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Coupe de bois d'if [Taxus baccata] avec l’aubier plus clair et le duramen plus sombre.
Section du tronc d'un arbre, et différentes structures du bois.

Le duramen (du latin durare, durer) est la partie interne du bois, correspondant aux zones d'accroissement les plus anciennement formées, qui ne comportent plus de cellules vivantes. Appelé également « bois de cœur » ou « bois parfait », il s'agit d'un bois dur, compact, dense, sec et imputrescible souvent plus sombre que l'aubier. Cette matière sombre résulte de l'évolution (la duraminisation) du xylème secondaire[1].

Cette région centrale est un bois presque entièrement mort dans lequel il n'y a pratiquement plus d'échanges hydriques, alors que l'aubier est un bois vivant, physiologiquement actif et dont les vaisseaux conducteurs véhiculent la sève brute[2].

Sommaire

La duraminisationModifier

La duraminisation est un phénomène physiologique au cours duquel les cellules de parenchyme d'aubier se transforment en cellules de duramen[3]. Cela peut se traduire par une évolution morphologique de la cellule (formation de thylles, de gommes[4], dépôts de tanins et d'oléorésines), et par une évolution de la composition chimique (extractibles).

Ce phénomène n'est pas observable chez toutes les essences : il peut nécessiter 20 ans chez le chêne, 3 ou 4 ans seulement chez le châtaignier et n'a pas lieu chez le hêtre et le sapin.

La couleur du duramen de certains arbres fait souvent penser, par erreur, à un arbre malade. Par exemple, le duramen du Sophora est presque couleur chocolat tout comme celui de l'Albizzia ou de l’arbre de Judée.

UtilisationModifier

Les menuisiers, charpentiers, agriculteurs sont souvent intéressés par le duramen car il vient dans des couleurs riches, sombres et variées. Dans des cas plus rares, comme l'érable à sucre d'Amérique du Nord par exemple, c'est le blond pâle de l'aubier qui est recherché. Seul l'aubier fait l'objet d'attaques par les insectes xylophages[3].

Malgré bien des croyances populaires, l'aubier et le duramen présentent des duretés similaires (sauf pour des arbres exceptionnellement âgés où l'aubier est plus dur) [5].

Notes et référencesModifier

  • Bernard Fischesser, Connaître les arbres, éditions Nathan, (ISBN 2-09278-485-4), p. 84
  1. Aline Raynal-Roques, La botanique redécouverte, Belin, , p. 390.
  2. Christophe Drénou, Les racines: face cachée des arbres, Forêt privée française, (lire en ligne), p. 327.
  3. a et b Peter Wohlleben (trad. de l'allemand), La vie secrète des arbres : Ce qu'ils ressentent - Comment ils communiquent - Un monde inconnu s'ouvre à nous [« Das geheime Leben der Bäume. Was sie fühlen, wie sie kommunizieren - die Entdeckung einer verbogenen Welt. »], Paris, Éditions des Arènes, , 263 p. (ISBN 978-2-35204-593-9)
  4. Tel le lapachol.
  5. After exhaustive tests on a number of different woods the U.S. Forest Service concludes as follows: "Sapwood, (aubier en français) except that from old, overmature trees, is as strong as heartwood ( duramen en francais), other things being equal, and so far as the mechanical properties go should not be regarded as a defect. Bul. 108 - Tests of structural timbers. By McGarvey Cline and A.L. Heim, 1912, pp. 1231.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier

BibliographieModifier