Guilhem Bélibaste

Plaque commémorative.

Guilhem (ou Guillaume) Bélibaste, né vers 1280 à Cubières-sur-Cinoble, est le dernier "bon homme" ou "parfait" cathare occitan connu. Il fut brûlé vif en 1321 à Villerouge-Termenès.

Il naît à Cubières-sur-Cinoble dans une famille acquise à la cause cathare. Vers 1305, dans une bagarre, il tue Barthélémy Garnier, un berger de Villerouge-Termenès. Reconnu coupable, il fuit en abandonnant femme, enfant et biens[1].

Pour se racheter, il se rend auprès des cathares où il est initié et bientôt ordonné "parfait" à Rabastens chez Philippe d'Alayrac, où il fait la connaissance de Raymond de Castelnau, l'un des derniers parfaits de l'époque. Capturé avec ses compagnons et enfermé au "Mur", la prison de Carcassonne, il parvient à s'enfuir en Catalogne, où, après avoir passé quelque temps en Empordà, il se fixe bientôt près de Valence, dans la cité médiévale de Morella. Il exerce sa fonction de prédicateur auprès d'une petite communauté cathare, constituée notamment d'exilés occitans, dont la plupart établis à Sant Mateu sont des réfugiés originaires du village de Montaillou en haute Ariège. Il fait quelques entorses à la règle, en ayant notamment un enfant avec sa concubine, Raymonde Marty. En début de grossesse craignant de voir son autorité spirituelle s'effondrer, il fait endosser la paternité de l'enfant à Pierre Maury (en), berger de Montaillou et son ami d'enfance, en organisant leur mariage précipité, qu'il casse rapidement par jalousie tout en faisant croire que l'enfant est le fruit des joies de la nuit de noces.

Le château de Villerouge-Termenès, où Belibaste fut brûlé vif.

Belibaste est trahi par Arnaud Sicre, un "fidèle cathare" agent double envoyé par l'Inquisition, motivé à la fois par le désir de venger la mort de sa mère, brûlée au bucher en tant que fidèle hérétique mais également par cupidité. Sicre le convainc de rentrer en Languedoc pour se faire ré-ordonner "parfait", il est arrêté sur la route de Tirvia, incarcéré au château de Castelbòn[2] (près de Seu d'Urgell) qui appartenait au comte de Foix, jugé à Carcassonne, et brûlé vif dans la cour du château de Villerouge-Termenès[3] qui appartenait à l'archevêque de Narbonne. Le choix de Villerouge semble dicté par la volonté de montrer la puissance de la justice qui avait condamné par contumace Guilhem Belibaste pour le meurtre d'un berger originaire précisément de Villerouge[1].

Au château de Villerouge-Termenès, le parcours guidé avec des mannequins, commentaires audio et vidéo, permet de s'immerger complètement dans le monde de Guilhèm Belibaste et des derniers cathares.

BibliographieModifier

Sources historiquesModifier

ÉtudesModifier

  • Jean Duvernoy, L’inquisition à Pamiers, Toulouse : Privat, 1966, 237 p.
  • René Nelli, Bélibaste, La vie quotidienne des cathares en Languedoc au XIIIe siècle, Paris, 1969, p. 283.
  • Mathias Delcor, L' « Ascension d'Isaïe » à travers la prédication d'un évêque cathare en Catalogne au quatorzième siècle, Revue de l'histoire des religions, tome 185, n°2, 1974. pp. 157-178.
  • Emmanuel Le Roy Ladurie, Montaillou, village occitan de 1294 à 1324, Gallimard, 1975.
  • Anne Brenon, Le vrai visage du Catharisme, Portet-sur-Garonne : Loubatières, 1988, p. 258, p. 269-272.
  • Anne Brenon, Bélibaste, Les audois, dictionnaire biographique, Carcassonne : Association des amis des Archives de l'Aude/Fédération audoise des œuvres laïques/Société d'Études scientifiques de l'Aude, 1990, p. 60.
  • Caroline A. Muessig, Medieval Monastic Preaching, Leiden : Brill, 1998, 368 p.
  • René Weis, The yellow cross : the story of the last Cathars : 1290-1329, New York : A. A. Knopf, 2001, 399 p.
  • René Weis, Les Derniers Cathares 1290-1329, Paris, Taillandier, 2016, 548 p., préface d'Emmanuel Le Roy-Ladurie.
  • Cristana Núñez Cuesta, Bélibaste : tourisme littéraire, thèse, Turisme - Universitat de Girona, 2004.
  • Christiane Amiel, La fin des derniers cathares ou le retour de Bélibaste, Lengas : revue de sociolinguistique, n° 61, 2007, pp. 73-99.
  • Stephen O'Shea, The Perfect Heresy : The Life and Death of the Cathars, London : Profile, 2011, 272 p.
  • Andrew Philip Smith, The Lost Teachings of the Cathars : Their Beliefs and Practices, London : Watkins Media Ltd, 2015, 256 p.
  • Carles Gascón Chopo, Los caminos de la disidencia : dinámicas del catarismo a través de los Pirineos (siglos XII-XIV), La montagne comme terrain d’affrontements, Paris: Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2019, 14 p.

Articles de presseModifier

Bélibaste dans les oeuvres de fictionModifier

  • Henri Gougaud, Bélibaste, Points, 1982. [Roman historique].
  • Henri Gougaud, Les Cathares, brève histoire d'un mythe vivant, Points collection, 1997.
  • Claude Pelet, Gauthier Langlois, Dominique Baudreu, L’Aude dans l’Histoire, Béziers : Aldacom, 2006, 56 p. [Bande dessinée historique].
  • Michel Gayraud, Bélibaste, téléfilm co-produit par France 3 télévision, 2000.
  • Giovanni Braida, Guillaume Bélibaste, l'ultimo perfetto : romanzo cataro, Viareggio (Lucca) : M. Baroni, 2003, 407 p.
  • Serge Pey, Nihil et consolamentum : bâtons et poèmes cathares, suivi du recueil Les pieds de Belibaste, traduit du français vers l'occitan par Alem Surre Garcia, Toulouse : Délit éd., impr. 2009, 228 p.
  • Víctor Amela, El Cátaro imperfecto, B Ediciones Libri, 2013, 368 p. [Roman historique].
  • Jesus Avila Granados, Bélibaste, le dernier cathare, éditions Cairn, . [Roman historique].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Gauthier Langlois, « Notes sur quelques documents inédits concernant le parfait Guilhem Bélibaste et sa famille », revue Heresis, Centre d’Études Cathares, no 25,‎ , p.130-134.
  2. ca:Castellbò
  3. Le Livre des sentences de l'inquisiteur Bernard Gui (1308-1323)