Henri Walpole

Henri Walpole
Image illustrative de l’article Henri Walpole
Saint
Naissance 1558
Docking
Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Décès  
à York,
Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Nationalité anglaise
Ordre religieux Compagnie de Jésus
Béatification
par Pie XI
Canonisation
par Paul VI
Vénéré par Église catholique
Fête 25 octobre (avec les Martyrs d'Angleterre et du pays de Galles)
7 avril

Henri Walpole, né en 1558 à Docking, Norfolk (Angleterre) et mort (exécuté) le à York (Angleterre), est un prêtre jésuite anglais. Exécuté pour son attachement indéfectible à la foi catholique il est considéré comme martyr par l’Église catholique. Canonisé en 1970 avec les autres martyrs d’Angleterre et Galles il est liturgiquement commémoré le (ou ).

BiographieModifier

Formation et conversionModifier

Né de parents aisés à Docking, Norfolk, en 1558, Henry, fils aîné de Christopher Walpole et de Margery, héritière de Richard Beckham de Narford, fait ses études à l'école de Norwich (1567-1574), puis à Peterhouse, Cambridge. En 1578, comme étudiant en droit et avocat il s’installe à Gray's Inn (Londres).

Lorsqu’Edmond Campion fut exécuté () dans la foule des spectateurs se trouvait un jeune homme de 23 ans: Henry Walpole. Préoccupé par les questions religieuses et déjà porté vers une adhésion à la foi catholique il avait assisté aux débats d’Edmond Campion avec les théologiens anglicans. Il estimait devoir être présent à l’exécution d’un tel témoin de la foi catholique. Lorsque le corps écartelé du martyr fut jeté dans l’eau bouillante une goutte de son sang macula le vêtement de Walpole. Celui-ci en est si profondément ému qu’il y voit l’intervention de Dieu[1]. Son adhésion est emportée: il devient catholique, abandonne le Droit et décide de devenir prêtre.

Jésuite et premiers ministèresModifier

Pour ce faire il entre au collège anglais de Reims le , puis continue sa formation philosophico-théologique au collège anglais de Rome à partir d’. Il entre dans la Compagnie de Jésus le . Pour des raisons de santé Walpole est envoyé au collège écossais de Pont-à-Mousson où il termine ses études. Il est ordonné prêtre le , et est envoyé, première mission, comme aumônier des troupes espagnoles dans les Pays-Bas. Il y est fait prisonnier par les Calvinistes en 1589, et passe un an en prison à Flushing. Libéré il est envoyé enseigner dans les séminaires anglais de Séville et Valladolid. Ce n’est qu’en 1593 que son désir de rentrer comme missionnaire dans son pays natal lui est accordé.

Retour en Angleterre et arrestationModifier

Les ports sur la Manche étant fermés pour cause d’épidémie. Walpole voyage sur un vaisseau français se rendant en Écosse. Après 10 jours de voyage lui-même, son frère et un soldat anglais débarquent la nuit du à Flamborough Head, dans le Yorkshire. Il a à peine fait une dizaine de kilomètres sur la route de York qu’il est arrêté à Kelham, comme prêtre. Il a été trahi par un passager écossais. Walpole n’a pas eu l’occasion d’exercer son ministère sacerdotal...

Transféré à la prison de York il y reste jusqu’en . À plusieurs reprises on l’autorise à sortir des murs pour débattre avec des théologiens anglicans. On cherche à le faire abjurer sa foi catholique. Topcliffe, connu comme le ‘bourreau des prêtres’ vient spécialement dans ce but. Mais Walpole ne fléchit pas.

Torture, condamnation et exécutionModifier

Durant son emprisonnement Walpole a comme lectures son bréviaire et le ‘De Controversiis’ de Bellarmin. Il a le temps également d’écrire, et compose une œuvre ‘Guard yourself against false prophets’. Une autre est en chantier – ‘On the invocation of the saints’ – lorsqu’il est transféré à la tour de Londres par Topcliffe, qui est persuadé qu’il parviendra à faire apostasier le prêtre (bien qu’il ait déjà échoué auprès de Southwell).

 
Graffiti laissé par Henry Walpole sur le mur de sa cellule (Tour de Londres)

Durant son incarcération dans la tour de Londres Walpole est torturé de manière particulièrement brutale et raffinée, car bien que torturé une quinzaine de fois on évitait, à l’instigation de Topcliffe, que cela conduise à une mort prématurée. Les tortures durent un an. Mais aucune parole n’échappe de sa bouche qui puisse le faire accuser d’avoir participé à un complot politique ou renoncé à la foi catholique ou à son attachement au pape comme suprême autorité spirituelle. Henry Walpole grava son nom dans le plâtre d'un mur de la prison l'associant à ceux des saints Pierre, Paul, Jérôme, Ambroise, Augustine et Grégoire le Grand.

Au printemps 1595, Walpole est envoyé à York pour son procès, car c’est dans ce district qu’il fut arrêté. Le il est condamné pour ‘haute trahison’ car il est revenu dans son pays après s’être fait ordonner prêtre à l’étranger. Il refuse de plus de prononcer le ‘serment de suprématie’.

Le le prêtre séculier Alexander Rawlins et Henry Walpole sont emmenés à Knavesmire, le lieu d’exécution, près de la ville d’York, où le premier, Rawlins, est "«pendu trainé et équarri». Les bourreaux espéraient que cette vue fasse plier Henry Walpole. Rien n’y fit. Lui même subit le même traitement; on ne lui laisse pas le temps d’achever ses prières.

Béatifié par le pape Pie IX le Henry Walpole est canonisé par Paul VI le avec un groupe d’autres martyrs d’Angleterre et Galles. Il est liturgiquement commémoré le (ou ).

ÉcritsModifier

  • Two Conferences in the Prison at York with Father Walpole, S.J., An. Dom. 1594 (Related by Himself), dans Letters and Notices, Vol.9 (1873), pp.6-63.
  • Letters of Fr. Henry Walpole, S.J., (édité par A.Jessopp), Norwich, 1873.

BibliographieModifier

  • F. Edwards (ed.), The Elizabethan Jesuits, Londres, 1981.
  • A. Jessopp: One Generation of a Norfolk House, Londres, 1913.
  • C. Tigar: Henry Walpole, S.J., Londres, 1970.

Notes et référencesModifier

  1. Sa profonde émotion religieuse l'inspire à composer un poème sur le témoignage de foi de Campion. il évita – la prudence s’imposait - de le faire imprimer car le ton était nettement anti-élisabéthain