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Jérôme Besnard (résistant)

résistant français
Jérôme Besnard
Alias
la Dame en noir
Naissance
Louans
Décès (à 67 ans)
La Ville-aux-Dames
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Autres activités
Distinctions

Jérôme Joseph François Édouard Besnard, né le à Louans et mort le à La Ville-aux-Dames, est un prêtre catholique et résistant tourangeau de la Seconde Guerre mondiale.

Sommaire

BiographieModifier

Issu d'une famille de paysans, Jérôme Besnard voit le jour en 1900, dans la petite commune française de Louans, en Touraine[1].

Ordonné prêtre le , il devient vicaire de Bourgueil un mois après, avant d'exercer les mêmes fonctions à Château-Renault à partir de 1927. Puis, le , il est nommé curé de Cinais[2].

 
Tombe de l'abbé Jérôme Besnard, au vieux cimetière de La Ville-aux-Dames.

En 1939, la Seconde Guerre mondiale éclate et l'abbé Jérôme Besnard est mobilisé. Fait prisonnier à Saint-Valéry-en-Caux en mai 1940, il est interné au champ-de-course de Rouen, où il reproduit des cachets allemands et fabrique de faux-papiers pour permettre à d'autres prisonniers de s'évader. Il s'enfuit finalement du camp en mars 1941 et revient à Cinais, où il reprend ses fonctions sacerdotales[2].

Bientôt nommé secrétaire de mairie, il profite de ses nouvelles fonctions pour retourner à la fabrication de faux-papiers et aider les Juifs et les prisonniers évadés. Il constitue alors son propre réseau de résistance avec son oncle, habitant de Cussay, qui reçoit les évadés chez lui[3]. L'abbé entre par ailleurs en relations avec Félicien Piquier, qui, sous le pseudonyme de Lieutenant Pierre, dirige le maquis de Scévolles, implanté aux confins de la Vienne et de l'Indre-et-Loire ; il lui envoie candidats à la résistance et autres réfractaires au STO. L'abbé n'en néglige pas pour autant son ministère, qu'il poursuit avec zèle[4]. Cela ne l'empêche pas d'éprouver des difficultés avec sa hiérarchie, qui supporte mal sa turbulence[5].

Le , l'abbé Jérôme Besnard est finalement muté à la paroisse de La Ville-aux-Dames, où il ne tarde pas à reprendre ses activités dans la résistance. Posté non loin de la gare de Saint-Pierre-des-Corps, il organise le ravitaillement des trains de déportés, auxquels il fait parfois parvenir du matériel d'évasion. En contact avec Résistance-Fer, il participe aussi au sabotage de la voie ferrée. Il devient par ailleurs membre du groupe Baobab du réseau Marco-Polo et transmet de nombreux renseignements sur les déplacements des unités allemandes[5]. Il prend alors pour nom de code « la Dame en noir »[6].

Après-guerre, l'abbé est élu président de l'Union Départementale des Combattants Volontaires de la Résistance d'Indre-et-Loire[5]. Il poursuit en outre ses activités politiques en devenant conseiller municipal[7] et adjoint au maire de La Ville-aux-Dames[8].

L'abbé meurt de maladie en 1968. Il est enterré au vieux cimetière de La Ville-aux-Dames[8].

Aujourd'hui, l'impasse de la Dame-en-noir y conserve la mémoire du prêtre[1] sous son nom de résistant « la Dame en noir » : c'est la seule voie de la commune dédiée à un homme[9],[Note 1].

Hommages et distinctionsModifier

DécorationsModifier

Autres hommagesModifier

  • À La Ville-aux-Dames, impasse de la Dame-en-noir, selon son nom dans la résistance ;
  • Plaque sur sa tombe, offerte par la résistance locale.

Pour en savoir plusModifier

BibliographieModifier

  • Chantal Ciret, « L'abbé Jérôme Besnard », Résistances en Touraine et en région Centre, no 10,‎ , p. 44-46.
  • Jean-Michel Peignard, « La Dame en noir », dans Les Dames de La Ville aux Dames ou Aliénor, Berthe, Claudie, Diane... et les Autres, [l'auteur], , p. 299-302
  • Jack Vivier, « Un résistant valeureux, l'abbé Jérôme Besnard », Bulletin de la société archéologique de Touraine, t. XLIII,‎ , p. 703-711 (lire en ligne)
  • Jack Vivier, Soutanes vertes et noires soutanes, éditions de la Morelle, , 205 p. (ISBN 978-2-91761-211-8)

Lien externeModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. La Ville-aux-Dames est la seule commune française dont (presque) toutes les rues portent des noms de femmes. Cette décision a été prise par la municipalité le , sur proposition du maire, Lionel Delaunay[10].

RéférencesModifier

  1. a et b Vivier 2007, p. 703
  2. a et b Vivier 2007, p. 704
  3. Vivier 2007, p. 704-705
  4. Vivier 2007, p. 705
  5. a b et c Vivier 2007, p. 707
  6. Vivier 2007, p. 708-709
  7. Vivier 2007, p. 706
  8. a et b Vivier 2007, p. 709
  9. Peignard 2007, p. 299
  10. Stéphane Gendron, L'origine des noms de lieux de l'Indre-et-Loire : Communes et anciennes paroisses, Chemillé-sur-Indrois, Hugues de Chivré, , 301 p. (ISBN 978 2 91604 345 6), p. 248.
  11. « Décret du 28 février 1949 », Journal officiel de la République française,‎ .