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Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres navires du même nom, voir L'Intrépide.

Intrépide
Image illustrative de l’article Intrépide (1747)
Modèle de vaisseau de 74 canons du même type que l’Intrépide vu par Nicolas Ozanne
Type Vaisseau de 74 canons
Histoire
A servi dans Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Chantier naval Brest
Quille posée
Lancement
Statut Brûlé en
Équipage
Équipage 740 à 750 hommes[N 1]
Caractéristiques techniques
Longueur 53,6 mètres
Maître-bau 14 mètres
Tirant d'eau 6,6 mètres
Déplacement 1 500 tonnes
Propulsion Voile
Caractéristiques militaires
Blindage Coque en chêne
Armement 74 canons

L’Intrépide est un vaisseau de ligne de 74 canons à deux ponts de la Marine royale française. Il est construit à Brest par l'architecte naval Jacques-Luc Coulomb. Lancé en 1747, il participe à la guerre de Succession d'Autriche, à la guerre de Sept Ans puis à celle de l'Indépendance américaine.

Caractéristiques généralesModifier

L’Intrépide est mis en chantier à la fin de la guerre de Succession d'Autriche. C'est le cinquième navire de ce type lancé par la marine française. C'est un vaisseau de force de 74 canons lancé selon les normes définies dans les années 1740 par les constructeurs français pour obtenir un bon rapport coût/manœuvrabilité/armement afin de pouvoir tenir tête à la marine anglaise qui dispose de beaucoup plus de vaisseaux depuis la fin des guerres de Louis XIV[1]. Sans être standardisé, le Glorieux, partage les caractéristiques communes de tous les « 74 canons » construits à des dizaines d’exemplaires jusqu’au début du XIXe siècle et qui évoluent lentement compte tenu des techniques de construction de l’époque et de la volonté des responsables navals d’exploiter au mieux cette excellente catégorie de navire de guerre[2].

Comme pour tous les vaisseaux de l’époque, sa coque est en chêne. Son gréement, (mâts et vergues) est en pin[3]. Il y a aussi de l’orme, du tilleul, du peuplier et du noyer pour les affûts des canons, les sculptures des gaillards et les menuiseries intérieures[3]. Les cordages (80 tonnes) et les voiles (à peu près 2 500 m2) sont en chanvre[3]. Un deuxième jeu de voiles de secours est prévu en soute. Prévu pour pouvoir opérer pendant des semaines très loin de ses bases européennes s’il le faut, ses capacités de transport sont considérables[2]. Il emporte pour trois mois de consommation d’eau, complétée par six mois de vin[N 2]. S’y ajoute pour cinq à six mois de vivres, soit plusieurs dizaines de tonnes de biscuits, farine, légumes secs et frais, viande et poisson salé, fromage, huile, vinaigre, sel, sans compter du bétail sur pied qui sera abattu au fur et à mesure de la campagne[N 3].

Il dispose sur son pont inférieur de 28 canons de 36 livres (les plus gros calibres en service dans la flotte à cette époque) et de 30 canons de 18 livres sur son pont supérieur. En outre, 16 canons de 8 livres sont répartis sur les gaillards[6]. Cette artillerie en fer pèse 215 tonnes[3]. Pour l’approvisionner au combat, le vaisseau embarque près de 6 000 boulets pesants au total 67 tonnes[N 4]. Ils sont stockés dans des puits à boulets autour des mâts. S’y ajoutent des boulets ramés, chaînés et beaucoup de mitraille (8 tonnes)[3]. Il y a pour finir 20 tonnes de poudre noire, stockée sous forme de gargousses ou en vrac dans les profondeurs du vaisseau[N 5]. En moyenne, chaque canon dispose de 50 à 60 boulets[9].

HistoireModifier

Guerre de Succession d'Autriche (1740 - 1748)Modifier

 
L'Intrépide secourant le Tonnant à la bataille du cap Finisterre.

L’Intrépide participe à la seconde bataille du cap Finisterre, le . Il fait partie d'une division, commandée par Henri-François des Herbiers, comportant 8 vaisseaux dont, outre lui-même, 3 autres navires sont de véritables vaisseaux de force, le Tonnant — 80 canons, vaisseau amiral — et deux autres vaisseaux de 74 canons, le Monarque et le Terrible. Ils sont suivis par 4 vaisseaux de moyenne puissance, de 56 à 68 canons et par une frégate de 26 canons. Ils sont chargés d'escorter aux Antilles un très gros convois commercial de plus de 250 navires. L'adversaire est une escadre britannique, commandée par Edward Hawke, composée de 14 vaisseaux.

L'affrontement dure près de sept heures et voit la capture de 6 vaisseaux français. L’Intrépide, en tête de la ligne française, a peu souffert dans la bataille car il a été le dernier rattrapé par l'escadre britannique. Son capitaine, le très expérimenté marquis de Vaudreuil, permet au navire d'échapper à ses poursuivants et de porter secours au navire amiral, le Tonnant, qui peut se dégager à son tour. À l’aube, l’Intrépide réussit à prendre en remorque le Tonnant. La résistance et la retraite réussie de ces deux navires n'ont pas pour seule origine la qualité de leur commandement. Le Tonnant et l’Intrépide sont des vaisseaux récents, maniables et puissants, sortis depuis peu des chantiers navals et bénéficiant d'une forte avance technologique sur les unités plus anciennes, y compris dans la Royal Navy[10]. Les deux vaisseaux arrivent sur Brest le . Quant au convoi commercial, il réussit à gagner les Antilles.

Guerre de Sept Ans (1756 - 1763)Modifier

 
La bataille des Cardinaux, à laquelle participe l'Intrépide en 1759.

En 1756, l’Intrépide est sous les ordres de Guy François de Kersaint, commandant une division qui a pour mission de s'emparer de tous les navires anglais de la côte de Guinée. Après cette mission réussie, l’Intrépide passe aux Antilles. Il est attaqué le , près des Caïques, par trois vaisseaux anglais ; le combat, connu sous le nom de bataille de Cap-Français, dure plusieurs heures et, quoique presque entièrement désemparé et son capitaine atteint de neuf blessures, il contraint son ennemi à la retraite.

En 1759, il fait partie de l'escadre de 21 vaisseaux du maréchal de Conflans concentrée à Brest en vue d'un débarquement en Angleterre[11]. Il prend part à la bataille des Cardinaux le , commandé par Charles Le Mercerel de Chasteloger[6] et combat aux côtés du Soleil Royal le Royal George, vaisseau-amiral anglais[12]. Au lendemain de la défaite de la flotte française, l’Intrépide fait partie du groupe de 8 vaisseaux qui quittent le champ de bataille pour se réfugier à Rochefort[11].

Guerre d'indépendance des États-Unis (1775 - 1783)Modifier

De à , l’Intrépide est commandé par François Joseph Paul de Grasse[6]. Il prend part à la bataille d'Ouessant le sous les ordres de Louis-André de Beaussier de Châteauvert[6], dans l'escadre bleue, c'est-à-dire l'arrière-garde de la flotte, commandée par Louis-Philippe d'Orléans. En 1780, il intègre la grande escadre de Guichen qui part combattre aux Antilles. Le , l’Intrépide, sous les ordres de Louis Guillaume de Parscau du Plessix, participe à la bataille de la Martinique, cette fois encore dans l'arrière-garde.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le ratio habituel, sur tous les types de vaisseau de guerre au XVIIIe siècle est d'en moyenne 10 hommes par canon, quelle que soit la fonction de chacun à bord. C'est ainsi qu'un 100 canons emporte 1 000 hommes d'équipage, un 80 canons 800 hommes, un 74 canons 740, un 64 canons 640, etc. L'état-major est en sus. Cet effectif réglementaire peut cependant varier considérablement en cas d'épidémie, de perte au combat ou de manque de matelots à l'embarquement. Acerra et Zysberg 1997, p. 220.
  2. 210 000 litres d’eau douce. 101 000 litres de vin rouge, à raison d’un litre par jour et par homme. Le vin complète largement l’eau qui est croupie dans les barriques au bout de quelques semaines[4].
  3. Des moutons (six par mois pour 100 hommes), volailles (une poule par mois pour sept hommes, avec aussi des dindes, des pigeons, des canards)[5].
  4. Dans le détail : 2 240 projectiles de 36 livres-poids, 2 400 de 18 livres et 1 280 de 8 livres[7].
  5. En moyenne : un quart de la poudre est mise en gargousse à l’avance pour les besoins de la batterie basse, celle des plus gros canons au calibre de 36 livres, et un tiers pour les pièces du second pont et des gaillards[8].

RéférencesModifier

  1. Meyer et Acerra 1994, p. 90-91.
  2. a et b Jacques Gay dans Vergé-Franceschi 2002, p. 1486-1487 et Jean Meyer dans Vergé-Franceschi 2002, p. 1031-1034.
  3. a b c d et e Acerra et Zysberg 1997, p. 107 à 119.
  4. Vergé-Franceschi 2002, p. 1486-1487
  5. Vergé-Franceschi 2002, p. 1486-1487.
  6. a b c et d « L’Intrépide », sur threedecks.org (consulté le 20 avril 2016).
  7. Acerra et Zysberg 1997, p. 216.
  8. Acerra et Zysberg 1997, p. 216
  9. Acerra et Zysberg 1997, p. 48
  10. Meyer et Acerra 1994, p. 90-91, Villiers, Duteil et Muchembled 1997, p. 78-79. Voir aussi l'article Histoire de la marine française, pour la partie portant sur la flotte de Louis XV.
  11. a et b Lacour-Gayet édition revue et augmentée en 1910, p. 352-367 et p.519-520.
  12. Troude 1867-1868, p. 390-404.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Articles connexesModifier