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Mahmoud Ghazan Khan

ilkhan mongol de la Perse
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Mahmoud Ghazan Khan
GhazanOnHorse.JPG
Fonction
Khan
Ilkhanat
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 32 ans)
QazvinVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Activité
Famille
Gengiskhanides, Houlagides (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Père
Beau-parent
Buluqhan Khatun (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoint
Autres informations
Religions
Islam (depuis ), bouddhisme (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
La conversion de Ghazan à l'islam. Jami al-tawarikh de Rashid al-Din.

Ghazan, Ghazan Khan, Mahmoud Ghazan (en persan : محمود غازان ; en turc : qazan, « chaudron » ; en latin : Casanus[1]), né en 1271, mort en 1304, est le septième ilkhan de Perse de 1295 à sa mort, et un arrière-petit-fils d'Houlagou Khan, le fondateur de la dynastie mongole des Houlagides ou Ilkhanides.

BiographieModifier

Origines familiales et jeunesseModifier

Né sous le règne de son grand-père Abaqa, Ghazan est le fils aîné d'Arghoun, alors gouverneur du Khorassan, qui était alors la province nord-est de la Perse. Sa mère est Qutlugh, de la tribu mongole Dorben[2]. Il est baptisé et élevé dans la religion chrétienne[3], mais un de ses précepteurs est un moine bouddhiste[4], qui lui apprend les écritures mongole et ouïgour.

Gouverneur du Khorassan (1282-1295)Modifier

En 1282, à l'avènement de son père Arghoun, Ghazan devient à son tour gouverneur du Khorassan.

Il le reste quand son oncle Ghaykhatou s'empare du pouvoir en 1291, et c'est en retournant dans le Khorassan qu'il reçoit Kökechin, la princesse mongole que Marco Polo avait accompagnée lors de son retour de Chine, dans la ville d'Abhar où le mariage est célébré[5].

L'avènement de Ghazan (1295)Modifier

Ghaykhatou ayant mécontenté les aristocrates par diverses mesures, est assassiné à Maghadan en 1295. Son cousin Baïdou, cédant à la persuasion, lui succède. Ghazan, sympathisant avec l’Islam et aspirant au trône, se rebelle contre lui. Il réussit à gagner par des promesses les seigneurs féodaux soutenant Baïdou. Il prend Tabriz sans coups férir. Baïdou trouve la mort alors qu’il tente de se réfugier en Géorgie.

Ghazan assoit son pouvoir deux ans plus tard en faisant chasser puis exécuter l’émir Nowruz, après l'avoir laissé pacifier le Khorasan et vigoureusement réislamiser l'État (dont pogroms à Tabriz).

Le gouvernement de l'émir Nowruz (1295-1297)Modifier

Nowruz rend l’Islam obligatoire, interdit toutes les autres religions. Les églises chrétiennes, les synagogues et les pagodes bouddhistes sont détruites et incendiées, les prêtres tués. Toute la population est obligée de porter le turban.

Ghazan, après avoir consolidé son pouvoir, fait arrêter et mettre à mort par ses fidèles les valets d’armes de l’émir Nowruz (mars 1297). Nowruz doit s’enfuir. Le gouverneur de Herat, Fakhr ed-Din, le livre à Ghazan qui le fait exécuter.

Le gouvernement de GhazanModifier

 
Offensives contre les Mamelouks en 1300.

Ghazan rétablit l’autorité du pouvoir central par des mesures sévères, voire cruelles, contre les commandants militaires et les seigneurs féodaux soupçonnés de complot.

En 1298, il nomme vizir Rashid al-Din, médecin et historien de confession juive.

Il s’efforce de redresser l’économie. Il fait frapper une nouvelle monnaie sur laquelle son nom est gravé en trois langues (arabe, mongol, tibétain), car il reste formellement inféodé à l'empereur mongol de Chine. Il tente d'assurer la sécurité de la population rurale en faisant réprimer les pillages, rançonnement et massacre de la population. Les criminels sont frappés de lourdes peines, indépendamment de leur origine et de leur fonction. Des lois encouragent le défrichement : attribution de tributs spéciaux, propriété donnée au défricheur, expropriation des propriétaires de terres non exploitées. Les Mongols adoptent une vie sédentaire et se convertissent à l’Islam. Ils commencent à s'assimiler à la population autochtone.

Ghazan fait construire à Tabriz des bâtiments imposants : mosquées, medersas, édifices publics.

En 1299-1300, reprenant la tentative de Hulagu en 1260, il mène une campagne en Syrie contre les Mamelouks, en s'alliant notamment avec les chrétiens de Chypre. Cherchant également le soutien du Saint-Siège et des souverains occidentaux, il envoie à Rome une ambassade dirigée par le florentin Guiscardo de' Bastari mais devra évacuer le Levant en 1303 après la bataille de Marj as-Suffar au cours de laquelle ses troupes furent battus par les Mamelouks.

À sa mort, son frère cadet Oldjaïtou continue sa politique, renforçant son pouvoir au détriment des féodaux.

Notes et référencesModifier

  1. Schein, p. 806
  2. Cf. page anglaise.
  3. Foltz, p. 128.
  4. Melville, p.159-177.
  5. « Et quand ils furent venus là (en Perse), ils trouvent que Argon était mort, donc la dame fut donnée à Cazan, le fils d'Argon » (Le livre de Marco Polo, ch. 18/19). Les deux ont pu se rencontrer. Rashid al-Din place l'arrivée de la princesse avec des présents royaux vers juin 1293 dans la ville d'Abhar.

BibliographieModifier

  • D'Ohsson, Histoire des Mongols, livre 6, ch. 5, La Haye, 1835 (en ligne).
  • (en) Richard Foltz, Religions of the Silk Road, Palgrave Macmillan, 2010 [ (ISBN 978-0-230-62125-1)].
  • (en) Charles Melville, Padshah-i Islam : the conversion of Sultan Mahmud Ghazan Khan.

Liens externesModifier