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François Forestier de Villeneuve

ingénieur et architecte français

François Forestier de Villeneuve
Image illustrative de l’article François Forestier de Villeneuve
Cartouche du plan directeur de Rennes par F. Forestier, 1726.
Présentation
Autres noms François Forestier
Forestier l'Aîné
Naissance v. 1699
Décès
Nationalité Français
Mouvement Architecture classique
Activités Ingénieur et architecte de Rennes
Œuvre
Réalisations Plans directeurs pour la reconstruction de Rennes
Basilique Saint-Sauveur de Rennes
Hôtel de la Villebouquais
Jeu de paume du Pigeon

François-André Forestier de Villeneuve, plus souvent appelé simplement François Forestier ou Forestier l'Aîné, né vers 1699, mort en 1765, est un ingénieur et architecte français du XVIIIe siècle. Il construit notamment des églises et des hôtels particuliers, et élabore le nouveau plan directeur de Rennes.

Sommaire

BiographieModifier

François-André Le Forestier de Villeneuve, ou François Forestier de Villeneuve, est né entre 1680 et 1699, issu d'une branche cadette d'une famille originaire du Velay et du Vivarais. Il est parfois appelé « Forestier l'Aîné » pour le distinguer de son frère Antoine, dit « Forestier le Jeune », lui aussi architecte.

Ingénieur et architecte de Rennes, plan directeurModifier

 
Ensemble du plan directeur de Rennes par Forestier, 1726, avec indication des projets de reconstruction.

François Forestier est ingénieur et architecte des bâtiments de la ville de Rennes[1],[2].

Il dresse plusieurs plans de la ville. En 1718 il lève le plan de Rennes et de ses faubourgs[3]. Ses plans les plus importants datent d'après l'incendie de la ville en 1720[4],[5]. En vue de la reconstruction des quartiers détruits par cet incendie, François Forestier établit en 1726 le nouveau plan directeur de la ville de Rennes. Il élabore ce pan à partir des projets antérieurs de Gabriel, un des architectes du roi, et d'Isaac Robelin[1],[6],[7]. Il donne en 1727 et 1729 d'autres versions de ses plans, assisté notamment par Huguet[2]. Plusieurs de ses plans sont encore réédités en 1782, 1783, 1792, 1802, 1830, 1857, 1861[8].

ConstructionsModifier

 
L'hôtel de la Villebouquais, conçu par Forestier de Villeneuve en 1729.

Il dessine en 1729 les plans de l'hôtel particulier du Halgouët, pour le conseiller de Coniac, et le fait construire à partir de 1733. L'hôtel comporte un corps de logis principal sur trois niveaux, flanqué de deux petites ailes autour d'une cour fermée par un grand portail. Cette demeure est maintenant appelée l'hôtel de la Villebouquais[9],[10].

 
Façade de Saint-Sauveur, datant de 1755 environ.

Succédant à J. Gabriel et à François Huguet mort en 1730, François Forestier modifie les plans de la basilique Saint-Sauveur de Rennes (alors église paroissiale), pour s'adapter aux changements structurels du voisinage et aux impératifs économiques. Il en redessine la façade et en crée une à l'italienne, édifiée vers 1755. Il redessine aussi le portail et les vantaux. La nef et les voûtes, commencées en 1755, sont terminées en 1760. L'ensemble qu'il crée est plus sobre et moins ambitieux que la conception originelle jugée trop coûteuse. Il conçoit et fait construire une tour à droite de la façade, dite « tour du clocher », peut-être dans l'idée d'édifier une autre tour à gauche[11],[12],[13],[14].

En 1733, il dresse les plans du Jeu de paume du Pigeon[15]. Il est aussi sollicité dans d'autres villes comme à Vitré, où il établit en 1756 les plans pour consolider le clocher de l'église Notre-Dame[2].

François Forestier fait construire aussi la Commission intermédiaire en 1760[16].

Dessins et lavisModifier

Forestier réalise d'autres œuvres artistiques que ses plans. Il dessine en 1720 une vue de Rennes[17]. Ce dessin est intitulé « Vue et perspective de la ville de Rennes du côté de Beaumont » ; il est jugé artistiquement médiocre mais d'un grand intérêt documentaire, datant d'avant l'incendie[18].

Ses lavis sont appréciés, comme celui représentant en 1756 la statue de Louis XV[19].

Famille, postéritéModifier

Il épouse Étiennette Gainche ou Guinche, née en 1692, fille de Simon Gainche, procureur à Rennes, et de Louise Frogerays.

Son frère Antoine Le Forestier réalisa des constructions typiques de l'"architecture neutre" qui se développe au XVIIIe siècle, dont les formes extérieures sont simples, quasi anonymes, car l'aspect extérieur de l'édifice est alors considéré comme étant sans importance (comme à l'église Saint-Patern de Louvigné-de-Bais)[21].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Congrès archéologique de France, volume 141, Société française d'archéologie, A. Picard et fils, 1986, p. 267-268.
  2. a b et c « Forestier », dans Ch. Bauchal, Nouveau dictionnaire biographique et critique des architectes français, Paris, 1887, p. 224.
  3. Plan de la ville et faubourgs de Rennes, Villeneuve Forestier fecit, 1718 [en ligne sur Gallica].
  4. René Kerviler, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne, tome 14 (FER-FRET), Rennes, 1903, p. 174 [lire en ligne].
  5. Plan de la ville de Rennes, levé par Forestier, après l'incendie du 22 décembre 1720, par Forestier, architecte, et Robinet, graveur, Rennes, Vatar, 1726 ; réédité à Rennes, Dekerpen, 1782. en ligne à la bibliothèque nationale de Lisbonne
  6. Werner Szambien et al., Le Parlement de Bretagne : naissance et renaissances d'un palais, Éditions Parenthèses, 2000, p. 21, 23, 39, 43.
  7. Claude Nières, La reconstruction d'une ville du XVIIIe siècle, Université de Haute Bretagne, Institut Armoricain de Recherches Historiques de Rennes, 1972, p. 68-69, 76.
  8. Bibliothèque nationale de France, Catalogue général, et divers.
  9. Ancien hôtel du Halgouët : Notice no PA00090695, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  10. Bibliothèque de l'École des chartes, janvier-juin 1976, Paris, Droz, 1976, p. 241.
  11. Louis Hautecœur, Histoire de l'architecture classique en France, volume 3, Éditeur A. Picard, 1950, p. 366.
  12. Église paroissiale et basilique Saint-Sauveur : Notice no PA00090673 et Notice no IA00130940, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  13. Site du diocèse de Rennes, « Église Saint-Sauveur ou basilique Notre-Dame des Miracles ? »
  14. Gwenaëlle de Carné, L'église Saint-Sauveur de Rennes, mémoire de maîtrise, Rennes, Université de Haute-Bretagne, 1981.
  15. Marie-Claire Le Moigne-Mussat, Musique et société à Rennes aux XVIIIe et XIXe siècles, Minkoff, 1988, p. 105.
  16. Pocquet du Haut-Jussé 1974, p. 107.
  17. Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, volume 33, 1904, p. 135.
  18. « Forestier Villeneuve » (03018), dans Fichier Bourde de la Rogerie : artistes, artisans, ingénieurs… en Bretagne, Association pour l'inventaire de Bretagne, 1998.
  19. Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, volume 39, p. 29.
  20. Anatole-Louis Granges de Surgères, Les artistes nantais, architectes, armuriers…, Chavarey, 1898, p. 225-226 ; cité par Kerviler, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne, t. 14, 1903, p. 174.
  21. André Mussat, Arts et cultures de Bretagne : un millénaire, Rennes, Éditions Ouest-France, , 380 p. (ISBN 978-2-737-31932-7, OCLC 34611255)

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • « Forestier », dans Charles Bauchal, Nouveau dictionnaire biographique et critique des architectes français, Paris, Librairie générale de l'architecture André et Daly fils, (lire en ligne), p. 224.
  • « Forestier Villeneuve » (03018) et « Forestier de Villeneuve François-André » (03019), dans Henri Bourde de La Rogerie, Fichier Bourde de la Rogerie : artistes, artisans, ingénieurs… en Bretagne, Association pour l'inventaire de Bretagne, 1998.
  • Barthélémy Pocquet du Haut-Jussé, Visites et excursions à Rennes et aux alentours, J. Floch, , p. 10, 74, 107, 108 – Ouvrage analysé par Jean-Pierre Babelon, « B.-A. Pocquet du Haut-Jussé. Visites et excursions à Rennes et aux alentours » in Bulletin Monumental, tome 132 no 4, 1974, p. 313-314 [lire en ligne].

Articles connexesModifier

Liens externesModifier