Famille Miron

famille française de Perpignan

La famille Miron (Miró en Catalan) est une très ancienne maison de Catalogne[1] dont plusieurs des représentants se sont illustrés au cours de l'Histoire, notamment au cours de la reconquête de la péninsule Ibérique par les Rois catholiques.

Famille Miron
Image illustrative de l’article Famille Miron
Armes de la branche catalane

Branches Catalane
Valencienne
Majorquine
Oriolienne
Murcienne
Parisienne
Orléanaise
Nivernaise
Période XIe – XXIe siècle
Famille subsistante
Pays ou province d’origine Drapeau de la Catalogne Catalogne
Allégeance Couronne d'Aragon Couronne d'Aragon
Drapeau du royaume de France Royaume de France
Charges Chancelier de la Reine Anne de Bretagne

Premier médecin du Roi en qualité d'Anne de Bretagne
Chancelier de la Reine Claude de France (1499-1524) Contrôleur de la maison de Claude de France (1499-1524)
Contrôleur général des finances Premier médecin du roi Charles VIII (roi de France)
Lieutenant civil du Châtelet de Paris
Intendant (royaume de France)
Trésorier général de France Duché de Bretagne
Bailli de Chartres
Conseiller d'Etat
Premier médecin du roi d'Henri III (roi de France)
Prévôt des marchands de paris
Président de chambre des requêtes du Parlement de Paris
Ambassade de France en Suisse et au Liechtenstein et des Trois Ligues
Intendant (royaume de France) pour le Languedoc
Conseiller au grand conseil, Conseil du roi de France
Conseiller à la Cour des aides
Maître de la Chambre des comptes
Président de la cinquième chambre des enquêtes de Paris
Substitut du procureur général du Parlement de Paris

Fonctions ecclésiastiques Abbé de Saint-Jean-de-Grais

Chanoine de Saint-Martin de Tours
Prieur d'Aussy
Archidiacre d'Angles
Chevalier de l'Ordre de Malte
Evêque d'Angers
Archevêque de Lyon

Subsistante en la majorité de ses branches, elle a toutefois connu un déclin notable à compter de l'abolition des fors des royaumes de la Couronne d'Aragon par Philippe V d'Espagne à la suite de la guerre de Succession, de l'effondrement du pouvoir aragonais en Italie méridionale et de la cession du Duché de Milan à l'Autriche.

Traditionnellement rattachée à la noblesse de robe en France, elle a donné sous l'Ancien Régime plusieurs magistrats célèbres, avant d'être contrainte de prendre d'importantes distances avec la monarchie absolutiste de Louis XIV à la suite de l'épisode de la Fronde.

OrigineModifier

Selon le Diccionario heráldico y geneálogico de apellidos españoles y americanos, les Miron descendent des Comtes de Pallars et auraient ainsi pour ancêtre le personnage Arnau Mir de Tost (en), dont la fille Valencia épousa Raymond V de Pallars Jussà en 1056.

Certains témoignages laissent en outre à penser que la maison aurait pour lointains ancêtres des membres de la haute noblesse du Regnum Christianorum de Galice et des Asturies d'origine wisigothique[2]. Bien que le préfixe "mir" soit probablement d'origine germanique[3], cette hypothèse n'est pas vérifiable.

Au fur et à mesure de la Reconquista, la famille a étendu son influence et s'est implantée, entre autres, à Tortose, Valence, Majorque, Orihuela puis Murcie.

Personnalités (liste non exhaustive)Modifier

N.B. : le nom des personnages issus de branches espagnoles est reproduit en castillan, bien qu'ils soient orthographiés en catalan dans les documents et ouvrages rédigés dans cette langue.

Branche valencienneModifier

  • Simon Miron, chevalier et bailli général de la ville de Valence[4] (1410)

Branche majorquineModifier

  • Guillermo Miron, chevalier et bailli de la ville de Majorque[5] (1288)

Branche oriolienneModifier

  • Andrés Miron, chevalier et magistrat[8] (1358)

Branche murcienneModifier

  • Andrés Miron, chevalier et magistrat civil[10] (1587)
  • Jayme Miron, chevalier et magistrat criminel[10] (1590)

Les Miron en FranceModifier

Controverses au sujet d'une supposée origine italienneModifier

Au XIXe siècle, le Marquis de Magny Claude Drigon affirme dans son Livre d'Or de la Noblesse que les Miron de France ne sont pas originaires de Catalogne mais du Royaume de Naples, où ils occupaient "dès les temps les plus reculés un rang distingué dans la haute noblesse"[11].

En réalité, la consultation des nobiliaires italiens auxquels fait référence Claude Drigon[12] démontre que ce dernier a réalisé une confusion entre, d'une part, les chevaliers Miró envoyés par la Couronne d'Aragon dans le Royaume des Deux-Siciles et, d'autre part, la famille de Miro ou di Miro, originaire de la région napolitaine mais n'ayant aucun lien avec la maison Miron.

Formation de Gabriel Miron I et François Miron I au Collège Royal de médecine de MontpellierModifier

Fuyant le sud de l'Italie où il avait combattu pour le compte d'Alphonse V d'Aragon détrôné au profit de René d'Anjou, l'un des membres de la lignée tortosine, connu sous le nom de Francesco ou Francesch Miró, s'installe au XVe siècle à Perpignan[13].

Francesch Miró constitue vraisemblablement le père de Gabriel I Miron (dit Gabriel "l'aisné"), fondateur de la branche parisienne de la famille, et de François I Miron, fondateur des branches nivernaise et orléanaise.

Après avoir étudié la médecine au Collège Royal de médecine de Montpellier, les deux frères acquièrent le titre de médecins du roi Charles VIII et d'Anne de Bretagne[14].

Gabriel I a pour fils Gabriel II (dit "le jeune" par opposition à "l'aisné"), qui devient, à l'instar de son père, premier médecin et chancelier de la Reine de france, Anne de Bretagne ainsi que de la prochaine Reine de France, Claude de France, épouse de François Ier. Il signa également le contrat de marriage d'Anne de Bretagne avec le roi Louis XII le 1er Janvier 1499.

Branche parisienneModifier

. Il est marié à Geneviève de Morvilliers, dont il eut :


,capitaine et gouverneur de la ville de Crécy, grand maître enquêteur et général réformateur alternatif des eaux et forêts de Normandie en 1586. Les États généraux obligent le roi de le chasser de son entourage en . Il a épousé Marie Gentien dont il eut :

      • Louis Miron, maître des comptes de Bretagne. Il a épousé Charlotte de Beauclerc dont il a six enfants.
      • Charles Miron (1569-1628), évêque d'Angers puis de Lyon
      • Henri Miron, chevalier de Malte ;
      • Louis Miron, prêtre ;
      • François Miron ;
      • Une fille, religieuse ;
      • Marie Miron, mariée à Louis Le Febvre de Caumartin
    • Robert Miron ( -1594), secrétaire de la Chambre du roi, maître ordinaire des comptes en jusqu'au , intendant des finances en 1576 puis contrôleur général des finances (1578-) avec trois autres intendants des finances par le règlement du [16], intendant de l'ordre du Saint-Esprit le . Il est chassé de l'entourage du roi, ainsi que son frère Marc, en , à la demande des États généraux. Il a épousé Marie Vallée[17] fille de Geoffroy Vallée I, sieur de Chenailles, et de Girarde Le Berruyer, sœur de Geoffroy Vallée II qui a écrit La béatitude des chestiens ou le Fleo de la Foy.

La branche parisienne est aujourd'hui éteinte.

Branche orléanaiseModifier

  • Claude Miron, Prévôt des maréchaux du Nivernais. Il a épousé Guillemette Chauvreux, d'une famille de l’Orléanais, dont il eut deux fils :
    • Jean-Louis Miron, qui a épousé à Orléans Claude Legendre, dont il eut :
      • Louis Miron, qui eut de son mariage avec Susane-Mariette :
        • Philippe Miron, qui a épousé Marie de Loynes, dont il eut :
          • François Miron, marié à Charité Sarrebourse dont il eut :
            • Jacques Miron de Pont-le-Roy
            • François, Philippe, Ami Miron dont les enfants n'ont eu que des filles ;
            • Madeleine et Anne Miron, mariées ;
          • Philippe Miron, qui a épousé Marie-Anne Vandebergue.
        • Guillaume Miron, dont un fils, un autre Guillaume, s'est établi à La Martinique en 1708 et mourra a La Grenade en 1751;
        • Joseph Miron, seigneur de Concire. Il est compris dans le rôle des gentilshommes de l'Orléanais dans le procès-verbal de 1690. Il s'est marié à Marie-Anne Baguenault, dont il eut Marie-Anne Miron, mariée à François Barbot ;
        • Jean Miron, prêtre ;
        • D'autres fils qui n'ont eu que des filles.

Tel qu'en atteste Téophile Clochard en 1907, la présence des Miron dans la région était particulièrement profilique au début du XIXe siècle : " Les Miron, alors, comme les Tassin, les Bigot, les de Loynes, les Colas, formaient, par leur nombre, toute une tribu patriarcale. Il y avait les Miron de Poisioux, les Miron de Saint-Germain, les Miron-Pasquier, les Miron-Fabus, les Miron-Lasneau, les Miron de la Motte, les Miron de Villereau, les Miron de l'Espinay "[18].

Jacques Miron de l'Espinay, Procureur général pour la cour royale d'Orléans et chevalier de la Légion d'honneur.

Albert Miron de l'Espinay, écrivain.


Seule la formule patronymique "Miron de l'Espinay" est encore portée par les descendants de la branche orléanaise.

Personnes portant le nom de MironModifier

Miron le Vieux.

Miron de Barcelone.

Miron II de Cerdagne.

Miron III de Cerdagne.

Possessions (liste non exhaustive)Modifier

ArmesModifier

  Blasonnement :
Escudo cuartelado; 1°, de plata, un espejo con marco de oro, sostenido por un clavo; 2°, de gules, un león rampante de oro; 3°, de oro, cinco bandas de azur y 4°, también de oro, una torre de piedra sobre una roca jaspeada.
Commentaires : Armes de la branche catalane.
  Blasonnement :
Escudo Cuartelado; 1° y 4°, jaquelado de plata y gules; 2° y 3° de oro con una estrella de azur.
Commentaires : Armes des branches valencienne, majorquine, oriolienne et murcienne.



Notes et référencesModifier

  1. Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France ou Recueil général des généalogies historiques des familles nobles de ce royaume, 1815, Volume 3, p. 331-335 Paris
  2. "Les Regrets sur le trespas de M. Myron (Paris, 1609) parlent de "cette race des Myrons, qui descend d'une maison des plus grands du royaume de Galice"", selon Albert Miron de l'Espinay, au sein de son ouvrage "François Miron et l'administration municipale de Paris sous Henri IV de 1604 à 1606", Paris, 1885.
  3. José Godoy Alcántara, Ensayo histórico etimológico filológico sobre los apellidos castellanos, 1871, p. 129.
  4. Pedro Bellot, Anales de Orihuela (Tome I), 1954, p. 222.
  5. a et b Luis Miró-Granada Gelabert, Los Miró de Sóller, 2005, pr. 7.
  6. Joaquin Maria Bover de Rossello, Noticias histórico-topográficas de la isla de Mallorca, 1836, p. 66.
  7. En Espagnol : http://www.redovan.es/turismo/historia/
  8. Pedro Bellot, Anales de Orihuela (Tome I), 1954, p. 81.
  9. Pedro Bellot, Anales de Orihuela (Tome II), 1954, p. 98.
  10. a et b Francisco Benedito, Discursos históricos de la muy noble y muy leal ciudad de Murcia, 1775, p. 444-445.
  11. Claude Drigon, Livre d'or de la Noblesse, p. 307-310.
  12. Giuseppe Campanile, Notizie di Noblità, 1672 et Biagio Aldimari, Memorie historiche di diverse famiglie nobili: cosi napoletane come forastiere, 1691.
  13. Ce fait est évoqué par Claire Châtelain dans l'ouvrage Chronique d'une ascension sociale : exercice de la parenté chez de grands officiers (XVIe – XVIIe siècles) ainsi que par Albert Miron de l'Espinay dans François Miron et l'administration municipale de Paris sous Henri IV de 1604 à 1606.
  14. Jean Astruc, Mémoires pour servir à l'histoire de la Faculté de médecine de Montpellier, p. 334-335, 1767.
  15. Louis Moreri, Le grand dictionnaire historique ou le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane, Tome V, p. 25, Paris, 1732
  16. Olivier Poncet, Pomponne de Bellièvre (1529-1607) - Un homme d'État au temps des guerres de Religion, p. 110-111, École des Chartes (Mémoires et documents de l'École des Chartes no 50), Paris, 1998 (ISBN 978-2-900791-16-5)
  17. Frédéric Lachèvre, Mélanges. Trois grands procès de libertinage, p. 55, Slatkine reprints, Genève, 1968
  18. Téophile Clochard, Sous la terreur: Le clergé d'Orléans, 1791-1802, p. 106, 1907.