Groupe Bélier

Groupe Bélier
Image illustrative de l’article Groupe Bélier
Situation
Région Drapeau de la Suisse Suisse
Drapeau du canton du Jura Jura
Drapeau du canton de Berne Berne
Création juillet 1962
Type Organisation destinée à rassembler la jeunesse séparatiste jurassienne
Domaine Question jurassienne
Siège Tavannes (BE)
Langue français
Organisation
animateur Jonathan Gosteli
(depuis 2018)
Personnes clés Marcel Brêchet
Michel Gury
Dépend de Rassemblement jurassien (jusqu'en 1981)

Le Groupe Bélier est un mouvement autonomiste de la jeunesse du canton du Jura en Suisse, fondé en juillet 1962, dans le cadre de la question jurassienne.

La dénomination du groupe s'inspire de l'arme antique qui servait à enfoncer portes et fortifications.

Les organes du Groupe Bélier sont l'Assemblée des responsables locaux, le Comité jurassien et l'Animateur principal. Ses adhérents se recrutent parmi la jeunesse autonomiste. Ses membres sont âgés de 16 à 32 ans environ.

HistoireModifier

Fondée, en par le Rassemblement jurassien (RJ), à l'initiative, notamment, de Marcel Brêchet et de Michel Gury, Le Groupe Bélier est une organisation destinée à rassembler la jeunesse séparatiste jurassienne.

Dès 1965, le groupe organise annuellement une Fête de la jeunesse jurassienne à Porrentruy.

En , il fusionne avec le mouvement Jeunesse-Sud, son pendant pour le Jura bernois.

La séparation du Jura Nord et du Jura Sud intervenue avec les plébiscites de 1975, et institutionnalisée dès 1979, avec l'entrée en souveraineté du canton du Jura, crée de nouvelles conditions politiques qui obligent le Groupe Bélier à se remettre en question et à se restructurer. Aujourd'hui, composé d'une nouvelle génération au contact d'une situation politique bien différente, il n'en continue pas moins de poursuivre son propre chemin.

Depuis , le Groupe Bélier n'est plus affilié au Rassemblement jurassien [1].

Actions du Groupe BélierModifier

Dès 1962, une série d'actions-chocs menées par le Groupe Bélier tentent de forcer le canton de Berne et la Confédération à trouver une solution au problème jurassien [2]:

  • , à l'occasion de la Fête du Peuple jurassien, plus de 300 jeunes en chemise blanche ont défilés, précédés par un énorme tronc porté.
  • Nuit du 8 au , 60 Béliers ont répandu 300 000 tracts rédigés en langue allemande dans les localités du canton de Berne. Le but de sensibiliser la population au problème jurassien.
  • , opération « Big Lift » : 500 jeunes jurassiens ont distribué 10'000 tracts dans la capitale afin d'inviter les bernois à répondre favorablement à l'appel du conseiller fédéral Friedrich Traugott Wahlen qui préconisait l'ouverture de pourparlers entre Berne et le Jura.
  • En 1964, le Groupe Bélier a souhaité publier une brochure relatant la lutte jurassienne, principalement à l'intention de la jeunesse. Il aspirait par ce biais à donner de la valeur à ses actions par une justification de l'histoire. Francis Huguelet, instituteur né à Vauffelin, a rédigé le livre Pourquoi je suis autonomiste, tiré à 6'000 exemplaires. La parution a rapidement été épuisée et son auteur l'a complétée en 1967 à l'occasion d'une deuxième édition.
  • , opération « Tuyau de poêle » : Le Gouvernement bernois, qui souhaitait inaugurer l'Ecole ménagère de Porrentruy, avait interdit toute manifestation autonomiste lors de sa venue dans le Jura. Le Groupe Bélier a profité d'un congrès organisé le jour même par les ramoneurs du canton pour coiffer 300 de ses membres d'un haut de forme et les habiller de noir. Déguisés, les jeunes militants organiseront finalement un monôme en face de l'école ménagère.
  • , opération « objecteurs-patriotes » : Des militants du Groupe Bélier se débarrassent en public de leurs effets militaires dans le hall du Palais Fédéral.
  • , 20 jeunes du Bélier se sont barricadés dans la préfecture de Delémont avec nourriture, boissons, matériel de transmission, haut-parleurs, drapeaux et une banderole « Jura Libre ». Le bâtiment a été occupé durant une vingtaine d'heures. Parallèlement, un millier de militants stationneront devant la préfecture, empêchant toute intervention policière.
  • , Des militants du Groupe Bélier font éruption dans la salle du Conseil national lors de l'élection du président de la Confédération Ludwig von Moos.
  • , à l'occasion d'une rencontre du championnat du monde de hockey sur glace qui s'est déroulée à Berne, le Groupe Bélier a profité d'une interruption de jeu pour lancer sur la glace des palets aux couleurs jurassiennes. Huit jeunes munis de drapeaux jurassiens et d'une banderole « Jura Libre » ont également réussi à faire irruption sur la glace devant 11'000 spectateurs médusés. La rencontre entre la Suède et la Tchécoslovaquie était retransmise en eurovision.
  • , opération « Bric-à-brac » : de nombreux jeunes jurassiens munis de drapeaux et d'une banderole portant l'inscription « Rathaus = maison close » prennent place sur les marches de l'hôtel-de-ville de Berne. Les deux entrées du vénérable bâtiment seront murées en un temps record.
  • , opération « Macadam » : Lors d'une manifestation du Rassemblement jurassien sur la place Fédérale, une poignée de jeunes militants du Groupe Bélier décharge goudron, sable, pelles et seaux et arrête les trams et trolleybus. Sur près de 300 mètres, les rails du tram de la Spitalgasse sont goudronnés. Une affiche proclame : « Les Jurassiens aident les Bernois à faire leurs routes ! ».
  • , une trentaine de membres du Groupe Bélier, pénètre dans les locaux de l'ambassade de Suisse à Paris. Ils déploient de grands drapeaux jurassiens aux fenêtres ainsi que deux calicots portant les inscriptions « Liberté pour le Jura suisse » et « Ambassade occupée ».
  • 1973, les membres du Groupe Bélier prennent le contrôle de l'ambassade de Suisse à Bruxelles.
  • 1991, action dans plusieurs villes de Suisse afin de dénoncer l'inertie des autorités fédérales dans la Question jurassienne.

Le groupe effectue également une opération nommée « Emblèmes jurassiens » consistant à dresser un mat porteur d'un drapeau jurassien dans chaque localité du Jura.

Les animateurs du Groupe Bélier depuis 1963 [3]Modifier

  • Pierre Beuret (1963-1964) ;
  • Bernard Varrin (1964-1969) ;
  • Gabriel Roy (1969-1970) ;
  • Pierre Grimm (1970-1971) ;
  • Jean-Claude Montavon (1971-1978) ;
  • Michel Houlmann (1978-1981) ;
  • Francis Spart (1981-1984) ;
  • Jean-Marc Baume (1984-1985) ;
  • Didier Carnazzi (1985-1988) ;
  • Jean-Luc Juillerat (1988-1991) ;
  • Daniel Pape (1991-1993) ;
  • Jean-Marie Frésard, vice-animateur, il assure l'intérim (1993-1996) ;
  • Karim Boukhris (1993-1996) ;
  • Blaise Willemin (1996-1999) ;
  • Gérald Jeanneret (1999-2003) ;
  • David Herdener (2003-2006) ;
  • Marc Freléchoux (2006-2010) ;
  • Clément Piquerez (2010-2018) ;
  • Jonathan Gosteli (2018- ).

Article connexeModifier

Voir aussiModifier

Liens internesModifier

Liens externesModifier

RéférencesModifier

  1. « Groupe Bélier », sur diju.ch (consulté le 18 novembre 2018)
  2. « Le Groupe Bélier », sur MAJ.ch (consulté le 18 novembre 2018)
  3. « Groupe Bélier », sur diju.ch (consulté le 18 novembre 2018)