Ouvrir le menu principal

Wikipédia β

Inde britannique

L'expression « Inde britannique » (« British India ») désigne communément la partie du sous-continent indien placée sous la domination britannique de 1757 à 1947. Les historiens distinguent généralement deux périodes :

Dans les textes législatifs de l'époque, l'expression désigne stricto sensu les provinces administrées directement par les Britanniques, ainsi distinguées des États princiers dirigés par un souverain local.

Si la domination Britannique s'étend de 1757 à 1947, date de l'indépendance de l'Inde, les Britanniques étaient présents dans certaines parties de l'Inde dès 1600, avec la création de la compagnie Britannique des Indes. Cependant, les Britanniques ne vont instaurer une présence solide que vers les années 1630, consolidant notamment leurs positions à Madras, et à Bombay. Le Bengale sera l'enjeu d'une longue lutte avec les Français, entre 1685 et 1757, qu'ils vont évincer d'Inde à la suite de la guerre de sept ans. Lors du traité de Paris de 1763, les Britanniques ne vont laisser que 5 comptoirs aux Français, et s'emparer du reste de l'Inde, en maintenant des États princiers, des protectorats ou des colonies (Madras). Ils vont maintenir les Portugais, avec qui ils sont en bons termes, sur de petits territoires, dont Goa, mais très dépendants des territoires gérés par les Britanniques.

FaminesModifier

Entre les années 1870 et 1890, près de 30 millions d'Indiens meurent de famines successives. Le degré de responsabilité de l’administration coloniale britannique est sujet à controverses entre historiens, D'après l'historien Niall Ferguson, « il y a des preuves claires d'incompétence, de négligence et d'indifférence au sort des affamés », mais pas de responsabilité directe, l’administration coloniale étant simplement restée passive. Au contraire pour l'historien Johann Hari : « Loin de ne rien faire pendant la famine, les Britanniques ont fait beaucoup - pour empirer les choses. Les autorités auraient en effet continué d'encourager les exportations vers la métropole sans s’inquiéter des millions de morts sur le sol indien »[1].

L'historien Mike Davis soutient également l'idée que « Londres mangeait le pain de l'Inde » pendant la famine. En outre, le vice-roi Robert Lytton fait interdire de porter assistance aux personnes affamées, parfois décrites comme « indolentes » ou « incompétentes pour le travail ». Les journaux des régions épargnées par la famine reçoivent l'instruction d'en parler le moins possible. D'après Mike Davis, Lord Lytton aurait été guidé par l'idée qu'en « s'en tenant à l'économie libérale, il aidait obscurément le peuple indien »[1].

Déclin économiqueModifier

La période coloniale représente pour l'Inde un fort déclin économique, en comparaison du reste du monde : d'après les statistiques réalisées par l’historien britannique Angus Maddison, la part de l'Inde dans la richesse mondiale est tombée de 22,6% en 1700 à 3,8% en 1952[2].

RéférencesModifier

  1. a et b (en-GB) « Johann Hari: The truth? Our empire killed millions », The Independent,‎ (lire en ligne)
  2. « Of Oxford, economics, empire, and freedom », sur www.thehindu.com (consulté le 10 décembre 2017)