Jeanne de Batarnay

Jeanne de Batarnay, née vers 1480, est la fille d'Imbert de Batarnay, seigneur du Bouchage et de Montrésor, comte de Fesenzac, et de Georgette de Montchenu. Elle épouse en 1494 Jean de Poitiers, vicomte d'Estoile, seigneur de Saint-Vallier. Elle est la mère de Diane de Poitiers, favorite de Henri II de France. Elle meurt en 1516 à Sérignan.

BiographieModifier

Un père puissantModifier

Jeanne de Batarnay est sans doute née vers 1480. Son père, Imbert ou Ymbert de Batarnay, est un important conseiller des rois de France successifs (Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François Ier) et connaît une ascension sociale forte. Son mariage avec Georgette de Montchenu, le , est un des éléments de ce parcours et lui permet de recevoir la seigneurie du Bouchage[1]. Imbert de Batarnay et Georgette de Montchenu ont trois enfants : François de Batarnay (1465-1513), qui continue la famille[2], Jean de Batarnay (vers 1474-vers 1490) et Jeanne de Batarnay[1]. Jeanne de Batarnay s'insère ainsi dans un réseau de parenté développé, qui, par sa mère, va jusqu'à la famille des Stuart, famille royale d'Ecosse[3].

Une alliance importanteModifier

En 1490, Imbert de Batarnay conclut le mariage de sa fille Jeanne avec Jean de Poitiers, fils d'Aymar de Poitiers seigneur de Saint-Vallier. Il s'agit d'une des familles les plus importantes du Dauphiné et cette alliance, probablement préparée par Anne de Beaujeu et agréée par le roi Charles VIII, est profitable aux Batarnay. Le contrat de mariage est passé en , à Lyon, mais le mariage lui-même n'a lieu qu'au plus tôt en 1494, compte-tenu du jeune âge des deux mariés. Jeanne reçoit alors de son père une dot considérable de 20 000 écus d'or, mais renonce à sa succession[1].

Jeanne de Batarnay met au monde au moins cinq enfants[1].

Une mort rapideModifier

En 1516, à Sérignan, alors qu'elle célèbre les noces de sa fille de Anne de Poitiers avec Antoine de Clermont, Jeanne de Batarnay tombe subitement malade et meurt peu de temps après. Le , Jacques de Beaune-Semblançay, fidèle de son père Imbert de Batarnay, informe ce dernier de ce malheur, avec des précautions révélatrices [1]:

« Monsr, par ma derrenière lettre que je vous ay escripte, je vous fis savoir la grande et extreme maladie de Madame de Saint-Vallier vostre fille, dont m'avez fait responce que vous désirez bien d'entendre ce plaira à Dieu vous en donner. Monsr, il me deplait très fort de vous escripre chouse qui vous puisse donner ennuy, mais puisque m'avez ordonné de vous en escripre, me confiant de vostre bonne prudance dont tousjours avez usé, me fait donner la hardiesse de vous en escripre le tout à la vérité. Nostre Sgr l'a appelée et est trespassés à Sérignen et n'a duré que huit jours après les nopces de sa fille, dont elle print chault et froid. »

Son mari, Jean de Poitiers, meurt beaucoup plus tard, en 1539, après s'être remarié deux fois[4].

PostéritéModifier

Jean de Poitiers et Jeanne de Batarnay ont plusieurs enfants :

RéférencesModifier

  1. a b c d e f et g Bernard de Mandrot, Ymbert de Batarnay, seigneur du Bouchage, conseiller des rois Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François Ier (1438-1523), Paris, Alphonse Picard, , 404 p. (lire en ligne)
  2. François-Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois, Dictionnaire de la noblesse : contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France. Tome 2, 1863-1876 (lire en ligne)
  3. Christine Zeile, « Les origines d’Anne de La Queille et sa relation avec les Stuarts: Une noble française du XVIe siècle et son réseau familial et social », Francia, vol. 44,‎ , p. 271–294 (ISSN 2569-5452, DOI 10.11588/fr.2017.0.69013, lire en ligne, consulté le )
  4. a b et c Anatole de Gallier, Essai historique sur la baronnie de Clérieu en Dauphiné et sur les fiefs qui en ont dépendu, Lyon, Auguste Brun, (lire en ligne)