Expédition du Novara

Illustration de couverture de la première édition (1861) du rapport de voyage de l'expédition montrant le SMS Novara

L’expédition du SMS Novara est la première expédition scientifique et la plus importante de la kaiserliche und königliche Kriegsmarine de l'Empire d'Autriche. Elle s'est déroulée autour du monde du au . C'est aussi la première expédition autour du monde menée par une équipe entièrement germanophone, d'autres ayant été menées auparavant par l'Empire russe avec des équipes en partie germanophones.

DéroulementModifier

L'expédition est dirigée par le capitaine Bernhard von Wüllerstorf-Urbair (1813-1883) à bord de la frégate SMS Novara qui comprend 352 officiers et hommes d'équipage. L'équipe scientifique dépêchée par l'Académie impériale des sciences de Vienne est composée de sept savants dirigés par le géologue Ferdinand von Hochstetter et le zoologiste Georg von Frauenfeld.

 
Le SMS Novara à Sydney (1858)

Le navire quitte le port de Trieste (possession de l'Empire d'Autriche) le jusqu'au détroit de Messine, puis s'engage vers Gibraltar, Madère, atteint Rio de Janeiro et passe le cap de Bonne-Espérance. Ensuite il navigue sur l'océan Indien et visite du au l'île Saint-Paul et l'île Amsterdam. L'expédition atteint Ceylan et Madras, puis Singapour. Puis le SMS Novara jette l'ancre aux étapes suivantes: Java, Manille, Hong Kong, Shanghai et les îles Salomon. La frégate fait un arrêt le à Sydney, puis gagne Auckland et Tahiti.

Le voyage du retour s'effectue par Valparaíso, le cap Horn et les Açores. L'expédition regagne Trieste le , après cinq cent-cinquante-et-un jours de navigation représentant un périple de cinquante-et-un mille six-cent-quatre-vingt-six milles marins.

 
Hochstetter dans sa cabine du SMS Novara d'après un dessin de Joseph Selleny

Parmi les études les plus remarquables, l'on peut distinguer celles des îles antarctiques de Saint-Paul et d'Amsterdam et les études des îles Nicobar et de Nouvelle-Zélande que Ferdinand von Hochstetter cartographie d'un point de vue géologique pour la première fois. Des travaux importants sont menés également dans le domaine hydrologique et le domaine océanographique, surtout dans la partie méridionale de l'océan Pacifique.

Les collections botaniques, zoologiques et ethnographiques représentent plus de vingt-six mille spécimens qui sont versés à plusieurs musées autrichiens et en premier lieu au Muséum d'histoire naturelle de Vienne.

Des études sont menées également en ce qui concerne la gravitation et le magnétisme apportant ainsi à la science de l'époque des éléments précieux. Les premiers exemplaires de la plante du coca sont étudiés dans les laboratoires viennois en 1860.

Les résultats de l'expédition sont publiés en vingt-et-un volumes par l'Académie impériale des sciences de Vienne sous le titre de Reise der österreichischen Fregatte Novara um die Erde et vont connaître un grand succès et être traduits en plusieurs langues. Ils sont illustrés de nombreuses planches en couleur. Une édition abrégée pour le grand public en deux volumes s'arrache en une année.

Équipe scientifiqueModifier

PlanchesModifier

Résultats publiés de l'expéditionModifier

  • Partie descriptive: (Karl von Scherzer & anonyme) in: Reise der Oesterreichischen Fregatte Novara um die Erde, in den Jahren 1857-1859 unter den Befehlen des Commodore B. von Wüllersstorf-Urbair [en français: Voyage de la frégate autrichienne Novara autour du monde, en 1857-1859, sous le commandement du capitaine B. von Wüllerstorf-Urbair], 3 volumes, Vienne, 1861, 1862.
  • Partie nautique et physique: in: Geographische Ortsbestimmungen und Flutbeobachtungen.– Magnetische Beobachtungen, en un volume, Vienne, 1862-1865
  • Partie commerciale et statistique (Karl von Scherzer): en deux volumes, Vienne, 1864, 1865 (2. verb. Aufl. in 1 Bd. Leipzig, Wien, Brockhaus 1867)
  • Partie médicale: 1 volume (non réédité) Eduard Schwarz, Vienne, 1861
  • partie anthropologique: 3 volumes
    • 1er tome: E. Zuckerkandl, crânes. Vienne, 1875
    • 2e tome: A. Weisbach, squelettes. Vienne, 1867
    • 3e tome: Friedrich Müller: ethnographie. Vienne, 1868
  • Partie linguistique: 1 volume. Friedrich Müller, Vienne, 1867.

BibliographieModifier

 
Timbre édité par la poste autrichienne en 2009 pour le 150e anniversaire de l'expédition
  • (de) Friedrich Wallisch, Sein Schiff hieß Novara. Bernhard von Wüllerstorf-Urbair, Admiral und Minister, Herold, Wien 1966.
  • (de) Karl von Scherzer, Die Weltumseglung der «Novara» 1857-59, Herausgegeben, bearbeitet und kommentiert von Günter Treffer, Molden, Wien u. a. 1973, (ISBN 3-217-00543-0).
  • (de) Renate Basch-Ritter, Die Weltumsegelung der Novara 1857—1859. Österreich auf allen Meeren, Akademische Druck- und Verlags-Anstalt, Graz 2008, (ISBN 978-3-201-01904-0).
  • (de) David G. L. Weiss, Gerd Schilddorfer, Novara — Österreichs Traum von der Weltmacht, Amalthea, Wien 2010, (ISBN 978-3-85002-705-2).
  • (de) S. Rachewiltz, C. Kraus, V. Romen (Hrsg.), S.M.S. Novara. Der freie weite Horizont. Die Weltumseglung der Novara und Maximilians mexikanischer Traum, Südtiroler Landesmuseum Schloß Tirol, Meran 2004, (catalogue de l'exposition du au ).
  • (de) Johann Wagner, Österreichische Kolonialversuche in der zweiten Hälfte des neunzehnten Jahrhunderts, Wien 1955, (thèse de l'université de Vienne).
  • (de) Alexander Randa, Österreich in Übersee, Herold-Verlag, Wien u. a. 1966.
  • (de) Christa Riedl-Dorn, Das Haus der Wunder. Zur Geschichte des Naturhistorischen Museums in Wien, Holzhausen, Wien 1998, (ISBN 3-900518-91-2).

Voir aussiModifier

SourceModifier