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Idjwi
L'île Idjwi dans le lac Kivu vue de l'espace
L'île Idjwi dans le lac Kivu vue de l'espace
Géographie
Pays Drapeau de la république démocratique du Congo République démocratique du Congo
Localisation Lac Kivu
Coordonnées 2° 09′ 57″ S, 29° 03′ 22″ E
Superficie 285 km2
Géologie Île lacustre
Administration
Province Sud-Kivu
Démographie
Population 245,267 hab. (2013)
Densité 0,86 hab./km2
Autres informations

Géolocalisation sur la carte : République démocratique du Congo

(Voir situation sur carte : République démocratique du Congo)
Idjwi
Idjwi
Île en république démocratique du Congo

Idjwi est une île de la République démocratique du Congo (RDC) qui se trouve au milieu du lac Kivu, face aux villes de Goma et Bukavu en Afrique de l'Est. D'une superficie de 285 km2, elle est la seconde plus grande île lacustre d'Afrique.

Sommaire

Données géographiquesModifier

L’île d’Idjwi, jadis subdivision administrative de la chefferie de Buhavu en territoire de Kalehe, avait été érigée en territoire autonome par l’ordonnance numéro 078/238 du portant création de ce territoire. Située au milieu du lac Kivu à mi-chemin entre la ville de Bukavu et celle de Goma, Idjwi est la plus grande île de la RDC et la deuxième île lacustre ou fluviale d'Afrique. Le territoire d’Idjwi est limité au nord par le lac Kivu et la ville de Goma, au sud par le lac Kivu, le Rwanda et le territoire de Kabare, à l’est par le lac Kivu et le Rwanda, à l’ouest par le lac Kivu et les territoires de Kabare et de Kalehe.

Subdivision administrativeModifier

Le territoire d’Idjwi est subdivisé en deux chefferies : La chefferie Rubenga au nord et la chefferie Ntambuka au Sud. La chefferie Rubenga comprend trois groupements à savoir : Bugarula, Bunyakiri et Kihumba ; et la chefferie Ntambuka compte également trois groupements dont : Nyakalengwa, Mpene et Mugote.

Coordonnées géographiquesModifier

Les données géographiques placent l’île d’Idjwi entre 1°56 et 2°8 de latitude Ouest et entre 28°56’ et 29°5’ de longitude Est.

ClimatModifier

Le territoire d’Idjwi connait un climat tempéré doux et humide avec l’intermittence de deux saisons à savoir : la saison de pluie qui s’étend sur neuf mois environ (de septembre à mai) et la saison sèche qui prend pratiquement 4 mois (de mai jusqu’en août). Les températures moyennes annuelles oscillent autour de 17 °C pendant la période la plus froide en saison de pluie et 30° au moment le plus chaud en saison sèche.

HydrographieModifier

Bien que le territoire d’Idjwi soit une île, il possède néanmoins ses propres cours d’eau à faible débit allant de 1 à 3 m3/s. Parmi les principaux cours d’eau on trouve : la rivière Tama, Musheke, Kirheme, Cikoma, Mwiri, Kimalamungo, Kisheke, Bikangi, Kishenyi, Yaruhogoma, Bwina et Bukole.

SolModifier

Essentiellement sablonneux dans la partie nord et argileux dans la partie sud. La végétation menacée d’extinction est naturellement arbustive et herbeuse parsemée des forêts secondaires.

ReliefModifier

Avec une altitude moyenne de 1 700 m, le territoire d’Idjwi reste dominé par un relief montagneux dont les monts Muganzo au centre Nord (1 829 m d’altitude) et surtout Nyamusisi au centre de l’île, plus haut sommet avec 2 300 m d’altitude.

Particularités et richesses du territoireModifier

InsularitéModifier

Idjwi se singularise de tous les autres territoires du fait qu’il est entièrement isolé par les eaux. Ce territoire reste donc la seule île interne de la RDC. Ainsi, contrairement à d’autres territoires accessibles par voie routière, c’est seulement par voie lacustre qu’on accède à Idjwi.

À l'écart des conflitsModifier

Une autre singularité de l'île d'Idjwi est qu'elle n'a pas connu de violence de masse depuis le milieu des années 1990[1].

Présence de PygméesModifier

Idjwi est l’un des territoires où l’on trouve les Pygmées. Ceux-ci semblent être les premiers occupants de l’île et se retrouvent dans les deux chefferies mais beaucoup plus dans la chefferie Rubenga où ils sont encadrés par le chef coutumier dans ses activités agricoles.

Richesses naturelles et productionsModifier

L’existence des ressources naturelles comme les minerais et le sable.

Le positionnement de ce territoire dans les eaux favorise la pêche.

Le sol argilo-sablonneux permet la production des briques et des ananas. L'île d'Idjwi est le premier producteur d'ananas au Sud-Kivu, peut-être même en RDC. Les ananas produits par le sol d'Idjwi sont très sucrés et grands. À cela, il faut ajouter comme production agricole les haricots, la banane (e kidôke) et la patate douce, les trois composant la principale alimentation dans l'île, le petit pois (e jêri), la courge (o mûngu), l'arachide (akaranga), le sorgho (amahemba) le manioc doux et amer (o mumbarhi), l'igname (e kiriga), la colocase (e kifunu), l'aubergine (e ntolya), la pomme de terre (e kirayi), etc. Bref, le régime alimentaire sur l'île d'Idjwi est très riche et varié, provenant des produits de la pêche et du sol. C'est pourquoi, le taux de malnutrition (kwashiorkor ou "bwaki") est très faible ou quasi nul sur l'île d'Idjwi par rapport aux autres territoires de l'est de la RDC. Deux éléments fondamentaux et spécifiques constituent la gastronomie insulaire d'Idjwi : le kifukama (mélange du haricot et de la banane) et le amavu g'akasigisi, bière locale fabriquée à base de la banane mure et du sorgho, obtenue après un processus sur trois jours de brasserie et de fermentation (kukanda , kurhala, n'okuhongola). Cette bière locale d'Idjwi d'une qualité rare est très prisée et consommée dans les deux grandes villes de l'est de la RDC, Bukavu et Goma. Enfin, l'alimentation végétale est complétée par les produits de l'élevage de chèvres, de poules, et de petits bétails comme les lapins. Les dernières décennies ont vu s'accroître l'élevage des porcs[2].

Données culturellesModifier

Organisation socio-culturelleModifier

Le territoire d’Idjwi ne compte qu’une seule grande tribu : les Bahavus (95%). En outre, on y trouve également quelques Pygmées et Rwandais qui y vivent. Généralement, il n’y a pas de conflits majeurs entre ces différentes couches de la population. Elles sont regroupées en deux royautés souveraines dirigées par un Mwami (au niveau de chefferie).

Les habitants d’Idjwi sont essentiellement des cultivateurs. L’agriculture de subsistance est pratiquée par la quasi-totalité de la population. Généralement, pour les Bahavu, il appartient à l’homme de labourer les champs et à la femme de semer, de sarcler, de récolter, de vendre les produits au marché local et remettre l’argent à l’homme qui en décide la répartition.

Pour les mariages à Idjwi, de façon formelle, la famille du garçon remet généralement la dot à la famille de la fille. Cette dot est exprimée sous forme de vache. On fait habituellement le mariage coutumier au territoire ou à la chefferie et le mariage religieux à l’église mais plusieurs personnes dévient cette voie formelle et font le mariage par rapt. À Idjwi, on observe beaucoup de mariages précoces. La nuptialité est prononcée chez les jeunes d’Ijwi de moins de 20 ans à cause de la non scolarisation et de chômage.

Dans la culture des Bahavu, l’enfant est un signe de force, de pouvoir et de richesse. Pour eux, il faut avoir autant d’enfants que le bon Dieu voudra. Ainsi, on observe une forte natalité dans les mœurs de la population d’Idjwi. Le système de planification familiale n’est pas bien observé à Idjwi malgré quelques sensibilisations de certaines organisations et des Églises.

RéférencesModifier

  1. Séverine Autesserre, « Here’s what Congo can teach the world about peace », The Washington Post,‎ (lire en ligne)
  2. Faustin-Noël GOMBANIRO RUTASHIGWA, « Le poids socioculturel et religieux des acteurs locaux dans la dynamique de l'autofinancement », Thèse de Doctorat en Sciences Sociales, Sociologie du développement. Université Paris1-Panthéon-Sorbonne,‎ , p. 503-509

Lire aussiModifier

  • Institut Kashofu
  • Anicet Kashamura, Famille, sexualité et culture, Paris, Payot, 1972, (ISBN 2-228-11360-3)
  • Johannes Kabso Kashemwa, Fondement biblique de la paix: défi aux Églises des pays des grands lacs, Berlin, Mensch & Buch Verlag, 2005, (ISBN 3-89820-952-0)
  • Jean-Marie Vianney Balegamire A. Koko, MARIAGE AFRICAIN ET MARIAGE CHRÉTIEN, Paris, l'Harmattan, 2011

Liens externesModifier