Katharina Oguntoye

Katharina Oguntoye (née en janvier 1959 à Zwickau, Allemagne de l'Est[1]) est une écrivaine, historienne, militante et poète afro-allemande. Elle a fondé l'association interculturelle à but non lucratif Joliba[2] en Allemagne. Mais elle est sans doute mieux connue pour la co-édition du livre Farbe bekennen avec May Ayim (alors May Opitz) et Dagmar Schultz publié en 1989[3]. Oguntoye joue un rôle important dans le mouvement afro-allemand.

Katharina Oguntoye
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Biographie
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BiographieModifier

Née à Zwickau en Allemagne de l'Est d'une mère Allemande et d'un père Nigérian[4], Katharina Oguntoye grandit à la fois au Nigéria et en Allemagne[2]. Jusqu'à l'âge de sept ans, elle a d'abord vécu à Leipzig avant de déménager au Nigéria avec ses parents. Là-bas, elle vit dans un campus universitaire et fait connaissance avec la famille de son père. Après la guerre du Biafra, elle rentre en Allemagne avec sa mère, tandis que son père reste au Nigéria avec ses frères cadets[3]. Dans les années 1980, Katharina Oguntoye participe à l'émergence du mouvement féministe afro-allemand avec May Ayim, Audre Lorde, Dagmar Schultz et Ika Hügel Marshall. En 1989, Katharina Oguntoye copublie Farbe bekennen avec Peut Ayim (alors Peut-Opitz) et Dagmar Schultz. Avant publication, des lectures sont organisées par May Ayim et Katharina Oguntoye auprès d'autres personnes afro-descendantes pour vérifier si elles se reconnaissaient dans son contenu. Le groupe réfléchit également à un mot pouvant identifier les Allemands afro-descendants. En conséquence, le mot afro-allemand est utilisé pour la première fois dans le livre. C'est dans ce contexte que le groupe Initiative des Noirs Allemands (ISD = Initiative Schwarze Deutsche) émerge après la chute du mur de Berlin. Katharina Oguntoye passe presque dix ans à promouvoir les personnes afro-allemandes et à combattre le racisme au sein de l'ISD. Recherchant une nouvelle forme d'engagement, elle fonde avec deux de ses amies l'association Joliba en 1997. Le nom Joliba utilisé pour designer le Niger signifie « gros ruisseau ». L'association œuvre à créer un environnement positif pour les enfants afro-allemands en permettant par exemple au famille d'accéder facilement à des services de soutien professionnel ou social[5].

Expérience du racismeModifier

Katharina Oguntoye se souvient de sa prise de conscience progressive du regard racisé des autres et du racisme[1]. Elle explique qu'elle a grandi parmi d'autres personnes afro-descendantes, contrairement à d'autres Afro-Allemands. Grandir avec son père et d'autres Africains, des proches lui ont permis de voir son africanité d'une manière positive et un sentiment qui lui a manqué que lorsqu'elle est retournée en Allemagne, à l'âge de neuf ans. Le retour a été dur et elle reconnaît avoir souvent intériorisé le racisme et décrit comment elle a combattu ce dernier. Dans une conversation avec les autres éditeurs de l'anthologie Showing Our Colors, elle affirme : « De part le temps que j'ai passé en Afrique, je suis consciente des parties de moi qui s'expriment là-bas, et se taisent tout simplement ici en Allemagne. Parce que personne ne veut leur faire une place ici, et surtout pas mes amis. Je pense que les raisons de ce phénomène sont que les structures racistes nous empêchent de parler. En outre, il y a beaucoup de peur inconsciente derrière cela. »[6].

Au sein de Showing Our Colors, Oguntoye compose sa propre poésie, dont une grande partie se concentre sur sa propre compréhension de l'Afro-germanité, sa subjectivité afro-allemande, et la relation entre les femmes Afro-allemandes et le féminisme allemand blanc. La poésie est très importante pour Oguntoye et elle se souvient d'une mauvaise expérience avec la poésie quand elle était jeune[7].

ŒuvreModifier

  • (de) Farbe bekennen: Afro-deutsche Frauen auf den Spuren ihrer Geschichte. Frankfurt am Main, Fischer Taschenbuch, 1992, 256 p.
  • (de) "Mein Coming-Out als Schwarze Lesbe in Deutschland", Berlin, Querverlag, , 160-163 p., in: Gabriele Dennert (Hrsg.), In Bewegung bleiben : 100 Jahre Politik, Kultur und Geschichte von Lesben

RéférencesModifier

  1. a et b Opitz, May, Katharina Oguntoye, Dagmar Schultz (eds), Showing Our Colors: Afro-German Women Speak Out. University of Massachusetts Press, 1992, p. 212.
  2. a et b (de) Stefani Messick, « Meeting w/ Katharina Oguntoye of Joliba Interkulturelles Netzwerk », FemGeniuses.com, (consulté le 28 août 2016)
  3. a et b (de) « Historikerin und Aktivistin Katharina Oguntoye - Interkulturelle Verständigung als Lebensthema », sur Deutschlandfunk Kultur (consulté le 22 février 2020)
  4. « Mixed Race Studies » Katharina Oguntoye » (consulté le 24 février 2020)
  5. Oumou-Hani Zakaria, « L'évolution de la présence et la reconnaissance des Afro-Allemand(e)s en Allemagne, de la colonisation jusqu’à nos jours », Honors Theses,‎ (lire en ligne, consulté le 24 février 2020)
  6. Opitz, Oguntoye, Schultz (eds), Showing Our Colors, 1992, p. 160.
  7. Opitz, Oguntoye, Schultz (eds), Showing Our Colors, 1992, p. 214.

Liens externesModifier