Juan Bernabé Palomino

graveur espagnol
Juan Bernabé Palomino
Retrato de Juan Bernabé Palomino (Real Academia de Bellas Artes de San Fernando).jpg
Portrait de Juan Bernabé Palomino, par Antonio González Ruiz (1741, Académie royale des beaux-arts de San Fernando, Madrid).
Biographie
Naissance
Décès
Activité

Juan Bernabé Palomino (Cordoue, 1692Madrid, 1777) est un graveur espagnol.

Il a été nommé directeur du département de gravure de l'Académie royale des beaux-arts de San Fernando et fait graveur de la chambre du roi.

Il est le neveu du peintre, théoricien de la peinture et critique d'art Antonio Palomino, et le père du graveur Juan Fernando Palomino.

BiographieModifier

Juan Bernabé Palomino naît à Cordoue en 1692[1]. Fils d'un orfèvre de cette ville et neveu d'Antonio Palomino[2], il devient orphelin à l'âge de onze ans et travaille dans le commerce du lin avant de se lancer dans la gravure. L'arrivée de son oncle à Cordoue pour travailler dans la cathédrale l'encourage à poursuivre une carrière dans le dessin, qu'il avait déjà entamée dans son environnement familial[3].

 
Manifiesta María Santísima a la venerable madre Juana de la Encarnación un alma en pecado... (1726, Bibliothèque nationale de France).

La première estampe datée connue, le portrait de Mère Juana de la Encarnación avec lequel a été illustré l'ouvrage Passión de Christo comunicada por admirable beneficio a la Madre Juana de la Encarnación (« La Passion du Christ communiquée par un admirable bienfait à Mère Jeanne de l'Incarnation »), du jésuite Luis Ignacio de Ceballos (Madrid, 1720), porte sa signature comme graveur et celle d'un certain Fernando Palomino, dont nous n'avons aucune autre information, mais sans doute un parent, comme auteur du dessin. À Madrid, il travaille dans l'atelier de son oncle, reproduisant en estampe certaines de ses inventions et dessins et se chargeant des planches du deuxième volume du Museo pictórico y escala óptica (« Musée pictural et échelle optique »), qui paraît en 1724, et du portrait de Philippe V, peint par son oncle publié en 1726 dans le Diccionario de la Academia Española (« Dictionnaire de l'Académie espagnole »)[3]. Selon Ceán Bermúdez, il retourne à Cordoue après la mort de son oncle en 1526, se perfectionnant dans la gravure au burin sans avoir reçu d'autre enseignement que celui acquis par l'observation attentive des œuvres d'autres maîtres, qu'il a soigneusement imitées[4].

Il se consacre à l'illustration de livres et, en 1727. Le portrait d'Alphonse Rodríguez apparaît dans Exercicio de perfección, publié à Séville ; et un an plus tard, le portrait du docteur Martín Martínez (es) apparaît en tête de son Anatomía completa del hombre (« Anatomie complète de l'homme »), d'après un dessin de Valero Iriarte (es)[5].

En 1752, il est élu premier directeur de la gravure douce de l'Académie royale des beaux-arts de San Fernando[2], poste qu'il occupe jusqu'à sa mort. L'enseignement commence un an plus tard et dans sa propre maison, avec trois élèves boursiers de l'Académie qu'il a choisis : Hermenegildo Víctor Ugarte (es), José Murguía (es) et Juan Minguet (es)[5]. Il a eu d'autres élèves notables, comme Francisco Muntaner[6].

Protégé de Philippe V et de Ferdinand VI, il est nommé graveur de la chambre de ce dernier en 1752[2],[7].

L'inventaire de ses biens, dressé à l'occasion de son second mariage à Madrid en 1767, révèle la fortune qu'il a accumulée pour son travail. Il mentionne également un certain nombre de peintures de sa propre main, activité dont il ne reste aucune trace, si ce n'est une paire de têtes d'apôtres peintes au pastel sur papier à l'Académie royale des beaux-arts de San Fernando[8], ainsi qu'un nu masculin raccourci du même type et un certain nombre d'« académies[a]. » dessinées à la sanguine[9].

En tant que graveur, il se consacre aussi bien à des gravures de dévotion[1] uniques, très nombreuses dans sa production, qu'à des portraits[1], dont celui d'Élisabeth Farnèse, et à des reproductions de peintures et de sculptures, parmi lesquelles Ceán Bermúdez cite comme particulièrement réussies, ceux du San Bruno (« Saint Bruno ») de Manuel Pereira (es) sur la façade de l'hôtellerie de la chartreuse de Miraflores à Madrid, le Milagro de San Isidro (« Miracle de Saint Isidore ») peint par Carreño pour sa chapelle de l'église de San Andrés, détruite en 1936, et le San Pedro en prisiones (« Saint Pierre en prison ») de Roelas, ainsi que la collaboration avec des libraires et des imprimeurs pour l'illustration de livres.

Il forme son fils Juan Fernando, qui perpétue la profession de son père, et sa fille épouse le peintre Antonio González Ruiz[10],[11].

Juan Bernabé Palomino meurt à Madrid en 1777[1].

ŒuvresModifier

ConservationModifier

Notes et référencesModifier

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NotesModifier

  1. Une « académie » est un croquis ou une esquisse de la figure du corps humain, dans le genre du nu artistique.

RéférencesModifier

  1. a b c d et e (en) « Notice de Juan Bernabé Palomino », sur British Museum (consulté le ).
  2. a b c et d (es) « Notice de Juan Bernabé Palomino », sur datos.bne.es (consulté le ).
  3. a et b Gallego Gallego 1979, p. 243.
  4. Ceán Bermúdez 1800, p. 27-29.
  5. a et b Ceán Bermúdez 1800, p. 28.
  6. (es) Miquela Forteza Oliver, « Francisco Muntaner Moner y su participación en algunas de las empresas ilustradas más importantes del siglo XVIII », Academia. Boletín de la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando, nos 108-109,‎ , p. 82.
  7. « Notice de Juan Bernabé Palomino », sur AGORHA, Institut national d'histoire de l'art (consulté le ).
  8. (es) Natividad Galindo, « Algunas noticias sobre Juan Bernabé Palomino », Academia, no 69,‎ , p. 240-242.
  9. a et b (es) « Œuvres de Juan Bernabé Palomino », sur Académie royale des beaux-arts de San Fernando (consulté le ).
  10. Gallego Gallego 1979, p. 246.
  11. Carrete Parrondo 2010.
  12. (en) « Œuvres de Juan Bernabé Palomino », sur Wellcome Collection (consulté le ).

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (es) J. M. de Azcárate, « Arte del Barroco al siglo XX », Castilla la Nueva. Tierras de España, Madrid, vol. 2,‎ , p. 171.
  • (es) Juan Carrete Parrondo, Diccionario de grabadores y litógrafos que trabajaron en España. Siglos XV a XIX, (lire en ligne).
  • (es) Juan Carrete Parrondo, « El grabado en el siglo XVIII. Triunfo de la estampa ilustrada In: El grabado en España (siglos XV al XVIII) », Summa Artis. Historia General del Arte, Madrid, vol. 31,‎ , p. 397.
  • (es) Juan Agustín Ceán Bermúdez, Diccionario de los más ilustres profesores de las Bellas Artes en España, t. IV, Madrid, , p. 27-29.  
  • (es) J. Domínguez Bordona et J. Ainaud de Lasarte, « Miniatura. Grabado. Encuadernación. », Ars Hispaniae, Madrid, vol. 18,‎ , p. 301.
  • (es) Antonio Gallego Gallego, Historia del grabado en España, Madrid, Ediciones Cátedra, (ISBN 84-376-0209-2).  

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