Hilary Hahn

violoniste américaine
Hilary Hahn
une jeune femme souriante vêtue d'une robe rouge tient à la main deux disques
Hilary Hahn en 2019

Naissance (41 ans)
Lexington (État de Virginie - Drapeau des États-Unis États-Unis)
Activité principale Violoniste
Style musique classique
Années d'activité 1995-aujourd’hui
Collaborations Deutsche Grammophon
Formation Institut Curtis
Maîtres Klara Berkovich et Jascha Brodsky
Famille Steve et Anne Hahn
Distinctions honorifiques Grammy Awards

Hilary Hahn est une violoniste américaine. Elle est une des meilleures violonistes de sa génération et s'est bâti une solide réputation d'interprète en musique contemporaine[1].

BiographieModifier

Hahn est née le à Lexington, États-Unis[2]. Son père, Steve Hahn est un journaliste et documentaliste[3], [4]. Sa mère, Anne, est comptable[3],[4]. Sa grand-mère paternelle est une allemande de Bad Dürkheim[3].

Elle réside et grandit à Baltimore, Maryland, États-Unis[3], [4] de 1984 à 1989, ville où, un mois avant son quatrième anniversaire, Klara Berkovich (en) commence à lui enseigner le violon[5] selon la méthode Suzuki en cours à l'Institut Peabody de Baltimore.

Dès neuf ans, elle sait qu'elle désire être violoniste[6].

En 1990, âgée de 10 ans, elle est admise au prestigieux Institut Curtis de Philadelphie où elle étudie avec Jascha Brodsky (en), dernier élève vivant d'Eugène Ysaÿe. Elle est élève de Brodsky pendant sept ans, jusqu'à la mort de celui-ci survenue à l'âge de 89 ans. Elle travaille les études de Kreutzer, Ševčík, Gaviniès et Rode ainsi que les Caprices de Paganini, 28 concertos pour violon, des partitions de musique de chambre et un certain nombre de pièces maîtresses du répertoire[7].

À l'âge de 16 ans, Hahn a répondu aux exigences de l'Institut Curtis pour l'obtention du diplôme. Elle reste cependant volontairement dans cette université pendant plusieurs années pour suivre certains cours de perfectionnement et sort avec un Bachelor de Musique (en) au mois de mai 1999. Pendant ces années, elle étudie le violon avec Jaime Laredo[8] et la musique de chambre avec Felix Galimir et Gary Graffman[2].

Hahn passe quatre étés en immersion linguistique complète d'allemand, de français et de japonais au Middlebury College[9]. Baltimore Symphony Orchestra

Vie personnelleModifier

Hillary Hahn est mariée et mère de deux filles[1]. Après avoir longtemps résidé à New York, la famille habite à Cambridge, Massachusetts depuis 2016[1], [10].

Le 1er septembre 2019, Hahn fait part de son intention de prendre une année sabbatique et de reprendre ses activités musicales pour la saison 2020-2021[11]

CarrièreModifier

En 1991, alors qu'elle n'a que 11 ans, elle fait ses débuts avec l'orchestre symphonique de Baltimore. Peu après elle débute avec les orchestres de Philadelphie, de Cleveland, le Symphonique de Pittsburgh, et le Philharmonique de New York. Elle fait ses débuts internationaux en 1994, interprétant la Serenade de Leonard Bernstein sous la direction d'Iván Fischer avec l'Orchestre du Festival de Budapest.

En 1995, elle fait ses débuts en Allemagne, en jouant le Concerto pour Violon de Beethoven, sous la direction de Lorin Maazel, avec l'Orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise, ce concert est alors radiodiffusé dans toute l'Europe.

En 1996, âgée de 16 ans, elle débute au Carnegie Hall (New York) en tant que soliste avec l'Orchestre de Philadelphie.

En 1999, lors d'un entretien journalistique pour Strings Magazine, Hahn cite David Zinman, le chef d'orchestre de l'Orchestre symphonique de Baltimore et mentor de la violoniste depuis qu'elle a l'âge de dix ans, et Lorin Maazel à la tête de l'Orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise avec lequel elle a joué en Europe, comme étant parmi ceux qui ont influencé son développement tant de musicienne que d'étudiante[12].

Hahn commence des enregistrements à partir de 1996[13]. Elle paraît dans des émissions télévisées. Sa première apparition date de l'année 2000. C'est le 1755e épisode d'une série intitulée Mr. Rogers' Neighborhood dans laquelle la violoniste joue pour Mr. Rogers lorsque celui-ci visite un magasin de musique local. Hahn sort 16 albums sous les labels Deutsche Grammophon et Sony, trois DVD, un film dont la bande son est honorée d'un Oscar, un enregistrement destiné aux enfants qui est primé et plusieurs compilations. Ses enregistrements mélangent souvent des pièces nouvelles à des morceaux classiques traditionnels[14]. Son album regroupe des partitions de Beethoven avec des partitions de Bernstein, de Schoenberg et de Sibelius, de Brahms avec celles de Stravinsky et de Tchaïkovski avec Jennifer Higdon[15],[16],[17],[18].

Hahn a joué avec des orchestres tels que l'Orchestre symphonique de Londres[19], l'Orchestre philharmonique de New York, l'Orchestre symphonique de Boston, l'Orchestre royal du Concertgebouw, le NHK Symphony Orchestra, l'Orchestre philharmonique de Los Angeles et l'Orchestre symphonique de Singapour. Elle débute avec l'Orchestre symphonique de Chicago en 2007 et joue au Vatican, avec l'Orchestre symphonique de la Radio de Stuttgart placé sous la direction de Gustavo Dudamel, pour l'intronisation du pape Benoît XVI[20],[21]. Le concert est enregistré et diffusé par la Deutsche Grammophon[22].

Hilary Hahn s'est également produite comme musicienne en musique de chambre. Elle a joué presque chaque année avec le Skaneateles Chamber Music Festival à Skaneateles, New York (en)[23].

De 1995 à 2000, Hahn joue et étudie la musique de chambre au Marlboro Music Festival (en) de Vermont[24]. En 1996, elle est musicienne et membre conseillère pour le programme de musique de chambre de The Chamber Music Society of Lincoln Center (en)[7]. En 2004, elle entreprend une tournée à Saint-Pétersbourg avec le Trio Poulenc (en)[25].

Hahn s'est un moment intéressée à la musique cross-genre ainsi qu'à la musique « border line ». En 2005, elle commence par interpréter et présenter, lors de tournées, des duos de musique « crossover » avec le chanteur et compositeur Tom Brosseau (en) puis avec Josh Ritter à partir de 2007[26]. Elle a enregistré quelques chansons comme …And You Will Know Us By the Trail of Dead[27]. En 2012, Hahn enregistre, avec le compositeur et pianiste allemand Hauschka,.un album intitulé Silfra produit par Valgeir Sigurðsson[28], [29]. Hahn affirme que « D'autres musiciens [se disent] toujours cross genre... Pour moi, ce n'est pas du crossover … J'ai juste pénétré leur monde. Libre à vous de penser différemment de ce que vous avez eu l'habitude de faire »[30],[31].

Elle remporte le Glashütte Original MusikFestspiel-Preis du Dresden Music Festival (en)[32].

Depuis 2016, Hahn parraine des concerts gratuits pour les parents accompagnés d'enfants, pour un groupe pratiquant le tricot, un atelier de danse, un groupe de yoga et des étudiants des beaux-arts. Elle encourage les parents à combiner des représentations en direct hors des salles de concert classiques, selon leur préférence, tout en favorisant les opportunités d'écouter de la musique en compagnie de leurs enfants, qui pourraient être rebutés par des concerts donnés dans des salles traditionnelles[33].

Elle interprète le Concerto pour violon no 3 de Mozart lors d'un concert donné à l'occasion du 80e anniversaire du pape Benoît XVI dans la salle Paul VI du palais apostolique du Vatican le , sous la direction du chef d'orchestre vénézuélien Gustavo Dudamel[34].

De nombreux compositeurs éminents ont écrit des partitions pour elle, notamment Edgar Meyer (en)[35], Jennifer Higdon[36], Antón García Abril[37], entre autres.

Le , Hilary Hahn crée le Concerto pour violon et orchestre de Jennifer Higdon, accompagnée par l'Orchestre symphonique d'Indianapolis dirigé par Mario Venzago. La composition a reçu le prix Pulitzer de musique 2010.

En , le journal Time Magazine la consacre meilleure jeune musicienne classique américaine. Depuis cette date, elle enchaîne les tournées et compte parmi les violonistes les plus en vogue du moment. Elle a obtenu de nombreuses distinctions pour ses enregistrements et elle a collaboré avec James Newton Howard à la réalisation de la musique du film The Village en 2004. Elle a notamment reçu deux Grammy Awards, dont un pour le prix du Meilleur Disque, récompensant son disque Sibelius/Schoenberg: Violin Concertos.

Hilary Hahn enregistre aujourd'hui exclusivement pour Deutsche Grammophon (depuis 2003), et joue sur un violon du maître-luthier Jean-Baptiste Vuillaume de 1864[38]. Cet instrument est une copie du célèbre instrument joué par Niccolo Paganini Il Cannone, fabriqué en 1743 par le célèbre luthier crémonais Guarneri del Gesù. Elle joue sur cet instrument depuis l’âge de 14 ans et l’a acquis chez un particulier. Lorsqu’elle avait 13 ans, elle jouait sur un Bellosio du XVIIIe siècle. Cependant, depuis 2018, elle joue sur un deuxième violon fabriqué en 1865 lui aussi par Jean-Baptiste Vuillaume qu’elle avait acheté quelques années auparavant à une vente aux enchères à Londres. Ce violon, plus ou moins basé sur le Stradivarius « Alard Baron Knoop » de 1715, est arrivé dans la vie musicale de la célèbre violoniste après des blessures musculaires créées par le jeu de l’instrument. Hilary a dit que ce violon sonnait plus naturel que le son de sa voix.

CitationsModifier

En 1999, Hilary Hahn déclarait qu'elle jouait Bach plus qu'aucun autre compositeur et qu'elle interprétait les sonates et partita pour violon seul tous les jours depuis l'âge de huit ans.

« Bach est pour moi la pierre de touche qui m'aide à rester honnête dans mes interprétations. Garder une sonorité pure dans les doubles cordes, mettre une voix au premier plan quand le phrasé le requiert, éviter les cordes à vide pour ne pas introduire d'accents indésirables, faire sentir la structure de telle manière qu'elle apparaisse clairement à l'auditeur tout en évitant le pédantisme – on ne peut pas tricher avec Bach, et si l'on parvient à tout cela, la musique chante merveilleusement. » — Hilary Hahn, Saint Paul Sunday

Dans l'émission de NPR intitulée Musicians in Their Own Words (Les musiciens par eux-mêmes), elle raconte l'expérience (alors vécue comme surréaliste) de jouer la Chaconne de la deuxième partita de Bach seule sur la scène d'une salle de concert. Dans la même émission, elle évoque son expérience de l'imitation du chant de l'alouette dans The Lark Ascending de Vaughan Williams.

« Pour certains, ce qu’il y a de fondamental dans la musique de Bach, c’est qu’elle exprime l’essence de l’humanité, réunissant les contraires – lumière et ombre, solitude et communion, allégresse et tristesse profonde » (sur son livret des concertos de Bach).

DiscographieModifier

ArticlesModifier

  • Jean-Michel Molkhou, « Hilary Hahn, débuts au sommet (interview) », Diapason, Paris, no 459,‎ , p. 30–33. (ISSN 1292-0703)

NotesModifier

  1. a b et c (en) Joshua Barone, « Hilary Hahn Returns to Bach, 21 Years Older. And Maybe Wiser », The New York Times,
  2. a et b (en) « Great Performances – Hilary Hahn » [archive du ], sur PBS.org (consulté le 28 mars 2020)
  3. a b c et d (de) « MUSIK : Ballerina auf Saiten - DER SPIEGEL 5/2002 », sur www.spiegel.de
  4. a b et c (en) Linell Smith, « What nature gave, a 12-year-old hones with discipline », sur baltimoresun.com
  5. Line Smith, « What nature gave, a 12-year-old hones with discipline » [archive du ], sur The Baltimore Sun (consulté le 28 mars 2020)
  6. Molkhou 1999, p. 31
  7. a et b (en) Julia Zaustinsky, « A Conversation with Hilary Hahn », sur All Things Strings, août–septembre 1999
  8. (en) Justin Davidson, « Past Her Prime at 17? : Younger violinists are fast on the heels of Hilary Hahn. But she doesn't feel the heat » [archive du ], sur The Los Angeles Times,
  9. (en) « Hilary Hahn », sur IMG Artists,
  10. (en) Colin Eatock, « Violinist opens up - onstage and online », Houston Chronicle, (consulté le 13 avril 2020)
  11. (en) « Hilary Hahn begins year-long sabbatical », The Strad, .
  12. (en) Adrian Ross, « A moment with Hilary Hahn » [archive du ], sur The Daily Princetonian, (consulté le 28 mars 2020)
  13. (en) Réjean Beaucage, « Hilary Hahn – The Lady Ascending » [archive du ], sur La Scena Musicale, volume 9, numéro 3, (consulté le 29 mars 2020)
  14. (en) Tom Huizenga, « First Listen: Hilary Hahn Violin Concertos, Old And New » [archive du ], sur NPR, (consulté le 29 mars 2020)
  15. (en) Evan Bialostozky, « Hilary Hahn's Beethoven/Bernstein » [archive du ], Yale Herald, (consulté le 29 mars 2020)
  16. (en) Andrew Clements, « Schoenberg & Sibelius: Violin Concertos, Hahn/ Swedish Radio Symphony Orch/ Salonen », sur The Guardian, |archive-date= |archive-url =https://web.archive.org/web/20131013051707/http://www.theguardian.com/music/2008/mar/07/classicalmusicandopera.shopping2 |consulté le=
  17. (en) John von Rhein, « Brahms and Stravinsky Violin Concertos Hilary Hahn... » [archive du ], sur The Chicago Tribune, (consulté le 2 octobre 2013)
  18. (en) Zachary Woolfe, « Brahms and Stravinsky Violin Concertos Hilary Hahn... » [archive du ], sur Capital, (consulté le 29 mars 2020)
  19. (en) Stearns, David Patrick, « Hilary Hahn's best disc to date. She gives an excellent performance of Elgar, an Englishman who doesn't always travel well », sur The Philadelphia Inquirer, |archive-date= |archive-url =https://web.archive.org/web/20131012044854/http://articles.philly.com/2004-10-02/entertainment/25390209_1_hilary-hahn-fritz-kreisler-great-concerto |consulté le=
  20. (en) John von Rhein, « Youthful Hilary Hahn delivers beauty, artistry and maturity » [archive du ], sur The Chicago Tribune, (consulté le 29 mars 2020)
  21. (en) « Hilary Hahn » [archive du ], sur The San Francisco Classical Review (consulté le 2 octobre 2013)
  22. (en) « Birthday Concert for Pope Benedict XVI » [archive du .], sur Deutsche Grammophon
  23. (en) Melinda Johnson, « Violinist Hilary Hahn Finds Skaneateles 'Very Peaceful' » [archive du ], sur The Syracuse Post-Standard, (consulté le 29 mars 2020) New-York
  24. (en) Brian Wise, « At Marlboro, They Come to the Vermont Woods to Play, Not To Perform », sur WQXR, (consulté le 29 mars 2020)
  25. [vidéo] Hilary Hahn & Francis Poulenc Trio sur YouTube
  26. (en) Joel, « Concert Violinist Plays Indie-Rock Gigs », sur NP, (consulté le 1er avril 2020)
  27. (en) Ronni Reich, « Respecting fans' good taste: Violinist Hilary Hahn deftly blends the familiar with the obscure », The Newark Star-Ledger, (consulté le 1er avril 2020)
  28. (en) Steve Smith, « Silfra, by Hilary Hahn and Hauschka », sur The New York Times, date=6 juillet 2012 (consulté le 1er avril 2020)
  29. (en) Tom Huizenga, « First Listen: Hilary Hahn And Hauschka, 'Silfra' », NPR, (consulté le 1er avril 2020)
  30. Other musicians cross genres all the time. For me it's not crossover—I just enter their world. It frees you up to think in a different way from what you've been trained to do
  31. (en) Melinda Bargreen, « Hilary Hahn at ease in classical, "jeans and chains" worlds », sur The Seattle Times, (consulté le 1er avril 2020)
  32. (de) « US-Geigerin Hilary Hahn erhält Preis der Dresdner Musikfestspiele », sur Neue Musikzeitung (consulté le 21 novembre 2020)
  33. « Violinist Hilary Hahn gives concerts for babies », sur The Strad (consulté le 1er avril 2017)
  34. (en) « Hahn - Mozart - Wolfgang Amadeus Mozart - Violin Concerto No. 3 in G major, K. 216 » [vidéo], sur youtube.com, , durée : 27:39 min
  35. « Edgar Meyer », sur www.curtis.edu (consulté le 14 avril 2020)
  36. (en-US) « Jennifer Higdon comes out on top - My Big Gay Ears » (consulté le 14 avril 2020)
  37. (en) « Hilary Hahn performs Antón García Abril | A Spanish cultural event in Washington, D.C. on 10/28/2016 », sur SPAIN arts & culture is the official website for the promotion of Spain's arts and culture in the USA (consulté le 14 avril 2020)
  38. Molkhou 1999, p. 32
  39. Disque couronné d'un Diapason d'or no 459, mai 1999.
  40. Ce concerto est composé pour Hilary Hahn. Le compositeur, né en 1960, est aussi contrebassiste et joue souvent avec Yo-Yo Ma. Il est un ami de Hilary Hahn.
  41. Ce concerto a été écrit et dédié à Hilary Hahn par son professeur, récompensé par le prix Pulitzer

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