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Vestiges du cairn de Quélarn

site archéologique de Plobannalec-Lesconil, France
(Redirigé depuis Ensemble de Quélarn)
Ensemble de Quélarn
Menhir et dolmen de Quélarn.jpg
Menhir à droite et dolmen de Quélarn à gauche au fond
Présentation
Type
ensemble mégalithique
Destination initiale
lieu cultuel, nécropole
Destination actuelle
visite, libre d'accès
Construction
néolithique
Propriétaire
département
Statut patrimonial
Logo monument historique Classé MH 10 juin 1920 [1],[2]
Localisation
Pays
Région
Bretagne
Département
Finistère
Commune
Plobannalec-Lesconil
Adresse
Route de QuélarnVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Localisation sur la carte de Bretagne
voir sur la carte de Bretagne
Red pog.svg
Localisation sur la carte du Finistère
voir sur la carte du Finistère
Red pog.svg

Les vestiges du cairn de Quélarn sont un ensemble mégalithique classé monument historique et situé à l'Ouest de la commune de Plobannalec-Lesconil, dans le sud du département du Finistère, en Bretagne, en France. IL constitue le monument mégalithique le plus important du Finistère Sud, malgré son état de ruines.

Sommaire

CaractéristiquesModifier

Cet ensemble est constitué d'un dolmen encore debout et de vestiges archéologiques d'un cairn et d'une nécropole, ainsi que d'un petit menhir, dressé à environ vingt mètres au Sud des restes du cairn, dans une clairière surnommée la Garenne des Korrigans.

L'ensemble est constitué en granite.

LocalisationModifier

L'ensemble de Quélarn (la Garenne des Korrigans) est aujourd'hui situé au Nord Ouest du territoire de la commune de Plobannalec Lesconil, près de la route de Quélarn, qui lui donne son nom.

Cet ensemble se trouve dans un espace géographique riche en vestiges mégalithiques, avec lesquels il ne doit pas être confondu, malgré la toponymie locale pouvant prêter à confusion :

  • situé à trois cents mètres au Nord des vestiges du Cairn de Quélarn, le menhir de Quélarn est visible à la limite entre Plobannalec et la commune de Treffiagat, mais sur le territoire de cette dernière ; il tient son nom de sa proximité avec le lieu-dit Quélarn [n 1];
  • situé à une centaine de mètre au Sud des vestiges du Cairn de Quélarn, sur la commune de Plobannalec dans un petit bois, le dolmen de Tronval apparaît dans une clairière. D'après la base Mérimée, ce dolmen serait classé le 26 août 1921[1].

HistoriqueModifier

Le site mégalithique de Quélarn date du néolithique et devient dès le Moyen Âge une carrière de pierre, expliquant en bonne partie son aspect actuel.

Il fait l'objet de fouilles archéologiques au XIXe siècle, en 1887, sous l'autorité de Paul du Chatellier, préhistorien du Finistère. Ces fouilles mettent au jour vingt-sept tombes, ce qui fait alors qualifier le lieu de nécropole.

Le site fait l'objet d'un classement au titre de Monument historique le 10 juin 1920.

Au XXe siècle, le préhistorien Pierre-Roland Giot mène un chantier de fouilles réparti en cinq campagnes entre 1979 et 1983, aidé par le professeur A.M. ApSimon, senior lecturer (en) en archéologie préhistorique à l'Université de Southampton et ses étudiants[3]. Des mots mêmes de l'archéologue, le site n'est que très partiellement fouillé et Giot précise qu'il aurait fallu doubler au moins la durée des fouilles pour prospecter totalement le site, ce qui n'était pas son objectif premier. Les chercheurs y découvrent l'existence d'un cairn de cinquante mètres de long, orienté Est Ouest et composé au Sud de six couloirs couverts débouchant chacun sur une chambre funéraire, au Nord, divisée en quatre ou six compartiments[4]. Le dolmen de Quélarn est en réalité le vestige d'un des couloirs couverts, les autres ayant disparu avec le temps. Le compte rendu de ses fouilles est relaté dans les bulletins annuels de la Société Archéologique du Finistère des années 1979 à 1983.

Cette série de cinq campagnes de fouilles met au jour du mobilier funéraire, confortant la thèse de la fonction de nécropole du site, et permet de dater la construction du néolithique moyen.

En 2009, l'archéologue Jean Pierre Mohen, directeur du département du patrimoine et des collections du musée du quai Branly, fait remonter entre 4935 et 4420 ans avant notre ère ce cairn[5], soit durant le Ve millénaire avant J.C., et quelques siècles avant les alignements de Carnac, datés de -4 000 environ.

Les restes de ce cairn monumental sont à replacer parmi les vestiges nombreux qui existent dans le Sud du département :

« La carte des mégalithes de l'Europe de l'Ouest frappe par la concentration dans la région de Carnac, mais immédiatement après se détache la région bigoudène côtière. »

— Pierre-Jean Berrou[6].

Un siècle plus tôt, Paul du Chatellier estime que la commune de Plobannalec-Lesconil est, de toutes les communes de l'arrondissement de Quimper, celle qui possède le plus grand nombre de monuments mégalithiques, beaucoup ayant fait office de carrière de pierre au XIXe siècle.

« Les villages de Quélarn, du Moustoir, de Kerviniou, de Kerfeuns et de Kervadel n'ont pas loin de vingt à trente dolmens ou menhirs et celui de Lesconil renferme un espace de dix à douze hectares tout couvert d'une vaste nécropole dans laquelle on remarque plusieurs dolmens et allées couvertes, avec ou sans tumulus, donnant accès à de nombreuses chambres funéraires à ciel ouvert, telles que celles que j'ai exploré à Kervilloc et à Pen-ar-Menez, en Treffiagat. »

— Paul du Chatellier[7].

Aujourd'hui, sur Plobannalec-Lesconil, outre ce cairn, on peut trouver les vestiges du dolmen de Tronval, des deux dolmens de Kervadol et de celui de Kervignon. Plus loin, sur Lesconil, les vestiges mégalithiques de Menez Goarem ar Feunteun, ainsi que des menhirs comme celui dit de Men Rouz, encastré dans un mur derrière la poste, avec les pieds dans l'eau à marée très haute, ou ceux couchés de Kerdalaë Lesconil et de Kerdalaë Plonivel[8].

LégendesModifier

Une tradition locale le dit fréquenté par des lutins[9], d'où son surnom de Garenne des Korrigans (Gwarenn ar Korriganed ou Goarem ar C'Horriged en breton). Cette légende peut venir du fait que les « six dolmens s'ouvraient au Sud par de longs couloirs de pierres sèches dans lesquels on ne pouvait s'introduire qu'en rampant. »[10], les Korrigans étant, par définition, de petite taille.

GalerieModifier

BibliographieModifier

  • Armand René du Châtellier, Bulletin archéologique de l'association bretonne (classe d'archéologie), troisième volume, 1851, p. 52 à 59[11].
  • Paul du Chatellier, Les Époques préhistoriques et gauloises dans le Finistère : inventaire des monuments de ce département, des temps préhistoriques à la fin de l'occupation romaine, Paris, Lechevalier, 1889. Rééd. Rennes, Plihon et Hommay, 1907, p. 311 à 315 pour Plobannalec.
  • Pierre-Roland Giot, Bulletin de la société archéologique du Finistère n° CVII (107), 1979, p. 18 et 19.
  • Pierre-Roland Giot, Bulletin de la société archéologique du Finistère n° CVIII (108), 1980, p. 11.
  • Pierre-Roland Giot, Bulletin de la société archéologique du Finistère n° CIX (109), 1981, p. 12 et 13.
  • Pierre-Roland Giot, Bulletin de la société archéologique du Finistère n° CX (110), 1982, p. 13 et 14 [n 2].
  • Pierre-Roland Giot, Bulletin de la société archéologique du Finistère n° CXII (112), 1983, p. 11 à 16[12].
  • Marcellin Caillon et Guy Riou, A la découverte du Pays Bigouden, deuxième édition, imprimerie helio-plans, Pont-l'Abbé, 1980.
  • Serge Duigou, Jean-Michel Le Boulanger, Histoire du Pays bigouden (avec Pierre-Jean Berrou et Annick Fleitour, aux Éditions Palantines, Plomelin), 2002, p. 26 à 35.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Ce menhir ne figure pas toujours sur les cartes IGN, et reste difficile d'accès.
  2. Le bulletin de la société archéologique du Finistère n° CXI (111) est un index.

RéférencesModifier

  1. a et b « Ensemble mégalithique près de Tronval », notice no PA00090173, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Bulletin archéologique du Finistère de 1979, p. 18, Giot écrit : « … l'ensemble de Quélarn, classé monument historique depuis le 10 juin 1920… »
  3. Pierre-Roland Giot, Bulletin de la société archéologique du Finistère n° CVII (107), 1979, p. 18.
  4. Site de la mairie[1]
  5. Jean-Pierre Mohen, Pierres vives de la préhistoire : Dolmens et menhirs, Odile Jacob, 2009, (ISBN 2738196942 et 9782738196941), p. 104, lire en ligne
  6. Serge Duigou, Jean-Michel Le Boulanger Histoire du Pays bigouden (avec, Pierre-Jean Berrou et Annick Fleitour, aux Éditions Palantines, Plomelin), 2002, p. 29.
  7. Paul du Chatellier, Le menhir-autel de Kernuz en Pont-l'Abbé (Finistère), découvert à Kerdavel en Plobannalec le , "Bulletins et mémoires - Société d'émulation des Côtes-du-Nord", 1878, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207819j/f195.image
  8. http://www.plobannalec-lesconil.com/megalithes-du-neolithique/
  9. Philippe Le Stum, Fées, Korrigans & autres créatures fantastiques de Bretagne, Rennes, Ouest-France, (ISBN 2-7373-2369-X), p. 80-81
  10. Serge Duigou, Jean-Michel Le Boulanger Histoire du Pays bigouden (avec, Pierre-Jean Berrou et Annick Fleitour, aux Éditions Palantines, Plomelin), 2002, p. 30.
  11. Extrait libre de droits [2]
  12. Sommaire des bulletins sur le site de la SAF [3]

Liens internesModifier