Groupement de commandos de montagne

Écusson du Groupement de commandos de montagne.

Le groupement de commandos de montagne (GCM) est l'unité d'élite opérationnelle de la 27e brigade d'infanterie de montagne.

HistoriqueModifier

 
Des militaires français du groupement de commandos de montagne au nord-est de Gao, en , lors de l'opération Barkhane.

Les GCM sont les héritiers directs des URH 27 (Unités de recherche humaine) composées à cette période des sections de renseignement (SR), ces dernières ayant succédé aux sections d'éclaireurs skieurs (SES) de la Seconde Guerre mondiale.

Pertes sur théâtres d'opérationModifier

AfghanistanModifier

La disparition de l'adjudant Laurent Pican[1], tué le lors d'une mission en Afghanistan, révèle l'existence du groupement de commandos de montagne qui n'avait alors pas été rendue publique.

Deux sous-officiers, le major Mohammed El Gharrafi[2],[3] et le sergent-chef Damien Zingarelli[4], tous deux membres du GCM du 2e régiment étranger de génie et déployés au sein du Battle Group TIGER, Task Force La Fayette (TFLF), sont abattus le , à l’occasion de l’opération « Hunting Spear 2 » en vallée de Tagab.

Ces deux militaires sont les deux premières victimes françaises en Afghanistan[5] d'un « green on blue » : une attaque par des soldats afghans (ANA) qui trahissent et se retournent contre des forces occidentales alliées.

Bande sahélo-saharienneModifier

Le , au sud d'In Delimane (Nord-Est malien), lors d'une opération antiterroriste nocturne, deux hélicoptères du commando se percutent. La totalité des équipages décèdent lors du crash[6]. Six membres des GCM sont identifiés parmi les victimes[7] :

  • le capitaine Romain Chomel de Jarnieu, intégré depuis plusieurs années au sein du 4e RCH, il était devenu chef d’équipe commando GCM ;
  • l'adjudant Jérémy Leusie avait rejoint le GCM du 93e RAM en février 2018 ;
  • le sergent-chef Andreï Jouk, engagé en 2008 au sein de la Légion étrangère, il avait choisi de rejoindre le 2e REG et a pu par la suite intégrer le GCM ;
  • le maréchal des logis-chef Valentin Duval, qui après avoir rejoint l'EMHM en 2017, intégrait le GCM du 4e RCH en qualité de chef de cellule radio ;
  • le maréchal des logis-chef Antoine Serre, passé également par l'EMHM, il intégrait le GCM du 4e RCH ;
  • le maréchal des logis-chef Alexandre Protin faisait partie du 4e RCH depuis 2009, devenu équipier GCM, il en était à sa troisième mission au Sahel.

Organisation et conditions opérationnellesModifier

Une centaine de commandos forment le groupement de commandos de montagne et sont répartis comme suit :

Selon l'Armée de terre, les capacités attendues des commandos du GCM sont multiples. Les compétences initiales des anciennes sections de renseignement de l'URH 27 se sont vues complétées par l'apport de techniques militaires à caractère plus offensif.

Les sections de renseignement (des sections composées à l'époque de la conscription à 50 % d'appelés VSL et 50 % d'engagés) étaient reconnues pour leurs capacités hors normes en haute-montagne et par froid extrême[9],[10]. Ces équipes ont été surnommées les « Invisibles » pour leur actions de renseignement en terrains difficiles.

Le terme mis à la conscription en 1997, sur décision du Président de la République française Jacques Chirac, a entraîné une évolution des sections de renseignement et de leur emploi dans le cadre de la professionnalisation des armées françaises. La création des GCM a permis alors d'apporter la composante offensive à ces sections et de renforcer leur appartenance aux forces spéciales. Les GCM sont absolument mobilisables sur demande du Commandement des opérations spéciales (COS) dans le cadre de missions conventionnelles[11],[12].

Leurs capacités opérationnelles se composent comme suit :

  • renseigner au contact et dans la profondeur (derrière les lignes ennemies) sur zone, axe, carrefour, et ce de jour comme de nuit, le personnel étant camouflé en surface ou bien sous terre (caches). Cette spécificité de poste est désignée sous le terme « observateur montagne ». Les techniques et moyens utilisés dans ce contexte opérationnel sont proches — car très directement inspirés — de ceux des équipes de renseignement du 13e régiment de dragons parachutistes ;
  • faciliter la mobilité d'autres unités : traces pour les approches délicates en ski de randonnée, aide au franchissement vertical en configuration de combat (équipement de parois et crêtes) ;
  • opérer des actions offensives limitées, telles que des aides à l'arrestation de criminels (en collaboration avec la police judiciaire par exemple) ou encore l'arrestation de responsables de premier plan recherchés par la Cour pénale internationale[13], l'extraction d'otage[14], etc. ;
  • aide à l'exfiltration de personnels civils par tout moyen, y compris par vols tactiques crépusculaires en parapente bi-places (une spécificité propre aux GCM, héritée des tests menés dans les années 1990 au sein des Sections de renseignement). Le vol crépusculaire en parapente consiste en un vol effectué après le coucher du soleil ou avant son lever[15],[16],[17]. Il s'effectue à l'aide d'appareils de vision nocturne à intensificateur de lumière de dernière génération, et de matériels de vol type GPS. Ce type de vol est absolument interdit dans le domaine civil ;
  • guider des frappes (artillerie, missiles sol-air) dans la profondeur et en observer les résultats (un savoir-faire tenu initialement par la section EOP puis BRB-S rattachée au 93e régiment d'artillerie de montagne).

Cette liste d'objectifs multiples n'est pas restrictive : ainsi les commandos du GCM engagés en Afghanistan le sont comme Operational Mentoring Liaison Teams (OMLT), en charge de la formation et de conseillers des militaires de l’Armée nationale afghane. Leurs actions sur le terrain afghan, ou sur les territoires de la bande sahélo-saharienne (rotation des équipes GCM dans le cadre de l'opération Spartan), se sont également illustrées par des opérations de renseignement auprès des populations, des actions d'ordre tactiques comme stratégiques en milieux montagneux et désertiques.

Pour emploi, le GCM dépend de l'état-major de la brigade, mais ses sections et ses groupes restent intégrés dans les différentes unités de la brigade (chaque unité pouvant donc utiliser la section GCM qui lui est rattachée pour un usage propre, hors temps de crise et de nécessité d'opération spéciale).

RéférencesModifier

  1. « Adjudant-chef Laurent PICAN », sur https://www.ecpad.fr/ (consulté le 5 mai 2020)
  2. « La biographie de l'Adjudant-chef Mohammed el-Gharrafi, tué en Kapisa le 29 décembre », sur www.lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr, (consulté le 5 mai 2020)
  3. « Major Mohammed Larbi Elgharrafi », sur https://www.lechevron.fr/images/articles/promotions/propatria/333_EL-GHARRAFI.pdf, -- (consulté le 5 mai 2020)
  4. « La biographie de l'adjudant-chef Mohammed el-Gharrafi, tué en Kapisa le 29 décembre », sur www.defense.gouv.fr, (consulté le 5 mai 2020)
  5. « Cérémonie d’hommage au Major El Gharrafi et au Sergent-chef Zingarelli », sur www.defense.gouv.fr, (consulté le 5 mai 2020)
  6. « Mort de treize militaires en opération au Mali », sur www.defense.gouv.fr, (consulté le 5 mai 2020)
  7. « Qui sont les 13 militaires morts pour la France au Mali ? », sur http://www.opex360.com, (consulté le 5 mai 2020)
  8. « Commandos en Afghanistan », sur www.youtube.com
  9. « 2017 - Uppick : Mission de formation des commandos montagne en milieu froid », sur https://www.youtube.com, (consulté le 11 avril 2020)
  10. « Les Commandos Montagne s'entraînent au Groënland », sur https://www.youtube.com, (consulté le 30 mars 2020)
  11. « Le renforcement des forces spéciales françaises, avenir de la guerre ou conséquence de la crise ? », sur www.senat.fr, (consulté le 2 mai 2020)
  12. « Embarqué avec le Groupement Commando Montagne », sur https://www.youtube.com, (consulté le 30 mars 2020)
  13. « Hélicoptères de combat mobilisés mercredi soir autour de Clermont », sur www.lamontagne.fr, (consulté le 2 mai 2020)
  14. « Groupement Commando Montagne 2017 », sur https://www.youtube.com, (consulté le 30 mars 2020)
  15. « Bientôt un nouveau parapente pour l'Armée de Terre », sur http://matpara.wifeo.com/, (consulté le 29 mars 2020)
  16. « Formation parapente pour les groupements de commando de montagne », sur www.defense-sudest.fr, (consulté le 21 février 2020)
  17. « Le parapente ne compte pas pour la solde à l'air », sur www.lopinion.fr, (consulté le 21 février 2020)

Voir aussiModifier

SourcesModifier

  • « L'URH 27, des alpins très spéciaux », magazine Terre Magazine, mensuel d'information et de liaison de l'Armée de terre, mai 1996, numéro 73, page 23.
  • « Les commandos de montagne », magazine RAIDS, no 261, .
  • Soldats de Montagne - revue semestrielle (depuis janvier 2013) de la Fédération des soldats de montagne (FRESM).

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Éric Denécé, Histoire secrète des forces spéciales : De 1939 à nos jours, France, Nouveau Monde Éditions, 18 février 2010, 470 p. (ISBN 978-2847364958)
  • Arnaud Borremans, Le statut juridique des unités françaises d’opérations spéciales, France, Université Panthéon-Assas – Paris II, Master recherche Sécurité et Défense, 2012, 93 p.
  • Philippe Poulet, Commandos montagne - 27e brigade d'infanterie de montagne, France, Mission connaissance-Hommes d'action, 1er janvier 2013, 55 p. (ISBN 979-10-90936-11-9)

Lien externeModifier