Ipomoea pes-caprae

espèce de plantes
Ipomoea pes-caprae
Description de cette image, également commentée ci-après
Ipomoea pes-caprae en fleur.
Classification selon Tropicos
Règne Plantae
Classe Equisetopsida
Sous-classe Magnoliidae
Super-ordre Asteranae
Ordre Solanales
Famille Convolvulaceae
Genre Ipomoea

Espèce

Ipomoea pes-caprae
(L.) R.Br., 1818

Ipomoea pes-caprae, appelée patate à Durand à La Réunion et à l'île Maurice, et patate-bord de mer aux Antilles françaises, ou Ipomée pied-de-chèvre, ou encore corde-patate en Martinique, est une espèce de lianes rampantes de la famille des Convolvulaceae qui colonise la partie haute des plages des régions tropicales.

Par contraction phonétique, la plante est aussi appelée patatran aux Seychelles, batatran à l'île Maurice.

DescriptionModifier

C'est une liane[1] pérenne qui développe à la surface du sol de très longues tiges rampantes angulaires ayant de 5 à 30 m de long. Elle se fixe dans le sable par des racines développées au niveau des nœuds. Elle peut former de grands tapis denses qui contribuent à stabiliser le sol.

La feuille simple et épaisse est obovale à elliptique et émarginée. Lors d'un fort ensoleillement, le limbe se replie légèrement le long de la nervure centrale afin de réduire l'évaporation.

La corolle infundibuliforme est rose taché de pourpre, d'un diamètre de 5 à 6 cm. La fleur ne reste épanouie qu'une seule journée.

Les fruits sont des capsules globulaires, de 10-15 mm de diamètre, à 4 valves brunes renfermant chacune une graine.

ÉcologieModifier

 
Lianes rampantes sur une plage de galets.

Ipomoea pes-caprae est pantropicale.

Elle se retrouve sur les hauts des plages des zones tropicales des océans Atlantique, Indien et Pacifique, et fournit un bon exemple de dispersion océanique.

Avec Melanthera biflora, Portulaca oleracea et Digitaria ciliaris, Ipomoea pes-caprae est une des premières espèces de plantes à coloniser les zones dégradées sous les tropiques[2].

UtilisationsModifier

Aux Antilles, les racines s'utilisent en décoction contre les coliques et les fièvres[3].

À La Réunion, la décoction de feuilles sert contre les inflammations, les rhumatismes, les crampes ; les jeunes feuilles écrasées permettent de faciliter l'extraction d'épines d'oursins.

Dans de nombreux pays, Ipomoea pes-caprae est un remède contre les inflammations, les coliques, la gonorrhée et les douleurs. Des chercheurs brésiliens ont montré que l'extrait méthanolique des parties aériennes avait une activité antinociceptive significative[4]. Des études phytochimiques préliminaires ont suggéré la présence de stéroïdes, de terpénoïdes, d'alcaloïdes, de flavonoïdes et des glycosides d'acides gras, nommés pescaprosides A, B, E, I-IX.

SynonymesModifier

Ipomoea pes-caprae a pour synonymes selon Plants of the World online (POWO) (7 décembre 2020)[5] :

  • Batatas maritima (R.Br.) Bojer
  • Convolvulus bauhiniifolius Salisb.
  • Convolvulus biglandulosus Stokes
  • Convolvulus bilobatus Roxb.
  • Convolvulus brasiliensis L.
  • Convolvulus capripes Stokes
  • Convolvulus maritimus Desr.
  • Convolvulus pes-caprae L. (basionyme)
  • Convolvulus retusus Colla
  • Ipomoea aegopoda St.-Lag.
  • Ipomoea biloba Forssk.
  • Ipomoea brasiliensis (L.) Sweet
  • Ipomoea brevipes Moc. & Sessé ex Choisy
  • Ipomoea maritima R.Br.
  • Ipomoea orbicularis Elliott
  • Ipomoea pes-caprae f. albiflora Domin
  • Ipomoea pes-caprae f. albiflora B.C.Stone
  • Ipomoea pes-caprae subsp. brasiliensis (L.) Ooststr.
  • Ipomoea pes-caprae var. emarginata Hallier f.
  • Ipomoea pes-caprae var. perunkulamensis P.Umam. & P.Daniel
  • Ipomoea rotundifolia G.Don
  • Latrienda brasiliensis (L.) Raf.
  • Plesiagopus brasiliensis (L.) Raf.
  • Plesiagopus cuneifolia Raf.
  • Plesiagopus maritima Raf.
  • Plesiagopus rotundifolia Raf.
  • Plesiagopus sovana Raf.

Liste des sous-espèces, formes et variétésModifier

Selon Catalogue of Life (7 décembre 2020)[6] :

  • forme Ipomoea pes-caprae f. albiflora
  • sous-espèce Ipomoea pes-caprae subsp. brasiliensis
  • sous-espèce Ipomoea pes-caprae subsp. pes-caprae
  • variété Ipomoea pes-caprae var. perunkulamensis P. Umamaheswari & P. Daniel

Selon Tropicos (7 décembre 2020)[7] (Attention liste brute contenant possiblement des synonymes) :

  • sous-espèce Ipomoea pes-caprae subsp. brasiliensis (L.) Ooststr.
  • sous-espèce Ipomoea pes-caprae subsp. pes-caprae
  • variété Ipomoea pes-caprae var. arenaria Damm. in Engl.
  • variété Ipomoea pes-caprae var. biloba Hallier f.
  • variété Ipomoea pes-caprae var. brasiliensis (L.) A. St.-Hil.
  • variété Ipomoea pes-caprae var. emarginata Hallier f.
  • variété Ipomoea pes-caprae var. heterosepala Chodat & Hassl.
  • variété Ipomoea pes-caprae var. perunkulamensis P. Umam. & P. Daniel
  • variété Ipomoea pes-caprae var. pes-caprae

Notes et référencesModifier

  1. Jacques Fournet, Flore illustrée des phanérogames de Guadeloupe et de Martinique, Gondwana éditions, Cirad,
    Tome 1 (ISBN 2-87614-489-1) ; Tome 2 (ISBN 2-87614-492-1).
  2. Heatwole, H., Done, T., Cameron, E. Community Ecology of a Coral Cay, A Study of One-Tree Island, Great Barrier Reef, Australia. Series: Monographiae Biologicae, Vol. 43, p. 102
  3. Sastre C., Breuil A., Plantes, milieux et paysages des Antilles françaises. Écologie, biologie, identification, protection et usages., Biotope, Mèze,
  4. (en) Márcia Maria de Souza, Alexandre Madeira, Cristine Berti et Renata Krogh, « Antinociceptive properties of the methanolic extract obtained from Ipomoea pes-caprae (L.) R. Br. », Journal of Ethnopharmacology, vol. 69, no 1,‎ , p. 85–90 (ISSN 0378-8741, DOI 10.1016/S0378-8741(99)00142-7, lire en ligne, consulté le 7 décembre 2020)
  5. POWO (2019). Plants of the World Online. Facilitated by the Royal Botanic Gardens, Kew. Published on the Internet ; http://www.plantsoftheworldonline.org/, consulté le 7 décembre 2020
  6. Roskov Y., Ower G., Orrell T., Nicolson D., Bailly N., Kirk P.M., Bourgoin T., DeWalt R.E., Decock W., van Nieukerken E.J., Penev L. (eds.) (2020). Species 2000 & ITIS Catalogue of Life, 2020-12-01. Digital resource at www.catalogueoflife.org. Species 2000: Naturalis, Leiden, the Netherlands. ISSN 2405-8858, consulté le 7 décembre 2020
  7. Tropicos.org. Missouri Botanical Garden., consulté le 7 décembre 2020

Références biologiquesModifier

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