférée à l’Association française de normalisation (Afnor) en 2014. Cette dernière représente maintenant la France au Commission électrotechnique internationale (CEI), et au Comité européen de normalisation en électronique et en électrotechnique (CENELEC).

Directeurs générauxModifier

NotesModifier

  1. Raymond Jouaust est connu pour ses travaux sur l’ionosphère dans la propagation des ondes, l’antiparasitage, le repérage des mines.
  2. Esclangon est victime d’une électrocution en 1956 pendant une manipulation devant ses étudiants.
  3. Président du directoire, SA avec directoire et conseil de surveillance de 1996 à 2001.

RéférencesModifier

  1. a et b A Dejou, P Ailleret, Ph Olmer, J Oswald, « Le centenaire du laboratoire des industries électriques (1882,1982) », Revue générale d’électricité, RGE, no 9,‎ , p. 8, 17
  2. Histoire du LCIE de 1881 à nos jours, Delphine Ortonne, juin 1997, document LCIE, (compilation de 100 ans d’archive du LCIE)
  3. Andrew J. Butrica (historien américain), « Aux origines du corps des ingénieurs du télégraphe », France télécom, no 64,‎
  4. Les Bulletins de la société internationale des électriciens de 1882 à 1938
  5. Paul Janet, Notes et souvenirs, Paris, Gauthiers Villars, , 342 p.
  6. soixante rapports annuels du LCIE de 1942 à 2001
  7. G Leroy, Le laboratoire du LCIE, Radioprotection, vol. 46, no 5, 2011.
  8. Laurent Schwartz, « le LCIE se réforme », Usine nouvelle, no 2521,‎ (lire en ligne)
  9. (en) « Accord UL-LCIE de reconnaissance mutuelle de certification des produits (source UL) », sur PR Newswire,
  10. Philippe Olmer, « Quelques réflexions sur le LCIE », document LCIE,‎