Enoch Powell

homme politique britannique

John Enoch Powell (Birmingham, Marylebone, Londres, ), est un homme politique, écrivain, linguiste, philologue et poète britannique qui fut membre conservateur du Parlement (1950-1974), puis du Parti unioniste d'Ulster (1974-1987), et ministre de la Santé (1960-1963). Ses idées et vues politiques sont aujourd'hui appelées powellisme.

Enoch Powell
Enoch Powell 6 Allan Warren.jpg
Enoch Powell en 1987.
Fonctions
Membre du 49e Parlement du Royaume-Uni (d)
South Down
-
Membre du 49e Parlement du Royaume-Uni (d)
South Down
-
Membre du 48e Parlement du Royaume-Uni (d)
South Down
-
Membre du 47e Parlement du Royaume-Uni (d)
South Down
-
Membre du 45e Parlement du Royaume-Uni (d)
Wolverhampton South West
-
Membre du 44e Parlement du Royaume-Uni (d)
Wolverhampton South West
-
Secrétaire d'État à la Défense du cabinet fantôme
-
Membre du 43e Parlement du Royaume-Uni (d)
Wolverhampton South West
-
Secrétaire d'État à la Santé
-
Derek Walker-Smith (en)
Membre du 42e Parlement du Royaume-Uni (d)
Wolverhampton South West
-
Secrétaire financier au Trésor
-
Jocelyn Simon (en)
Membre du 41e Parlement du Royaume-Uni (d)
Wolverhampton South West
-
Membre du 40e Parlement du Royaume-Uni (d)
Wolverhampton South West
-
Membre du 39e Parlement du Royaume-Uni (d)
Wolverhampton South West
-
Membre du Conseil privé du Royaume-Uni
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 85 ans)
King Edward VII's Hospital Sister Agnes (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Formation
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Autres informations
A travaillé pour
Religion
Partis politiques
Membre de
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Grade militaire
Brigadier (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflit
Distinction
Archives conservées par
Titre honorifique
Le très honorable

Avant d'entrer en politique, Powell étudie les lettres classiques, devenant professeur de grec ancien en Australie à 25 ans. Durant la Seconde Guerre mondiale, il occupe des postes d'état-major et de renseignement, atteignant le rang de brigadier-général au début de la trentaine. Il écrit également de la poésie (publiée à partir de 1937)[1], ainsi que de nombreux livres sur des sujets classiques et politiques.

Powell attire l'attention du public britannique avec son discours du à l'assemblée générale du centre politique conservateur de la région des West Midlands, et qui est devenu connu sous le nom du discours des « fleuves de sang ». Il y critique les taux d'immigration alors en vigueur au Royaume-Uni, en particulier ceux en provenance du Nouveau Commonwealth, et s'oppose à la proposition de la loi sur les relations raciales de 1968 dans le cadre d'une législation anti-discrimination. En réponse, Edward Heath, le chef du Parti conservateur limoge Powell de son poste de secrétaire fantôme à la Défense (1965-1968) dans l'opposition conservatrice. Le discours est immédiatement considéré par beaucoup comme une expression flagrante de racisme, suscitant de vives critiques de la part de son propre parti, et de la presse[2]. Alors que Powell ne se considère pas comme raciste, The Economist écrit dans un éditorial pour le 50e anniversaire du discours que sa rhétorique a un « effet durable et malin [...] sur la manière dont la race et la migration sont discutées ou non[3] ».

Au lendemain de son discours des « fleuves de sang », plusieurs sondages suggèrent qu'entre 67 et 82 % de la population britannique est d'accord avec les opinions de Powell[4],[5],[6]. Ses partisans affirment que le grand public[7],[8] que Powell a attiré a aidé les conservateurs à remporter les élections générales de 1970[9], et leur a peut-être coûté celles de février 1974[9], quand Powell a tourné le dos aux conservateurs en approuvant un vote pour le Parti travailliste, qui est revenu comme gouvernement minoritaire début mars après un parlement minoritaire.

Powell revient à la Chambre des communes en octobre 1974 en tant que député du Parti unioniste d'Ulster pour la circonscription nord-irlandaise de South Down. Il représente la circonscription jusqu'à sa défaite aux élections générales de 1987.

BiographieModifier

Enoch Powell a étudié au Trinity College de Cambridge (où il a étudié le latin et le grec) où il a été particulièrement remarqué et à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de l'Université de Londres où il a appris l'ourdou. Il est connu pour ses prises de positions contre l'immigration et pour la remigration (« re-emigration »)[10],[11], qu'il développa dans son célèbre discours de 1968 Rivers of blood (discours des « fleuves de sang »). Il fut député anglais de 1950 à 1987, d'abord à Wolverhampton sous les couleurs du Parti conservateur jusqu'en , puis à South Down (Irlande du Nord) sous celles du Parti unioniste d'Ulster (Ulster Unionist) à partir d'[12].

Il mène la faction « ultra » au sein du Parti conservateur et conduit une campagne résolument anti-immigration.

Mais son célèbre discours le , avertissant le peuple des conséquences de l'immigration en provenance du Nouveau Commonwealth, marque la fin de sa carrière politique. Pendant plus de vingt ans Powell a été traité comme un isolé parlementaire et s'est vu refuser la parole dans de nombreuses régions du pays. Pourtant, il a été une figure très populaire et a communiqué un sentiment populaire général ; ce powellisme aura de nombreux partisans. Son discours traitait principalement de grandes questions relatives aux relations entre l'individu et l'État, à la souveraineté de l'État, à l'identité nationale et à la Communauté économique européenne. Bien que sa réputation se soit établie sur son activité de défenseur du libre-échange et de l'économie de marché, après 1968 il est longtemps resté identifié à la question raciale et à l'opposition au multiculturalisme. Il s'est opposé à la peine capitale et s'est montré méfiant à l'égard des États-Unis. Il estimait que la Grande-Bretagne avait renoncé à avoir un rôle important dans le monde.

Lorsqu'il prononça son discours d', un élan populaire massif lui apporta son soutien. En réaction, un mouvement anti-raciste se manifesta avec une égale ardeur[réf. souhaitée], et cela même si un sondage de l'organisation Gallup réalisé fin avril 1968 montra que 74 % de la population était d'accord avec lui. En , Powell ayant décidé de ne pas se présenter lors des élections générales pour protester contre la raison invoquée par le Premier ministre Edward Heath pour les déclencher, il perdit son siège à la Chambre des communes alors que c'était là une condition nécessaire pour diriger le Parti conservateur ; ayant de plus rejoint un autre parti (le Parti unioniste d'Ulster) en , il ne pouvait être dans la course pour l'élection du chef du Parti conservateur de 1975 (en). La brillante carrière de Powell ne se faisait dès lors plus au premier plan, mais Margaret Thatcher, qui accéda à la tête du parti lors de ladite élection, porta ensuite plusieurs de ses idées et principes, notamment le souverainisme et le libéralisme économique.

Il mourut à l'hôpital dans la Cité de Westminster en 1998, et il est resté dans la mémoire des Britanniques[réf. nécessaire].

Enoch Powell fut membre de la Société du Mont-Pèlerin.

OuvragesModifier

  • (en) Avec Harris J. Rendel, The Rendel Harris Papyri, Cambridge, Cambridge The University Press, 1936.
  • (en) First Poems, Shakespeare Head Press, 1937.
  • (en) A Lexicon to Herodotus, Georg Olms Publishers, 1938 (rééd. 1977).
  • (en) The History of Herodotus, Coronet Books Inc, 1939.
  • (en) Casting-off, and other poems. Basil Blackwell, 1939
  • (en) Herodotus, vol. 1, Pitt Press Series, 1939.
  • (en) Avec Stephen J., Cyfreithiau Hywel Dda Yn Ol Llyfr Blegywryd, Gwasg Prifsgol Cymru, 1942.
  • (en) Avec Henry Stuart Jones, Thucydides Historiae, Clarendon Press, 1942 (rééd. 1963).
  • (en) Herodotus, vol. 2, Oxford, 1943.
  • (en) Dir., One Nation, Conservative Political Centre, 1950.
  • (en) Dancer's End and The Wedding Gift, 1951.
  • (en) Avec Iain Norman Macleod, The Social Services: needs and means, Conservative Political Centre, 1952.
  • (en) Change is our Ally, Conservative Political Centre, 1954.
  • (en) Avec Angus Maude, Biography of a Nation, Londres, 1955 (rééd. 1970).
  • (en) Great Parliamentary Occasions, The Queen Anne Press, 1960.
  • (en) Saving in a Free Society, Institute of Economic Affairs by Hutchinson, 1960.
  • (en) A Nation not Afraid, Hodder & Stroughton, 1965.
  • (en) Medicine and Politics: 1975 and After, Pitman Medical, 1966 (rééd. 1976).
  • (en) Keith Wallis, The House of Lords in the Middle Ages, 1968.
  • (en) Freedom and Reality, Kingswood, 1969 (rééd. 1999).
  • (en) Common Market: The Case Against, Elliot Right Way Books, 1971.
  • (en) Still to Decide, Elliot Right Way Books, 1972.
  • (en) The Common Market: Re-negotiate or Come Out, Elliot Right Way Books, 1973.
  • (en) No Easy Answers, Sheldon Press, 1973.
  • (en) Wrestling With the Angel, Sheldon Press, 1977.
  • (en) Joseph Chamberlain, Thames & Hudson Ltd., 1977.
  • (en) A Nation or No Nation, Londres, Anaya Publishers, 1978.
  • (en) Enoch Powell on 1992, Londres, Anaya Publishers, 1989.
  • (en) Reflections of a Statesman: The Selected Writings and Speeches of Enoch Powell, Londres, Bellew Publishing Co Ltd, 1991.
  • (en) Collected Poems, Bellew Publishing Co Ltd, 1990.
  • (en) The Evolution of the Gospel, Yale University Press, 1994.

Notes et référencesModifier

  1. Powell, John Enoch, First Poems: Fifty Short Lyrics, Printed at the Shakespeare Head Press and sold by B. Blackwell, (lire en ligne)
  2. Editorial comment, The Times, 22 April 1968.
  3. Staff, « 'Rivers of blood': the lasting legacy of a poisonous speech », sur The Economist,
  4. Shepherd 1994, p. 352.
  5. Bill Schwarz, The White Man's World, (lire en ligne), p. 48 :

    « Dans la mesure où ceux-ci peuvent nous dire quoi que ce soit, les sondages d'opinion qui suivent le discours donnent une indication de l'ampleur du soutien populaire. Gallup a enregistré 74%, ORC 82%, NOP 67% et l'Express 79% en faveur de ce que Powell avait proposé à Birmingham. »

  6. The Ottawa, « Part 2: Enoch Powell and the 'Rivers of Blood' speech » [archive du ], Canada.com, (consulté le 20 février 2012)
  7. John Dumbrell, A Special Relationship, , 34–35 p. (lire en ligne) :

    « Un sondage Gallup de février 1969 montre que Powell est la « personne la plus admirée » de l'opinion publique britannique »

  8. OnTarget, vol. 8, ALOR (lire en ligne[archive du ]), chap. 47
  9. a et b Simon Heffer, Like the Roman: The Life of Enoch Powell, London, Weidenfeld & Nicolson, (ISBN 978-0-297-84286-6)
  10. https://www.redpepper.org.uk/the-long-history-of-the-hostile-environment/.
  11. (en) Donna Weston, « Jon Stratton. 2014. When Music Migrates: Crossing British and European Racial Faultlines, 1945–2010. Farnham: Ashgate. 221pp. (ISBN 978-1-4724-2978-0) (hbk) », Journal of World Popular Music, vol. 3, no 1,‎ (DOI 10.1558/jwpm.v3i1.28266).
  12. Émission de TV Rivers of blood sur le discours d'Enoch Powell de 1968, en anglais avec sous-titrage français

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • (en) Paul Corthorn, Enoch Powell: Politics and Ideas in Modern Britain, OUP Oxford, 2019.
  • (en) Olivier Esteves et Stéphane Porion, The Lives and Afterlives of Enoch Powell, Londres, Routledge, 2019.
  • (en) Simon Heffer (en), Like the Roman: The Life of Enoch Powell, Londres, Weidenfeld & Nicolson, 1998.
  • (en) Lord Howard, Enoch at 100: A re-evaluation of the life, politics and philosophy of Enoch Powell, Biteback publishing, 2014.
  • (en) Raheem Kassam (en), Enoch Was Right, Londres, Independently published, 2018.
  • (en) Roy Lewis, Enoch Powell. Principle in Politics, Londres, Cassell, 1979.
  • (en) Andrew Roth (en), Enoch Powell: Tory Tribune Londres, The Book Service, 1970.
  • (en) Camilla Schofield, Enoch Powell and the Making of Postcolonial Britain, Cambridge, Cambridge University Press, 2013.
  • (en) Douglas Schoen (en), Enoch Powell and the Powellites, Londres, Macmillan, 1977.
  • (en) Robert Shepherd, Enoch Powell, Londres, 1998.
  • (en) Tom Stacey, Immigration and Enoch Powell, Londres, 1970.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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