Famille Al-Sanoussi

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Dynastie Al-Sanoussi
(ar) السُّلَالَةُ السِّنُوسِيَّةُ
(br)ⵉⴳⴻⵍⵍⵉⴷⵏ ⵏ ⵙⵏⵓⵙⵙⵉ (igelliden-n-Snussi)
Description de cette image, également commentée ci-après
Type Maison royale
Pays Émirat de Cyrénaïque
Royaume de Libye
Titres Roi de Libye
Chef actuel Mohammed El-Senussi
Déposition
Idris Ier

La dynastie Al-Sanoussi ou El-Senussi (en arabe : السُّلَالَةُ السِّنُوسِيَّةُ, en berbère: ⵉⴳⴻⵍⵍⵉⴷⵏ ⵏ ⵙⵏⵓⵙⵙⵉ Igelliden N Snussi), est la famille dirigeante de la tariqa (confrérie religieuse) Sanousiyya fondée en 1837 par Sidi Mohammed ben Ali El-Senussi[1] (petit descendant du célèbre Théologien chérifien Sidi Mohammed ben Yussef El-Senussi de Tlemcen originaire des At Snous). La famille Al-Sanoussi est d'origine algérienne chérifienne et accéda au trône de Libye lors de l'indépendance de la Libye en 1951 jusqu'au renversement, le 1er septembre 1969, du monarque par le coup d'État de Mouammar Kadhafi.

Les forteresses et l'armée de la confrérie religieuse de Sidi-es-Senousi en 1883[2]

La fortune de la famille fut considérable. Elle fonda une université à Al-Jaghboub et ouvrit près de 150 loges, les zawiyas, en Cyrénaïque, dans le Fezzan, en Tripolitaine mais aussi en Arabie, en Égypte, au Tchad et au Soudan. Ses membres y arbitraient les conflits entre tribus et contrôlaient le trafic sur l'ancienne route des esclaves. Toute puissante à Al-Koufrah, elle combattit les Français au Tchad, puis le colonialisme italien. Le couronnement d'Idris Ier, avec l'aval des Britanniques, fut l'apothéose de son pouvoir.

Chefs de la famille El-SenussiModifier

Chefs de la confrérie
Nom Période
Sidi Mohammed ben Ali El-Senussi 1837 - 1859
Sidi Mohammed al-Mahdi ibn Mohammed El-Senussi 1859 - 1902
Sidi Ahmad Sharif ben Mohammed El-Senussi 1902 - 1916
Sidi Mohammed Idris al-Mahdi El-Senussi 1916 - 1951
Chefs de la maison royale de Libye
Nom Période Notes
Idris Ier 1951 - 1983 Roi de Libye (1951-1969), mort en 1983
Sidi Hassan Reda ben Mohammed El-Senussi 1983 - 1992 Prince héritier (1956-1969), prétendant au trône de Libye (1983-1992)
Sidi Mohammed ben al-Hassan El-Senussi Depuis 1992 Prétendant au trône de Libye

OrigineModifier

Les « as-Sânûssî » ou « Snoussi » sont une famille d'ascendance chérifienne sulaymanide originaire de la tribu des Béni-Snous en Algérie occidentale[3], aux alentours de Tlemcen[4].

Le membre le plus connu de la famille était le théologien du royaume de Tlemcen, Mohammed ibn Youssef al-Sanoussi, au Modèle:S-XV[5].

En Tripolitaine, l'accroissement est dû à la fondation de l'ordre religieux des Sanousiyya par Muhammad El-Sanoussi né à Al-Wasita. Celui-ci quitta l'Algérie en 1830 à cause de la conquête de l'Algérie par la France pour s'installer en Arabie et s'affilier à la secte des Idrîssîyyā-Ahmâdiyyā.[6],[7]. La rigidité de ses principes le força à quitter La Mecque. Il vint alors se fixer en Tripolitaine dans le djebel Akhdar, puis dans l'oasis de Faredgha, entre 1843 et 1855. Sa prédication et son renom de sainteté attirèrent de nombreux disciplesSon fils et successeur Si El Mahdi est alors le chef d'un état théocratique qui comprend la Cyrénaïque, la Tripolitaine et le Fezzan, le Sahara Oriental (pays des Tibbous) et le Sahara Central (pays des Touaregs azdjer et Ahaggar, oasis de Tidikelt), et jusqu'au bassin du lac Tchad, soit au total 8 millions de sujets[8][9],[10].

Le centre de la puissance des Al-Sanussi était dans le district de Cyrénaïque et les oasis de Tripolitaine et du Fezzan. Le chef du mouvement Muhammad Idrîs Al-Sanoussi réside près de la frontière égyptienne, à al-Jaghbûb, à l'ouest de l'oasis berbère de Siwa. Les tribus de la Tripolitaine fournissent le plus grand nombre de partisans et immédiatement après elles viennent les tribus résidant dans les oasis du sud du Fezzan, la partie méridionale de la Tunisie, presque toute l'Algérie et toute la partie orientale du Maroc.[11]

GénéalogieModifier

 
 
 
 
 
 
 
 
Mohammed ben Ali
El-Senussi
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Adil
El-Senussi
 
 
Mohammed El-Mahdi
bin Mohammed
El-Senussi
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ahmed Sharif
El-Senussi
 
 
 
Mohammed
El-Abid
El-Senussi
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Mohammed Reda
El-Senussi
régent
(1951-1956)
 
  Idris Ier
roi de Libye
(1951-1969)
 
Fatima el-Sharif
reine de Libye
(1951-1969-2009)
 
Zubayr
ben Ahmed
El-Senussi
 
Abdallah ben
Mohammed
El-Senussi
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Hassan Reda
El-Senussi

prince héritier (1956-1969)
prétendant (1969-1992)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ahmed
El-Senussi

(membre
du CNT)
 
Idris
El-Senussi
(prétendant rival)
Mohammed
El-Senussi

prétendant depuis 1992

Notes et référencesModifier

  1. [[#Ariel L. Ahram, Break all the Borders: Separatism and the Reshaping of the Middle East2019|Ariel L. Ahram, Break all the Borders: Separatism and the Reshaping of the Middle East 2019]], p. 74.
  2. Henri Auteur du texte Duveyrier, Les forteresses et l'année de la confrérie religieuse de Sidi-es-Senousi en 1883 / par Henri Duveyrios, (Juillet 1883). Bulletin de la Société de géographie 2e trimestre 1884, Erhard (Paris), (lire en ligne)
  3. Afro-Mideast Economic Bulletin, Modern Libya 1965, p. 5.
  4. Afro-Mideast Economic Bulletin, Modern Libya 1965, p. 28.
  5. Afro-Mideast Economic Bulletin, Modern Libya 1965, p. 32.
  6. Maisonneuve et Larose, Éric Geoffroy 2005, p. 544.
  7. Maisonneuve et Larose, Éric Geoffroy 2005, p. 517.
  8. Revue de géographie - Volume 25 1889, p. 83.
  9. Bulletin volume 11 1889, p. 551.
  10. Revue Française 1890, p. 79.
  11. Gazette géographique et exploration volume 17 1884, p. 538.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jean-Louis Triaud, Tchad 1901-1902. Une guerre franco-libyenne oubliée ? Une confrérie musulmane, la Sanûsiyya, face à la France, Paris, L’Harmattan, 1988, 208 + 32 p.
  • Jean-Louis Triaud, La légende noire de la Sanûsiyya. Une confrérie musulmane saharienne sous le regard français (1840-1930), Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, et Aix-en-Provence, Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM), 1995, 2 volumes, 1151 p.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier