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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Fatman.
Fat Man peu avant l'embarquement. La bombe est jaune avec des bandes noires.

Fat Man (signifiant « homme obèse » en français) est le nom de code de la bombe A larguée sur Nagasaki au Japon le par l'armée américaine. C'est la deuxième et dernière bombe nucléaire utilisée de manière offensive.

Fat Man provoque la troisième explosion nucléaire artificielle de l'histoire après Gadget et Little Boy. D'une longueur de 3,25 m et d'un diamètre de 1,52 m, elle pèse 4 545 kg. Après la guerre, son nom est utilisé pour désigner familièrement la famille de bombes Mark 3, construites sur les mêmes principes.

HistoireModifier

En juillet 1945, après le rejet officiel de la demande de capitulation du Japon, le président américain Harry S. Truman ordonne au général Carl A. Spaatz de procéder au bombardement atomique de l'une des quatre villes japonaises, selon un liste établie par le Comité des objectifs (Target Committee) qui a été réuni en mai, puis modifiée (pour épargner Kyoto qui avait été sélectionné comme premier objectif) : Hiroshima, Kokura, Niigata ou Nagasaki (qui remplace Kyoto).

HiroshimaModifier

Le , un bombardier Boeing B-29 Superfortress de la série Silverplate, baptisé Enola Gay, largue Little Boy au-dessus d'Hiroshima[1].

NagasakiModifier

 
Réplique, exposée au National Museum of Naval Aviation à Pensacola, du modèle Fat Man largué sur Nagasaki. Ce même type fut utilisé sur l'atoll de Bikini en juillet 1946, lors de l'opération Crossroads, afin de tester les effets des bombes atomiques sur des cibles navales).

Le 9 août 1945, un bombardier B-29, lui-aussi de la série Silverplate, baptisé Bockscar, se dirige vers la ville de Kokura avec à son bord la bombe Fat Man. À cause d'un bombardement le matin même sur la zone voisine de Yahata qui couvrait la ville de fumée[2], Bocksar se dirigea vers sa cible secondaire et largue Fat Man au-dessus de Nagasaki. La détonation a lieu à 550 mètres au-dessus de la ville, tuant plus de 35 000 personnes[3],[4].

Il s'agit d'une bombe au plutonium 239 (239Pu), en contenant 6,4 kilogrammes[5], ce qui donne une puissance de 21 à 23 kilotonnes, donc légèrement supérieure à celle de Little Boy larguée sur Hiroshima. La destruction est toutefois moins importante à cause de la nature vallonnée du terrain à Nagasaki (Hiroshima était sur une grande étendue plane).

Après la guerreModifier

Plusieurs bombes de type « Fat Man » (Mark 3) sont construites après la guerre et les deux tirs de l'opération Crossroads sur l'atoll de Bikini utilisent ce modèle de bombe. Après les trois tirs de l'opération Sandstone en 1948, cette architecture est rapidement abandonnée par l'armée américaine pour des raisons d'instabilité et de rendement au profit du type Mark 4.

Grâce aux informations fournies par Theodore Hall et Klaus Fuchs, l'URSS peut créer un modèle de bombe techniquement très proche des Mark 3. RDS-1, qui explose à Semeï (alors Semipalatinsk) au Kazakhstan le 29 août 1949, est donc une réplique relativement fidèle de Fat Man.

 
Diagramme montrant les principaux composants d'une bombe de type Fat Man.

DescriptionModifier

Les schémas originaux de l'intérieur des bombes Fat Man et Little Boy sont toujours classifiés en 2008, contrairement aux plans extérieurs. Cependant, de nombreuses personnes ont effectué des recherches à ce sujet via les témoignages des membres du Projet Manhattan, les documents sur les affaires d'espionnage entre l'URSS et les États-Unis et des photographies. Les principales parties et leurs caractéristiques sont ainsi connues mais leur forme, leur emplacement et la liste des pièces nécessaires à la bombe sont des informations encore tenues secrètes.

En cas d'explosion ratée en altitude, les ingénieurs ayant conçu la bombe ont prévu un système pour que celle-ci soit détruite lors de l'impact avec le sol dans le but d'éviter qu'elle ne livre ses secrets. La charge de destruction consiste en quatre fusibles AN-219 placés à l'avant de la bombe[6].

  1. fusible AN 219
  2. antennes de radar Archie
  3. plaque avec les batteries utilisées pour lancer l'explosion
  4. X-Unit, unité de mise à feu placée près des explosifs conventionnels
  5. charnière destinée à fixer les deux parties ellipsoïdales de la coque de la bombe
  6. lentille pentagonale d'explosif (douze unités avec des couches d'explosifs lents et rapides)
  7. lentille hexagonale d'explosif (vingt unités avec des couches d'explosifs lents et rapides)
  8. « Parachute californien », queue de la bombe en aluminium
  9. enveloppe sphérique de 140 cm de diamètre
  10. cônes qui contenaient la boule
  11. enveloppe de lentilles explosives
  12. empilement de couches de matière fissile (initiateur de neutrons, réflecteur, tampon, couche de bore/aluminium)
  13. plaque d'instrumentation (radars, baromètres et temporisateurs)
  14. collecteur des tubes des baromètres

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Dans la culture populaireModifier

Notes et référencesModifier

  1. Rival 1995, p. 169 et 173-175.
  2. (en-US) « An Irishman's Diary », The Irish Times,‎ (lire en ligne, consulté le 9 août 2018)
  3. (en) « The Atomic Bombings of Hiroshima and Nagasaki: Total casualties », Atomic Archive.org (consulté le 15 septembre 2016)
  4. (en) Chuck Anesi, « UNITED STATES STRATEGIC BOMBING SURVEY SUMMARY REPORT (Pacific War) », (consulté le 15 septembre 2016)
  5. https://web.archive.org/web/20080227053729/http://www.mbe.doe.gov/me70/manhattan/publications/LANLHiroshimaNagasakiYields.pdf
  6. (en) « Fat Atomic Bomb and the MKIII » [archive du ] (consulté le 7 juin 2016).
  7. Rival 1995, p. 131.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

FilmographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier