Ouvrir le menu principal

Le gué de Blanquetaque (Blanche Tache en picard) est un ancien passage à gué de la Somme, situé à proximité de son embouchure[1].

L'ancienne "renclôture"
Vue panoramique sur l'ancienne digue, prise depuis l'emplacement du Chalet du gué de Blanquetaque - Commune de Port-le-Grand

Ce gué a permis le passage des hommes et des soldats des armées d'invasion durant des siècles (et peut-être depuis la Préhistoire). « Entre les deux marées, 12 hommes de front peuvent y passer, il y a peu d'eau, et le fond est solide » écrivait à son sujet l'historien M. de la Hode en 1738[2]. Il a aussi permis à des animaux domestiques ou sauvages, de mai à fin août, de traverser cette partie large et plate de la vallée de la Somme à marée basse, et plus facilement en période d'étiage.

Il sera moins utilisé après la construction des ponts d'Abbeville et inutilisable après la construction, pour les besoins de la navigation, des écluses et du canal maritime de la Somme (1786-1827).

Depuis cette époque, les travaux ont empêché la remontée spontanée vers le nord de certains animaux sauvages (ou du bétail) qui pouvaient là traverser à gué. En amont, les écluses ont aussi artificiellement entretenu un niveau haut des eaux en période d'étiage, de même que - localement - la réduction, la rectification et le recalibrage du lit mineur de la Somme.

Actuellement, on voit encore la digue ou "renclôture", construite par des paysans au Moyen Âge pour gagner des terres sur la mer[3].

Sommaire

Situation et origineModifier

Le gué de Blanquetaque reliant la rive droite à la rive gauche de la Somme est situé entre Port-le-Grand et Noyelles-sur-Mer au nord et Saigneville au sud[4].

Ce furent les marins qui nommèrent ce lieu Blanquetaque, c'est-à-dire tache blanche, car le point le plus apparent de la falaise crayeuse forme au-dessus de Port-le-Grand une longue bande de couleur blanche.
C'est donc à 1 200 ou 1 500 m environ à l'aval de ce village, que se trouvait ce passage.

Sur tous les points de la Somme, depuis Port-le-Grand jusqu'au Crotoy, le fond de la rivière était mobile comme ses flots. Chaque marée le creuse ou l'exhausse alternativement, mais le gué de Blanquetaque n'a jamais varié.

Dans les longues guerres du Moyen Âge il a toujours servi de passage aux nombreuses armées qui ravagèrent le pays, notamment en 1346, lors de la bataille du gué de Blanquetaque qui mènera deux jours plus tard à la bataille de Crécy.

HistoriqueModifier

 
Le Chalet du gué de Blanquetaque

BibliographieModifier

  • Vivre en Somme, magazine périodique du conseil général de la Somme, octobre 2009, p. 14[13]
  • Le Canal de la Somme, un ouvrage d'art comme une invitation à découvrir le paysage (suivi de Mémoire sur le canal du duc d'Angoulême par M. Brière de Mondétour, ingénieur des Ponts et Chaussées, mai 1821), Hélène Izembart et Bertrand Le Boudec, CAUE de la Somme, 302 p., avril 2005

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

RéférencesModifier

  1. a et b « Boismont, son donjon et le gué de Blanquetaque », sur boismont.wordpress.com (consulté le 15 janvier 2019)
  2. (1738) Histoire Des Révolutions De France: Où l'on voit comment cette Monarchie s'est formée, & les divers Changemens qui y sont arrivez par rapport à son Etendue & à son Gouvernement : On y a joint des Remarques Critiques, & les Fastes Des Rois De France, depuis Clovis jusqu'à la Mort de Louis XIV (Livre numérique Google), 628 pages
  3. Panneau d'information situé sur le site mis en place par le Syndicat mixte Baie de Somme - Grand littoral picard, puis
  4. Une histoire de picard : la légende du gué de Blanquetaque
  5. Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet page 146
  6. Choix de chroniques et mémoires sur l'histoire de France, Volume 8 page 691
  7. Un peu d'histoire
  8. Notes sur Balthazar de Fargues
  9. pièces généalogiques des Méalet de Fargues
  10. Gazette de France, Volume 2 page 140
  11. « Des zones humides d'intérêt international », Baie de Somme, no 72,‎ , p. 16-17 (lire en ligne)
  12. « La folie du marais », Baie de Somme, no 77,‎ automne-hiver 2017, p. 16-17 (lire en ligne)
  13. http://www.somme.fr/images/pdf/Nos-publications/VES/ves-2009-10-n42.pdf