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La Monomane de l'envie

tableau de Théodore Géricault
La Monomane de l’envie
The mad woman-Theodore Gericault-MBA Lyon B825-IMG 0477.jpg
Artiste
Date
Type
Technique
Huile sur toile
Dimensions (H × L)
72 × 58 cm
Collection
N° d’inventaire
Inv. B 825Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

La Monomane de l’envie dit aussi La Hyène de la Salpêtrière est un tableau de Théodore Géricault datant des années 1819-1821[1] et appartenant à la série des cinq portraits de fous (les monomanes) qu’il a réalisés pendant ces années. Ce portrait se trouve dans les collections du musée des Beaux-Arts de Lyon qui l’a acquis en 1908.

Sommaire

Géricault et la série des monomanesModifier

Selon le critique d’art Louis Viardot, le tableau de Lyon, dans la série des monomanes de Géricault, représenterait L’Envie, les quatre autres portraits représentant, quant à eux, le Vol d’enfants (Springfield Museum of Fine Arts), le Commandement militaire (musée Oskar Reinhart, Winterthur), Le Vol (musée des Beaux-Arts de Gand) et Le Jeu (musée du Louvre). Néanmoins, à part le lien évident entre ces cinq œuvres, rien n’est connu de leur origine. Contrairement à ce qu’a affirmé Viardot, on ne sait pas si elles ont été commandées par le docteur Étienne-Jean Georget, médecin chef à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris.

Les noms de ces peintures évoquent la classification des différents types de folie mise en place par les médecins au temps de Géricault. Les folies étaient désignées sous le terme de « manies » ou de « monomanies », elles étaient considérées comme des « fixation(s) psychique(s) et obsédante(s) d'un malade sur un objet unique »[2]. Cette classification devint obsolète dès la seconde moitié du XIXe siècle et laissa place à d'autres dénominations comme « délire de persécution », « folie des grandeurs » ou « délire de jalousie ».

La folie, l’aliénation et l’irrationalité, en tout cas, n’ont pas manqué de constituer une source d’inspiration pour Géricault, qui comme d’autres artistes de la même époque (Goya fut le premier) se place à l’opposé du rationalisme des Lumières. La peinture dans ce tableau devient introspective : Géricault examine l’influence de l’état mental sur le visage, car c’est à travers celui-ci que transparaît la personnalité réelle d’un être. Le visage révèle la nature de la folie, ici l’envie. Au cours de sa vie, Géricault a ainsi réalisé de nombreuses études d’aliénés internés en se rendant dans les différents hôpitaux et institutions de Paris où ils étaient enfermés. Il s'est intéressé à tous les individus relégués au bas de l'échelle sociale et, outre les aliénés, il a consacré une partie de son travail aux criminels, notamment à l'étude des têtes des guillotinés (on connaît de lui plusieurs peintures représentant criminels et membres humains coupés).

DescriptionModifier

Le portrait est d'un réalisme sans concession, d’une précision absolue dans la description des détails du visage, et c’est presque une étude clinique qui est faite de cette folle. Toute l’attention est portée sur les éléments physiques, sur ce visage qui dénote le trouble psychologique de la femme : Géricault insiste sur la tension qui le traverse et en fait une mimique, sur la crispation de la bouche, la fixité du regard exorbité mais aussi sur la coiffe de la vieille femme. Il rompt ainsi avec les règles classiques du portrait, traditionnellement issu d’une commande et idéalisant le sujet.

Notes et référencesModifier

  1. La datation de ce tableau ainsi que des quatre autres appartenant à la même série a toujours posé problème : certains, comme Nadine Fattouh-Malvaud, proposent la date de 1820, avant le voyage de Géricault en Angleterre, d'autres évoquent même 1819 (hypothèse suivie par Gérard Denizeau) ou bien une date plus tardive comme 1821
  2. Nadine Fattouh-Malvaud, Regard sur la folie, L’Histoire par l’image, site édité par le Grand Palais et la direction générale des partimoines, consulté en juin 2011.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • G. Bazin, Théodore Géricault, Etude critique, documents et catalogue raisonné, tome IV, « Génie et Folie, Le Radeau de la Méduse et les Monomanes », Paris, Wildenstein Institute, 1994.
  • Collectif, L’Ame au corps, arts et sciences, 1893-1993, catalogue de l’exposition à Paris, Paris, RMN, 1993.

Liens externesModifier

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