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Junio Valerio Borghese

militaire et politicien italien
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Prince noir.

Junio Valerio Borghese
Junio Valerio Borghese
Borghese avant 1945.

Surnom Le Prince noir
Le Prince grenouille
Nom de naissance Junio Valerio Scipione Ghezzo Marcantonio Maria dei principi Borghese
Naissance
Rome, Latium, Italie
Décès (à 68 ans)
Cádiz, Andalousie, Espagne
Allégeance Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie
Arme Regia Marina
Grade Capitaine de frégate
Commandement Xe Flottiglia MAS
Conflits Seconde guerre italo-éthiopienne
Guerre d'Espagne
Seconde Guerre mondiale
Distinctions Médaille d'or de la valeur militaire
Autres fonctions Président honoraire du Mouvement social italien (1951-1954)

Junio Valerio Borghese, né le à Rome, et mort le à Cadix, est un aristocrate italien de la famille Borghese. Sous-marinier et officier émérite pendant la Seconde Guerre mondiale, il a été un partisan convaincu du régime fasciste. Après la guerre, il comptera parmi les personnalités emblématiques de la droite italienne, ce qui lui vaudra le surnom de « Prince noir ».

BiographieModifier

Junio Valerio Borghese est le troisième fils de Livio Borghese, 11e prince de Sulmona et chef de la famille Borghese. En tant que cadet, il ne porte pas le titre de prince, mais celui de noble romain, patricien de Naples, de Venise et de Gênes.

Après une éducation à Londres, il entre à l'école navale italienne de Livourne, à 17 ans. Il choisit la spécialité de scaphandrier et sert dans la Regia marina dont il sort en 1929. Il s'intéresse aux nageurs de combat.

Le 3 septembre 1931, à Florence, il épouse la comtesse russe Daria Vassilievna Olsoufieva (1909-1963), écrivaine, avec qui il aura quatre enfants (Elena, Paolo, Livio et Andrea).

En 1933, il est commandant de sous-marin et participe, en 1935, à l'invasion de l'Éthiopie. En 1937, il participe à la guerre d'Espagne, au commandement du sous-marin Iride[1]. Il perd deux marins après que son bâtiment a été attaqué en plongée par le HMS Havock.

La Deuxième Guerre mondialeModifier

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il est promu capitaine de corvette. En 1940, il est intégré à la 1ª Flottiglia MAS, où il reçoit le commandement du sous-marin Scirè[2]. Il s'illustre notamment lors de l'assaut sur les cuirassés britanniques à Alexandrie en décembre 1941, mais surtout lors de quatre attaques contre le port de Gibraltar, dans lesquelles plusieurs navires anglais seront coulés[3].

La X-MASModifier

Le 1er mai 1943, il reçoit le commandement d'une nouvelle unité de nageurs de combat, la Decima MAS, un corps d'élite de 4000 hommes[4]. Après la chute de Benito Mussolini, il continue le combat aux côtés des Allemands dans la Marina Nazionale Repubblicana. Le corps de la X-MAS participe aussi à la traque des partisans communistes en Italie du Nord[4].

Il est capturé par des résistants communistes à la fin de la guerre. Il échappe à une pendaison sommaire grâce au proconsul américain Ellery Stone qui le fait transférer à Rome[4]. Il y est condamné à la prison à perpétuité, puis libéré en 1949.

Après la Seconde guerre mondialeModifier

En 1951, il entre au Mouvement Social Italien[5] et en assume la présidence jusqu'en 1953[6].

En 1953, il rédige la préface de l'ouvrage Les Hommes au milieu des ruines du philosophe Julius Evola[7].

Le 24 mai 1953, à Rome, la police empêche Borghese de tenir un meeting du MSI[6].

Le 7 juin 1968, il lance un appel aux Italiens pour l'unité contre la «vague subversive qui investit l'Europe »[6].

Le 13 septembre 1968, il fonde une organisation extraparlementaire, le Fronte Nazionale[6]. Selon le journaliste français d'extrême gauche Frédéric Laurent, ce mouvement se serait financé par un trafic d'armes[8].

Réfugié en Espagne, Borghese meurt à Cadix, le 27 août 1974[6].

Le coup d'État avorté de décembre 1970Modifier

Article détaillé : Golpe Borghese.

On appelle Golpe Borghese une tentative mystérieuse de coup d'État qui aurait dû avoir lieu dans la nuit du 7 au 8 décembre 1970. Le nom de code de l'opération est Tora Tora. Le plan aurait prévu, dans sa phase finale, l'intervention des bâtiments de guerre de l'OTAN et des États-Unis en alerte en Méditerranée. Sous les ordre de Borghese, plusieurs centaines d'hommes se déploient dans le pays, pendant que des unités d'élite se rassemblent dans Rome. Un détachement emmené par le dirigeant d'Avanguardia Nazionale, Stefano delle Chiaie, occupe le Ministère de l'Intérieur. Une deuxième unité, commandée par Sandro Saccucci, officier parachutiste, aurait été chargée d'arrêter les fonctionnaires politiques. Un troisième groupe est stationné dans un gymnase de la Via Eleniana à Rome, prêt à intervenir. Un autre groupe, commandé par le général Casero, aurait été en charge du Ministère de la Défense. Aux abords des bâtiments de la radio et de la télévision est stationné une unité commandée par le général Berti. Un dernier groupe, dirigé par le général Amos Spiazzi, aurait servi de force d'intervention en cas de résistance. Mais, peu avant une heure du matin, Borghese reçoit un énigmatique coup de téléphone, et tous les groupes quittent leurs lieux de stationnement et se dispersent[4].

« Cinquante hommes sous le commandement de Stefano Della Chiaie s’emparèrent du ministère de l’Intérieur à Rome après y avoir été conduits de nuit par l’assistant du chef de la police politique Federico D’Amato. Mais l’opération fut abandonnée quand Borghese reçut un mystérieux coup de téléphone attribué par la suite au général Vito Miceli[9], le chef des services secrets militaires. Les conspirateurs ne furent pas arrêtés ; au lieu de cela, ils repartirent après avoir volé 180 mitrailleuses. La nouvelle de l’attaque resta secrète jusqu’à ce qu’un informateur ait filé un tuyau à la presse trois mois plus tard. À ce moment-là, les coupables s’étaient enfuis en Espagne. Bien que les meneurs fussent reconnus coupables en 1975, le verdict fut annulé en appel. Toutes les mitrailleuses sauf une avaient été restituées auparavant[10]. »

15 mandats d'arrêts sont lancés, dont un pour Borghese, qui a disparu[6].

Dans ses mémoires, l'ancien directeur de la CIA William Colby écrit que le coup d'État aurait été organisé par la CIA, sur ordre direct du Président Nixon. Selon lui l'auteur de l'énigmatique coup de téléphone faisant avorter l'opération aurait été Nixon en personne[4].

Dans la culture populaireModifier

Au cinémaModifier

  • Junio Valerio Borghese, parfois surnommé « le prince noir » par ses liens avec le fascisme, ou « le prince grenouille » par son commandement des nageurs de combat italiens, a été caricaturé dans le film satirique de Mario Monicelli, Nous voulons les colonels, qui relate sa tentative de coup d'État néo-fasciste dans l'Italie des années de plomb. Le député néo-fasciste incarné par Ugo Tognazzi est nommé Tritoni (triton), une allusion transparente à l'ancien « homme grenouille » que fut Borghese.

RomanModifier

Le roman policier La Salamandre de l'écrivain catholique australien Morris West, auteur à succès qui fut également dans les années 60 et 70 correspondant de presse au Vatican pour nombre de journaux anglosaxons, et fin connaisseur des arcanes politiques italiennes de l'époque, évoque un mystérieux complot néofasciste pour s'emparer du pouvoir en Italie. Les trames de ce complot ressemblent de façon frappante à ce qu'on connait de nos jours du Golpe Borghese, le complot avorté évoqué ci dessus [11]

PublicationModifier

  • Les Hommes-Torpilles attaquent, Paris, Amiot et Dumont, collection Bibliothèque de la mer, 1953, traduit par René Jouan et Albert Vulliez, titre original : Decima flottiglia mas.

Notes et référencesModifier

  1. Jack Greene et Alessandro Massignani, Il principe nero, Junio Valerio Borghese e la Xª MAS, Oscar Mondadori, 2008, p. 23
  2. Jack Greene e Alessandro Massignani, Il principe nero, Junio Valerio Borghese e la Xª MAS, Oscar Mondadori, 2008, p. 72
  3. Jack Greene, Alessandro Massignani, Il principe nero, Mondadori, 2008, p. 102.
  4. a b c d et e Daniele Ganser, Les Armées Secrètes de l'OTAN : Réseaux Stay Behind, Opération Gladio et Terrorisme en Europe de l'Ouest, Paris, Editions Demi-Lune, , 416 p., p. 103, 117-120, 157, 341, 358.
  5. (it) « 17 novembre 1951 Il principe Junio Valerio Borghese aderisce al Msi », sur www.ilmessaggero.it (consulté le 30 juillet 2019)
  6. a b c d e et f Massimo Magliaro, « Le Mouvement Social Italien », Cahiers d'histoire du nationalisme, Paris, Synthèse nationale, no 11, 2017 (ISSN 2493-6715), p. 29, 33, 76-77, 91, 121.
  7. Julius Evola, Les Hommes au milieu des ruines, Puiseaux, Pardès, , 284 p., p. 9-12
  8. Frédéric LAURENT, L'Orchestre noir: Enquête sur les réseaux néo-fascistes
  9. Mis en cause par l'enquête subséquente Miceli sera couvert par son mandat de député en 1976, Anne-Marie Duranton-Crabol, L'Europe de l'extrême droite de 1945 à nos jours.
  10. « Gladio : la guerre secrète des États-Unis pour subvertir la démocratie italienne », traduction et adaptation de l'article de Arthur Rowse, « Gladio : la guerre secrète des États-Unis », sur juralibertaire.over-blog.com, .
  11. « La salamandre - Morris West », sur Babelio (consulté le 28 juillet 2019)

Voir aussiModifier