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HistoireModifier

L'Après GuerreModifier

À la Libération, le groupe Fleurus traverse une mauvaise période, la majorité de ses illustrés sont suspendus.

Le périodique Fripounet et Marisette, créé après la Deuxième Guerre mondiale, est un dérivé du journal Message aux Cœurs Vaillants publié par l'Union des Œuvres. Ce titre est destiné aux jeunes ruraux. Il apparaît en 1945, sous le nom Fripounet et Marisette, Belles Histoires de Vaillance sous-titré « « Hommage aux Cœurs et Âmes Vaillants pré-jacistes ». L'Union des Œuvres lassée des refus successifs du Ministère au sujet des republications du groupe Fleurus, se permet de publier avant même une autorisation officielle.

L'abbé Pihan et l'abbé Courtois disent se l'autoriser, car le Ministère de l'Information avait déjà permis et favorisé la publication du périodique Vaillant, à qui il reproche aussi d'avoir volé leur nom.

Cependant, le papier à leur disposition après la Libération ne leur permet de publier qu'un seul illustré par semaine.

Fripounet et Marisette ne paraît alors qu'une semaine sur 3. La première semaine, le groupe publie Cœurs vaillants, sous le nom de Tintin et Milou, et la deuxième semaine c'est au tour d'Âmes Vaillantes, avec le nom Perlin et Pinpin. Le nom du périodique rural, Fripounet et Marisette, né de l'accord de , entre le mouvement Cœurs Vaillants – Âmes Vaillantes et l'Action catholique rurale. Ce dernier stipulait que le titre du périodique se devait de rappeler les publications de la Jeunesse agricole catholique.

Le groupe Fleurus s'associe à La Voix de l'Ouest, qui ne souffre pas des réductions de papier, afin de proposer le numéro dès fin . Il est considéré comme une suite de Messages aux Cœurs Vaillants. Il porte donc le numéro 5[2].

L'évolution croissante du périodique jusqu'au début des années 1990Modifier

Lorsque le journal apparaît, c'est un périodique en grand format de type journal (21 x 28)[3], de 8 pages. À ce moment là le périodique est en bichromie : bleu et blanc.

La première année, le groupe ne publie que 2 numéros du périodique, puis 12 l'année suivante[4].

Après que l'autorisation de paraître soit officielle et effective, le format augmente et nous y retrouvons également quelques pages en couleurs. Dès les premières années il est attaché à 130 000 enfants[5].

Le , il n'est plus bimensuel mais hebdomadaire.

Le , le périodique passe de 8 à 12 pages[6].

Puis en , le format diminue et évolue vers un format plus standard (21 x 29)[3] et est composé de 20 pages[6]. Enfin, à partir de 1960, le périodique évolue de 24 à 32 pages.

En 1969, au numéro 40, Fripounet abandonne sa sœur Marisette: le périodique s'appelle désormais Fripounet [6]. À partir de cette date la numérotation reprend chaque année[4].

Petit à petit, le périodique accroît son public, par un effort de modernisation. De plus, prêtres et laïcs collaborent ensemble dans la conception. Enfin, le périodique est également consolidé par la loi de 1949, puisqu'il fait partie de ceux qui ne sont évidemment pas impactés.

Le tirage moyen par numéro augmente au cours des années. Dès 1948, un numéro est tiré en moyenne à 143 000 exemplaires. Puis ce nombre va croître progressivement au fil des années : 144 000 tirages moyens par numéro en 1951, 171 500 en 1955, 180 000 en 1959, 270 025 en 1967, ce qui est le chiffre le plus élevé de tirages par numéro pour ce périodique. Cependant, l'augmentation n'est pas constante et il arrive que certaines années ce tirage soit plus réduit, comme en 1968 où il est de 24 763 contre 240 702 l'année d'après[7]. L'édition favorise l'abonnement et la diffusion militante.

Le déclin du périodiqueModifier

Dès le milieu des années 1960, on assiste à un déclin de l'illustré. Ceci est dû à la concurrence.

Déjà, dès le , la série éponyme Fripounet et Marisette, disparaît du journal et Renné Bonnet est remercié[8] .

De plus, le journal ne survit pas réellement à la crise de la presse spécialisée qui débute dans les années 1980 ; les tirages diminuent, peu de renouvellement dans les séries et dans la ligne éditoriale. En effet, en 1982, le tirage moyen par numéro n'est plus que de 124 598 et en 1985 de 98 956[7]. Le dernier numéro paraît le . Et le titre est associé à un ancien périodique du groupe, Triolo, afin de créer Infos-Junior le . Mais il ne dure que 4 ans puisque sa publication s'arrête en 1997[6].

Organisation du journalModifier

Le périodique possède une organisation un peu particulière. En effet du fait qu'il appartient à un groupe, on retrouve une équipe commune aux trois périodiques du groupe Cœurs Vaillants – Âmes Vaillantes, qui est composée d'un reporter photographe, de techniciens de fabrication, d'un secrétariat des auteurs et des dessinateurs et un service chargé de la documentation.

Il y a également une équipe propre au périodique Fripounet et Marisette, avec un rédacteur en chef, un responsable national du mouvement (qui recrute les auteurs et contrôle le travail de l'équipe), un secrétaire de rédaction et un metteur en page[9].

Un contenu moralisateur et catholiqueModifier

Journal ruralModifier

Le groupe Fleurus s'attache à offrir une éducation spécialisée selon les milieux sociaux et le genre. En effet, Cœurs Vaillants est destiné aux jeunes garçons et Âmes Vaillantes aux jeunes filles alors que Fripounet et Marisette est attaché à la jeunesse rurale. Les auteurs cherchent dans ce périodique à valoriser les campagnes et la vie en milieu rural. On y retrouve différents thèmes ancrés dans cette logique; par exemple le jardinage, l'observation de la nature, des animaux, la sélection des bons champignons... Fripounet et Marisette, les personnages principaux et éponymes du périodique, accompagnent le lecteur dans cet univers rural.

Journal avant tout catholiqueModifier

Même si ce journal est un journal catholique, dédié à la moralisation des mœurs en milieu rural, afin de lutter contre la laïcité et le marxisme, on ne trouve pas que des rubriques religieuses. En effet, le but étant de ne pas repousser les lecteurs non catholiques. C'est une technique favorisée par les rédacteurs : les enfants sont d'abord attirés par les séries un peu plus « commerciales », et ils se retrouvent à lire par la suite des choses plus tournées vers la religion et la moralisation chrétienne[9].

De plus dès 1970, le groupe Fleurus propose une édition destinée à un public protestant afin d'élargir leur champ de destinataires.

La bande dessinée est ici un outil pour approcher les masses non catholiques et intéresser les catholiques. C'est un divertissement certes, mais l'éditorial fait attention à la représentation de la violence et au langage des personnages. Par exemple, l'argot est exclu des bulles.

Au départ et pendant longtemps, on retrouve néanmoins peu de bandes dessinées à l'intérieur du périodique. En effet, si nous prenons l'exemple du numéro du , il n'y a que 45 % de bandes dessinées contre 50 % de rédactionnel, et 5% de pub.

Les sériesModifier

Série Date Scénario Dessin Genre
Fripounet et Marisette 1946 René Bonnet René Bonnet Humour

Aventure

Sylvain et Sylvette 1946 Maurice Cuvillier Maurice Cuvillier Aventure

Humour

Les Indégonflables de Chantovent 1946 Rose Dardenne Noël Gloesner Aventure

Humour

Zéphyr 1952 - 1963 Pierre Brochard Pierre Brochard Réaliste

Policier

Coquin le petit cocker 1956 Edmond-François Calvo Edmond-François Calvo Humour
Moky et Poupy 1961 - 1988 Bussemey Bussemey Humour
Chevalier de Saint-Clair 1963 - 1970 Guy Hempay (Jean-Marie Pélaprat) Pierre Brochard Aventure
Jordi 1962 François Bel François Bel Aventure

Humour

Pat et Moune 1964 François Bel François Bel Aventure

Humour

Blason d'Argent 1969 Guy Hempay Yves Roy

Guy Mouminoux

Histoire
Théo Besagne 1970 Pierre Brochard Pierre Brochard Réaliste
Oncle Jo Tenderfoot 1970 Pierre Chéry Pierre Chéry Western

humour

ZéphyrModifier

Cette saga réaliste et policière, faite par Pierre Brochard, relate l'histoire de Zéphyr, un adolescent qui parcourt l'Europe avec ses compagnons pour combattre des criminels. La série est publiée de 1952 à 1963 dans le périodique.

Fripounet et MarisetteModifier

Fripounet et sa sœur Marisette, rejoints par d'autres enfants ainsi que des animaux, vont tous ensemble vivre des aventures dans leur campagne, pleines d'humour et de fantastique. Cette série de René Bonnet est publiée d'abord dans Lettre aux Jeunes Ruraux, ou encore dans En équipe, puis en 1945 dans Fripounet et Marisette. De 1984 à 1987, Fripounet et Marisette est dessinée par Roland Gremet, puis par Christian Goux et scénarisée par Grégory (alias Didier Convard). Certains gags sont aussi publiés dans le magazine familial Clair-Foyer.

Sylvain et SylvetteModifier

Cœurs Vaillants et Âmes Vaillantes, demande à Maurice Cuvillier de créer de nouveaux personnages. Il crée ainsi Sylvain et Sylvette, un frère et une sœur vivant des aventures dans la forêt, ce qui les amène à faire la connaissance d’animaux sauvages qui deviennent leurs amis.

Dès 1945, les aventures des deux enfants se poursuivent dans Fripounet et Marisette.

En 1956, Maurice Cuvillier est malade et c'est Jean-Louis Pesch qui le remplace, mais Pierre Chéry va lui aussi assurer les dessins de cinq épisodes. En 1960, Claude Dubois fait également les dessins en alternance avec Pesch ; ses épisodes sont parfois scénarisés par Robert Génin.

Moky et PoupyModifier

L'indienne Poupy et son ami Moky vivent des aventures avec un ours, Nestor. Cette série humoristique faite par Bussemey est publié dans Cœurs vaillants, Âmes Vaillantes puis dans Fripounet.

JordiModifier

Jordi, un mousse et son petit chat, Biniou, vivent des aventures dans le monde entier. François Bel réaliste cette série humoristique, qui paraît dans Cœurs vaillants en 1956, puis dans J2 Jeunes, et pour finir dans Fripounet et Marisette.

Blason d'ArgentModifier

Au cœur du Moyen Âge, le chevalier Amaury combat l'injustice. Guy Hempay (Jean-Marie Pélaprat) en est le scénariste et Yves Roy (Francisco Hidalgo) le dessinateur. En 1959, les dessins sont de Guy Mouminoux.

En 1987 le périodique Fripounet ne publie que des reprisesModifier

Les personnages marquants du journalModifier

Les auteursModifier

Les pionniers du journalModifier

Dans les années 1960 de nouveaux auteurs arrivent dans le périodiqueModifier

Années 1980Modifier

1990Modifier

Quelques personnages prépondérants de la ligne éditorialeModifier

  • l'abbé Courtois à la tête de l'éditorial
  • en 1945, l'abbé Pihan le remplace
  • Pélaprat

Notes et référencesModifier

  1. La rédaction, « Le père de Fripounet est mort », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  2. Patrick GAUMER, Dictionnaire Mondial de la Bande Dessinée, Paris, Larousse,
  3. a et b « Grenier des BD », sur grenierdesbd.com
  4. a et b BERRA, DENNI, MELLOT, Trésors de la bande dessinée : BDM : catalogue encyclopédique, Paris, Les éditions de l'Amateur, 2015-2016
  5. CREPIN, Haro sur le gangster ! : la moralisation de la presse enfantine, 1934-1954, Paris, CNRS,
  6. a b c et d P. GAUMER, Dictionnaire Mondial de la Bande Dessinée, Paris, Larousse,
  7. a et b A. FOURMENT, Histoire de la presse des jeunes et des journaux d'enfants : 1768-1988, Paris, Editions Eole,
  8. P.GAUMER, Dictionnaire Mondial de la Bande Dessinée, Paris, Larousse,
  9. a et b T. CREPIN, Haro sur le gangster ! : la moralisation de la presse enfantine, 1934-1954, Paris, CNRS,

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Michel Béra, Michel Denni, Philippe Mellot, Trésors de la bande dessinée : BDM : catalogue encyclopédique, 2015-2016, Paris, Les éditions de l'Amateur, 2014.
  • Thierry Crépin, Haro sur le gangster ! : la moralisation de la presse enfantine, 1934-1954, Paris, CNRS, 2001.
  • Alain Fourment, Histoire de la presse des jeunes et des journaux d'enfants : 1768-1988, Paris, Éditions Éole, 1987.
  • Patrick Gaumer, Dictionnaire mondial de la bande dessinée, Paris, Larousse, 2001.