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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Kurdistan (homonymie).
Kurdistan iranien (en vert)

Le Kurdistan iranien (en kurde : Rojhellatî Kurdistan), aussi appelé Rojhelat, est le nom non officiel des régions d'Iran habitées par les Kurdes. Il partage des frontières avec l'Irak et la Turquie. Il compte 10 millions d’habitants, ce qui représente 13 % de la population iranienne. Sa capitale est Mahabad. Il comprend la province iranienne du Kurdistan.

PrésentationModifier

Le Kurdistan iranien inclut des parties de la province d'Azerbaïdjan de l'ouest, du Kordestan, de la province de Kermanshah et de la province d'Ilam.

Les Kurdes forment la majorité de la population de cette région qui est estimée à 7,5 millions[1].

Cette région est la partie orientale du grand espace géo-culturel appelé Kurdistan.

La République de MahabadModifier

Article détaillé : République de Mahabad.

La République de Mahabad est proclamée le 22 janvier 1946 par Qazi Muhammad. L’expérience ne sera pas de longue durée, car la République de Mahabad n'est pas en mesure de résister à l'attaque des troupes iraniennes le 27 novembre 1946. Qazi Muhammad renonce à s'enfuir, il sera jugé et pendu en 1947. La République de Mahabad, bien qu'éphémère, reste emblématique dans l'histoire kurde, tout comme Qazi Muhammad, mais surtout son imaginaire collectif.

Aujourd'huiModifier

L'État iranien reconnaît la langue et la culture kurde mais il n'y a pas d'autonomie politique ni administrative malgré l'existence de la province du Kurdistan. La répression de toute contestation kurde en Iran donne couramment lieu à des arrestations et à des condamnations, voire des cas de tortures et d'exécutions[2],[3],[4],[5]. Surtout, les provinces peuplées à majorité de Kurdes sont lourdement touchées par la pauvreté. Ils disposent d'une relative tolérance en matière culturelle — certains médias sont diffusés en langue kurde et les traditions vestimentaires et musicales kurdes sont reconnues[6].

De nos jours, cinq groupes armés kurdes sont en activité :le Parti démocratique du Kurdistan d’Iran, le Parti pour une vie libre au Kurdistan, le Komala, le Parti de la liberté du Kurdistan et le Parti démocratique du Kurdistan (Iran). Des accords de cessez-le-feu de plus ou moins longue durée avec les militaires iraniens ont cependant permis d'éviter que le conflit ne gagne en intensité[6]..

À partir de 2017 notamment, le PDKI est approché par les États-Unis qui envisagent de l'utiliser afin de priver l'Iran du contrôle de sa frontière occidentale. Ainsi, en juin 2018, le secrétaire général du parti se rend à Washington à l’invitation des autorités américaines où il est reçu par des responsables du département de la défense, dont celui des questions iraniennes. En 2017, avant d’être nommé conseiller à la sécurité nationale, John Bolton appelait dans un éditorial l’administration américaine à se rapprocher des minorités ethniques d’Iran, en particulier les Kurdes, afin de créer un réseau d’alliés régionaux contre l’Iran. La même année, un rapport de l’influent think tank Center for Strategic and International Studies suggérait que les États-Unis soutiennent les Kurdes iraniens afin de déstabiliser la république islamique de l’intérieur. Le PDKI serait toutefois sceptique, jugeant notamment les États-Unis peu loyaux vis-à-vis de leurs alliés[6].

Notes et référencesModifier

  1. (The Historical Dictionary of Iran, J. Lorentz, 1995, p. 172)
  2. (en) Hundreds of Kurds reportedly flee Iranian Kurdistan to seek asylum in Turkey, Ekurd Daily, 28 juillet 2017.
  3. Iran : trois activistes condamnés pour avoir protesté contre l’assassinat des kolbers, Roj Info, 22 décembre 2017.
  4. (en) THE STORY OF A KURDISH POLITICAL PRISONER EXECUTED ON HIS BIRTHDAY, Kurdistan Human Rights Network, 18 août 2017.
  5. Kurdish political prisoner executed in Iranian Kurdistan, Ekurd Daily, 2 août 2017.
  6. a b et c « Les Kurdes iraniens piégés entre Téhéran et Washington », Orient 21,‎ (lire en ligne)

Voir aussiModifier