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Gustave van de Woestijne

peintre belge
Gustave van de Woestijne
Gustave Van de Woestyne (1881-1947) - Fuga - MSK Gent 17-03-2009 12-07-23.JPG
Gustave Van de Woestyne (1881-1947) - Fuga - MSK Gent
Naissance
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Gustave van de Woestyne, né à Gand le et mort à Uccle le (à 65 ans), est un peintre, dessinateur et illustrateur belge, membre du premier groupe de l'école de Laethem-Saint-Martin.

BiographieModifier

PortraitModifier

Le père des Van de Woestijne, un industriel gantois, meurt en 1890. Dans ses jeunes années, Gustave se montre insouciant, capricieux, affable, rétif à toute discipline. C'est un doux qui a des gestes obliques, des perplexités et des timidités de séminariste. Il suit les cours de l'Athénée de Gand et, dès ses quatorze ans, fréquente durant quatre ans certains cours de l'Académie de Gand auprès de Jean Delvin et Jules van Biesbroeck l'aîné. Le développement de son talent plastique va de pair avec sa formation musicale, qu'il reçoit de l'organiste J. Verhasselt.

Durant cette période, il entre en contact avec Albert Servaes (1883-1966), Alfons Dessenis (1874-1952) et Jules De Praetere (1879-1947). Il découvre l'œuvre de George Minne (1866-1941), Paul Cézanne (1839-1906) et Vincent van Gogh (1853-1890) à l'occasion des expositions organisées par La Libre Esthétique à Bruxelles.

Cet étonné de tout, ce perpétuel distrait dont le visage à force de rêverie a pris un air boudeur, a le regard à demi caché sous l'arcade sourcilière, une bouche au dessin hésitant, un menton dont les lignes légèrement fuyantes dénotent plutôt la faiblesse que la décision. Sa chevelure est caractéristique : aplatis sur le haut du crâne, ses cheveux se rassemblent en masse compacte et bouclée dans la nuque.

Sa mise toujours recherchée et rare suit les caprices de la mode. Sa façon de parler en aparté et de rentrer en lui-même lui donne des allures de cénobite, sa façon de fixer les choses et de sonder les êtres, des allures d'hypnotiseur[1],[2],[3].

Laethem-Saint-MartinModifier

 
Gustave Van de Woestyne, Le mauvais semeur, 1908, peinture à l'huile sur panneau, Collection De Bode.

À l'âge de 17 ans, il relève de maladie et doit aller en convalescence à la campagne. Sa mère prend l'initiative de l'installer avec son frère Karel à Laethem. Son frère Karel raconte : « Nous occupions notre propre maison sous la garde d'une servante sévère, imposée par la vigilance de notre maman qui voulait nous éviter une bohème facile et menaçante parce que inspiratrice de paresse. Tout était chez nous propre et ordonné comme chez une vieille bigote. À des heures régulières nous mangions une nourriture soignée et bourgeoise ». Le charme du village agissant, le séjour des deux frères, qui n'était prévu que pour quelques mois, se prolonge. Aux diverses raisons de convenance personnelle qui attirent les artistes vers les bois et les vergers de Laethem s'en ajoute une autre, très prosaïque celle-là : l'exceptionnel bon marché de la vie en ce village perdu, vivant quasi de ses propres ressources.

Lui-même considère son séjour à Laethem comme le point de départ de sa carrière de peintre. Quelques jours avant de s'y installer, il détruit l'ensemble de ses travaux exécutés à l'Académie de Gand. De 1899 à 1909 il exécute une série de toiles qui met à l'épreuve sa vocation d'artiste, et connaît une période de grande exaltation mystique.

En 1900, Gustave Van de Woestijne peint Le portrait de madame George Minne et Saint Dominique recevant le Rosaire des mains de la Vierge Marie
En 1901, il peint Le petit portrait, Deeske et Saint Jean Baptiste
En 1902, il devient membre de Open Wegen, le cercle artistique fondé par son frère Karel qui organise des conférences et des concerts. La même année, l'exposition consacrée aux primitifs flamands à Bruges[4] l'impressionne vivement.
En 1903, il visite Paris en compagnie d'Émile Verhaeren. Après le mariage de son frère en 1904, Gustave réside quelque temps à Louvain avec Valerius de Saedeleer.
En 1905, Gustave Van de Woestijne, qui veut se faire moine[5], entre comme novice à l'abbaye bénédictine du Mont-César à Louvain ; après un séjour de trois mois il revient à Laethem, désormais convaincu de sa vocation artistique plutôt que monacale ; il y peint dans un style hiératique le Portrait du curé van Wambeke[6]. Dessenis peint le Portrait de Gustave Van de Woestijne
En 1907, il peint Le Christ eucharistique et le Portrait du docteur Depla
En 1908, Gustave Van de Woestijne épouse Prudence De Schepper et il peint Le mauvais Semeur, la Collection De Bode
En 1909, il peint Les deux printemps et quitte Laethem pour Louvain [7],[2],[3].

Son parcours et ses œuvresModifier

 
Gustave Van de Woestijne (1881-1947) - Portrait de Fabrice Polderman - (1919) - MSK Gent

De Louvain où il passe (1909-1912) des années fécondes et agréables entouré d'amis professeurs d'université et autres[8], il se rend, après un court séjour à Bruxelles, au village de Tiegem[9] où il retrouve son ami De Saedeleer .

En 1910, Gustave Van de Woestijne peint Portrait de ma femme, Portrait de Nandje[10], L'aveugle et dessine le Portrait de Karel Van de Woestijne
En 1911, il peint Hora alba, La cour de sainte Agnès. Son fils Maxime naît la même année
En 1912, il réside à Etterbeek et en 1913 il s'établit à Tiegem où travaille déjà Valerius De Saedeleer. Il y peint Tête de bonne d'enfant
En 1913, il peint le portrait de la "grand-mère" Madame Gevaert
Au printemps 1914, Gustave Van de Woestijne part à Florence en compagnie de Valerius de Saedeleer. À Tiegem, il peint le Portrait de Valerius De Saedeleer, Portrait de Jozef De Craene et Dimanche après-midi. La guerre fait de lui et de sa famille des réfugiés au Pays de Galles de 1914 à 1919.
En 1917, il peint des œuvres de caractère allégorique, dont L'Infirme qui apprend à marcher à un petit enfant
En 1918, il peint Les dormeurs et La Flandre en exil
En 1919, il rentre en Belgique et s'installe à Waregem où il peint La table des enfants
En 1920, il peint Le violoniste aveugle et exécute, à l'entrée de sa maison de Waregem, une fresque intitulée Donner l'hospitalité à l'étranger
En 1921, dans la villa Het rozenhuis à Waregem, il compose Le Christ montrant ses plaies. Il illustre l'œuvre de Stijn Streuvels, notamment Reinaert de Vos
En 1922, il peint Les buveuses de liqueur
En 1923, il peint Gaston et sa sœur, Le peintre dans son jardin, La Vierge et son peintre
En 1924, il expose à la Galerie le Centaure à Bruxelles et part à Vienne
Au printemps 1925, il visite Florence et Venise. La même année, il peint Le Christ offrant son sang et Fugue. Il quitte Waregem pour Malines où il est appelé en qualité de directeur de l'Académie et de l'École industrielle de cette ville ; conjointement, il est nommé professeur à l'Institut national supérieur d'architecture et des arts décoratifs de la Cambre à Bruxelles, fonctions qu'il remplira pendant trois ans
En 1926, il est nommé professeur à l'Institut supérieur des beaux-arts d'Anvers ; il le restera jusqu'en 1947. À Bruxelles se fonde le cercle Les IX dont il fera partie [11]
En 1927, il entreprend avec les étudiants de Malines un voyage à Florence pour y étudier la technique de la fresque
En 1928, il peint L'aveugle à la bouillie et dessine un Portrait de Karel Van de Woestijne
En 1930, au Palais des beaux-arts de Bruxelles une vaste exposition rétrospective intitulée Les tapis de Saedeleer réunit des tapis des Flandres réalisés au point noué, notamment d'après des cartons de Gustave Van de Woestijne
En 1931, la reine Élisabeth de Belgique se rend dans la région de la Lys où elle est reçue par les peintres et écrivains les plus célèbres de Flandre parmi lesquels Gustave Van de Woestijne
En 1934, il expose à la galerie Janus à Anvers
En 1937, il peint Le baiser de Judas. À Bruxelles, fondation de l'association Les compagnons de l'Art groupant des artistes de tendances diverses dont Gustave Van de Woestijne[12]. La ville de Deinze présente une exposition intitulée L'art flamand dans la région de la Lys : les œuvres des principaux artistes de Laethem y figurent
En 1939, il abandonne ses fonctions de directeur de l'Académie de Malines ; il s'installe à Bruxelles et y compose Le Christ dans le désert. Sa production perd peu à peu de sa régularité comme de son ampleur
En 1941, il expose à la galerie Apollo à Bruxelles [13],[2],[14].

Son œuvreModifier

 
Laatste Avondmaal, Gustave van de Woestyne, 1927, Groeningemuseum, 0040054000

Son frère Karel propose de traiter son œuvre par tranches : ce sont le groupe paysan, le groupe religieux et le groupe des expériences personnelles ; dans ce dernier il range surtout les portraits. Inventif, Gustave Van de Woestijne suggère à ses camarades des méthodes picturales délaissées, défend des points de vue inattendus mais féconds, met Albert Servaes sur la voie de l'expressionnisme, oriente Valerius de Saedeleer dans son travail synthétique, contribue à donner à l'art de George Minne sa tournure religieuse. Lui-même a une très étrange façon de travailler : alors que sur le reste de la toile rien n'est encore ébauché, il y dessine et peint un détail (généralement un œil) qu'il achève avec la dernière minutie. C'est à partir de ce point central fignolé à l'extrême que l'œuvre se parachève, en quelque sorte par rayonnement.

Dans une interview[Où ?] datant de 1919, il déclare tout net : « Chaque œuvre est un recommencement. Si deux toiles se ressemblent, cela devient du métier et non de l'art (...) Je n'aime pas les peintres qui se répètent. »

L'influence des préraphaélites et des symbolistes est perceptible dans ses premières œuvres. Son évolution spirituelle et le choix de ses sujets sont peu influencés par les endroits où il passe. À partir de dix-sept ans, alors qu'il réside déjà à Laethem, il se laisse inspirer par les peintres brabançons, brugeois et gantois des XIVe et XVe siècles[15].

À leur manière il peint quelques portraits qui donnent le ton à une bonne partie de ceux qu'il exécutera plus tard. C'est l'époque du Portrait de Madame Minne, Saint Dominique recevant le Rosaire des mains de la Vierge Marie (1900) [16], du Saint Jean-Baptiste, Deeske (1901), du Portrait d'un adolescent, du Portrait de l'abbé Van Wambeke (1905). À Laethem, comme plus tard à Louvain et Tiegem, tel un somnambule à demi décroché du réel, il longe en pensées les berges d'une Lys de rêve, passe devant les fermes à volets verts, toit de chaume et façade d'une blancheur immaculée. Il voit circuler des fées, des Vierges et des anges de son éden. Il entre dans des jardins de légende où vivent des arbres aux branches contorsionnées. Soudain il se trouve face à face avec un visage de paysan, muet et ridé comme celui d'une momie. C'est tour à tour Quelqu'un s'en est allé, Fumée d'opium, Le Jardin au paon, La Cour de sainte Agnès, Le Bêcheur, L'Aveugle, Tête de vieux paysan, Tête d'homme, les paysans Kerkhove et Deeske. La vie quotidienne est peuplée de personnages impalpables telle cette Vierge qui surgit à l'avant-plan de Dimanche après-midi. Une brume légère s'élève et rend les tons laiteux. Dans les forêts lunaires, des branches d'arbres pareilles à des bras crispés cherchent à s'étirer, un soleil de minuit se mire dans une eau glauque, des falaises crayeuses se dressent comme des murs, des oiseaux au vol lourd apportent des présages, et c'est Hora alba, Le Printemps, L'Éternel reflet.

De Flandre, la pensée du peintre vogue vers l'Angleterre des allégories de Burne-Jones et des personnages portraiturés par James Whistler : relèvent de cette inclination Jésus-Christ au jardin des fontaines, le Portrait de l'aïeule et le Portrait du docteur Depla. Exilé en Angleterre, c'est la Flandre de Bruegel qui lui revient en mémoire. Mais il n'en aperçoit les gens qu'au travers d'un voile argenté, un voile qui estompe leurs contours et en fait les figures fantomatiques d'un pays irréel. Dans cet esprit, il exécute quelques grandes toiles : Les dormeurs, L'exil de la Flandre, Ma petite fille au Pays de Galles, L'infirme qui apprend à marcher à un petit enfant (1917). Le pinceau qui maintes fois travaillait en tapotant change bientôt de méthode, ses mouvements se font précis comme ceux d'un bistouri : ainsi sont peints La table des enfants, Le peintre devant sa fenêtre, Le violoniste aveugle, La nature morte aux fruits. Cependant son esprit de recherche ne connaît pas de répit : certaines réminiscences des primitifs italiens et de l'art de Byzance se glissent dans ses tableaux. Ainsi peint-il Visitation, Donner l'hospitalité à un étranger, Adam et Ève, Le Christ montrant ses plaies.

Après son retour de Grande-Bretagne, son œuvre évolue vers sa propre forme d'expressionnisme, où son style, malgré la déformation utilisée, demeure réaliste et techniquement sublime. La déformation des figures, comme chez beaucoup d'expressionnistes, a produit chez lui ses propres caractéristiques.

Le vent de modernisme qui dans l'entre-deux-guerres secoue l'art européen atteint par contrecoup le flexible Van de Woestijne. Des éléments de composition cubiste (Fugue, Azur, Les buveuses de liqueur) et véristes (Portrait de M. De Zutter, Double portrait de M. et Mme Van Herrewege) apparaissent chez Van de Woestijne. Une talentueuse phalange de peintres flamands se lance dans l'expressionnisme, il emboîte le pas et exécute quelques œuvres expressionnistes capitales : Gaston et sa sœur, Notre-Dame des sept douleurs, Études pour la dernière cène.

Quittant l'outrance moderne, il interroge celle d'un Matthias Grünewald et compose son étonnant Jésus-Christ nous offrant son sang. Suit une période de grands panneaux décoratifs : La mère et son enfant, Modèle pour la Vénus de Milo, et surtout La Cène, une toile de douze m² [17],[2],[18].

En 1979 est paru à titre posthume son livre de souvenirs, Karel en ik - Herinneringen (« Karel et moi - Souvenirs »).

Collections publiquesModifier

Sa production picturale est évaluée à 400 œuvres (on a perdu la trace de quelques-unes).

  • Ami très apprécié des van Buuren, il leur a vendu pas moins de 19 tableaux (dont La table des enfants et La cour de sainte Agnès) exposés dans leur maison devenue musée, le musée Alice et David van Buuren
  • Dimanche après-midi, Portrait de Mme De Graaff, Le Christ offrant son sang, Nature morte, Le baiser de Judas aux Musées royaux des beaux-arts de Belgique à Bruxelles
  • Portrait de ma femme, Tête de paysan, Paysan le soir, Petite paysanne, Fugue, Le Christ au désert et Jésus-Christ nous offrant son sang au Musée des beaux-arts de Gand
  • Les dormeurs ou Les mauvais bergers, L'aveugle, Les deux printemps, Le Christ montrant ses plaies, Les buveuses de liqueur, Gaston et sa sœur au Musée royal des beaux-arts d'Anvers
  • L'homme qui ne veut pas voir et L'infirme qui veut apprendre à marcher à un petit enfant au Musée de Deinze et du pays de la Lys
  • Violoniste mendiant au Musée des beaux-arts de Liège
  • La dernière cène au Musée Groeninge de Bruges [19]

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Paul Haesaerts 1982, p. 70/146/155
  2. a b c et d Claire Van Damme 1995
  3. a et b Firmin Van Hecke 1949, p. 6
  4. Les primitifs flamands à Bruges
  5. De 1905 à 1908, il soignera occasionnellement des malades à Louvain.
  6. Le curé du village, l'abbé van Wambeke de Portemont est un homme éminemment sympathique, d'esprit cultivé et ouvert. Il ouvre aux artistes son presbytère et son jardin aux splendides arbres fruitiers et met à leur disposition sa bibliothèque aussi bien que sa cave.
  7. Paul Haesaerts 1982, p. 20/70/73/146/156
  8. Il s'y lie d'amitié avec Alfred Delaunois, peintre de moines et d'intérieurs de couvent.
  9. Non loin du Lijsternest de Stijn Streuvels dont il a illustré en 1908 la réédition de Reinaert De Vos.
  10. Le prénom néerlandais Nandje est le diminutif de Nand = Ferdinand.
  11. Neuf artistes flamands en faisaient partie : Gustave Van de Woestyne, Frits Van den Berghe, Hippolyte Daeye, Jespers, Willem Paerels, Constant Permeke, Ramah, Gustave De Smet et Edgard Tytgat.
  12. Une première et vaste exposition du groupement Les compagnons de l'Art a lieu au Palais des beaux-arts de Bruxelles en 1938 : l'œuvre de chacun des principaux artistes de Laethem y est largement représentée.
  13. Paul Haesaerts 1982, p. 20-22-25/156
  14. Firmin Van Hecke 1949, p. 7
  15. En compagnie de son frère, il fait de nombreuses visites à la fameuse exposition brugeoise de 1902 consacrée aux primitifs flamands, qui ont fortement influencé son style. L'influence des maîtres anciens se voit surtout dans ses nombreux portraits. Les tableaux religieux, souvent situés dans la région rurale de la Lys, sont probablement imités de Pieter Brueghel l'Ancien.
  16. Tableau d'autel qu'il offrira en 1905 à l'église de Laethem.
  17. Paul Haesaerts 1982, p. 19-24/155/157-158/161
  18. Firmin Van Hecke 1949, p. 7-8
  19. Firmin Van Hecke 1949, p. 1-24

Voir aussiModifier

SourceModifier

BibliographieModifier

  • Paul Haesaerts, Laethem-Saint-Martin : Le village élu de l'art flamand, Anvers, Fonds Mercator, , 523 p.
  • André De Ridder, Laethem-Saint-Martin, colonie d'artistes, Bruxelles, Lumière, , 381 p.
  • Claire Van Damme, Dictionnaire des peintres belges, Bruxelles, La Renaissance du livre, (lire en ligne)
  • Firmin Van Hecke, Gustave van de Woestijne, Anvers, De Sikkel, , 16+24 p.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier