Aït Fraoussen

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La tribu des Aït Fraoussen est une des grandes tribus berbères, en Kabylie. Son territoire actuel s'étend en bordure du Sebaou, sur les contreforts du Djurdjura. Il englobe environ 25 villages dont Djemâa-Saharidj et Mekla pour les plus populaires. L'organisation étatique de la wilaya de Tizi Ouzou reconnaît le territoire des Aït Fraoussen au travers de la Daïra et de la commune portant le nom du plus grand centre urbain de cette tribu, Mekla.

Lorsque l'on étudie l'histoire de la Kabylie et particulièrement de la grande Kabylie, il est impossible de ne pas être frappé par les faits d'armes de cette tribu qui a fortement marqué la région durant l'Antiquité et une grande partie du Moyen Âge. Il semble en effet qu'ils puissent être reliés au Fraxinenses, une turbulente tribu mentionnées dans la région par les auteurs antiques.

Faraxen est le nom romanisé du clan berbère des Fraoucen, installés au IIIe siècle en Grande Kabylie[1],[2], célèbres pour s'être révoltés contre les Romains en 253 ap. J.-C ; le nom de Faraxen est aussi donné au chef du clan durant cette révolte.

Thèses sur l'origine de la tribu d'Aït FraoussenModifier

Plusieurs auteurs comme Ibn Khaldoun[3], ou encore Si Amar U Said Boulifa[4], nous expliquent que le nom de la tribu serait issu de l'évolution linguistique du nom d'une tribu très ancienne : Fraxinenses, ce peuple de la Numidie antique qui se dressa contre l'emprise de Rome[5]. Un autre rapprochement, fréquemment repris à l'époque coloniale, a fait voir dans les Aït Fraoussen les descendants de Francs[5],[6].

Aujourd'hui, la thèse qui part de la légende des Quinquégentiens, renforcée par la découverte, à Aumale, d'une inscription de 261 ap. J.-C., est celle qui est le plus largement admise par les historiens, comme ceux précédemment cités. Cette inscription parle d'un chef du nom de Faraxen[7]. Les Fraxinenses seraient la tribu de ce chef, reliant ainsi les mots de Faraxen et Fraoussen.

Non seulement cette idée a été démontrée par les études linguistiques "des parlers" de la région et leur évolution à travers le temps[réf. nécessaire], mais la sociologie souligne aussi avec force cette thèse, en expliquant qu'en Kabylie notamment, les ensembles de villages aux origines éponymes identiques forment des tribus.

HistoireModifier

Aussi loin que l'on puisse remonter dans le temps et jusqu'au XIVe siècle ap. J.-C., la grande Kabylie semble relativement dominée par deux tribus organisées en une puissante confédération: les Aït Fraoussen et les Aït Iraten. D'ailleurs, Ibn Khaldoun nous confie que, même du temps de la domination arabe, où le Djurdjura faisait partie de la province de Béjaïa, la puissance de cette seule confédération et la géographie accidentée du Djurdjura faisaient que les habitants de la Grande Kabylie échappaient à tout contrôle de l'administration et même au pouvoir du fisc.

AntiquitéModifier

L'Empire romain connaît une crise, entre la fin de la dynastie des Sévères en 235 et le début des empereurs Illyriens en 268. En 253, quatre empereurs se succèdent à la tête de l'Empire.

Le soulèvement est mené par les Faraxen avec l'aide d'autres clans, les Bavares (Basse Kabylie) et les Quinquégentiens (Haute Kabylie). Qualifié de famosissimus dux dans les sources romaines[8], le chef du clan Faraxen fait une incursion à Lambèse dans les Aurès.

La révolte est combattue à partir de la ville de Tubusuptu (dans l'actuelle commune d'El Kseur, wilaya de Béjaïa) dans la vallée de la Soummam. Les prisonniers sont déportés dans l'Empire[réf. nécessaire].

Une inscription trouvée à Aumale (Auzia) du ap. J.-C évoque la capture de Faraxen[9].

Période MédiévaleModifier

Durant le Moyen Âge, avec l'essor du royaume de Koukou chez la tribu voisine des Aït Yahia et avec les attaques répétées des Turcs, Djemâa-Saharidj deviendra plus que jamais le quartier général de la défense des Aït Fraoussen. Auteurs, militaires, voyageurs, tous rapportent que ce haut lieu était l'un des plus difficiles à aborder. C'est de là, selon Ibn Khaldoun, que les Aït Fraoussen, bien que moins influent que dans l'antiquité, "bravent la puissance du gouvernement et ils ne paient l'impôt qu'autant que cela leur convient"

Période moderneModifier

Les CélébritésModifier

Notes et référencesModifier

  1. Revue archéologique, Société française d'archéologie classique
  2. Général Creuly, « Les Quinquégentiens et les Babares Anciens peuples d'Afrique », Revue archéologique, janvier-juin 1861, pp. 51-58.
  3. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes d'Afrique septentrionale.
  4. Si Amar U Said Boulifa, Le Djurdjura à travers l'histoire depuis l'Antiquité jusqu'en 1830 : organisation et indépendance des Zouaoua (Grande Kabylie), Alger 1925, 409 pp. (rééd. Alger s.d.).
  5. a et b Henri Genevoix, Djemâa-Saharidj : éléments folkloriques pour servir à une étude monographique des Aït-Fraoussen (Kabylie), CEB, Fort-National, 1958, pp. 1-2.
  6. Eugène Beauvois, En colonne dans la Grande Kabylie : souvenirs de l'insurrection de 1871 avec une relation du siège de Fort-National, Challamel, Lamarche et H. Hagerup, Paris, Dijon et Copenhague, 1872, pp. 213-214, en ligne (aperçu) sur books.google.fr (consulté le 22/07/2008).
  7. Jean-Pierre Laporte, Notes sur Auzia (Sour el Ghozlane, ex-Aumale), en Maurétanie césarienne., Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, 1996, 1999. p. 300-317 Lire en ligne
  8. Ernest Émile Antoine Desjardins, dans Comptes rendus des séances de l'Académie des inscriptions & belles-lettres, Klinsieck, 1895, p. 644-645.
  9. Laurent-Charles Féraud, Histoire des villes de la province de Constantine : Sétif, Bordj-Bou-Arreridj, Msila, Boussaâda, Paris, Éditions L'Harmattan, , 245 p. (ISBN 978-2-296-54115-3, présentation en ligne)

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier